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Samedi 22 novembre 2008 3:47 HNE

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Le Pakistan en crise

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Mise à jour le vendredi 12 septembre 2008 à 17 h 17
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Le Pakistan en crise

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Journalistes : Stéphane Bordeleau et Florence Meney

Après avoir croupi 11 ans dans les geôles de son pays, Asif Ali Zardari est devenu contre toute attente le 14e président du Pakistan, le 6 septembre 2008.

Veuf de l'ex-première ministre Benazir Bhutto, il était rentré d'exil avec elle en octobre 2007, pour préparer le retour en politique de sa femme, assassinée deux mois plus tard. Ironie du sort ou signe du destin, c'est lui qui préside aujourd'hui aux destinées du Pakistan.

Asif Ali Zardari

Photo: La Presse Canadienne /Département de l'information présidentielle

Le nouveau président du Pakistan, Asif Ali Zardari, au centre, se recueille sur la tombe du père fondateur du Pakistan, Muhammad Ali Jinnah.

Fort de tous les pouvoirs que s'était abrogés le général Pervèz Moucharraf au cours de ses neuf années de dictature militaire, Asif Ali Zardari devient le plus puissant président civil de l'histoire du Pakistan.

Or, du pouvoir, il lui en faudra pour affronter les périlleux défis qui l'attendent à la tête de cette puissance nucléaire instable et tourmentée.

Sur le plan politique, l'accession à la présidence du chef du Parti du peuple pakistanais (PPP) apporte certes du renouveau à la tête du pays, mais en dépit de cette victoire, le PPP demeure minoritaire au Parlement, où il doit gouverner à partir de coalitions plus ou moins stables.

Par ailleurs, le passé trouble d'Asif Ali Zardari, emprisonné dans les années 90 à la suite d'accusations de corruption et d'implication dans une affaire de meurtre, rend les Pakistanais méfiants à l'égard de leur nouveau président.

Pendant ce temps, les finances publiques du pays, déjà en mauvais état, continuent de se détériorer alors que l'inflation a fait grimper le prix des denrées alimentaires et de l'énergie de plus de 60 % au cours des derniers mois.

D'un point de vue stratégique, les relations demeurent difficiles avec l'Inde alors qu'à la frontière afghane, les combats s'enlisent dans les zones tribales contre les tribus qui offrent asile et support aux miliciens d'Al-Qaïda qui combattent les forces occidentales en Afghanistan.

Excédés par l'incapacité du Pakistan à remédier à cette situation, les Américains, qui accusent Islamabad de faire preuve de faiblesse, mènent désormais leurs propres raids en territoire pakistanais où leurs bombes tuent aussi de nombreux civils.

En plus d'attiser la colère du peuple, des généraux de l'armée et des puissantes autorités religieuses du pays, ces attaques américaines placent le nouveau président dans une situation des plus délicate.

De toute évidence, le président Zardari devra, comme son prédécesseur, jouer les équilibristes de haute voltige entre l'agenda antiterroriste et les milliards de dollars de Washington et l'anti-américanisme farouche des autorités religieuses et des cellules islamistes radicales qui multiplient les attentats terroristes dans le pays.

Asif Ali Zardari aura donc fort à faire au cours des prochains mois pour apaiser la colère de son peuple et préserver la stabilité de cette puissance nucléaire musulmane de 173 millions d'habitants.