Samedi 22 novembre 2008 11:19 HNE

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Roman américain

La chambre aux échos: délire d'identité

Danielle Laurin est chroniqueuse à l'émission On fait tous du show business, diffusée le dimanche à 15h à la télévision de Radio-Canada.

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cote du film : 4

Une critique de Danielle Laurin

Richard Powers

Photo: La Presse Canadienne /AP Photo/Stuart Ramson

Richard Powers à la remise du National Book Award

Richard Powers, vous connaissez? On dit de lui qu'il est l'un des romanciers américains les plus importants de l'heure. On le voit déjà, à 50 ans, comme le digne successeur du plus célèbre écrivain vivant aux États-Unis, Philip Roth. Comme lui, il a d'ailleurs remporté le prestigieux National Book Award.

C'était l'an dernier. Pour La chambre aux échos (Le cherche midi). Son huitième roman. Le troisième seulement à paraître en français, après Le temps où nous chantions, extraordinaire fresque revisitant la deuxième moitié du 20e siècle aux États-Unis, par le biais d'une famille métissée.

Une mère noire, qui aurait pu devenir une grande cantatrice. Un père blanc d'origine juive allemande, qui a fui le nazisme, qui fait carrière comme scientifique et qui est obsédé par le passage du temps. Et leurs trois enfants.

C'était eux qu'on suivait, aux prises avec le racisme et l'injustice dans
Le temps où nous chantions. Un roman qualifié par certains de chef-d'oeuvre, et élu meilleur livre étranger 2006 par le magazine français Lire.

Mais revenons à La chambre aux échos. Dont la construction, encore une fois, est admirable. De même que le souffle narratif. Quel conteur, ce Powers.

Sur la route, au Nebraska

La chambre aux échos

Un jeune homme, un soir, dans son camion, sur une route déserte, au fin fond du Nebraska. Il a un accident et se retrouve à l'hôpital dans le coma. Sa soeur, son unique parente, se rend auprès de lui. C'est le point de départ du roman.

Nous sommes quelques mois après le fameux 11 septembre. À la télé, Bush diabolise l'ennemi. Bientôt, des images de guerre vont envahir les écrans, de jeunes recrues seront envoyées au front, au nom de la patrie.

De son côté, notre jeune comateux, quand il reprend ses esprits ou ce qu'il en reste, crie au complot. Il est certain d'avoir été victime d'une machination. Mais de la part de qui, au nom de quoi?

Il est persuadé que même sa soeur est une espionne, qu'elle lui joue dans le dos. En fait, il ne la reconnaît pas. Ça ne peut pas être celle qui toute sa vie s'est occupée de lui, si? Le diagnostic tombe: syndrôme de Capgras. « Il s'agit d'un type de délire d'identité », dira-t-on à la soeur, affolée.

Un grand neurochirurgien new-yorkais sera appelé à la rescousse. Une infirmière dévouée jouera un rôle inattendu. Nous serons dans la tête de tout ce beau monde à la fois. Nous tenterons de démêler le vrai du faux, de comprendre ce qui s'est vraiment passé cette nuit-là sur la petite route enneigée du Nebraska.

Tout ça sur fond de terrorisme, d'enjeux économiques, de préoccupations écologistes. Tout ça dans une Amérique post-11 septembre qui vire à la paranoïa, où l'autre fait peur, et où « personne n'est vraiment qui il prétend être ». Ouf!

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