Samedi 22 novembre 2008 9:15 HNE
![]() 7e Festival du Jamais lu ![]() Festif et engagéJosée Bilodeau est chroniqueuse à Radio-Canada. Une critique de Josée Bilodeau J'aime le Festival du Jamais lu, cet événement théâtral qui accueille depuis 2001 des auteurs de la relève et leurs textes inédits pendant 10 jours, devant un public toujours grandissant. Je l'aime parce qu'il est festif et engagé. Pour les auteurs, le Jamais lu est un laboratoire, un formidable incubateur de projets théâtraux et un espace précieux de prise de parole. Pour le public, c'est l'occasion d'entendre des voix nouvelles, d'aller à la rencontre de démarches d'écriture, de voir les balbutiements d'un projet avant qu'il ne s'inscrive dans la forme plus large de la représentation théâtrale. À l'image de sa fondatrice et directrice, Marcelle Dubois, ce rassemblement annuel de plus de 100 artistes est vivant, chaleureux et accueillant. C'est la grande force du Jamais lu: créer un espace essentiel de parole pour la relève dans une formule conviviale et festive. Le festival a 7 ans, et à en juger par sa programmation, avec ses 17 auteurs et une centaine de comédiens et metteurs en scène réunis, il est pétant de santé. L'urgence du Jamais lu
En prenant connaissance des textes de la programmation 2008, un thème s'est imposé: États d'urgence. « Cette urgence, dit Marcelle Dubois, est celle de vivre, de dire, d'écrire, d'écouter, de réinventer, de rassembler, de nommer, d'identifier: pour croire qu'on peut modifier la suite du monde par nos actions. » « On a travaillé sur cet espace-là, précise-t-elle, où on peut se réunir pour réfléchir ou pour se faire raconter une histoire, mais surtout pour prendre prise sur le sens de nos projets. J'ai l'impression, et pas juste en théâtre, mais partout dans différentes sphères de la société, que les choses vont tellement vite qu'on sent une urgence, un besoin réel, une boulimie de ces endroits où on peut avoir une emprise sur le sens. » Une programmation en trois volets Depuis sa création, le Jamais lu suit les démarches d'un noyau de dramaturges, parmi eux, on entendra les textes de Philippe Ducros, d'Évelyne de la Chenelière, d'Annie Ranger et de Mathilde Dumont. Il accueille également toujours une nouvelle génération d'auteurs, la plupart fraîchement sortis des écoles de théâtre, et qui compte, cette année, Emmanuel Reichenbach, Félix Beaulieu-Duchesneau, Sandrine Cloutier et Pierre-Luc LaSalle. Enfin, une troisième portion de la programmation offre, depuis deux ans, un espace à de jeunes artistes étrangers. Cette fois, ils viennent du Togo, de Belgique, du Liban... et de l'Ontario. En plus des lectures par des comédiens professionnels, dont celles de deux textes jeunes publics les 5 et 6 mai en après-midi, le Jamais lu propose toujours, en ouverture des soirées, des « levers de rideau » présentés par des artistes d'autres disciplines. Cette année, ils sont organisés en partenariat avec la revue Liberté, consacrée à la discussion entre l'artiste et le citoyen. Le 9 mai, un projet spécial prend la forme d'une correspondance entre les dramaturges Évelyne de la Chenelière (Québec), Carole Ammoun (Liban) et Olivier Coyette (Belgique). L'activité est précédée d'une discussion sur le thème: « Est-ce que le territoire où on écrit définit notre écriture? » Enfin, le cabaret de clôture du 11 mai, « la plus vieille tradition de ce jeune festival », toujours très festif, compte aborder « les urgences du Jamais lu ». Il est animé par Émilie Bibeau et Olivier Morin. Une finale prometteuse. 7 ans plus tard
Comme toutes les bonnes idées qui fonctionnent, et avec sa récente ouverture aux dramaturgies étrangères, le Jamais lu commence à se faire remarquer ailleurs dans le monde. « L'expérience, ça ne s'invente pas, souligne Marcelle Dubois. La culture théâtrale au Québec comme on la connaît aujourd'hui est assez jeune, ce qui fait qu'il y a encore l'espace pour créer de nouvelles structures. Et le Jamais lu a émergé de ça, d'un interstice qu'il y avait entre les structures qui existaient à ce moment-là. Sept ans plus tard, avec le rayonnement qu'on a en ce moment, on sent qu'on commence à être regardés. On commence à étendre les partenariats et à essayer de faire voyager cette jeune dramaturgie-là. » L'avenir du Jamais lu? « Ce dont on rêve, conclut Dubois, c'est de donner une couleur plus événementielle au festival. On voudrait donner, toujours sur la base du texte de théâtre, une couleur unique à ces soirées qui ferait que ce n'est pas juste un showcase de textes, mais un événement en soi la découverte de cette parole-là. On sent qu'on commence à pouvoir changer un peu la formule. Ça aura pris sept ans pour lui donner cette force-là, et je pense qu'on va pouvoir aller un peu plus loin dans ce côté festival, justement. » Et comme c'est un festival, le public est bien sûr invité à y assister le plus souvent possible au cours de ces 10 jours. À s'immerger dans un bain de nouvelles paroles théâtrales. Le Festival du Jamais lu se déroule du 2 au 11 mai O Patro Vys. Hyperlien externe
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