Vendredi 9 janvier 2009 8 h 52 HNE

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Prêts, partez

La plume inspirée de Thomas Hellman

François Blain est réalisateur à l'émission MACADAM TRIBUS, diffusée le vendredi et le samedi de 20 h à 23 h, à la Première chaîne de Radio-Canada.

Mise à jour le lundi 3 novembre 2008 à 14 h 45

cote du film : 3

Une critique de François Blain

Avec son troisième album, L'appartement, le chanteur anglophone solidement ancré dans le folk américain est devenu une force montante de la chanson francophone.

Récipiendaire du Prix Félix-Leclerc et d'un Prix Coup de coeur de l'Académie Charles-Cros, Thomas Hellman a ouvert alors des portes qui ne devraient pas se fermer de sitôt.

Scène d'intérieur

Dans la tournée qui a suivi la parution de L'appartement, Hellman a encore plus ouvert les vannes. Il s'y est présenté comme un interprète fougueux s'emparant de la Mathilde de Jacques Brel et d'autres de ses compositions avec une fièvre surprenante.

À partir de là, on aurait pu penser que le Québécois aux origines franco-texanes allait poursuivre dans cette veine énergique avec Prêts, partez. D'entrée de jeu, la chanson-titre peut le laisser croire.

Prêts, partez

En fait, dès le morceau qui suit (Chat de gouttière), il choisit de réciter plutôt que de chanter, accompagné d'un banjo, mais aussi d'échantillons. Il en va de même de 20 mai, de La jeunesse ou de La ruelle.

Intéressé par le spoken word qui l'a inspiré récemment, l'auteur-compositeur a d'ailleurs mis en musique un texte de John Giorno, ressortissant de la beat génération (Everyone gets lighter).

Voix sombre

Sa voix sombre se prête bien à la mise en scène musicale proposée. Le spectre vocal en anglais dans Il attend peut faire penser à Leonard Cohen. D'ailleurs, s'il n'y a qu'un titre anglophone, le texte de Giorno, quelques chansons témoignent de la réalité biculturelle de Thomas Hellman en mélangeant agréablement les deux langues.

Même si une peine d'amour semblait à l'origine de plusieurs plages de L'appartement, des clins d'oeil humoristiques (Les filles de Montréal, Foutez-moi la paix) dédramatisaient le tout. Prêts, partez - plus ouvert sur la vie extérieure - met de l'avant surtout les talents poétiques d'Hellman.

Plus de mots que de banjo

Quoi de plus normal pour quelqu'un qui a étudié en littérature. Cela dit, sans dévaluer la musique finement bricolée qui sert d'écrin aux textes plutôt que de mener le bal.

Prêts, partez n'est donc pas un disque de party. Au premier abord, il est moins séduisant que le précédent, mais il met en valeur la plume inspirée de l'homme de lettres qu'est Thomas Hellman.

Thomas Hellman
Prêts, partez / Spectra SPECD 7807

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