La Zone Radio de Radio-Canada.ca

Quatre aînés ont été sélectionnés pour devenir «Journalistes d'un jour» au Téléjournal. Chacun d'entre eux produira un reportage en collaboration avec l'équipe du Téléjournal sur un sujet qui le préoccupe. Ces reportages seront diffusés en septembre. En attendant, nous vous invitons à consulter leurs journaux de bord.

5
sep

Rompre le tabou


28 août

Après un intervalle de trois semaines (because les vacances), je suis invitée à Radio-Canada pour mettre la touche finale à notre reportage. Je suis très heureuse de retrouver ma réalisatrice, France Dauphin, et nous nous mettons à l'œuvre pour fignoler notre projet. Je dis bien NOTRE projet, parce que sans elle, sans son soutien et sa compétence, rien de tout cela n'aurait été possible. Merci, France.

Nous visionnons le tout de nouveau, l'analysons, ajoutons un détail, en retranchons un autre, enregistrons un petit « v.o. » (voix hors-champ) et soumettons ces modifications à Claude, le monteur, qui, avec une grande patience, procède au découpage de tout ce matériel. Fascinant! Nous pourrons visionner le résultat final demain après-midi avec toute l'équipe et mes collègues journalistes d'un jour. Et ce sera le point final…

Quelle belle aventure que la nôtre! Pour ma part, j'y ai trouvé la plus grande satisfaction. J'ai beaucoup appris et ne regarderai jamais plus un reportage avec les mêmes yeux. J'ai aimé toutes les facettes du métier et ne conserverai que de bons souvenirs.

Ma gratitude aux initiateurs du projet et à tous ceux et celles qui ont contribué de près ou de loin à sa réussite. Un merci tout particulier à Jean, mon complice depuis plus de 50 ans, qui a mis ses propres projets en sourdine pour être disponible pour le mien. Sans lui, ce projet aurait été difficilement réalisable.

Au terme de cette belle aventure, je ne me fais cependant aucune illusion sur sa possible portée sociologique. Ce qui m'importait, à priori, était de rompre le tabou entourant la sexualité des personnes âgées. Ce lourd silence a pour effet, entre autres, de les priver de renseignements pertinents qui pourraient améliorer leur qualité de vie et leur plaisir. J'espère avoir réussi.

Mes invités nous ont reçus avec la plus grande gentillesse et ont accepté de lever un coin de voile sur cet aspect éminemment intime de leur vie. Nous les remercions de leur accueil et de leur générosité et espérons avoir contribué un tant soit peu à affirmer la pleine légitimité de leur sexualité.
5
sep

Une dernière chronique…


3 septembre 2008

Il restait deux choses à faire: reprendre quelques enchaînements et l'entrevue avec Bernard Derome juste avant la diffusion du reportage. J'avoue que j'aime mieux poser les questions que d'y répondre... J'avais beau me préparer mentalement, ayant vu la veille le segment entre Bernard Derome et Gervais Soucy, mais comment répondre en 1 minute? Quels sont les points saillants? Une brève rencontre avec Anne Sérode m'a aidée à éliminer certains aspects. La patronne, avec doigté, voit à tout!

Passage obligé chez la maquilleuse et la coiffeuse, puisqu'il s'agit du grand plateau du Téléjournal, sous l'œil attentif de Martin, le caméraman. Ça non plus, ce n'était pas prévu! Mais ils sont tous tellement gentils avec l'aînée que je suis (est-ce de la rectitude politique de dire aînée... un peu!).

Le tête-à-tête un peu appréhendé avec Bernard Derome, parce que plus officiel, s'est amorcé d'une façon inattendue pour moi. Toutefois, sentant une certaine complicité, j'ai répondu de mon mieux en oubliant la caméra... Et c'était terminé!

Quelques-uns de nos enfants qui ont pu se libérer sont venus regarder l'émission à la maison, pour qu'on vive ensemble ce moment spécial! C'était une belle façon de terminer cette expérience.

Une dernière surprise lors de l'émission: le vox-pop! Je savais que Danielle désirait le faire, mais cela ne faisait pas partie de la présentation que nous avions vue. Très bonne idée!

Je profite de cette dernière chronique pour remercier celles et ceux qui ont laissé des commentaires sur ce blogue et dont je n'ai pas les adresses; ç'a été un réel plaisir de vous lire: mots d'encouragement, intérêt pour le sujet, suggestions, etc. Certains d'entre vous m'ont rappelé de belles expériences vécues au fil des ans.

Merci aussi à vous qui avez accepté d'être interviewés. Votre participation a donné tout son sens à ce reportage. J'ose croire que vous vous êtes reconnus. Vous êtes peut-être déçus que certaines de vos paroles n'aient pas été retenues... Hélas, c'est là toute la difficulté d'un reportage de cinq minutes. Merci!

Cette participation au Téléjournal n'aurait pas été la même sans le soutien de toute cette équipe autour de la néophyte. Merci encore. Je garderai longtemps le souvenir de chacun et de chacune d'entre vous.

Un souhait? Que le sujet soit repris ailleurs, autrement, plus longuement, pour aborder en profondeur la conduite automobile sécuritaire et le partage d'expériences dans ce domaine.
4
sep

Voir enfin le résultat du travail!


29 août 2008

Nous avons vu le produit final, ou presque...

Anne Sérode avait invité les quatre journalistes d'un jour au visionnement de nos productions respectives de même que du « making of ».

Quel plaisir de se revoir après cette brève rencontre en juillet! Nous étions alors tous un peu étonnés de nous trouver à Radio-Canada, invités à produire une courte séquence sur le thème de notre choix. « Une semaine de travail », nous avait-on dit!

Presque deux mois plus tard, quel plaisir de voir le résultat du travail! Ce n'est pas parfait, mais le sujet est abordé à une heure de grande écoute.

La perte du permis de conduire est abordée du point de vue d'une aînée. Il a fallu laisser de côté bien des aspects. C'est là une contrainte du format offert. Ça aussi, c'est un apprentissage!

« Notre » histoire est toujours la plus importante, mais mon passage à la « maison mère » m'a permis de constater de visu qu'une nouvelle priorité remplace celle d'hier, qu'un décès, une annonce politique ou un ouragan mobilisent tout le monde et qu'il n'y a jamais assez de temps pour tout dire!

Il reste une dernière étape à enregistrer que j'ignorais...

À suivre!

Lucie Marchessault
2
sep

De surprise en surprise


Invités personnellement par Anne Sérode nous nous sommes rendus à Montréal pour visionner nos « chefs-d'œuvre » le vendredi 29 août.

Une journée mémorable pour nous quatre!

Auparavant, M. Roy, un « journaliste d'un jour » de Mont-Joli, et moi avons été invités à rencontrer Bernard Derome pour une brève interview qui fera partie de notre présentation le soir de notre prestation. Nous nous sommes donc rendus sur le plateau où Bernard Derome nous livre Le téléjournal tous les soirs, et nous avons répondu à une courte question sur le sentiment du devoir accompli.

Par la suite nous nous sommes rendus au restaurant La Diva, restaurant populaire chez les artisans de Radio-Canada pour la qualité de ses mets et aussi pour sa proximité de la boîte, compte tenu du peu de temps dont disposent les professionnels de la télévision.

Une première surprise au rendez-vous!

Une vraie « diva » de la télé nous y attendait. Aline Desjardins, une grande dame de la télévision, est venue nous féliciter pour le travail de « pro » que nous avons concocté pour nos téléspectateurs aînés. Nous sommes tous tombés sous le charme. La parole, le geste, le sourire de cette belle dame nous ont séduits au plus haut point.

Passée la surprise, nous avons dégusté de bons mets. Une petite anxiété me tenaillait cependant… l'attente du visionnement y était pour quelque chose! Au retour, dans la salle de visionnement, nous voilà donc assis, les quatre, côte à côte, prêts au pire, mais en espérant le mieux!

Une deuxième surprise était au rendez-vous!

Une ancienne « diva » de la télé nous a écrit un message personnel. Marquerite Blais, ministre, entre autres, des Aînés, nous a fait parvenir une lettre de félicitations que nous a remise Anne Sérode juste avant le début des projections. Étonnés, mais heureux de voir reconnue notre implication dans le monde merveilleux de la télévision! Merci de ce geste de solidarité, d'amabilité et de savoir-vivre!

Une troisième surprise… nos reportages!

Le premier à passer à la casserole, c'est moi! Je dois avouer que j'ai été ému, par le propos, les témoins et surtout par la qualité du montage de Benoît Roy. Si les téléspectateurs y trouvent leur compte par une profonde réflexion sur ces drames quotidiens que vivent près de 200 personnes affligées par la dépression et tentées par le suicide, je serai le plus heureux des hommes. Si le travail de Benoît et moi provoque des remous dans les officines gouvernementales, dans les facultés de médecine et dans les centres de prévention du suicide, nous aurons accompli un merveilleux travail.

N'oublions pas, chiffres à l'appui, qu'il y a presque deux fois plus de suicides au Québec chaque année que de victimes d'accidents de la route. Cela, dans une indifférence presque totale. Le fait qu'il n'y ait aucune campagne nationale doit nous inquiéter. Et le fait que les généralistes en médecine ne soient pas formés adéquatement pour détecter les dépressions chez les personnes âgées doit aussi nous inquiéter. L'isolement, le manque de repères religieux, la pauvreté, le manque d'estime de soi, le sentiment de son inutilité sont aussi des causes réelles du suicide.

Un grand merci à tous les intervenants dans cette belle expérience de vie.

Un « ex-journaliste d'un jour » qui retourne dans ses terres de Neuville, en espérant un monde meilleur pour nos aînés aux prises avec la dépression, qui peut conduire au suicide.

Gervais Soucy
26
aoû

Le voile se lève enfin!


Dans le « centre-ruche » d'information, j'essaie de me faire une place pour réaliser pleinement mon rêve de journaliste d'un jour.

Benoît Roy, le réalisateur de mon reportage, est ouvert à ce que je travaille activement, comme le fait un journaliste au quotidien. Je ne sais pas comment un réalisateur comme lui peut mener de front trois sujets différents et les réussir très bien. Je pense que c'est le lot de tous ceux qui m'entourent. Une ruche, je vous le répète!

Je vous rappelle que notre travail a commencé par deux rencontres auprès de personnes suicidaires. Un homme et une femme ont frôlé la mort par suicide. Nous avons recueilli leurs propos... souvent pathétiques, mais d'humains désespérés.

Nous avons sur ruban les propos de nos deux intervenants spécialistes de la prévention du suicide, la Dre Esther Samson et le juge Sheehan. Mme Samson analyse bien la problématique du désespéré, et le juge Sheehan, père endeuillé depuis 12 ans, nous fait vivre sa peine profonde depuis la perte de son fils.

À titre d'information sur le suicide chez les aînés et dans le but de faire connaître notre démarche de « journaliste d'un jour », dans la matinée du 19 août, j'étais l'invité de François Bugingo à l'émission de radio Sans détour. Pendant 15 minutes, j'ai eu l'occasion d'expliquer le pourquoi de ce reportage sur le suicide. Un peu nerveux au début, j'ai pris de l'assurance pour enfin expliquer le drame qui se joue dans les tentatives de suicide, qui sont très nombreuses au Québec.

Quand quelqu'un se suicide, au moins une vingtaine de personnes sont touchées directement et profondément. C'est un drame!

Avec Jean-François Bélanger, nous finalisons, dans la salle de montage, le reportage avec nos images et nos liens avec ma voix hors champ. Le tout en quatre minutes. C'est très court... Il y aurait tant à dire et tant de détresse à éviter par une plus grande sensibilisation à ce grave problème sociétal.

Vendredi prochain, Anne Sérode, l'âme de cette série de reportages, nous convoque à une première présentation de nos reportages avant leur diffusion à la télévision de Radio-Canada. Les quatre aînés, les réalisateurs, les recherchistes, l'équipe de soutien seront réunis pour une dernière fois pour « admirer » nos chefs-d'oeuvre... Rien de moins!

Merci, Anne Sérode, merci à toute l'équipe de Radio-Canada, merci aux différents participants des quatre reportages!

Nous avons osé!

Que ce projet soit porteur d'avenir, et que d'autres aînés se lancent dans la difficile bataille de la reconnaissance de nos droits et de notre place dans la société comme des personnes entières, remplies de souvenirs à transmettre aux générations et même un peu de sagesse acquise par l'expérience de la vie.

Pour moi, le voile sur l'information est levé, mais tout cela demeure si fascinant!

Gervais Soucy
Journaliste d'un jour!