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«Opération 100% colombienne»

Mise à jour le vendredi 4 juillet 2008 à 22 h 33

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Vidéo de la libération d'Ingrid Betancourt

Photo: AFP/Mauricio Duenas

Vidéo de la libération d'Ingrid Betancourt

Le ministre de la Défense de la Colombie, Juan Manuel Santos, a dévoilé vendredi après-midi une vidéo de l'opération de sauvetage d'Ingrid Betancourt.

On peut y voir Ingrid Betancourt et les autres otages se diriger vers un hélicoptère, les mains liées. Les otages montent ensuite à bord de l'appareil. Peu après, ils apprennent qu'ils sont désormais libres.

La vidéo, d'une durée de trois minutes, a été tournée par des militaires colombiens qui se sont fait passer pour des journalistes au cours de l'opération de mercredi.

En dévoilant les images, le ministre a précisé que la vie des otages n'avait jamais été menacée et qu'il ne croyait pas qu'il y aurait des représailles envers les autres otages, toujours détenus par les FARC.

Le ministre en a profité pour faire le point sur l'opération de sauvage.

Il a nié catégoriquement toutes les rumeurs ou hypothèses qui se multiplient au sujet d'une rançon qui aurait été versée aux ravisseurs des quinze otages, dont Ingrid Betancourt, qui ont été libérés mercredi.

Des médias avaient questionné la version des autorités colombiennes. La Radio suisse romande avait même affirmé que des FARC avaient reçu 20 millions de dollars pour libérer les otages.

Le ministre colombien a précisé que « tout est faux, pas un cent n'a été payé » aux ravisseurs.

Juan Manuel Santos a aussi tenu à préciser que l'opération de sauvetage était « 100 % colombienne ». Questionné par la presse qui voulait savoir si Israël ou Washington avaient participé à l'opération, il a dit qu'il n'y avait « aucun étranger dans l'élaboration et l'exécution de l'opération ».

Rappelons que des membres des forces colombiennes ont réussi à infiltrer les FARC qui gardaient les otages. Ils ont ensuite trompé les FARC en leur disant qu'un des leaders du groupe avait envoyé un hélicoptère en vue de transférer 15 otages. L'hélicoptère, aux couleurs d'une fausse ONG, appartenait à l'armée colombienne. Une fois à bord de l'appareil, les membres des FARC ont été arrêtés.

Le ministre a précisé qu'aucun militaire n'était armé, même à l'intérieur des hélicoptères et qu'il n'y avait donc aucun danger pour la vie des otages, « c'était une opération davantage basée sur le renseignement que sur le militaire », a-t-il dit.

Ingrid Betancourt de retour en France

Plus tôt, vendredi, Ingrid Betancourt était de retour en France, après plus de six ans de détention dans la jungle colombienne.

L'avion de la Franco-Colombienne, dans lequel se trouvaient ses enfants, sa mère, des amis et des dignitaires français, s'est posé sans incident à l'aéroport militaire de Villacoublay, près de Paris, après avoir quitté Bogota en début de journée.

Sur le tarmac, Ingrid Betancourt a été accueillie chaleureusement par le président français Nicolas Sarkozy et son épouse Carla Bruni.

« C'est un moment très très émouvant », a déclaré Ingrid Betancourt à sa descente d'avion avant de remercier le président Sarkozy et les Français de leur soutien indéfectible pendant ses années de détention.

« Vous tous, qui avez partagé mon désespoir, le désespoir de ma famille. Vous tous qui avez cru que c'était possible que peut-être en luttant, en faisant des marches [...] en envoyant des messages que j'ai effectivement reçus au fin fond de la jungle... Je suis comblée d'être aujourd'hui avec vous », a ajouté Mme Betancourt à l'adresse du peuple français.

Je rêve depuis sept ans de vivre ce moment

— Ingrid Betancourt

Ingrid Betancourt et le président Nicolas Sarkozy

À ses côtés, le président Nicolas Sarkozy a accueilli la politicienne franco-colombienne en déclarant: « C'est un message d'espoir que vous soyez là [...]. Ça veut dire à tous ceux qui souffrent dans le monde et qui sont privés de liberté: "Eh bien rien n'est inéluctable". Vos bourreaux, vos tortionnaires, qui se sont si mal comportés, et malgré ça, vous êtes là, libre, rayonnante, la vie devant vous et votre famille autour de vous. »

Lors d'une rencontre avec la presse plus tard à l'Élysée, Mme Betancourt a affirmé ne pas croire qu'une rançon avait été versée pour la libération des otages. « Avec ce que j'ai vu pendant l'opération, et franchement, honnêtement, je ne pense pas que l'on puisse me duper facilement, je ne pense pas que ce j'ai vu soit une mise en scène » a-t-elle indiqué.

« Il y avait des degrés de tension, c'était tellement stressant que nos camarades ont résisté, ils ne voulaient pas monter dans l'hélicoptère. Ils avaient la sensation qu'on était pris dans un piège », a ajouté l'ex-otage.

Née de parents Colombiens, Ingrid Betancourt a acquis la nationalité française par son union avec son premier mari, Fabrice Delloye.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Reuters et Associated Press

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