Samedi 22 novembre 2008 11:39 HNE

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Festival des films du monde

Bonnes surprises et déceptions

Michel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada.

Une critique de Michel Coulombe

Nathalie Baye et Édouard Baer dans Passe passe

Photo: Warner Bros. France

Nathalie Baye et Édouard Baer dans Passe passe

Le 32e Festival des films du monde a pris son rythme de croisière. Et les spectateurs ont repris leurs habitudes. Les uns abonnés aux séances à l'Impérial, les autres au Quartier latin (où, hélas, les problèmes de projection se multiplient). D'autres encore se déplacent d'un site à l'autre, la grille horaire au poing. Tous réservent un excellent accueil aux réalisateurs qui sont au rendez-vous.

Cyrano revisité

Affiche de Cyrano Fernandez (détail)

Affiche de Cyrano Fernandez (détail)

Comme c'est souvent le cas dans un festival, les bonnes surprises n'arrivent pas forcément de là où on aurait cru. Ainsi, qui se serait attendu à quoi que ce soit de Cyrano Fernandez? Ce film vénézuélien reprend et adapte le classique d'Edmond Rostand.

Le nez aux allures de péninsule de Cyrano a été remplacé par un visage balafré. Roxana enseigne la danse. Christian arrive tout juste de New York. Les épées ont cédé la place aux revolvers. Et la ville est prise en otage par les marchands de drogue et les politiciens corrompus.

La transposition de Cyrano de Bergerac dans une grande ville d'Amérique latine fonctionne parfaitement. D'ailleurs, l'émotion est de nouveau au rendez-vous quand Cyrano revoit une dernière fois celle qu'il aime. Sur un banc, à l'ombre d'un arbre. Décor final qu'on a habilement planté sur une scène de théâtre.

Séductrice en cavale

Les attentes étaient plus élevées face à Passe passe de Tonie Marshall. La cinéaste de Vénus Beauté (institut) retrouve son actrice de prédilection, Nathalie Baye. Celle-ci interprète une séductrice qui a pris la fuite avec un joli sac Hermès rempli d'euros. Elle possède aussi une clé USB, signée Cartier. Cela inquiète beaucoup le ministre de l'Environnement.

La fugitive formera un duo en cavale avec un raté qui vient de prendre le large avec la voiture de son irascible beau-frère. Sur fond de scandale financier et de revendications altermondialistes, le film ne tient véritablement la route que dans la légèreté. On peine à croire au chantage et à la prise d'otage qui devraient créer une tension dramatique. La présence décontractée d'Édouard Baer au côté de Nathalie Baye sert bien le film.

Triple dose d'érotisme

De son côté, le réalisateur argentin Eliseo Subiela sert un cocktail éros et thanatos. Il y a mis une triple dose d'érotisme. Ne regarde pas en bas raconte l'initiation sexuelle d'un jeune homme qui gagne sa vie en déambulant dans les rues de Buenos Aires. Déguisé en empanada ou grimpé sur des échasses. Bientôt il saura tout du kama sutra façon argentine.

Ces précieux enseignements lui viennent d'une jeune femme chez qui il est apparu de bien curieuse façon. Le somnambule marchait sur les toits quand, soudain, piégé par un puits de lumière, il est tombé dans le lit de cette femme. Et donc dans ses bras. Littéralement. Le film flotte agréablement entre le réel et le monde imaginaire.

Affiche de Sanguepazzo (détail)

Affiche de Sanguepazzo (détail)

Le Festival présente également Sanguepazzo, Une histoire italienne de Marco Tullio Giordana. L'actrice Monica Bellucci y renoue avec son pays d'origine. Elle y tient le rôle d'une actrice d'une grande beauté. Une femme prête à vendre son âme au diable. Celui-ci est fasciste.

L'action se passe principalement pendant la Deuxième Guerre mondiale. En fait, le film s'attache au destin de deux acteurs qui ont effectivement trouvé la mort en 1945. Présenté à Cannes en mai dernier, il est bien peu convaincant. On gardera un meilleur souvenir de Nos meilleures années, du même cinéaste, un film marathon de plus de six heures.

Courts métrages

Parmi les courts métrages au programme, soulignons-en deux. Comment faut-il réagir lorsque votre ami donne votre prénom à son chien? C'est le sujet du film d'Alban Mench, Les Williams.

A-t-on le droit d'hésiter, même une seconde, et pour de bonnes raisons, lorsqu'il faudrait porter secours à quelqu'un dont la vie est en danger? La question est posée dans le film anglais Hesitation de Virginia Gilbert. La réponse risque bien de hanter le personnage principal jusqu'à son dernier souffle.

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