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International | En profondeur

Mise à jour le jeudi 19 juin 2008 à 11 h 06

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Incursion dans la blogosphère cubaine

Afin de tâter le pouls des internautes, tant de Cuba que ceux qui écrivent de l'extérieur, le journaliste Diego Creimer, de Radio-Canada International, a décidé de les interpeller directement sur les forums.

Il s'est présenté comme un journaliste canadien d'origine argentine qui enquête sur la liberté d'expression dans les blogues cubains. Sur le forum du blogue Generacion Y, il a demandé aux internautes d'où ils écrivaient et quelle est la situation d'Internet à Cuba. Voici un bref échantillon des réponses obtenues:

  • Voltus V, Madrid, Espagne: « Il n'y a pas de Cubains de Cuba, n'hésitez pas à le dire. On ne peut pas accéder à ce forum en raison des filtres installés partout sur l'île. En outre, les Cubains qui vont sur Internet, quand ils peuvent contourner les obstacles, d'une manière ou d'une autre, préfèrent discuter ou écrire des courriels. »
  • Ernesto IRM - 30 mai 2008, 12 h 56 « [...] Ceux qui ont Internet dans leur lieu de travail sont surveillés, très peu osent se rendre sur ce blogue, et encore moins y laisser des commentaires. »
  • Ester de la Mata - 30 mai 2008, 12 h 55 « Je pense que moins de 5 % [des internautes qui visitent Generacion Y] proviennent de l'île. »

Les questions de Diego Creimer ont suscité de nombreuses réponses sur Generacion Y.

Photo: http://desdecuba.com/generaciony

Les questions de Diego Creimer ont suscité de nombreuses réponses sur Generacion Y.

Les autres réponses vont dans le même sens: l'écrasante majorité des blogueurs sont les Cubains qui vivent à l'extérieur de l'île, surtout à Miami.

Il est cependant impossible de savoir d'où les messages sont écrits, puisque les blogueurs utilisent des pseudonymes et ne disent pas nécessairement où ils sont. Cet anonymat peut également les aider à se mettre à l'abri du contrôle du gouvernement cubain.

Thèmes récurrents

Il est intéressant de constater que les réponses des internautes aux billets des blogueurs (tant sur Generacion Y que chez les autres blogues hébergés par Desdecuba.com) vont très vite au-delà du sujet abordé.

Ainsi, un billet sur le prix du savon en poudre ou sur les lacunes du service postal peut donner naissance, entre autres, à des discussions sur:

  • la liberté d'expression à Cuba et ses limites
  • la politique gouvernementale
  • des comparaisons entre la vie à Cuba et à l'extérieur
  • les élections américaines et l'embargo
  • les relations entre Cuba et le Venezuela
  • la situation des « prisonniers politiques », expression qui peut varier d'un blogue à l'autre

L'un des participants à ces forums, qui écrit sous le pseudonyme Solitario Rodriguez, ne cache pas ses velléités annexionnistes: « Je suis né à Cuba et suis citoyen américain par choix. Je vis à New York. Le problème cubain est unique. Tous les Cubains devraient avoir droit à la citoyenneté américaine. [...] Il ne s'agit pas de devenir millionnaire, de se promener au bras d'une superbe blonde ou d'avoir une voiture dernier cri, mais d'être vraiment libre d'avoir une vraie nation, afin que Cuba ne soit plus sous l'emprise d'un coup d'État ou de dictateurs comme les frères Castro [...] ».

Une vision pro-gouvernementale

Le blogue Kaos en la red (Chaos sur le réseau) est en grande partie consacré à la politique cubaine, intérieure comme extérieure. Sans le qualifier d'outil gouvernemental de propagande, force est de constater que ses positions semblent plutôt en symbiose avec celles du régime.

Kaos en la red

Photo: www.kaosenlared.net/

Kaos en la red

On y retrouve notamment un texte sur une controverse déclenchée par les actions de groupes dissidents dans l'île, ou encore un forum pour dénoncer la commercialisation de l'image de Che Guevara.

On peut aussi y lire une critique du blogue Generacion Y et de Yoani Sanchez. Celle-ci est présentée comme une fabrication des médias et accusée de dresser un portrait erroné de la réalité cubaine.

Un autre texte ironise sur une déclaration du secrétaire d'État adjoint des États-Unis, John Negroponte, qui lors d'un discours affirmait que Yoani Sanchez avait ouvert les yeux du monde sur les difficultés de Cuba. La jeune femme incarne, selon le numéro deux de la diplomatie américaine, « l'esprit courageux du peuple cubain ».

La participation aux forums de Kaos en la red est nettement inférieure à celle constatée sur Generacion Y.

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