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Mise à jour le jeudi 19 janvier 2006 à 9 h 21
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Entrevues des chefs

Gilles Duceppe défend la pertinence du Bloc

Gilles Duceppe en entrevue avec Bernard Derome

Gilles Duceppe

Défendre les intérêts du Québec. Leitmotiv de la campagne du Bloc québécois, la formule est collée au parti souverainiste comme une étiquette.

En entrevue au Point de Radio-Canada, mercredi, le chef bloquiste Gilles Duceppe a continué à la marteler pour défendre la pertinence de son parti, créé en 1990 et présent à la Chambre des communes depuis novembre 1993.

« Il ne faut pas réduire la démocratie au pouvoir, sinon on fermerait les parlements, a dit M. Duceppe au journaliste Bernard Derome. La démocratie, c'est de représenter ceux qui nous accordent leur confiance, et il nous faut la mériter. »

M. Duceppe a rappelé que le président de l'Union des producteurs agricoles du Québec, entre autres, a souligné l'utilité du Bloc à Ottawa. Laurent Pellerin a cité notamment la motion présentée par les bloquistes pour protéger les produits agricoles contre les fluctuations du marché.

Gilles Duceppe a ajouté que c'est le Bloc québécois qui a imposé des sujets comme le déséquilibre fiscal et la bonification nécessaire du régime d'assurance-emploi dans les débats parlementaires à Ottawa.

« Trois partis sur les quatre principaux se retrouveront dans l'opposition après le 23 janvier. Aucun ne dira: ‘'C'est tellement inutile, je démissionne sur le champ.'' On ne pose jamais la question [de sa pertinence] au NPD », a poursuivi le chef bloquiste.

Pour appuyer ses propos, Gilles Duceppe a aussi rappelé qu'à une certaine époque, 74 députés fédéraux sur 75 étaient des libéraux. « Ils ont nui à l'industrie pétrochimique, ils ont détourné les vols internationaux de Dorval à Toronto, même après avoir construit Mirabel, et ils ont rapatrié la Constitution sans l'accord du Québec. Est-ce que cela a joué dans le sens des intérêts du Québec? Moi je vous réponds que non! » a résumé M. Duceppe.

Montée des conservateurs

Gilles Duceppe en entrevue avec Bernard Derome

Au sujet de la popularité du Parti conservateur dans cette campagne, Gilles Duceppe a averti les électeurs que Stephen Harper n'avait pas encore fait ses preuves sur des questions comme le déséquilibre fiscal ou la participation du Québec aux rencontres internationales.

« Il faut voir si ce filon est véritable, ou si ce n'est qu'une promesse », a déclaré M. Duceppe.

Le chef bloquiste affirme que c'est son parti qui a imposé le sujet du déséquilibre fiscal aux Communes, et que les conservateurs et les néo-démocrates n'ont fait que le récupérer. M. Duceppe ajoute que Stephen Harper et le chef libéral Paul Martin refusent tous deux de bonifier le régime d'assurance-emploi, après le détournement de 48 milliards de dollars de cette caisse, pour lutter contre les déficits.

Au sujet de l'environnement, Gilles Duceppe souligne que les politiques conservatrice et libérale désavantagent le Québec, qui pollue beaucoup moins que l'Alberta, par exemple. Il rappelle qu'entre 1970 et 2000, le gouvernement fédéral a investi 66 milliards de dollars pour développer les industries du pétrole, du gaz naturel et du charbon.

« Nous avons payé le quart de cela, a affirmé M. Duceppe. Maintenant qu'il y a des dégâts, on voudrait nous forcer à payer le quart des dégâts. On passe du principe de pollueur-payeur à pollueur-payez. Le Québec ne peut pas accepter cela! »

Le chef bloquiste accuse aussi Stephen Harper de nier le caractère distinct du Québec. « M. Harper refuse de reconnaître la nation québécoise. C'est pas une petite affaire de refuser de reconnaître qui nous sommes! » a clamé Gilles Duceppe.

Enfin, le chef bloquiste a affirmé que les conservateurs s'opposent à un plan pour aider les chauffeurs de taxi et les camionneurs face à la hausse du prix de l'essence. « Les conservateurs défendent le coin de pays qui est le leur, l'Alberta », a lancé M. Duceppe.

Pas seulement pour la cause

Gilles Duceppe en entrevue avec Bernard Derome

« Je n'ai jamais entendu un chef de parti dire: ‘'Ne vous en faites pas, nous ne pourrons pas faire ce que nous voulons parce que le Sénat est là'' », a dit M. Duceppe, en rappelant des propos tenus par Stephen Harper, mardi. Le chef conservateur a affirmé qu'un éventuel gouvernement conservateur majoritaire n'aurait pas un pouvoir absolu parce que le Sénat, les hauts fonctionnaires et les juges ont été nommés par les libéraux.

« Le meilleur garde-fou, c'est le Bloc québécois à la Chambre des communes », a résumé Gilles Duceppe.

Gilles Duceppe a réfuté la thèse selon laquelle les électeurs d'allégeance péquiste appuient le Bloc seulement pour soutenir la cause souverainiste.

« Ils votent pour ceux qui défendent les intérêts du Québec, a répété le chef bloquiste. Notre intérêt, c'est de défendre l'ensemble des Québécois et Québécoises, de faire avancer le Québec. Quand le Québec avance, c'est d'autant plus positif pour l'avenir. »

Enfin, Gilles Duceppe a dit qu'il était convaincu que son parti obtiendrait de bons résultats le 23 janvier. Il a comparé la longueur de la campagne à celle de 1993, tout en soulignant que l'information continue changeait maintenant le rythme des courses électorales.

« Nous sommes premiers depuis le début et nous serons premiers le 23 janvier, a affirmé M. Duceppe. Nous faisons maintenant face à trois partis fédéralistes. Face à ce changement, ça prend des députés du Bloc. »


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