Carl
Laliberté a été, pendant 10 ans, copropriétaire
d'une ferme près de Montmagny. Une ferme de taille moyenne, qu'il
souhaitait acquérir un jour. En mars dernier, son rêve s'est
évanoui au cours d'un encan. Après plus de 40 ans de production
laitière, Calixte Laliberté et Rose-Anne Goulet ont décidé
qu'il était temps de se retirer. Ils auraient aimé pouvoir
transférer leur ferme à Carl Laliberté, leur neveu
et associé, qui en détenait déjà 20 %.
Mais avec la maladie de la vache folle et la chute des revenus qui en
a découlé, ils ne pouvaient plus attendre. Ils ont d'abord
vendu leurs quotas de lait. Puis, ce fut leur troupeau qu'ils ont vendu
au plus offrant. Pour eux, il était plus payant de démanteler
la ferme que de la transférer aux jeunes générations.
Pour le couple, c'était là le seul moyen d'assurer leurs
vieux jours.
 |
|
«Il me manquait les ressources financières pour pouvoir
acheter la ferme. Aujourd'hui, les fermes, [ce sont d'énorme
actifs]. [...] J'aurais aimé l'acquérir parce que
je suis un gars maniaque des animaux, et j'aurais aimé poursuivre
ce rêve.»
- Carl Laliberté
|
 |
Pendant
une dizaine d'années, Carl a travaillé fort pour développer
ce troupeau de très bonne qualité. Les acheteurs se sont
déplacés en très grand nombre pour assister à
l'encan et tirer profit de son travail. Malgré tout, il n'en obtiendra
pas le meilleur prix. La crise de la vache folle a fait chuter le prix
du cheptel. Pour Carl Laliberté, c'est la fin du rêve.
 |
|
«Au Québec, on perd en moyenne 10 fermes par semaine,
et ce sont souvent des fermes laitières. On est rendu à
moins de 8000 fermes laitières, alors qu'il y a juste cinq
ans, on en avait 10 000. [...] Ceux qui restent en production sont
de plus en plus âgés. Il y a cinq ans, l'âge
moyen des producteurs québécois était de 45
ans. Aujourd'hui, il dépasse les 47 ans. Le nombre de jeunes
agriculteurs de moins de 35 ans a chuté de moitié.»
- Jean-Philippe Deschênes-Gilbert, secrétaire
de Fédération de la relève agricole du Québec
|
 |
Carl Laliberté, 32 ans, est maintenant gérant d'une autre
ferme laitière, à Saint-Pierre-de-Montmagny. Un nouvel emploi,
un nouveau défi. Mais il sait qu'il ne pourra jamais réaliser
son rêve, celui de devenir propriétaire de sa propre ferme
laitière.
|