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Vendredi 29 août 2008 1:24 HAE


Vous trouverez ci-dessous des mises au point, des précisions, des clarifications ou des corrections, selon le cas, portant sur des reportages et des émissions d'information présentés à la radio ou à la télévision, ou publiés sur Internet.


17 2008 - RDI en direct - 9 juin 2008
Entrevue de Thomas Mulcair par Marie-Josée Bouchard (mise au point sur M. Steven Bonspille)

Le mercredi 9 juin 2008 à 13 h 45, RDI a présenté une entrevue du député néo-démocrate d’Outremont, Thomas Mulcair. Cette entrevue était menée par l’animatrice Marie-Josée Bouchard et portait sur la demande d’enquête publique du NPD sur les événements de janvier 2004 à Kanesatake.

Le matin même, pour expliquer sa demande d’enquête, M. Mulcair avait accompagné en conférence de presse l’actuel grand chef du Conseil de bande de Kanesatake, M. Steven Bonspille, et le chef de l’Assemblée des premières nations au Québec, M. Ghislain Picard.

Après avoir demandé à M. Mulcair d’expliquer les raisons de sa démarche, l’animatrice Marie-Josée Bouchard a voulu savoir pourquoi le député s’affichait en compagnie d’un homme politique de Kanesatake, c’est à dire d’un acteur du dossier sur lequel il demandait une enquête. Elle a aussi voulu savoir si la demande d’enquête du NPD portait sur l’ensemble des événements à Kanesatake, ou seulement sur les allégations d’ingérence politique de la part du gouvernement fédéral. Ces questions étaient légitimes et sans conteste d’intérêt public. Malheureusement, comme en convient elle-même Mme Bouchard, dans le feu du direct, l’animatrice a cherché ses mots et elle a formulé la question suivante.

M.-J. Bouchard: « L’importance d’apprendre les leçons du passé je vous dirais aussi que comme journaliste c’est d’être très méticuleux et délicat dans des dossiers comme ceux là. Il y avait deux factions, il y avait des actes criminels, il y avait de l’illégalité qui se produisait sur le territoire de Kanasatake, dans la couverture on s’astreint toujours à beaucoup beaucoup d'attention. Est-ce que vous, vous faites la même chose par exemple en demandant ça en compagnie du dirigeant en ce moment du conseil de bande c’est à dire Monsieur Bonspille?  Est-ce que vous avez, vous êtes certain que vous appuyez quelqu’un qui est, qui dans toute cette épopée depuis quatre ans n’a rien à se reprocher? »

Mme Bouchard tient à affirmer que jamais elle n’a dit ou voulu insinuer quoi que ce soit de négatif sur la probité de M. Bonspille. D’ailleurs, quand elle a entendu la réaction de M. Mulcair à sa question, elle a tout de suite réalisé qu’elle s’était mal exprimée et avait été mal comprise. Elle l’a tout de suite exprimé en ces termes à son invité :
 
M.-J. Bouchard: « Non, je pense que vous me prêtez des intentions qui sont certainement pas les miennes Monsieur Mulcair. Mais, on a toujours eu l’impression d’une bataille interne entre deux clans, qui s’est soldée, ou il y a eu, bon par exemple l’incendie, ou il y a eu aussi des difficultés qui ont amené les policiers à s’en mêler, est-ce que c’est de ça dont vous vous mêlez, ou c’est de l’ingérence politique? Êtes vous vraiment capable de vous assurer qu’il y a une distinction entre les deux?»

Nous sommes désolés si certains téléspectateurs ont pu mal interpréter la question de Marie-Josée Bouchard. Nous tenons aussi à assurer M.  Steven Bonspille que nous n’avons pas cherché à insinuer quoi que ce soit de négatif le concernant.

Les personnes intéressées pourront lire la transcription complète de l’entrevue du député Thomas Mulcair à la suite de la présente mise au point.

La direction de l’information

 

ENTREVUE AVEC THOMAS MULCAIR  - RDI  LUNDI 9 juin 2008 à 13h43:50

M.J. Bouchard : L’Assemblée des premières nations et le nouveau partie démocratique demande à nouveau au gouvernement Harper de déclencher une enquête publique sur ce qui s’est passé le 12 janvier 2004 à Kanasatake et la crise qui s’en est suivi.

Un rapport commandé par Ottawa a récemment révélé que le gouvernement fédéral avait outrepassé ses pouvoirs en fournissant des millions à l’ancien chef de Kanasatake James Gabriel pour lutter contre le crime organisé.

J’en parle avec le député Thomas Mulcair.  Bonjour Monsieur Mulcair. 

T. Mulcair :  Bonjour Madame Bouchard.

M.J. Bouchard : Bon on parle de janvier 2004 Kanasatake, pour ceux qui ont oublié, l’incendie de la maison de James Gabriel, la prise d’otage, si vous le voulez, dans le centre de police aussi des policiers qui ont été détenus pendant plusieurs heures.  Vous étiez ministre au gouvernement Québécois, lorsque ça s’est passé.

T. Mulcair : Exact.

M.J. Bouchard : Qu’est que vous saviez de l’intérieur sur ce qui s’est passé, la frustration Québec-Ottawa elle était réelle?

T. Mulcair : Bien, il y a des bouts dont je suis en liberté de parler, mais d’autres pour les raisons que vous connaissez je peux pas, même si je suis pu membre du Gouvernement du Québec.  Je suis tenu quand même par un secret pour ce qui entoure les discussions au conseil des ministres.  Mais, en dehors du conseil des ministres je me permettrai de vous dire ceci.

Il y a eu un effort de « démonisation » de certains groupes à l’intérieur de Kanasatake et il y a eu des tentatives très réelles, puis on a des documents à l’appui du gouvernement fédéral, notamment des, des gens qui avaient des des liens très intimes avec le cabinet du premier ministre Chrétien et de Monsieur Martin à l’époque pour s’assurer que James Gabriel demeure en place, ça ça sort des documents qui ont été obtenus en vertu de la loi d’accès à l’information.  Je peux vous confirmer qu’il y a eu cet effort de « démonisation » de certains groupes pour maintenir Monsieur Gabriel et c’est pas du tout limpide lorsque l’on lit le récent rapport « Navigan » -LES VRAIS MOTIFS -, donc nous on est en trait de dire que ça prend quelqu’un de l’externe, pour permettre à tout le monde qui a des choses à dire sur ce qui s’est passé, pour nous permettre d’apprendre les leçons du passé, c’est une semaine qui nous rappelle l’importance d’apprendre les leçons du passé Madame Bouchard.

M.J. Bouchard : L’importance d’apprendre les leçons du passé je vous dirais aussi que comme journaliste c’est d’être très méticuleux et délicat dans des dossiers comme ceux là.  Il y avait deux factions, il y avait des actes criminels, il y avait de l’illégalité qui se produisait sur le territoire de Kanasatake, dans la couverture on s’astreint toujours à beaucoup beaucoup d'attention.  Est-ce que vous, vous faites la même chose par exemple en demandant ça en compagnie du dirigeant en ce moment du conseil de bande c’est à dire Monsieur Bonspille.  Est-ce que vous avez, vous êtes certain que vous appuyez quelqu’un qui est, qui dans toute cette épopée depuis quatre ans n’a rien à se reprocher.

T.  Mulcair : Vous me poser une question qui est une première pour  moi en de nombreuses années de vie publique, je ne suis pas sûr de comprendre ce que vous êtes en trait de me demander à propos de Monsieur Bonspille.  J’étais accompagné du grand chef de Kanasatake qui est une personne que j’ai eu le plaisir de côtoyer bien avant ces événements là.  Il était venu me voir dans un  important dossier environnemental,  moi j’ai rien vu dans quelques documents dont je dispose, si vous avez des documents qui prouvent quelques choses de contraire, je vous invite de faire votre travail de journaliste.  J’étais accompagné de Ghislain Picard qui est le, la personne responsable de l’assemblée ….

M.J. Bouchard : Absolument,

T. Mulcair : … des premières nations pour le Québec et le Labrador.  Si vous, vous avez en faisant votre travail de journaliste des choses à redire sur la probité, allez-y.  Mais, je peux vous dire ceci, le travail de sape contre certaines personnes à  l’air d’avoir porté fruit.  Parce que, contrairement à vous, moi j’ai rien vu qui me permet d’infirmer quoi que ce soit en ce qui concerne le caractère de Monsieur Bonspille.  Encore une fois, si vous avez des ques… des choses à dire, allez-y.

M.J. Bouchard : Non, je pense que vous me prêtez des intentions qui sont certainement pas les miennes Monsieur Mulcair.  Mais, on a toujours eu l’impression d’une bataille interne entre deux clans, qui c’est soldé, ou il y a eu, bon par exemple l’incendie,  ou il y a eu aussi des difficultés qui on amenées les policiers à s’en mêler, est-ce que c’est de ça dont vous vous mêlez ou c’est de l’ingérence politique, êtes vous vraiment capable de vous assurer qu’il y a une distinction entre les deux.

T. Mulcair : Sauf tout le respect que je vous dois, Madame Bouchard et ce serait libre à vous de rejouer l’enregistrement de votre question, mais vous m’avez bien demandé si j’étais accompagné de quelqu’un que j’étais sûr n’avait rien à se reprocher, c’est ça que vous venez de me demander et c’est ça que je vous ai dit que c’est la première fois que quelqu’un me pose une question de la sorte.  Mais je peux vous dire ceci, que le travail qui a été fait par « Navigan » qui est une société spécialisée dans les analyses juri-comptable a conclu que les paiements étaient illégaux.  Il y a eu des documents mis sur la table qui prouvent par Radio-Canada,  notamment par votre collègue…

M.J. Bouchard : Absolument…

T. Mulcair : … Alain Picard

M.J. Bouchard : Absolument…

T. Mulcair : … qui prouvent très clairement une ingérence au plus haut niveau de l’administration publique, alors tout ce que nous on est en trait de faire, c’est de demander au gouvernement de faire un travail objectif externe avec quelqu’un de crédible pour regarder et aller au fond de cette histoire là.

M.J. Bouchard : Et la demande…

T. Mulcair : Encore une fois.

M.J. Bouchard : Et l’enquête, et l’enquête qui a été faite selon vous, ne donne pas assez, ne va pas assez loin dans ce sens là, il faut une enquête publique?

T. Mulcair : Il  n’y a eu jamais d’enquête complète pour savoir qui a tiré les ficelles.  Pour essayer de travailler pour maintenir James Gabriel en place.  Et ce à quoi vous avez fait référence tantôt comme quoi il y avait des clans, il va s’en dire, mais je vous dirais ceci :  si Monsieur Bonspille était en élections, je n’aurais pas fait la conférence de presse et je lui ai dit autant.  Monsieur Bonspille ne se présente plus.  Il a eu un mandat, il est en train de le terminé et parce qu’il ne se présente pas,  moi je trouve qu’au contraire ça lui donne …

M.J. Bouchard : une crédibilité…

T. Mulcair : … une certaine distance vis-à-vis de tout cela, la même chose pour la présence de Ghislain Picard aujourd’hui qui vient renforcer le fait que nous sommes en trait de demander, dans l’intérêt du public Madame Bouchard, qu’on aille au fond de ça et la seule manière de le faire c’est avec une enquête publique complète.

M.J. Bouchard : Vous voulez faire l’enquête et la lumière sur cet événement là, ou vous espérez changer les choses sur la façon de faire pour toutes les communautés autochtones au Canada.

T. Mulcair : Vous savez cette semaine on va avoir des excuses présentées par le gouvernement fédéral dans le désastre des écoles résidentielles.  C’est une erreur historique qui démontre à quel point le gouvernement peut se tromper lorsqu’il traite avec les premières nations.  Moi je pense qu’on a encore et rappelons que c’est le même endroit où on a vécu la crise d’Oka, à peine quelques années plus tard on envoi des gens avec des milliers de ronde de munitions, dans ce qui aurait pu virer, vous avez raison de dire que c’est une cata… c’est vraiment désastreux que Monsieur Gabriel a perdu sa maison, mais vous imaginez qu’on a frôlé le vraie catastrophe avec ce dossier là.  Or, nous on est en train de dire qu’on est en droit de savoir qui a permis à cette situation, la Sûreté du Québec était contre, la GRC avait refusé de l’approuver, qui a tiré les ficelles au plus haut niveau au gouvernement pour forcer cette incursion là, totalement bâclée, mal ficelée, mal préparée, sans la moindre validité juridique, c’est  ça qui sort du plus récent rapport.  Alors Stockwell Day, le ministre nous a dit clairement lorsqu’on lui a questionné en chambre là dessus il y a quelques semaines, qui comprenait, qu’il était d’accord et il était aussi troublé que nous de ce qu’il a lu dans le rapport « Navigan », mais maintenant il faut passer de la parole aux actes, c’est exactement ce qu’on est en trait de lui demander de faire Madame Bouchard.

M.J. Bouchard : Alors la demande est lancée Monsieur Mulcair.  Merci pour cette entrevue.

T. Mulcair : Merci pour le temps. 

 

 


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