3 octobre 2008
L'envergure de nos politiciens
L'an dernier, aux Coulisses du pouvoir, j'ai posé la question suivante: est-ce que les politiciens d'antan étaient meilleurs que ceux d'aujourd'hui? Les réactions ont été vives. Je repose la question.
Est-ce que les Pierre Elliott Trudeau, Brian Mulroney, Ed Broadbent ou Réal Caouette étaient de meilleurs politiciens que les Stephen Harper, Stéphane Dion, Jack Layton ou Gilles Duceppe? Peut-on comparer Jean Charest à Robert Bourassa? Pauline Marois à René Lévesque?
Un contexte différent
Les politologues vous diront qu'à l'époque des Trudeau et Lévesque, les positions étaient tranchées, le discours vif et intense, assorti d'une rare éloquence. Mais ces mêmes politologues vous diront aussi qu'on a parfois une image tronquée de ces politiciens plus grands que nature. Les dernières années de Lévesque ont été chaotiques. En économie, Trudeau s'adaptait, se contredisait et était loin de faire l'unanimité.
Peut-on dire que la classe de politiciens d'aujourd'hui est inférieure? Disons que le contexte est différent. Qu'il y a moins de grands débats de société. Que les gouvernements administrent leurs affaires au jour le jour.
Comment auraient réagi les Trudeau et Lévesque à la pression des médias, à l'appétit insatiable des chaînes de nouvelles en continu, aux pressions répétées des groupes d'intérêt — pensez aux écologistes —, sans oublier les militants des partis, qui sont toujours plus exigeants? Parlez-en à Stéphane Dion. Aujourd'hui, le chef de parti a beaucoup moins de latitude. Il est coincé. Tout le monde le surveille.
Les attentes des citoyens
Voilà pourquoi les citoyens n'ont pas l'impression que les politiciens ont une vision. Trop souvent, les sondages leur dictent une conduite. Les convictions ne ressortent pas. Les électeurs sont-ils devenus cyniques? Blasés? Trop de promesses non remplies. Les citoyens savent-ils seulement ce qu'ils veulent? Quel est le chef politique idéal? Un prophète? Un bon gestionnaire? Le coeur avant la raison? Doit-il suivre son peuple ou le diriger? Un autre Trudeau, un autre Lévesque?
L'explication du politologue Jean-Herman Guay: « On est dans un rapport où les gens sont beaucoup plus scolarisés, beaucoup plus attentifs, et où les grandes idéologies partagées à une certaine époque ne sont plus partagées par autant de gens. Il y a une fragmentation de l'opinion publique, une volatilité. Et cette fragmentation et cette volatilité font en sorte que les gens donnent moins fortement leur appui. »
Rêves d'un chef charismatique
Y a-t-il un René Lévesque dans la salle? Qui dirige et suit son peuple? Une forte personnalité? Sincère.
L'explication de Jean-Jacques Stréliski, expert de l'image: « René Lévesque était un grand communicateur. Il savait inspirer le peuple, mais il savait aussi suivre son peuple, c'est-à-dire qu'il était les deux et c'est la raison pour laquelle la cote d'amour de René Lévesque a été plus grande que l'adhésion à ses idées politiques, parce qu'on aimait l'homme fondamentalement. »
Stephen Harper, Stéphane Dion, Jean Charest, Pauline Marois, Mario Dumont. Qu'est-ce qui pourrait les emmener à se démarquer? À devenir ce grand chef charismatique et visionnaire que nous cherchons tous?
À nouveau, Jean-Herman Guay: « Souvent l'image qu'on a des gens qui ont été forts historiquement, qu'on pense à De Gaulle, à Churchill, qu'on pense même à M. Trudeau, c'est qu'il y avait des crises et c'est souvent autour de crises ou de moments-clé qu'on voit un leadership fort apparaître. Si la Deuxième Guerre mondiale n'avait pas éclaté, sir Winston Churchill ne serait pas passé à l'histoire. »
Il est arrivé à Radio-Canada en 1972. Il a d'abord travaillé comme journaliste à CBOFT-Ottawa, et ensuite comme animateur du Ce soir en 1978 et 1979. Il a été correspondant national pour la radio à la colline Parlementaire de 1979 à 1981.
Daniel Lessard a ensuite été correspondant pour la télévision de Radio-Canada de 1981 à 1994. Durant ces années, il a surtout suivi les activités des premiers ministres Trudeau, Mulroney et Chrétien. Il a couvert tous les événements importants de l'époque: le rapatriement de la Constitution, les congrès à la direction, les accords du lac Meech et de Charlottetown, les élections générales, etc.
En 1994, il coanime l'émission du matin à la télé de Radio-Canada avec Marie-Claude Lavallée. En 1995, il est animateur à la nouvelle station de RDI à Ottawa.
Il devient ensuite chef de bureau pour la télévision de Radio-Canada à la colline Parlementaire en 1998 et animateur de relève au Téléjournal/Le Point.
Daniel Lessard anime les Coulisses du pouvoir depuis 2005.
15 octobre 2008
Que c'était rafraichissant d'entendre M.Justin Trudeau répliquer à M.Bernard Derome hier soir en lui demandant de poser une question claire afin d'obtenir une réponse claire.Enfin un homme politique qui ne s'écrase pas face à un journaliste.
Le vrai fils de son père!
Bravo M.Trudeau.
André Leprohon, Trois-Rivières
15 octobre 2008
Pendant plusieurs mois consécutifs, nous avons assisté à la marée médiatique américaine avec le duel opposant John McCain et Barack Obama en toile de fond. Sans faire une grande analyse de cet épisode, il s'agissait essentiellement de la confrontation d'un homme d'État et d'un politicien dont l'enjeu rejaillissait au-delà de la frontière américaine.
Plus prés de chez nous, nous nous sommes habitués à un déploiement médiatique de grande envergure et de qualité avec un effort gigantesque dans les moyens utilisés pour couvrir ces événements; analyses, reportages, entrevues, débats, table ronde, la grosse machine pour mieux comprendre. Pourtant, ce n'était qu'une course à la chefferie de la part des deux protagonistes.
Tout d'un coup, les élections au fédéral arrivent avec son lot d'images, de calomnie, de médisances, de bouffonneries. Une véritable insulte à notre intelligence! Une crotte de mouette sur l'épaule de l'un, une parodie satirique sur l'autre. Bref, une substance partisane, en termes d'idée, diluée dans une mer d'insultes de bas étage, véhiculée dans nos médias. Et là, 58,5 % de la population se rend aux urnes. Un taux de participation parmi le plus faible observé depuis très longtemps. On se demande pourquoi nous ne sommes pas allés voter au Québec. Franchement, à quoi devait-on s'attendre!
Jean Guy Tremblay, Sainte-Julienne
14 octobre 2008
oui je crois que les anciens politiciens étaient plus convaincus et convaincants.
Jacques Chabot, Québec
14 octobre 2008
Bonjour M. Lessard.
Poser la question est y répondre. Avec toute l'expérience que vous avez du monde politique à Ottawa, M. Lessard, vous pouvez mieux répondre à cette question que les jeunes internautes qui n'ont pas connus les Diefenbaker, Lester B. Pearson et même P-E Trudeau...
En comparant avec les autres pays, je pense qu'on peut facilement comprendre qu'on manque de vrais chefs d'état. J'aimerais bien avoir quelqu'un avec l'envergure et le courage politique comme ex.: Sarkozy - Lula - Chavez - le président de l'Ukraine... Les primaires démocrates américaines entre Obama et Hilary ont été si captivantes ...
Les meilleurs canadiens ne vont peut-être plus en politique.. Il faudrait peut-être laisser leur passé tranquil... Car nous ne sommes pas tous blancs comme neige..
Jean-François Simard, Gatineau
8 octobre 2008
Bonjour,
Je ne pense pas que nous avions de meilleurs politiciens mais que nous avons en fait une population mieux informée et plus éveillée aujourd'hui qu'autrefois.
Le temps ou les politiciens proposaient, à coup de discours enflamés, de limiter les libertés individuelles au nom de l'intérêt de la société, et que la population aveugle acceptait sans réfléchir est révolu. Bien qu'il s'en trouve encore qui veulent tout réglementer sans raison, la population est beaucoup plus ouverte d'esprit qu'elle ne l'était autrefois. Qu'on pense au libre-choix d'avortement, au mariage gai et à la laicisation de la société, toutes ces politiques démontrent une ouverture d'esprit plus grande de la population d'aujourd'hui.
Alors, avant d'idolatrer des gens comme Trudeau ou Levesque, n'oubliez pas que le premier appuyait une nationalisation du pétrole et que les souverainistes du PQ ont dit plusieurs fois qu'en cas de souveraineté, ils réglementerait sur le contenu des médias.
En conclusion, il faudra toujours se méfier des grands orateurs. Derrière leurs beaux discours se cachent souvent des politiques liberticides et anti-démocratiques. Je suis certains que, comme moi, vous pensez à d'autres pays dans l'histoire, dont de bonnes gens ont donné le pouvoir à de mauvaises gens au nom de toute sorte de valeurs autres que la liberté.
Jacques Marceau, Québec
8 octobre 2008
:) La période des politiciens colorés n'existe malheureusement plus, à cette époque curieusement nous n'avions pas besoin d'humoristes. Ah le bon vieux temps ou un politiciens etaient compétents et colorés à la fois,avec des allocutions aux mots simples et percutants qui allaient chercher les gens ordinaires dans les trippes. Trudeau,Mulroney,Lévesques,Caouette,Sansom,Bouchard & Parizeau. Même les députés Tel que Jean-Claude Malépart, Maurice Bellemare Jean Garon étaient dans cette catégorie. Ah oui, j'oublias, Robert Bourrassa qui lui fut d'une classe à part,terne, moche, ennuyant.. mais avec une itelligence et une vision hors du commun. Parfois il me semble que M. Stéphane Dion est de la même trempe que M.Bourrassa, celle des technocrates que l'on estime souvent trop tard. Hier j'écoutais le clip radio de M.Dion commentant le programme Harper, j' ai accroché, mon Dieu qu'il était percutant!!! J'ai vite déchanté en regardant le même clip à la télé.
Le tout est un question d'image. Heureusement qu'il y as des humoristes pour rire des politiciens aujourd'hui et des Serge Chapleau pour en corriger les images !.
Dans tout cela, qui est vraiment gagnant ???
Carl Dionne, Sherbrooke Qc
7 octobre 2008
Oui,les politiciens qui ont gouverné jadis le Canada étaient meilleurs sauf Pierre-Éliott-Trudeau qui à mon avis était un politicien minable et détesté des Québecois.
Actuellement,il n'y a que Stephen Harper dont l'exception confirme la règle qui ressemble au politiciens qui ont diriger le pays jadis.
Tout le reste ça laisse à désirer.
Sylvain Lacroix, St-Félix-de-Valois
7 octobre 2008
Des politiciens plates et drabes. Ils sont jugés sur les virgules et les points virgules. Alors ils se la ferment. Qui oserait aujourd'hui traiter un autre PM de mangeux de hotdogs ? Alors le droit de parole si tu n'es pas artiste tu n'en a pas. La vraie question est que je trouve anormal qu'en ce moment les artistes qui contrôlent déjà trop la télé vont probablement défaire un gouvernement. Alors aurons nous le gouvernement qu'on mérite ou celui qu'ils méritent (les artistes)?
NB/En passant, suis pas conservateur.
Roger Gagnon, Laval
5 octobre 2008
Les politiciens d'antan n'étaient ni meilleur, ni pire, c'était tout simplement une autre époque avec d'autres problèmes et une économie différente. Des grandes gueules qui parlaient pour ne rien dire, des beaux parleurs, avec plein de promesses, y en avait !
Les années 60-70, années d'après-guerre
ont été une période fleurissante, tout renaissait ! Les bébés-boomers démarraient plein de petites entreprises et commerces, et vivaient très bien. Les fermes grossissaient à vue d'oeil, les usines de moto-neiges, de roulottes, de meubles, des shops de couture et filatures se multipliaient, on sortait d'une usine et on allait donner son nom à l'usine d'en face pour trouver un travail, je le sais je l'ai fait moi-même ! Dans la région de l'amiante, les mines de Thetford-mines, Black-Lake, Asbestos fonctionnaient à plein régime, même la mine de fer à Shefferville...Mais ce temps là est révolu, il faut arrêter de regarder le passé. René Lévesque était populaire avec ses idées de grandeur pour le Québec, mais avec le bon sens qu'il avait je me demande si il penserait de la même façon aujourd'hui ?
A cette époque, on se croyait autosuffisant, on ne parlait pas de mondialisation, on était le "nombril du monde", le centre de l'univers ! De mon temps, un sage proverbe disait : "L'union fait la force !"
Aujourd'hui, on devrait écrire :" La désunion fait la faiblesse !"
Regardez les pays qui sont séparés, que ce soit la Corée, le Vietnam, regardez ce qui se passe maintenant en Russie, c'est pas très drôle. "Est-que les québécois sont assez patriotes pour mourir pour avoir un pays ?"
Cécile Perreault, Ste-Sophie d'Halifax
5 octobre 2008
Avec les moyens de communication modernes,il est plus facile pour le citoyen moyen de savoir à quoi s'en tenir face aux aspirants à la gestion des affaires publiques.Voter,c'est comme partir en voyage;il faut penser à tout ce dont on a besoin et ne rien oublier tout en apportant le stricte nécessaire.L'organisateur du voyage c'est le gouvernement:c'est lui qui pilote -- le bateau ou l'avion-- il a la resposabilité de nous mener à destination en toute sécurité.Mais il nous faut des assurances: ce sont les informations avant le départ.Il y a les nouveaux moyens de communications pour y parvenir. Ici,il faut faire la différence entre le voyageur et ses valises;celles-ci peuvent être bourrées mais pas le voyageur qui les portent.Sinon on ne revoit ni le voyageur,ni ses valises. Et celui qui organise le voyage perd des "clients".
Pierre Dufresne, Québec
4 octobre 2008
J'aimerais juste faire une petite remarque. N'avez-vous pas remarqués quelque chose, qui, depuis un certain temps, me "turlupine"...
Tout nos meilleurs ou, disons, nos moins pires premiers ministres ont quelques choses en commun.
Ils ont tous été "marquant" dans notre histoire du Canada, ils ont été votés par l'ensemble du pays, et ils sont....tous des Québecois Français!
Pensez-y!
Micheline Bousquet, St-Jérôme
3 octobre 2008
Monsieur Lessard,
Vous posez là une excellente question, vous auriez pu rajouter dans votre liste Jean Chrétien. Quoique je sois un néo-québécois canadien et que je ne vivais pas ici à l'époque de Réal Caouette (notre créditiste préféré), que j'étais encore de l'autre côté de l'océan aux heures de gloires de monsieur Trudeau et de monsieur Lévesque, je dois dire que je me suis assez intéressé à la politique d'ici pour me faire une idée. Honnêtement, j'adore les Trudeau et autres René Lévesque et je ne les apprécie pas pour leurs options politiques, je les apprécie car pour moi ce sont des hommes de contenu. La question que vous posez pourrait se poser exactement de la même façon avec des politiciens d'ailleurs et ici je vais me contenter des politiciens français. Que valent les de Gaulle, François Mitterrand et quelques autres en comparaison de Nicolas Sarkozy ? Regardons plutôt ce qu'ont en commun les Trudeau, Lévesque, de Gaulle et Mitterrand. C'est que ces hommes savent écrire et ils savent faire des discours qu'ils sont capables d'écrire, du moins pour une grande part. Il semblerait, malencontreusement que le très honorable Stephen Harper soit absolument incapable du même exercice. En ce sens, oui je croix, qu'un politicien qui ne sait pas écrire un discours, qu'il manque singulièrement d'envergure. Et je trouve déplorable que bien des politiciens ne soient guère brillant en orthographe, pas très forts dans l'art de la rédaction toutes langues officielles confondues et qu'ils aient une culture plus que générale... après tout, ce sont nos élites et je ne tiens pas spécifiquement dans ce cas à leur ressembler.
Serge Drouginsky, Montréal
3 octobre 2008
Mr Lessard
C'est une bonne question que vous posez.
Si je me réfere à mes parents , ils me diront que Trudeau , René Levesque étaient leurs héros.
Aujourd'hui , on a les nôtres.
Personnellement, je n'ai pas la fièvre de mes parents.
On a trop d'occupations et la politique nous rejoint moins qu'avant.
Luc Roy, Montréal
3 octobre 2008
L'époque est différente, effectivement. Aujourd'hui plus que jamais, les compagnies sont au-dessus des pays et des sociétés. Le citoyen est devenu presque exclusivement un consommateur. C'est l'ère du jetable, du rapide, de la publicité, du clip et des Marionnettes. L'image n'a jamais été aussi importante qu'elle ne l'est aujourd'hui.
L'envergure d'un politicien n'a de mesure que l'envergure du peuple qu'il veut servir... ou tenter de contrôler.
Luc Brassard, Sept-Îles
3 octobre 2008
Il y en a au moins un dans votre liste qui est allé à trois reprises se cacher dans trois hôtels différents pour accepter des enveloppes brunes pleines de milliers de dollars.Je ne pense pas que Mulroney devrait figurer parmi les bons.
Anna Thivierge, Sherbrooke
3 octobre 2008
Bonjour Mr Lessard.
Les politiciens passés à l'histoire comme étant des grands ne seraient pas médiatisés de la même façon aujourd'hui avec toute la communication médiatique que nous vivons.
Si on se réfère à la crise d'octobre , Trudeau n'aurait pas eu la capacité de nous leurrrer en comparant le FLQ aux Péquistes .
Il en va ainsi pour les autres .
L'internet est aussi un médium que nous utilisons et les moindres erreurs y sont notées et dénoncées.
Autre temps, autre moeurs.
L'histoire saura cependant retenir les bons politiciens et je pense que Brian Mulroney verra une nouvelle version de sa visibilité.
Tout finit par se savoir , avec les nouvelles technologies.
Claire Thibaudeau, Sherbrooke
3 octobre 2008
Non,ce n'est pas mieux!Et c'est surtout pire parce qu'il y a encore trop de désinterresement du peuple.Par contre,je crois bien sentir un réveil à propos de la planète.Avons nous le choix?NON!Les vieux partis sont,justement,trop vieux.Laissons la place aux autres,ça presse!J'aime beaucoup Mme May et si les pétrolières ne sont pas contentes,ben qui sacrent leux camp!On est capable de prendre soins de nous sans se détruirent torieu!Les profiteurs destructeurs conscient de leurs gestes,dehors.Ce sont des criminels.Merci!
Yves Filiatrault, Ste-Véronique
















