
Les Jutras
C.R.A.Z.Y. est consacré, comme le voulait la rumeur, par le prix suprême, le Jutra du meillleur film, l'un de 14 trophées gagnés (du jamais vu aux Jutras) par l'oeuvre de Jean-Marc Vallée, dimanche, à la soirée dédiée au cinéma québécois. L'analyse de Michel Coulombe.
Lors de la soirée des Oscars on se demandait si on assisterait au couronnement tant annoncé de Brokeback mountain, ce qui a donné lieu à une finale pour le moins inattendue. Crash!
Aux Jutras, la question était différente. Il s'agissait plutôt de savoir combien de Jutras remporterait C.R.A.Z.Y. Au lendemain des Génies, où le film a récolté dix statuettes et une Bobine d'or, quelle serait donc la performance du grand favori? À peine la soirée était-elle amorcée que l'animateur, Normand Brathwaite, annonçait la couleur. « It's a crazy night », affirmait-il. En effet!
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Vous avez dit pitbull?
On a plus d'une fois rendu hommage au réalisateur Jean-Marc Vallée au cours de ce gala. On l'a aussi qualifié de pitbull et de tête de cochon. Il a assisté, tout au long de la soirée, à un véritable raz-de-marée C.R.A.Z.Y. et a épuisé jusqu'à la répétition la liste des remerciements.
Son film, le grand succès d'une année par ailleurs très riche, a remporté 14 Jutras et un Billet d'or. Autant dire tout. Un prix pour L'audition, remporté par Daniel Bélanger. Un autre pour La neuvaine, attribué à Élise Guilbeault. À croire qu'on a fait un seul film de qualité au Québec en 2005! Le producteur de C.R.A.Z.Y. a d'ailleurs conclu la soirée en affirmant: « On a tellement eu plus que notre part. »
C'est ce que semblaient dire les visages catastrophés des autres finalistes...
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Maurice Richard bredouille
Deux films se sont partagé les honneurs dans la catégorie documentaire. Cet ex-aequo a donné l'occasion à Charles Binamé, réalisateur de Gilles Carle ou l'indomptable imaginaire, de monter sur scène. Son Maurice Richard, en nomination dans 14 catégories, est quant à lui reparti bredouille. Binamé partageait le prix du documentaire avec La classe de Madame Lise de Sylvie Groulx. Fait inusité, elle était accompagnée sur scène de l'enseignante à qui son film est consacré, Lise Coupal. La cinéaste a été la seule à profiter de la tribune qui lui était accordée pour revendiquer quelque chose, en l'occurrence une case horaire pour le long métrage documentaire à l'antenne de Radio-Canada.
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Un animateur, un vrai
En 2005, la performance discutable de Patrick Huard à l'animation des Jutras a fait couler plus d'encre, au lendemain de la cérémonie, que les lauréats. Accroché à son télésouffleur, Brathwaite, premier animateur de cette soirée qui ne soit pas lui-même une tête d'affiche du cinéma québécois, s'est acquitté de sa tâche sans surprise mais avec un indiscutable professionnalisme.
Tout de même, on aura vite fait d'oublier sa version québécoise de Brokeback mountain, La montagne du dos barré. Voilà une idée dans l'air du temps qui aurait eu avantage à être élaborée pour tenir la route.
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Enfin, si Denise Filiatrault, à qui on rendait hommage, était émouvante, l'hommage en question se perdait dans la confusion. Malgré sa longue carrière d'actrice de cinéma et les succès qu'elle a remportés comme réalisatrice, le cinéma occupait une bien petite place dans cet hommage, quelque part entre Moi et l'autre, Cabaret et Le bourgeois gentilhomme.
Voilà une occasion ratée.
Une analyse de Michel Coulombe
Claude Deschênes fait le bilan de la soirée des Jutras et de la razzia de C.R.A.Z.Y.
Michel Côté et Danielle Proulx commentent leur victoire aux Jutra.
. Dans le cadre de cet événement, le mouvement des Artistes pour la paix vous invite à soutenir ses efforts pour faire connaître les idées, positions ou opinions d'artistes sur la paix et le désarmement mondial. Détails.
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