Samedi 22 novembre 2008 9:25 HNE
![]() Théâtre ![]() Rex: humour countryJosée Bilodeau est chroniqueuse à Radio-Canada. Une critique de Josée Bilodeau Rex est une comédie country savoureuse, farfelue, intelligente et... musicale. Avec ce « road-théâtre » à cheval, Jean-Guy Legault rend hommage de bien jolie manière au héros de son enfance, le cowboy solitaire, et à toute l'imagerie qui vient avec, du lasso au mustang en passant par l'harmonica et la guitare hawaïenne. Dernier cowboy canadien, Rex (parfaitement incarné par le très masculin Louis-Olivier Mauffette) ne se reconnaît plus dans le monde agricole automatisé, où traire sa vache consiste à appuyer sur un bouton d'ordinateur. Il quitte donc sa ferme des Prairies à la recherche de pâturages plus verts et d'un mode de vie plus près de la nature.
Avec ses biens les plus précieux (une vache à lait, un cheval et des revolvers) qui le définissent comme un cowboy, il part à la conquête de l'Est. C'est à Laval, au Québec, qu'il espère trouver son eldorado. Sur la route parsemée de rencontres insolites (un prédicateur, un Indien qui protège la tombe des siens, une fausse chanteuse country hors-la-loi, un prophète de malheur qui veut marchander sa terre, des camionneurs...), le héros est précédé par la rumeur surdimensionnée de ses exploits, il est un mythe dont on chante les prouesses dans les « trucks-stops » comme dans les bars country, de Saskatoon jusqu'à Laval. Sur des airs country Comme à son habitude, Jean-Guy Legault a opté pour une mise en scène dynamique. Ça grouille devant le paysage qui défile à bon rythme sur l'écran, où sont aussi projetés les noms de villes et de provinces traversées. Le texte de Legault est construit dans une langue vivante, aux expressions truculentes et où se marient habilement les deux langues officielles. Planté dans un décor chaleureux, rempli de tous ces objets qu'on associe d'emblée au western, le spectacle séduit autant l'oeil que l'oreille, avec ses airs country qui restent en tête. Les interprètes (Geneviève Bélisle, Éloi Cousineau, Bruno Marcil et Louis-Olivier Mauffette), qui cumulent plusieurs rôles, sont doués et efficaces. On retient particulièrement la performance de Bruno Marcil, aussi hilarant en prédicateur protestant qu'en mustang admirateur d'Antonio Banderas. En plantant la figure légendaire du cowboy dans une réalité canadienne contemporaine, Legault souligne avec humour les décalages entre la vie moderne, les valeurs en mutations et l'image poétique de nos héros d'enfance. RexTexte et mise en scène: Jean-Guy Legault À lire aussi 10 juillet 2008 L'envers du décor2 juillet 2008 Petites névroses conjugales9 juin 2008 Wulustek: constat lucide4 juin 2008 L'invisible: le mystère reste entier30 mai 2008 Seagull play: autour de Tchekhov28 mai 2008 Oxygène: une bouffée d'air frais28 mai 2008 mady-baby.edu: la disparue28 mai 2008 La marea: fragments d'humanité26 mai 2008 Rex: humour country21 mai 2008 Pi...?! : le goût de la vie |