Mardi 14 octobre 2008 7:52 HAE
![]() L'homme du monde ![]() Arthur H danse avec MadonnaFrançois Blain est réalisateur à l'émission MACADAM TRIBUS, diffusée le vendredi et le samedi de 20 h à 23 h, à la Première chaîne de Radio-Canada. Une critique de François Blain
Sur son album précédent, Adieu tristesse, Arthur H annonçait ce qui s'en venait. Tout d'abord, avec le titre qui n'était pas qu'une formule. Mais aussi avec la présence de Est-ce que tu aimes?, le duo franchement pop avec M, accompagné d'un clip rigolo. Son rapprochement avec son père, Jacques Higelin, a pris la forme d'une chanson: Le destin du voyageur. Enfin, Ma dernière nuit à New York City comprenait des ingrédients funky qui balançaient entre le planant et le dansant. Or, cet album qui se voulait plus ouvert a été consacré disque d'or en France. De toute évidence, Arthur H a aimé la chaleur des projecteurs plus nombreux, puisqu'il pousse plus loin le bouchon avec L'homme du monde. En piste avec Arthur Assumant désormais sa nouvelle légèreté, il y va même d'arrangements dance qui ne laissent aucun doute sur Dancing with Madonna, étiqueté dès sa sortie tube de l'été par certains médias français. Pour quelqu'un qui a été associé au jazz, aux musiques romantiques à la Kurt Weill, au théâtre et au cirque, cela représente une ouverture significative. Monsieur H ne se cache plus derrière un énigmatique personnage comme il l'a déjà fait sur scène. Dans Cosmonaute père et fils, il affirme les liens avec son paternel dont la « tête est restée là-haut dans l'univers ». Il s'agit d'une ballade touchante de plus de 6 minutes qui succède à Luna Park, une autre chanson douce plus personnelle. Voyage intermusical
Ce 7e disque studio d'Arthur H ne se résume donc pas à une incursion surprenante dans le monde disco. D'autres couleurs font partie de ce tableau comme les contrepoints électro dans Naissance d'un soleil. Par ailleurs, le chant suraigu à la Prince dans The lady is back et dans Adieu Goodbye nous change de sa voix habituellement éraillée et caverneuse. Autre changement notable: les guitares sont à l'honneur plutôt que le piano, qui mène le bal depuis toujours. Le musicien a d'ailleurs signé, en 2002, Piano solo, un enregistrement live. Cette évolution musicale est réalisée en compagnie de ses acolytes coréalisateurs de l'album précédent, soit le Français Nicolas Repac et le Québécois Jean Massicotte. Ce dernier a déjà montré sa grande capacité d'adaptation en travaillant avec Pierre Lapointe et Lhasa. Évolution de l'homme Si on écoute attentivement les textes, on retrouve les personnages précédemment présents dans le répertoire d'Arthur H (la fille de l'est, la fille de Budapest, Lady of Shanghai) ou les thèmes qui l'inspirent (Radio city Light). Il continue d'écrire des fables contemporaines (The Goddess of love & the bizness men). Comme il persiste à s'amuser avec tous les genres musicaux. Cette fois, ils sont plus souvent lumineux, ce qui en fait un homme plus près du monde. Arthur H À lire aussi 10 octobre 2008 Mes Aïeux: à la fois décalés et actuels3 octobre 2008 La couleur du Mozambique26 septembre 2008 Mélancoliques Cowboys Fringants19 septembre 2008 Coeur de pirate: délicatement tatoué17 septembre 2008 La bulle intemporelle de Thomas Fersen10 septembre 2008 Chiwoniso: Africaine du 21e siècle2 septembre 2008 Toujours vivant, le CD13 juin 2008 Arthur H danse avec Madonna4 juin 2008 Martha Wainwright: l'envol du papillon23 mai 2008 Charles Souchon sort de sa tanière |