 Financement occulte au PLC, selon un ancien directeurDaniel Dezainde, ancien directeur général du PLC, section Québec, affirme que Jacques Corriveau lui a déclaré avoir mis en place un système de ristournes sur les contrats de publicité. Devant la commission Gomery, Daniel Dezainde, directeur général de la section québécoise du Parti libéral du Canada de 2001 à 2003, a témoigné qu'à une occasion, il a rencontré Jacques Corriveau, à la taverne Magnan à Montréal, pour lui faire part des difficultés financières du parti. Selon M. Dezainde, M. Corriveau, organisateur libéral et ami de l'ancien premier ministre Jean Chrétien, lui aurait dit qu'il avait dans le passé mis au point un système de ristournes par lequel il prélevait une commission sur les contrats accordés aux agences de publicité.
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Jacques Corriveau aurait ajouté qu'il gardait un pourcentage de ces commissions pour ses frais et qu'il mettait ce qui restait à la disposition du Parti libéral. Devant la commission, Jean Brault, de Groupaction, a affirmé qu'il avait versé 495 000 $ à Pluri Design, la firme de Jacques Corriveau. Il a également été mis en preuve à la commission que M. Corriveau avait récolté 6,7 millions de dollars en commissions sur les contrats de commandites. De surprise en surprise
M. Dezainde a aussi déclaré qu'à son arrivée en poste, en mai 2001, Alfonso Gagliano lui avait dit qu'il n'aurait pas à s'occuper des finances du parti. Il a aussi été surpris de constater que le parti avait une dette de près de 3 millions de dollars, que sa marge de crédit était utilisée à hauteur de 2,8 millions et qu'il avait une échéance d'un demi-million à respecter le mois suivant. M. Dezainde a dit aussi avoir été tout à fait surpris lorsque Benoît Corbeil, son prédécesseur à la direction générale, lui a présenté Giuseppe Morselli comme le « vrai boss » du parti. M. Corbeil lui aurait aussi dit que c'est à M. Morselli, un homme embauché par le parti à la demande de M. Gagliano, qu'il devait s'adresser pour ses besoins d'argent. Il lui a aussi conseillé de ne pas se mettre M. Morselli à dos. Menaces M. Dezainde a témoigné qu'en juin 2001, il avait mis fin à l'association de Beryl Wajman avec le parti, parce que ce dernier se livrait à des activités de financement sans se rapporter aux instances régulières. M. Wajman avait été recruté par Joe Morselli.
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Après cette rencontre, M. Dezainde dit avoir reçu la visite de Joe Morselli, qui lui a demandé d'annuler le congédiement de Beryl Wajman. Après plusieurs refus du directeur général, M. Morselli serait entré dans une violente colère et aurait dit à M. Dezainde qu'il lui déclarait la guerre, en lui pointant son index à quelques centimètres du visage. Ébranlé, Daniel Dezainde a d'abord informé Alfonso Gagliano de ces faits. Le ministre l'aurait rassuré en lui disant qu'il allait parler à Joe Morselli. M. Dezainde dit avoir tout de même réglé ses polices d'assurance et prévenu des amis et connaissances de ce qui s'était passé entre lui et Joe Morselli. Le témoin a poursuivi en racontant que plus tard, il avait discuté du congédiement de Beryl Wajman avec le chef de cabinet de Jean Chrétien, Peter Downs, chez qui il avait senti de l'insatisfaction. M. Dezainde dit avoir eu l'impression que le chef de cabinet attachait plus d'importance aux remous que le congédiement de Beryl Wajman avait provoqués qu'aux problèmes résultant des activités de financement de ce dernier, qu'il a qualifiées de « douteuses. » Autre témoin surpris Plus tôt en matinée, Richard Boudreault, publicitaire et, un temps, actionnaire de Groupaction, s'est dit tout à fait surpris de constater que de nombreux chèques et factures avaient transité par son compte.
 . | | Richard Boudreault . |
M. Boudreault a travaillé pendant deux mois à la publicité du Parti libéral, en 1997. Il n'était pas payé par le parti, mais par Groupaction, par l'intermédiaire d'une firme comptable. M. Boudreault a affirmé n'avoir jamais été mis au courant des règles entourant ces pratiques. Il ajoute qu'il n'avait jamais vu les factures détaillant ses honoraires professionnels. Le témoin possédait de plus un compte au nom de Gestion Richard Boudreault, par lequel des travailleurs du Parti libéral ont été payés. Ce compte était géré par le comptable de Groupaction, Bernard Michaud.
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