Mercredi 15 octobre 2008 23:30 HAE

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«Hancock»

Pauvre super héros

Michel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada.

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cote du film : 2.5

Une critique de Michel Coulombe

Will Smith dans « Hancock »

Photo: Sony Pictures/Frank Masi

Will Smith dans « Hancock »

Un jour, un sociologue qui a quelques années devant lui analysera par le menu la représentation de la société américaine dans les films de nos voisins du Sud.

Peut-être finira-t-il par comprendre comment on en est venu à trouver normale la présence d'images d'une extrême violence dans des films de divertissement populaire.

Prenez Hancock.

On y voit des cinglés vider le chargeur de leur mitraillette sur une autoroute fréquentée.

Des cinglés qui couvrent de bâtons de dynamite les corps de leurs otages. Des cinglés qui tirent des rafales au beau milieu d'un hôpital.

Et il s'agit d'une comédie! Au risque de donner des munitions (!) à certains groupes ultras conservateurs, avouons qu'il y a matière à se poser quelques questions.

Dernier-né des super héros

Face à tous ces psychopathes qui sèment la terreur aux États-Unis se dresse désormais une véritable armée de super héros. Hancock est le dernier-né de cette race de sauveurs.

Lorsque plus rien ne va à Los Angeles, lorsque les forces de l'ordre baissent les bras, Hancock vient à la rescousse. Les mécréants passent alors un bien mauvais moment. L'homme est d'une force herculéenne. Il s'envole à la vitesse de l'éclair. Son corps est à l'épreuve des balles. Un super héros, un de plus? Euh! Peut-être pas...

Vous avez dit super héros?

Au début du film de Peter Berg (The kingdom), Hancock traverse une période difficile. Le super héros est alors plus impopulaire que bien des politiciens. Il vient en aide à la veuve et à l'orphelin. Soit. Pourtant, on l'invective. Il faut dire que ses opérations de sauvetage coûtent une fortune!

De plus, Hancock est alcoolique. Vulgaire. Peu attentionné. Incroyablement soupe au lait. Et chacun de ses atterrissages creuse un cratère au milieu de la rue. L'idée en vaut bien d'autres. Encore faut-il en faire quelque chose...

Film d'action comique

Will Smith dans « Hancock »

Photo: Sony Pictures/Frank Masi

Will Smith dans « Hancock »

Hancock tient à la fois du film d'action et de la comédie.

Cocktail étudié d'effets numériques et de situations cocasses.

Will Smith, qui a l'expérience de ces deux genres cinématographiques, défend le rôle-titre.

Il essaie tant bien que mal de jouer sur les deux tableaux. Sans succès. Défaite du champion du guichet par K.-O. scénaristique!

À ses débuts dans la peau d'un super héros, l'acteur américain se montre moins narcissique que dans certains films où il cherchait à tout prix à mettre son physique en valeur. Allez comprendre. Il est entouré de Charlize Theron et de Jason Bateman.

Trois revirements

Le scénario de Hancock est construit autour de trois retournements spectaculaires. Le premier entraîne une transformation apparente du super héros. Virage à 180 degrés. Le deuxième concerne un des personnages qui l'entoure. Révélation. Nouveau virage à 180 degrés. Le troisième ajoute une note dramatique à l'ensemble.

L'ennui, c'est que tout cela paraît complètement artificiel et fabriqué. Surprenant durant quelques minutes, puis très convenu. Le film, ni chair ni poisson, risque de décevoir aussi bien les fans de Will Smith que les admirateurs de Batman, Superman et autres Spider-Man.

Pauvre super héros...

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