
Fin de session mouvementée
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Québec compte profiter encore une fois de la fin imminente de la session parlementaire pour forcer l'adoption en toute hâte de projets de loi particulièrement controversés.
Ainsi, le gouvernement Charest a décidé de lancer la procédure d'imposition du bâillon, lundi, pour limiter les débats en Chambre au sujet de quatre projets de loi.
Seront adoptés de force le projet de loi 31, qui autorise la privatisation des quatre hippodromes du Québec, le projet de loi 23, probablement le plus controversé de tous, qui ouvre la porte à la privatisation partielle du parc national du Mont-Orford, et le projet de loi 9 qui, lui, empêche pendant cinq ans tout recours judiciaire aux gens vivant près d'un sentier de motoneiges.
De plus, le projet de loi 37, qui imposera les conditions de travail des médecins spécialistes, a été déposé. Les termes de cette loi seront inférieurs de 130 millions de dollars aux dernières offres gouvernementales. De cette somme retranchée, Québec compte consacrer 50 millions à la réduction des listes d'attente. Avant l'imposition de loi spéciale, Québec offrait aux spécialistes des augmentations de salaire de 8 % en six ans, dont deux ans de gel.
Dans le cas du projet de loi 37, le gouvernement a décidé d'imposer les conditions salariales aux médecins spécialistes en partie parce qu'il craignait des moyens de pression. En effet, dans une lettre envoyée il y a un mois à la Fédération des médecins spécialistes, et dont Radio-Canada a obtenu copie, le président de l'Association des radiologistes, Gaétan Barrette, écrivait « qu'il faut réagir coup pour coup » à la stratégie de négociation du gouvernement. M Barrette ajoutait avoir demandé à ses membres de ne pas prendre de nouveaux rendez-vous avec des patients à partir de l'automne. Toutefois, ce moyen de pression n'a jamais été appliqué quand la menace d'une loi spéciale a été évoquée.
Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, affirme qu'il est encore possible d'obtenir, d'ici la sanction de la loi, la signature d'une entente de gré à gré avec les médecins.
Les médecins aux abois
![]() Dr Yves Dugré |
Le président de la Fédération des médecins spécialistes (FMSQ), Yves Dugré, souligne que la Fédération n'a jamais invité ses membres à exercer des moyens de pression. Il ajoute que le président de l'Association des radiologistes a renoncé aux moyens de pression après l'envoi de sa lettre.
Le Dr Dugré qualifie d'odieuse la loi spéciale imposant aux médecins spécialistes leurs conditions de travail. « Une loi qui nous fait penser à un gouvernement qui se comporte comme un dictateur, un despote. » lance M. Dugré. Il se demande si le ministre de la Santé et le premier ministre ont calculé toutes les conséquences d'une loi spéciale.
M. Dugré croit que les futurs médecins spécialistes auront le sentiment, par cette loi, que ce gouvernement les incite à aller pratiquer ailleurs. Yves Dugré demande l'intervention du premier ministre Charest et d'un médiateur pour régler ce dossier selon l'entente 2003.
Les médecins spécialistes du Québec disent qu'il y a un écart de rémunération de 40 % avec leurs collègues du reste du pays, alors que Québec l'évalue à 10 %.
L'opposition dénonce
Québec a invoqué l'urgence pour justifier une telle motion, ce que nie l'opposition. Le Parti québécois affirme qu'il reste encore 10 journées de travaux parlementaires, ce qui laisse amplement de temps au gouvernement pour faire ses devoirs.
Quant à l'Action démocratique du Québec, elle affirme qu'il y a des projets de loi qui semblent améliorer le sort personnel de certains libéraux. « Cette question des apparences de conflit d'intérêts est accrue lorsque le gouvernement vient mettre les projets de loi dans un accélérateur comme il le fait présentement. » précise le chef de l'ADQ, Mario Dumont.
« La bataille ne fait que commencer »
Pour la Coalition SOS Parc-Orford, il importe désormais d'étudier les différentes options qui s'offrent aux opposants, dont de possibles recours juridiques.
Le coordonnateur de la coalition, Claude Dallaire, a d'ailleurs estimé sur les ondes de Radio-Canada que « la bataille ne fait que commencer » et que son groupe allait se réunir dès lundi soir afin de faire le point et d'envisager la marche à suivre.
La session parlementaire devrait se terminer jeudi.
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