Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

International

Mise à jour le mercredi 14 juin 2006 à 10 h 59
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Irak

Bagdad occupée

Un militaire surveille les voitures

Photo: AFP/Ali Al-Saadi

Les forces militaires et policières irakiennes, de concert avec la coalition américaine, ont lancé à l'aube, mercredi, une vaste opération anti-insurrectionnelle dans Bagdad.

Plus de 56 000 hommes, appuyés par des blindés, ont commencé à se déployer dans la capitale afin de mater les milices opposées au nouveau gouvernement du premier ministre Nouri Al-Maliki et à la présence américaine. Il s'agit de la plus importante opération du genre depuis l'invasion américaine en 2003.

Selon le général Abdel Aziz Mohammed, du ministère de la Défense, aucune date n'a été arrêtée pour la fin de cette intervention. « La fin de l'opération n'a pas été programmée, parce c'est un plan stratégique par lequel nous sommes déterminés à imposer l'ordre dans les zones de tensions », a-t-il déclaré à l'agence de presse Reuters. Le premier ministre Al-Maliki a pour sa part appelé au dialogue tous les rebelles qui seraient prêts à faire le jeu de la démocratie.

L'opération a déjà donné lieu à des affrontements dans le quartier à majorité sunnite d'Adhamiya, entre les forces gouvernementales et des milices locales. Des hommes armés de kalachnikovs ont bloqué des rues en dressant des barricades de pierres et de troncs d'arbre. Les habitants ont reçu l'ordre de quitter le quartier.

Le ministère de l'Intérieur admettait d'ailleurs mardi que les raids prévus contre les repaires des insurgés pourraient conduire à des affrontements violents, notamment dans les quartiers à majorité sunnite.

Toujours au nord de la capitale, une voiture piégée a explosé, faisant au moins deux morts et six blessés, tous civils, rapporte la police.

L'opération est accompagnée de diverses mesures dont une interdiction de la circulation automobile le vendredi, jour de prière, un couvre-feu nocturne entre 20 h 30 et 6 h et une interdiction de port d'armes à feu. Des points de contrôle policiers ont aussi été mis en place un peu partout dans Bagdad. Entre 20 et 30 habitants de la capitale sont tués quotidiennement lors d'attentats ou d'affrontements armés.

Les nouvelles mesures de sécurité n'ont pas empêché les partisans du leader chiite Moqtada Al-Sadr de tenir une manifestation dans les rues de Bagdad pour protester contre la visite-surprise mardi du président américain George W. Bush.

Un président optimiste

Le président George W. Bush commente sa rencontre avec le premier ministre irakien Nouri Al-Maliki

Le président américain George W. Bush a rendu compte de son entretien mardi à Bagdad avec le premier ministre irakien à l'occasion d'un point de presse à la Maison-Blanche. Le président a de nouveau salué la détermination du premier ministre Al-Maliki à mater l'insurrection et a réitéré l'engagement des États-Unis dans la reconstruction de l'Irak.

Le président Bush a promis à cet effet l'aide d'experts américains pour réorganiser les différents ministères irakiens ainsi que l'économie du pays. Il s'est par ailleurs engagé à faire pression sur les dirigeants d'Europe, d'Asie et du Proche-Orient pour qu'ils augmentent leur soutien financier à l'Irak.

George W. Bush a aussi louangé l'opération anti-insurrectionnelle en cours à Bagdad et a précisé qu'une opération similaire commencerait sous peu à Ramadi, la capitale régionale de la province rebelle sunnite d'Anbar. Il a ajouté que de telles opérations prendraient du temps avant de porter leurs fruits et que l'éradication de la violence ne devait donc pas être considérée comme une façon appropriée, à court terme, pour prendre la mesure du succès de la mission américaine.


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