Samedi 22 novembre 2008 11:19 HNE
![]() Comédie
La fièvre du discoMichel Coulombe est chroniqueur à l'émission Samedi et rien d’autre, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada. Une critique de Michel Coulombe À certains égards, la France ressemble beaucoup au Québec. Là-bas comme ici, les humoristes occupent une place importante dans la vie publique. On va les voir sur scène. On les revoit sur tous les plateaux de télé. Et, tôt ou tard, ils apparaissent au grand écran. Frank Dubosc est du nombre. Il n'en est d'ailleurs pas à ses pas au cinéma. Après, entre autres, Camping et le tout dernier Astérix, le revoilà dans un film écrit sur mesure pour lui.
Dans cette comédie, Frank Dubosc interprète un pauvre type. Didier Graindorge. Un quadragénaire sans emploi qui vivote dans les jupes de sa maman. Son fils, lui, est parti avec son ex en Angleterre. Dans les années 80, ce Didier Travolta régnait sur les planchers de danse du Havre. Bien décidé à gagner le voyage pour l'Australie qui y est attaché, il s'inscrit à un quelconque concours de danse. Avec ses deux fidèles compagnons. Les Bee Kings. Nostalgie... Disco touche une corde sensible: celle de la nostalgie. Un plat réconfortant qui se mange froid. Avec le recul, les pantalons trop serrés et les chemises trop ouvertes deviennent les témoins d'une époque. Le film joue cette carte à fond. On reprend notamment de nombreuses pièces musicales qui ont fait les belles heures des discothèques. La plupart des personnages semblent en décalage avec leur époque. Il faut avoir vu Gérard Depardieu affublé d'une perruque surdimensionnée comme seul en porte Normand Brathwaite pour mesurer le phénomène... Disco est construit comme un drame sportif. On annonce un championnat. Un candidat se manifeste. Il a le profil type de l'underdog. Évidemment, personne ne parierait un euro sur lui. Ou même un dollar. Pourtant, il s'entête, il rechute, il s'entraîne. Il fait face à l'épreuve finale la tête haute. Quant au résultat, il est couru d'avance. Dansé d'avance... Musique américaine et France profonde Le film de Fabien Oteniente propose un cocktail paresseux de musique américaine et de France profonde. Les Bee Gees et le Festival de la coquille. Frank Dubosc est au centre de ce petit univers. L'humoriste a imposé en spectacle un personnage de séducteur mythomane à qui aucune femme ne résisterait. Au cinéma, il n'est plus que l'ombre de ce fanfaron. On a beau miser sur un franglais ridicule et se trémousser en mimant la moulinette de l'amour, l'ensemble n'est pas très drôle et s'essouffle vite. Le récit est cousu de fil blanc, les personnages secondaires sont mal dessinés et le film baigne dans la ringardise provinciale. Peut-être le charme de cette comédie s'est-il perdu quelque part au milieu de l'Atlantique! Comme la promo pour Darty qui accompagne tout le film. Alors, comme on le dit si bien dans Disco, pour le spectateur, forcément, c'est un big souci!
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