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| Les Jeux Olympiques | ||||
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| De l'hommerie | ||||
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J’aime même les compétitions mais c’est là qu’arrive le petit bémol. La compétition ça existe, on ne peut pas y échapper, mais ça n’est pas parce qu’on est un peu " maïs " qu’on doive être naïf. Autrement dit, l’olympisme, comme bien d’autres choses dans le monde, ça ne va pas sans une bonne dose d’hommerie. C’est Rabelais, je pense, qui disait : " Là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie. " Les pots-de-vin, les voyages en classe affaires et tutti quanti, les commandites, etc. Toujours aux frais de la princesse et, comme vous le savez, au bout du compte la princesse c’est vous et moi. Si vous pensez que ce n’est pas vrai, demandez où en est rendue la dette du Stade olympique de Montréal… Et ça fait déjà plus de 20 ans tout ça! Ah l’hommerie… | |||
| Des jeux antiques aux jeux modernes | ||||
![]() " Jeux Olympiques " L’Encyclopédie de l’Agora | Je me suis intéressé d’abord un peu à l’histoire des jeux olympiques et j’ai trouvé un dossier très intéressant dans L’Encyclopédie de l’Agora sur Internet. Dans l'introduction du dossier, on rappelle que les Jeux ont été fondés par le baron Pierre de Coubertin sur le modèle des Jeux antiques qui se tenaient à Olympie, de 776 av. J.-C. à 393 de notre ère. | |||
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" Olympie, ville du Péloponèse, était pour les anciens Grecs, considérée comme un lieu sacré, comparable à Saint-Jacques de Compostelle, en Europe. – Ce sont des petits détails comme ça qui m’intéressent beaucoup dans l’histoire des jeux olympiques. – Les Jeux s’inscrivaient à l’intérieur d’une fête religieuse. Les athlètes s’entraînaient dans le but de rendre hommage aux dieux et d'abord à Zeus, dont un sanctuaire important se trouvait justement à Olympie. Deux jours avant les Jeux, les athlètes, accompagnés de leurs entraîneurs et des juges, faisaient à pied, en empruntant une voie sacrée, la distance de 60 km séparant la ville d'Elis, où ils étaient arrivés un mois plus tôt, du sanctuaire d’Olympie. " Les Jeux modernes sont plutôt un hommage que l’homme se rend à lui-même en reconnaissant les résultats que l’effort peut produire. ‘ C’est l’humanité qui triomphe. ’ ‘ L’effort est la joie suprême. ’ – Pour autant que je sache, ce sont des formules qui ont été employées par le baron de Coubertin. – Ces deux pensées que l'on trouve bien en vue sur le site du CIO résument parfaitement l'esprit des Jeux modernes. " | ||||
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| " Il n'y eut jamais dans les jeux antiques de compétitions entre équipes, comme c'est le cas dans les jeux modernes, rappelle-t-on. Quant aux femmes, non seulement elles n’avaient pas le droit de participer aux Jeux, mais il leur était même interdit d’y assister. " Je ne sais pas trop pourquoi. On croyait peut-être que les femmes portaient malchance aux athlètes, qui sait? [rires] (Je vais me faire ébouillanter, je sens ça…) " Il existe toutefois entre les Jeux anciens et les Jeux modernes une différence plus importante qui n’est pratiquement jamais soulignée, rappelle-t-on plus loin. L’excellence que visaient les Grecs était un accomplissement de tout l’être et non une performance spécialisée atteinte au détriment du corps et de la personne. – Et c’est là qu’arrive le grand bémol… sans qu’on soit en train de bouder notre plaisir, par ailleurs. – Cette harmonie était acquise par un subtil dosage de musique et de gymnastique. " Ce qui veut dire, finalement, que le décathlon (par exemple) regroupent des disciplines qui correspondent le plus à l’esprit même des Jeux olympiques d’origine. " L'atmosphère religieuse dans laquelle baignait ces athlètes les incitait à donner une valeur positive à la limite, à la mesure. L’absence de records, dans les Jeux antiques prend ici tout son sens. […] Jamais un ancien Grec n’aurait dit que ‘ l’effort est la joie suprême ’. Cette pensée moderne illustre un rapport avec le corps et avec le monde tel que la volonté, s’appuyant sur des exercices scientifiquement contrôlés, joue un rôle démesuré confinant à l’hystérie. […]
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| Le culte du record et le phénomène histérique | ||||
| DUFRESNE,
Jacques.
Jacques
Dufresne |
Toujours dans ce dossier qui porte sur les Jeux olympiques, j’ai trouvé un article de Jacques Dufresne, " Le culte du record ", dans lequel il nous parle de Ludwig Klages qui est l’auteur d’un ouvrage qui s’intitule Les principes de caractérologie, paru chez Delachaux et Niestley (Paris, 1950). Accomplissement et performance, tel est le grand sujet. " Pour Ludwig Klages, écrit Jacques Dufresne pour résumer sa pensée, un grand maître dans les analyses de ce genre, le culte du record est un phénomène hystérique. Il témoigne d’une grande pauvreté vitale compensée par le formalisme et le besoin de représentation. " | |||
| Voici ce qu’il en dit brièvement : " Les records sont le principal centre d’intérêt des Jeux olympiques modernes. Tous les yeux du monde sont tournés vers les tableaux indiquant que tel ou tel record a été dépassé, d’un millième de seconde peut-être, mais qu’importe, on raffinera la mesure jusqu’au milliardième de seconde plutôt que de reconnaître que la limite a été atteinte. Ce phénomène n’est pas anodin, estime Dufresne. Il illustre, en l’enseignant à l’humanité entière, une philosophie qui, condition des plus grands succès de podium, est aussi la cause de bien des malheurs pour les individus et de bien des dangers pour l’espèce ". Il parle plus loin des efforts de volonté : " Efforts dont le but n’appartient pas à la sphère de la vie mais à celle de la quantité car il s’agit d’un exploit vérifié par des mesures chiffrées, d’un dépassement objectif de soi-même et un jour peut-être du record mondial. " " Pour Ludwig Klages, le culte de la performance est un phénomène hystérique " Puis citant Klages à partir d’un ouvrage qui ne porte pas sur les Jeux olympiques, mais sur les principes de caractérologie : " ‘ La personnalité hystérique, écrit Klages, est caractérisée par la réaction du besoin de représentation sur le sentiment de l’impuissance à vivre. Incapable de jouir du plaisir de naturel qui n’a pas besoin de s’offrir en spectacle pour exister, le recordman obtient en progressant sur l'échelle chiffrée un plaisir égotiste si peu authentique qu’il a besoin de l’approbation des spectateurs pour se rassurer lui-même. ’ Un trait décisif de l’attitude hystérique, c’est la dépendance à l’endroit du spectateur ", commente Dufresne. Dépendance du spectateur à laquelle s’ajoute le dopage pour arriver à battre tous ces records. | ||||
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| Le sexe, le sport et Adolph Hitler | ||||
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Il existe, paraît-il, un rapport très curieux entre le sport, olympique en particulier, et le sexe. Ainsi, je me suis plongé dans un bouquin de Philippe Simonnot, dont je vous ai parlé il y a plusieurs années, qui s’intitule Homo sportivus, paru chez Gallimard (1988). L’auteur est un économiste, un écrivain, auteur de nombreux livres sur la société contemporaine. Je ne sais trop comment il s’y est pris, mais il est allé déterrer des informations toutes plus tripatives les unes que les autres sur ce qui pouvait bien animer le fondateur de l’olympisme moderne, le baron Pierre de Coubertin. | |||
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" Dans Pédagogie sportive, écrit Simonnot, il [le Baron] écrit : ‘ À l’heure actuelle, la colère est partout dans le monde : elle trouble à la fois le foyer familial et les institutions sociales; elle compromet à la fois le repos de l’individu et la paix publique. Or, le sport est le plus grand apaiseur qui soit. ’ […] Le Baron, contemporain de Freud, ose nommer ce qui était innommable sous la plume d'un Pascal, d'un Montesquieu ou d'un Smith. La source du mal, c’est le sexe. Et le sport, un antidote contre le sexe. " Vers la fin de son ouvrage, Philippe Simonnot rappelle le curieux rapprochement que l’on a fait entre le livre de Adolf Hitler, Mein Kampf et cette mentalité qui consiste à véhiculer les excès ou l’énergie sexuelle à travers le sport. " Le sport peut-il servir d'‘ apaiseur ’ des passions humaines, et en particulier la passion sexuelle, comme l'avait promis Coubertin au début du siècle? demande Simonnot. Promesse reprise par un certain Adolph Hitler, écrivant dans Mein Kampf : ‘ Le jeune homme que le sport et la gymnastique ont rendu dur comme fer subit moins que l’individu casanier, exclusivement repu de nourritures intellectuelles, le besoin de satisfaction sexuelle. ’ Étonnant, non? Notre auteur se réfère ensuite à des études qui ont été faites par un grand sexologue, le Dr Tordjman dont je vous ai parlé à quelques occasions : " Le docteur Gilbert Trodjman nous révèle que ‘ le sportif lui-même déprime volontiers sa sexualité pour ne pas risquer une contre-performance ’. Et d'ajouter avec une admirable précision clinique, que cette ‘ déprime ’ se situe à trois niveaux : au niveau de la masturbation ‘ considérée depuis la nuit des temps comme débilitante et nuisible pour la performance sportive ’ – on sait maintenant que ce n’est plus vrai : è Une dope naturelle pour les sportifs : le sexe –; au niveau de la quête sexuelle, puisque ‘ le sportif qui a une compétition sérieuse le dimanche reste chez lui au lieu d’aller draguer une fille au bal le samedi soir ’; et, enfin, au niveau du lit conjugal, où c’est le ‘ jeûne sexuel ’. " Nous voici au comble de l’angoisse, de commenter Simonnot. Car si un athlète a peur du sexe, que dire de ces ‘ individus non préparés ’ (vous et moi) qui tentent, dans les villages de vacances, de ‘ cumuler prouesses sportives et performances sexuelles ’? " " Notre bon docteur, poursuit Simonnot, rappelle que ‘ le stress de la nouveauté provoque une dépense énergétique accrue ’. Et rejoignant Coubertin, il écrit textuellement : ‘ Ici, la physiologie vole au secours de la morale. ’ Pour les citoyens ordinaires, il en va de même. Les ressources de la testostérone ne sont pas illimitées. Or, ‘ le développement de la civilisation des loisirs confronte de plus en plus l’individu à deux types de performance, la performance sportive et la performance sexuelle. Par conséquent, ‘ les risques d’échec ne seront pas rares dans l’un ou l’autre domaine ’. C’est bien ce qu’il fallait démontrer, ou plutôt excuser : nos ratages sexuels ou sportifs, ou les deux à la fois. " … | ||||
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| Par 4 chemins/ Le 17 septembre 2000 | ||||
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