Prix Littéraires Radio-Canada

LAURÉATS

Félicitations à tous nos lauréats !
Les textes gagnants seront publiés dans le magazine enRoute entre mars et août.

Dimanche 24 février, les auditeurs de la Première Chaîne feront connaissance avec les trois premiers lauréats francophones des Prix littéraires Radio-Canada qui participeront à Vous m’en lirez tant. Un extrait de leur texte sera lu par la comédienne Geneviève Rioux.

Cette année, les prix littéraires Radio-Canada publient aussi deux anthologies, une en français et une en anglais, pour célébrer les lauréats de 2001 à 2006. Un ton, une voix, un texte… (XYZ Éditeur) et The Mind’s Eye (ECW) présentent les voix qui ont marqué la compétition ces six dernières années à travers les nouvelles, poèmes et récits lauréats des 1ers prix, ainsi que trois traductions inédites de textes primés dans l’autre langue. Un ton, une voix, un texte… et The Mind’s Eye seront disponibles en librairie et à la Boutique Radio-Canada.

2001 / 2002 / 2003 / 2004 / 2005 / 2006 / 2007
Award winners 2006 (English side)

2006

Récit


© Alexandra Bolduc


Premier prix - Français
Mélanie Vincelette – Guardalavaca
Mélanie Vincelette, née à Montréal en 1975, a grandi dans une ruelle de la rue Bellechasse. Dès l’âge de dix ans elle décroche son premier boulot : passer les circulaires Miracle Mart. Par la suite, elle travaille comme vendeuse de glaces au Stade Olympique, et comme modiste chez Eaton. Elle a étudié les lettres et l’histoire de l’art à l’Université de Vienne ainsi qu’à McGill. Elle a vécu et travaillé en Asie du sud est. Elle dirige depuis cinq ans Les Éditions Marchand de feuilles. Son premier roman Crimes horticoles (Leméac 2005, Robert Laffont 2006) relate un épisode tumultueux de son enfance alors qu’elle était confinée entre les quatre murs d’une maison en bois rond au nord du 45e parallèle.

Le commentaire du jury à propos de Guardalavaca :
Le jury a retenu le récit Guardalavaca pour l’originalité du sujet et le regard atypique sur Cuba. Pour l’économie de moyens et le fort pouvoir d’évocation du récit. Pour la grande maîtrise de tout ce qui crée l’émotion et le plaisir de lire.

Cliquez ici pour lire le texte, publié dans l’édition du mois de mars 2007 du magazine enRoute

Deuxième prix - Français
Dania El-Khechen – Où est Baba ?
Dania El-Khechen est née à Beyrouth (Liban) en 1979. Enfant unique, Dania est élevée par sa maman qu’elle admire. Très jeune, elle trouve refuge dans la littérature et dévore les livres à un rythme effréné. A l'école secondaire, elle publie en arabe des nouvelles dans plusieurs revues libanaises. Partagée entre son amour des lettres et celui des chiffres, elle opte finalement pour les sciences et suit des études en informatique à l'université américaine de Beyrouth. En 2003, elle s'établit à Montréal afin d'y compléter un doctorat en informatique théorique à l'université Concordia. A travers l'écriture, elle essaye de transmettre diverses émotions. Ses thèmes principaux ne sont jamais bien éloignés de la solitude et l'injustice. Le texte présenté à ce concours est une première tentative de publier en français.

Le commentaire du jury à propos de Où est Baba ? :
Le jury accorde le deuxième prix à Où est Baba ? pour la simplicité tragique du texte. Pour l’authenticité de la voix. Et pour la très grande cohérence entre le propos et l’écriture.

Cliquez ici pour lire le texte, publié dans l’édition du mois d'avril 2007 du magazine enRoute


Poésie


© Dominique Thibodeau

Premier prix - Français
Rachel Leclerc - If
Rachel Leclerc est née dans la Baie des Chaleurs en 1955, et malgré de nombreux déménagements, elle y a passé une bonne partie de son enfance et de son adolescence. En 1979, elle s’installe à Montréal et achève une maîtrise en Études Littéraires à l’UQÀM. À partir de 1984, elle publie dans des revues littéraires et fait paraître ses premiers livres de poèmes, qui lui vaudront plusieurs nominations et récompenses (dont le Prix Émile-Nelligan 1991 et le Prix Alain-Grandbois 1995). En 1995, elle fait paraître un premier roman aux Éditions du Boréal, Noces de sable, (Prix Henri-Queffélec en France), qui sera suivi de Ruelle Océan en 2001 et de Visions volées en 2004. Exigeante, rigoureuse, l’œuvre poétique et romanesque de Rachel Leclerc est encensée par la critique. On a qualifié sa poésie de lyrique, mais son écriture, où l’on reconnaît une grande maîtrise du rythme et de la musicalité, nous présente souvent des individus aux prises avec des contraintes sociales, familiales, amoureuses ou autres : c’est une écriture qui vise à traverser la douleur pour atteindre une meilleure compréhension de la vie, et même la joie intérieure. La suite poétique soumise au concours de Radio-Canada fait partie d’un livre à paraître en 2007, elle a été écrite durant les mois où Rachel Leclerc subissait des traitements de chimiothérapie. La plupart de ces poèmes sont traversés par une figure centrale, celle du médecin ; ils sont d’ailleurs dédiés aux deux médecins qui ont soigné l’auteure.

Le commentaire du jury à propos de If :
[Le jury a décerné le premier prix] à ce texte d’une grande force poétique, très constant dans la précision et la puissance des images. On en tire une grande émotion, soutenue par une musicalité qui accompagne un souffle lyrique évoquant des versets presque incantatoires.

Cliquez ici pour lire le texte, publié dans l’édition du mois de mai 2007 du magazine enRoute

 


© Vincent Roy

Deuxième prix - Français
Isabelle Forest – Elle parmi ses désordres
Née à l’époque même où elle aurait aimé vivre sa jeunesse élargie sous des pantalons à pattes d’éléphant et fleurie sur des chemisiers multicolores, Isabelle Forest, à défaut de parcourir les routes d’alors en Wesfalia, s’est aventurée dans le monde des mots. Dès l’âge de huit ans, petit calepin, petit crayon, petits frères. Les années passant, elle s’est mise à voyager dans toutes les zones de l’univers : univers tangible des grandes villes, romantique des campagnes, rêveur des étoiles, et profond, vaste, angoissant, magnifique de l’âme. Collaboratrice à plusieurs revues de création littéraire, auteure et co-auteure de quelques recueils de poésie, romancière et animatrice d’ateliers d’écriture, sa vie baigne continuellement dans les mots. Récompensé à quelques reprises, entre autres par les prix Alphonse-Piché et Félix-Leclerc de poésie, son travail se poursuit à petits pas et à grande joie.

Le commentaire du jury à propos de Elle parmi ses désordres :
Ce long poème en vers porté par un souffle envoûtant explore la douleur humaine dans des images d’une grande originalité. Le trajet intime coïncide ici avec un univers urbain actuel d’une lucidité remarquable.

Cliquez ici pour lire le texte, publié dans l’édition du mois de juin 2007 du magazine enRoute

Nouvelle

Premier prix - Français
Hugo Dubreuil – Voir ailleurs

Hugo Dubreuil est traducteur, nouvelliste en herbe et auteur du dimanche. Il est tombé dans l’amour des mots et la tendresse des femmes étant petit, et il tarde à s’en remettre. D’ailleurs, son penchant pour le verbe n’a d’égal que son faible pour la chair. Sa devise : au diable l’esprit si le corps s’ennuie ! Tantôt baveuse et chatouilleuse, tantôt rude et provocante, sa langue aime bien sonder les recoins sombres de la pensée et explorer les confins de la bêtise humaine. Avide de clarté dans cette confusion et de paix dans ces temps fous, il rêve – toujours en couleurs – d’un peu plus d’indulgence et de partage en ce bas monde, car l’au-delà le laisse froid. Mythomane repenti, mégalomane en sursis, mais d’abord et surtout mélomane averti, il chante la pomme autant qu’il croque la vie, en variant les motifs, les thèmes et les tempi. Afin de réveiller sa muse et de trouver l’inspiration, souvent il cherche des raisons de se ronger les ongles et les sangs. Souvent il en trouve, fort heureusement!

Le commentaire du jury à propos de Voir ailleurs :
Il y a, dans Voir ailleurs, quelque chose d’assez rare : une voix qui s’élève, un ton, un rythme. Dans cet univers, les mots font bien plus que desservir une histoire, ils s’érigent en un petit édifice sous la plume de quelqu’un qui les reconnaît et les charge de sens. Dans la lignée ducharmienne, Voir ailleurs fait de la poésie avec quelque chose de laid – ici la violence –, joue avec les mots et les noms sans que ce ne soit gratuit. Et c’est en s’engouffrant dans la nouvelle que l’on finit par en saisir le sous-texte. Un beau texte libéré sur l’enfermement et la douleur.

Cliquez ici pour lire le texte, publié dans l’édition du mois de juillet 2007 du magazine enRoute

 


© Laurent Rabatel

Deuxième prix - Français
André Marois – Petit feu
Né en France dans la banlieue parisienne en 1959, André Marois a immigré à Montréal en 1992 avec ses deux enfants. Il y habite toujours avec sa famille reconstituée. Il écrit des romans noirs pour les adultes, des histoires policières pour les enfants et des nouvelles pour tirer sur tout ce qui bouge. À ce jour, il a publié quatre romans et deux recueils de nouvelles pour adultes, ainsi qu’une dizaine de livres pour la jeunesse, au Canada et en France. Il collabore régulièrement à des revues et magazines : Urbania, Alibis, Moebius, L’Ours polar, Plaisirs de vivre, Infopresse... La nouvelle est pour lui un outil de propagation de la littérature en dehors des livres ou des revues spécialisées. Il présente régulièrement des inédits sur son site www.andremarois.com et il en enregistre d’autres à écouter en baladodiffusion sur son podcast. Il aime les histoires sombres, la chanson française, Donald Westlake, Chuck Palahniuk, Philippe Katerine et Jean Echenoz.

Le commentaire du jury à propos de Petit feu :
Les membres du jury se sont attachés à Petit feu, conte amoral construit autour d’un sujet délicat, déballé dans une forme classique et efficace. La nouvelle est bien menée, l’écriture coule, c’est fluide et dénué d’enflure verbale. L’auteur est même parvenu à installer un petit suspense et à duper le lecteur. Le sujet (euthanasie ou suicide - les frontières sont floues ici) est d’actualité, et on termine la nouvelle avec un goût amer en bouche et un petit frisson dans le dos à la pensée de cet étrange effort d’empathie fourni par la protagoniste. Pas complètement opaque, certes, mais noir.
Noir malaise.

Cliquez ici pour lire le texte, publié dans l’édition du mois d'août 2007 du magazine enRoute

 

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