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Pas de dialogue possible

Mise à jour le vendredi 4 juillet 2008 à 10 h 45

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Robert Mugabe au sommet de l'UA

Photo: AFP/Nasser Nasser

Robert Mugabe au sommet de l'UA

Le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, n'a pas l'intention d'ouvrir le dialogue avec son adversaire de l'opposition, Morgan Tsvangirai, si ce dernier et son parti persistent à ne pas reconnaître qu'il est le président légitime du pays.

« Je suis le président de la République du Zimbabwe et c'est la réalité. Ceux qui veulent le dialogue doivent l'accepter », a lancé le dictateur de 84 ans devant près de 4000 partisans venus l'accueillir à sa descente d'avion à Harare. Robert Mugabe rentre d'Égypte où il a pris part au sommet des chefs d'État de l'Union africaine.

« Nous lui réservons le même accueil qu'en 1980, c'est l'accueil d'un héros. En 1980, il rentrait de la guerre avec un nouveau Zimbabwe. Nous ressentons exactement la même chose aujourd'hui », a expliqué un partisan de Robert Mugabe à l'Agence France Presse.

Je suis le président de la République du Zimbabwe et c'est la réalité. Ceux qui veulent le dialogue doivent l'accepter

— Robert Mugabe

Morgan Tsvangirai

Photo: AFP/Alexander Joe

Le chef du Mouvement démocratique pour le changement (MDC), Morgan Tsvangirai

L'opposition zimbabwéenne a très vite rejeté vendredi « la condition préalable irréaliste » posée par le président Robert Mugabe. Morgan Tsvangirai, chef de cette opposition, maintient que la présidence de Robert Mugabe est illégitime puisqu'elle a été obtenue dans la violence, la fraude et l'intimidation.

L'Union européenne, de son côté, a réclamé par la voix de sa nouvelle présidence française, la tenue d'autres élections « libres, démocratiques et transparentes » au Zimbabwe. Pendant ce temps, les États-Unis poursuivent leurs démarches au Conseil de sécurité de l'ONU pour l'adoption d'une série de sanctions sévères à l'endroit du régime de Robert Mugabe.

Robert Mugabe, qui règne sans partage sur le Zimbabwe depuis l'indépendance de l'ancienne Rhodésie, il y a 28 ans, a été assermenté pour un sixième mandat consécutif dimanche dernier, au terme d'un deuxième tour des élections présidentielles qualifié de « fraude » et de « farce électorale » par les puissances occidentales.

Violence et persécution pour les membres de l'opposition

Foule massée aux grilles de l'ambassade américaine

Photo: AFP/Alexander Joe

Un enfant pleure devant les grilles de l'ambassade américaine à Harare où 200 personnes ont trouvé refuge pour se protéger des représailles des partisans de Robert Mugabe.

Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principale formation d'opposition au Zimbabwe, dirigée par Morgan Tsvangirai, a en effet remporté une importante victoire au premier tour des élections présidentielles et législatives, le 29 mars dernier.

En plus de remporter la majorité des sièges au Parlement zimbabwéen, Morgan Tsvangirai a gagné le premier tour des présidentielles avec plus de 47 % des voix.

Morgan Tsvangirai, arrêté sans raison à plusieurs reprises pendant la campagne électorale, s'est finalement retiré du deuxième tour des élections pour mettre un terme à la violence et l'intimidation dont étaient victimes les membres de son parti.

Selon Morgan Tsvangirai, 200 000 personnes ont été déplacées, 10 000, blessées, et 90 membres de son parti, tués depuis la déroute du parti de Robert Mugabe, le ZANU-PF, aux élections générales de mars.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Reuters

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