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Mercredi 3 décembre 2008 17:17 HNE


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Carnet Michel C. Auger

2 septembre 2008

Le pari de John McCain


Saint Paul, Minnesota – En politique, John McCain a la réputation d'être un risque-tout. Son dernier pari est la nomination de la gouverneure de l'Alaska, Sarah Palin, comme colistière.  
 
Le plus intéressant dans cette nomination, c'est le fait que le sénateur McCain ait senti qu'il devait absolument prendre un risque avec la nomination la plus importante que peut faire un candidat à la présidence.  
 
C'est que, contrairement à ce qu'indiquent les sondages, cette course à la présidence n'est peut-être pas aussi serrée qu'on le croit. Un peu comme dans un système parlementaire, le gagnant de l'élection n'est pas celui qui reçoit le plus de votes, mais celui qui gagne le plus d'États au Collège électoral. C'est ainsi qu'en 2000, George W. Bush est devenu président, même s'il a obtenu moins de votes qu'Al Gore. 
 
Or, selon tous les grands médias américains, Obama jouit d'une confortable avance au Collège électoral, où il faut 270 voix pour être élu. Par exemple, le New York Times donne 251 voix certaines ou probables à Obama, au Collège électoral, contre 227 à McCain. CNN donne 226 voix à Obama, et 189 à McCain.  
 
Un geste spectaculaire 
 
Bref, McCain n'est pas en aussi bonne posture qu'il y paraît, d'où la nécessité de changer le jeu par un geste spectaculaire. La nomination d'une femme de 44 ans, provenant de la droite religieuse de son parti, suffit-elle pour relancer la campagne républicaine? 
 
Oui, si on voit l'enthousiasme qui a accueilli la nomination de Mme Palin au sein de la droite religieuse du Parti républicain. Pro-vie et contre le contrôle des armes à feu, elle a fortement contribué à mettre fin au malaise que ressentait une bonne partie de la droite religieuse vis-à-vis de la candidature de John McCain, vu comme trop indépendant et trop peu porté sur les questions comme l'avortement. 
 
Oui, si cette femme de 44 ans peut, par son parcours personnel, séduire une partie de l'électorat féminin, surtout dans les États du nord-est, fortement touchés par le ralentissement économique, et qui ont majoritairement voté pour Hillary Clinton lors des primaires de ce printemps. 
 
Si peu d'expérience 
 
Mais la candidature de Mme Palin a un prix. Elle a si peu d'expérience dans les questions de sécurité nationale, qu'elle enlève à John McCain son principal argument contre Barack Obama, soit qu'il n'est pas prêt à être président. Si celle qu'il a choisie pour être « à un battement de coeur de la présidence » n'a que deux ans comme gouverneure d'un État qui n'a pas la population de la ville de Québec, il ne peut guère se plaindre du manque d'expérience d'Obama. 
 
De plus, John McCain doit courtiser les électeurs indépendants qui ne seront pas aussi enthousiastes à appuyer les positions de droite de Mme Palin. Ce que John McCain a gagné à solidifier son aile droite, il pourrait bien le perdre au centre.  
 
C'est vrai, en particulier, des femmes qui appuyaient Hillary Clinton et qui trouveront bien peu de points communs entre ses positions et celles de Sarah Paulin. 
 
Sa candidature constitue donc un risque calculé pour le camp McCain. Elle pourrait surprendre favorablement tout le monde et donner un coup de fouet à une campagne républicaine qui était décidément un peu trop tranquille. Mais si son inexpérience – surtout en matière d'affaires étrangères et de sécurité nationale – devait lui causer des ennuis, c'est le jugement de John McCain que l'on devrait alors remettre en cause. 
 
Celui qui sera, à 72 ans, le plus vieux à jamais assumer la présidence, serait alors accusé d'avoir fait un choix strictement politique, sans tenir compte du premier critère qui doit guider le choix d'un vice-président: sa capacité d'assumer la fonction suprême en cas de tragédie.

Vous avez des questions, des remarques ou voulez me suggérer des thèmes que je n'ai pas abordés?

Écrivez-moi à : carnets@radio-canada.ca

Pendant 30 ans, Michel C. Auger a couvert l'actualité politique québécoise et canadienne pour une multitude de médias écrits, autant en français qu'en anglais. Il aura passé dix ans à la Tribune de la presse à Ottawa ce qui lui aura permis de couvrir huit campagnes fédérales, six élections au Québec, sans oublier trois référendums, plusieurs élections présidentielles aux États-Unis et même celle... d'un pape.

 
 

Mais la politique n'est pas son seul intérêt. Il a également été affecté à la couverture de la Cour suprême du Canada dans les années qui ont suivi l'adoption de la Charte canadienne des droits et libertés. Il a également assuré la couverture de plusieurs grandes commissions d'enquête, dont celle sur le dopage dans le sport qui avait suivi la disqualification du sprinter Ben Johnson et la commission Keable sur les activités des services de sécurité au Québec après la crise d'Octobre 1970.

 
 

Au cours des 15 dernières années, il a rédigé des chroniques pour plusieurs journaux dont Le Journal de Montréal, Le Soleil, The Edmonton Journal et The Globe and Mail et tenu un blogue sur Cyberpresse.ca.

Au printemps de 2007, il est devenu chef de bureau de Radio-Canada à l'Assemblée nationale, après des années à commenter l'actualité sur les ondes autant de Radio-Canada, de RDI, de CBC, de Télé-Québec et de TVA, où il a coanimé l'émission d'affaires publiques Larocque-Auger avec Paul Larocque.

Il tient maintenant ce carnet sur Radio-Canada.ca, en partie pour ne pas trop s'ennuyer de l'écriture...

6 septembre 2008

C'est une bonne observation sur la politique américaine concerant les présidentielles de 2008. 
 
Selon moi, tout peut basculer en faveur de John McCain si l'administration Bush décide d'agir contre l'Iran avec une campagne de bombardements aériens d'ici le mois de novembre 2008. Les rumeurs se font de plus en plus fortes, surtout avec la nomination de David Petraeus à la tête de la Centcom, et nous savons tous déjà qu'il est un Bush-Cheney Yes-Man, sans compter la désinformation persistante au sujet de l'Irak voulant nous faire croire que ce pays sous l'occupation américaine est en train de se tourner vers une "victoire", alors qu'en réalité ça ne l'est pas. 
 
Aussi incroyable que cela semble à cet égard, si Washington (avec ou sans les Israéliens) provoque une guerre contre Téhéran, on verra comment ça risque de changer énormément la dynamique électorale aux États-Unis parce que les américains préféreront y aller avec le candidat qui possède l'experience militaire.  
 
Rien est impossible à l'heure actuelle. George W. Bush et Dick Cheney sont toujours à la Maison-Blanche - il ne faut surtout pas l'oublier.

Aaron Malcolm, Montréal

5 septembre 2008

Ca vous arrive tu de penser que y'a d'autres chose dans les nouvelles que les politiques americaines.... je ne trouve aucune information sur notre pays... sur Radio Canada a part des candales.... vraiment c'est ridicule. Si vous pouvez mettre autant d'effort sur la facon que le gouvernement Americain fonctionne... il me semble... qu'il doit y avoir un carnet sur notre bon systeme Canadien et les partis qui se presente... on rentre en election.... laisse faire les USA ca fait deja 10 mois qu'on entend parler de la meme chose. 
Merci. 
Franck Lalande

Franck Lalande, Paris, France

4 septembre 2008

Bonjour Mr Auger . 
Les élections américaines , candidats etc sont pour moi très difficile à comprendre. 
Mais à suivre les étapes , on peut toujours apprendre. 
A celà j,aurais un conseil à vous demander. 
Quel livre pourrait me guider ?  
Merci de votre attention.

Claire Thibaudeau, Sherbrooke

4 septembre 2008

Mme Palin a livré la marchandise hier. Elle ne s'est pas embourbé. Ainsi elle a su effacer certains doutes qui existaient sur sa candidature. 
 
Cependant son discours n'a pas apporté beaucoup au américains. Maintenant ils connaissent la famille de la dame. On a même vu le futur époux de l'adolescente! Ils se sont fait rappelé le passé militaire de McCain. Ils se sont fait présenté un ancien co-détenu de McCain. On a aussi fait peur en leur parlant de toutes ces "menaces" qui planent sur les États-Unis! On leur a reparlé de la nécessité de la présence en Irak, et on a rit de Obama. On ne leur a malheureusement pas ouvert l'esprit vers le futur. Le nouveau, le meilleur, la vision, le changement, l'évolution. Ce qu'il faut pour s'adapter aux nouvelles réalités environnementales et économiques de cette petite planète. Un chef doit transporter une idéologie, un objectif, une vision qui guideront ses choix futurs. Autrement il sera guidé par le court terme, ses amis et les lobbyistes. 
 
Les américains seront à nouveau confronté à un choix similaire à la dernière élection cette année. Un individu conservateur, vieux routier de la politique américaine pro-vie, pro-pétrolière, pro-arme, pro-guerre, etc ou un individu d'idées. Choisiront-ils une continuité comme ils l'ont fait la dernière fois? 
 
Très intéressant!

Cloutier Alain, La Prairie

3 septembre 2008

Monsieur Auger, vous citez des médias qui penchent définitivement pour les démocrates. Où est l'objectivité? 
 
Peut-être que la tendance du vote populaire n'aura pas d'importance. Toujours est-il que dans le clan Obama, on s'inquiète, car malgré la couverture médiatique d'Obama, celui ne réussit à se détacher de McCain. 
 
Soit-dit en passant, en faisant référence à votre entrevue téléphonique avec Pierre Maisonneuve, sachez que les USA ne sont pas en récession. Cessez d'induire les Canadiens en erreur.

Philippe Charron, Montréal

3 septembre 2008

Du point de vue constitutionnel un grand électeur n'est pas tenu de respecter le vote exprimé car : rien dans le 12e amendement l'interdit; il s'agit plutôt d'une tradition. 
 
"Cette possibilité de dire le nom du président avant la réunion des grands électeurs est possible grâce à la traditionnelle loyauté des grands électeurs : entre 1788 et 2000, sur les 17 000 grands électeurs successifs, 156 seulement[4] n'avaient pas respecté le mandat confié par les électeurs de leur État et avaient voté pour un autre candidat (faithless electors), ce qui n'est pas interdit par la Constitution. Certains États tentent de décourager ce type de comportement allant jusqu'à faire payer une amende à ces électeurs (en Caroline du Nord, par exemple, cette amende s'élève à 10 000 dollars). Il faut noter, cependant, que pour beaucoup, de telles lois obligeant les électeurs à être loyaux, seraient anticonstitutionnelles. En 2000, un grand électeur du District fédéral de Columbia s'est abstenu plutôt que de voter Al Gore pour protester contre le fait que le District n'était pas considéré comme un État à part entière." 
Référence : Wikipédia 
 
Le fait d'être rare ne signifie pas que c'est illégal ou impossible.

Dennis Neault, Gatineau

2 septembre 2008

Je pense que le sénateur McCain a fait un choix courageux et intelligent en choisissant une femme jeune et distinguée comme colistière. Dans dix ans ce sont ces personnes qui seront les figures dominantes de la politique des Etats-Unis et de ce fait monsieur McCain représente le courage, la volonté et l'opiniâtreté et il se démarque également en montrant qu'il fait le choix de le relève et qu'il est homme a tenir compte de l'avis et de l'opinion des femmes. En d'autres termes, il envoie un message clair, il est bien le candidat Républicain, mais il n'a pas l'intention de s'inscrire dans la continuité de l'administration actuelle. Aussi je pense que monsieur McCain fait montre d'une certaine habileté. 
Tout cela sera-t-il suffisant pour gagner ? Je regarde dans ma boule de cristal et... c'est encore Obama que je vois... plus difficile est de prévoir qui sera qui de Stéphane ou de Stephen le prochain premier ministre du Canada.....

Serge Drouginsky, Montréal

2 septembre 2008

Dans le choix de Mme. Palin comme co-listière a la vice-précidence, McCain démontre bien qu'Obama a l'initiative dans la présente campagne. Candidat jeune sans expérience choisisant un candidat plus agée comme co-listier etc. cela ressemble a blanc bonnet bonnet blanc... La campagne sera longue et difficile pour les deux candidats. Historiquement les républicains gagnent lorsque les enjeux tournent autour de la puissance américaine dans le monde, donc de l'actualité internationale et les démocrates lorsque les enjeux sont plutôt intérieures comme l'économie. Comme les États-Unis sont actuellement en récession et que les perspectives économiques sont plutôt défavorables, les démocrates devraient avoir la cote comme qui dirait. Cependant, parions qu'il pourrait bien y avoir une p'tite crissette internationale pour que les projecteurs changent de direction... façon républicaine !

Patrice Desnoyers, Chambly

2 septembre 2008

Lors de la conférence de Téhéran à l'automne de 1943, quand Roosevelt, Churchill et Staline décidèrent de la phase finale de la guerre en Europe, les Britanniques firent pression sur le président pour nommer Eisenhower au commandement suprême; un homme de façade nécessaire selon eux pour tenir les tisonniers brûlants de la politiqe devant l'opinion publique américaine pendant que les chefs militaires britanniques continueraient de mener le bal. Les évènements en décidèrent autrement....

Yvon ROY, Mtl

2 septembre 2008

Il est vrai, comme vous le dites, que les votes du collège électoral sont au coeur de la course. 
 
Par contre, la course demeure, à ce niveau, plus serrée que vous ne semblez l'indiquer: vous citez les données de CNN, qui indique ainsi par exemple qu'en Pennsylvanie la victoire d'Obama est possible, ce qui lui donne 21 votes. Suffit cependant que cet état vote McCain pour que ce dernier prenne la tête. Ce qui est certain, c'est que les gros états ambivalents feront la différence, tel la Floride, comme en 2000... la course demeurera donc serrée, sauf si une tendance lourde se manifeste dans 3 ou 4 gros états, comme l'Ohio, la Floride et le Michigan, qui représentent à eux seuls plus de 60 grands électeurs... 
 
Contrairement à ce souligne le commentaire de M. Neault, le vote des grands électeurs est toujours lié au résultat électoral dans les états, à quelques "têtes dures" près... Il s'agit donc d'un système dans lequel certains états on un poids considérable à cause de leur population!

Pascal Girard, Québec

2 septembre 2008

La population américaine n'a jamais élu directement le président : ce sont les Grands Électeurs soit moins de 600 personnes qui décident qui sera président et ils ne sont pas tenu de tenir compte des votes obtenus par chaque candidat : Nixon avait obtenu plus de vote que Kennedy. 
 
Où est la différence entre Obama et McCain ? Le président doit défendre les intérêts des USA à l'interne et à l'externe c'est la raison d'être du mandat présidentiel. 
 
Ici, on tente de convaincre les américains de choisir entre un ruban bleu ou un ruban rouge pour envelopper une boîte. On demande aux américains de jauger le contenu de la boîte à son emballage. 
 
L'engouement pour Obama ressemble à ce qui s'est passé avec le président Clinton : la nouveauté est source d'espoir. 
 
Quand à McCain, il est associé à Bush le mal-aimé; il rappelle aux américains tout ce qui s'est passé pendant huit ans sous les républicains. 
 
McCain à offert le poste de vice-président à combien de personnes ? Pourquoi ont-ils refusé sauf Mme Paulin ? Mme Paulin représente ce qui est reproché à Obama : drôle de stratégie de campagne et de jugement ! Seuls les extrémistes seront heureux soit une minorité jamais satisfaite car jamais assez à droite. On oublie que par définition les indécis ne sont pas des extrémistes donc la candidature de Mme Paulin aura peu d'influencer sur eux.  
 
Sans compter que les petits secrets de Mme Paulin commencent à sortir du placard : sa fille est une histoite personnelle mais celle d'avoir mis à la porte le Commissaire de la police qui refusait de mettre à la porte son ex-beau-frère est beaucop plus préoccupante. 
 
On dirait que le choix fut si rapide que personne n'a eu le temps de faire une enquête pour évaluer les risques politiques des petits secrets de Mme Paulin. C'est pourtant l'abc en la matière. 
 
Je comprends que McCain ne pouvait pas choisir C.Rice (femme très compétente) car trop identifiée à Bush mais si le choix est si restreint peut être faudra-t-il que McCain se pose des questions.

Dennis Neault, Gatineau

2 septembre 2008

M. AUGER, 
 
Le colistier, est-ce le vice président ou autre chose? 
 
Les électeurs du Collège électoral sont-ils élus par la population ou nommés par d'autres autorités? 
 
Merci 
 
P.S.: auriez-vous un bon livre vulgarisateur à mo conseiller pour la mécanique de politique américaine? Et aussi un bon livre qui explique la philosophie de la politique américaine?

Angela Vanessa Bueno, Montréal

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