Samedi 22 novembre 2008 9:23 HNE

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Festival TransAmériques

Oxygène: une bouffée d'air frais

Josée Bilodeau est chroniqueuse à Radio-Canada.

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Une critique de Josée Bilodeau

Ça ressemble à du slam, mais avec de la musique, à du rap théâtral, à du spoken word, à du théâtre techno. C'est rythmé et très rafraîchissant. C'est provocateur, mais avec un sourire en coin. Ça décoiffe et c'est ludique. Il n'y a pas vraiment de scènes, et les personnages dont il est question ici (Sacha-Alexandre et Sacha-Alexandra) ne sont pas incarnés, leur histoire nous est seulement racontée.

Le texte se déploie en spirale et se nourrit par moments de lui-même. C'est une parodie des 10 commandements, post-11 septembre 2001, réinterprétés en regard du monde actuel, de ses contradictions et de ses extrêmes, politiques, religieux ou intimes.

Pendant ces 10 chants cadencés sur une scène nue, on aborde la fidélité, le terrorisme, le meurtre passionnel, les paradis artificiels, l'échec de la démocratie, la nouvelle bourgeoisie russe... On s'amuse des différences et des errements, on construit des raisonnements fous pour les démolir aussitôt, on réinterprète les injonctions bibliques avec un humour diablement subversif.

Oxygène

Photo: Benjamin Renout, Agence Enguerand

Oxygène

Oxygène, du jeune auteur Russe Ivan Viripaev, tourne sur les scènes européennes depuis quelques années. Après une série de représentations au Centre National des Arts d'Ottawa en 2007, la production bruxelloise revient cette fois dans le cadre du Festival TransAmériques, dans une mise en scène du Bulgare Galin Stoev, un artiste qu'on qualifie volontiers de perturbateur.

Sur scène, Céline Bolomey et Antoine Oppenheim, deux jeunes artistes-performeurs souples et habiles, ont un plaisir visible et communicatif à livrer, corps et voix, ce texte chantant. Ils sont accompagnés par le DJ Gilles Collard.

Le plus amusant est sans doute ce jeu constant entre les acteurs, parfois en désaccord sur le texte, son interprétation. Ils jouent à jouer, prennent la parole en tant qu'interprète, tissent une relation au-delà de l'histoire des personnages de cette invraisemblable fable, nous ramenant constamment au temps présent de la représentation. Nous devenons témoins impliqués, nous interrogeant à notre tour sur le sens, le texte, la morale, l'histoire.

Voilà un spectacle différent et un peu fou, où le « dire » est mis à l'avant-plan, soutenu par un rythme remarquable. C'est une bouffée d'oxygène qu'on savoure à pleins poumons.

du 27 au 31 mai
à Espace libre

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