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| Avenir Réflexions sur le monde de demain | ||||
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| À propos de l'auteur | ||||
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Jean-Louis Roy a été secrétaire général de l’Agence de la Francophonie (1990-1998). Membre du Haut conseil de la Francophonie depuis 1985, il a été Délégué général du Québec à Paris (1986-1990) et directeur du quotidien montréalais Le Devoir (1981-1986). Il travaille maintenant en collaboration avec les universités, chercheur invité à Moncton et professeur invité à l’Université de Toronto. À une époque, il était le directeur des études canadiennes-françaises de l’Université McGill où j’ai eu le plaisir d’enseigner, grâce à lui d’ailleurs, car c’est lui qui m’avait invité à me joindre à son équipe. | ||||
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L'état du monde géopolitique : la recherche de convergence | ||||
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| Dans sa conférence intitulée Le Monde en 2020 : pour une culture de la délibération, Jean-Louis Roy rappelle d’abord que " nous sommes des contemporains de bouleversements si considérables qu’il apparaît périlleux de présager des évolutions du monde dans les deux prochaines décennies ". Puis,
il fait le portrait de notre époque :
" Nous avons vu aussi un changement profond et rapide du grand mouvement qui, depuis quatre siècles, a présidé à l’émergence, à la consolidation et à la défense des nations du monde, poursuit-il. Nous voyons maintenant ces nations, dont la cohérence tenait en partie à l’antagonisme avec des peuples voisins – c’est commode de se battre avec ses voisins, et ça se pratique encore beaucoup au Moyen-Orient ces temps-ci... –, entrer avec eux dans des alliances politiques nouvelles, créer en commun des espaces économiques inédits, se doter d’institutions communes et se soumettre à un droit communautaire prépondérant. " Autrement dit, on est comme à la veille de déboucher sur une solution qui sera probablement un gouvernement mondial. Mais on en est encore loin. C’est une veille mais la nuit va être longue…[rires] | |||
" Au-delà des appréciations contrastées des uns et des autres, on ne peut que constater le renversement spectaculaire accompli en quelques années, la substitution des barrières, voire des oppositions anciennes entre états voisins par une politique affirmée de recherche de convergence et d’intégration. "
" Cette généralisation des communautés régionales annonce une mutation dans les négociations internationales, la recomposition des forces de négociation, le dépassement de l’ancienne fragmentation qui laissait un grand nombre sans moyen pour défendre leurs intérêts et leur conception des choses. La négociation pourrait être plus âpre dans les prochaines années parce que plus représentative. " De toute évidence, la nouvelle structuration du monde en communautés régionales et en communauté internationale a fait et fera évoluer le droit, devenu à la fois l’un des tous premiers objets de la négociation internationale et sa structure de plus en plus déterminante. " " Un combat gigantesque opposant deux conceptions de la vie des sociétés et de l’organisation du monde, le libéralisme incarnant la passion de la liberté et le socialisme celle de l’égalité, est arrivé à son terme provisoire voilà moins d’une décennie ", nous dit plus loin Jean-Louis Roy.
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Une mondialisation qui ne tient pas ses promesses | ||||
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J’ai trouvé, dans la conférence de Jean-Louis Roy, des informations qui me semblent extrêmement importantes. " Dans la plupart des pays, le revenu par habitant est inférieur à ce qu’il était au début de la décennie. Le constat est universel. La rive de la mondialisation est encombrée de débris disparates ", affirme-t-il, faisant, d’une certaine façon, le procès du libéralisme, du néolibéralisme. " Cette rapide radiographie suffit pour apprécier la dernière décennie de ce siècle, la fameuse décennie de la mondialisation, poursuit notre auteur. Au triple niveau de la production, de l’échange et de l’équité dans la distribution, son bilan est affligeant. La croissance spectaculaire des flux financiers, créatrice, disait-on ‘ d’une communauté d’intérêts historiques entre les pays industrialisés et les autres ’, porteuse ‘ d’une croissance économique soutenue, du relèvement des niveaux de vie, de l’élimination de la pauvreté, de la fiabilité écologique ’ a produit son contraire. | |||
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" Dans la perspective 2020, compte tenu des besoins de croissance, le maintien des tendances actuelles conduirait à une situation calamiteuse et pourrait produire une instabilité redoutable. De toute évidence, la délibération s’impose, urgente, large et continue. "
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| Des changements à envisager | ||||
| Le besoin de sécurité culturelle est et sera l'une des composantes de la sécurité du monde en 2020 | " Le monde n’est pas une grande zone homogène, explique Jean-Louis Roy. Il est fait de méthodes de coexistence d’une grande diversité, de niveaux de développement fort contrastés, de traditions séculaires, voire millénaires, de solidarité, de conceptions des rapports humains où se conjuguent des façons singulières de penser et de déployer la sécurité, la croissance et le développement. […] | |||
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" Faut-il maintenir uniquement de grandes institutions financières au plan mondial disposant de l’ensemble des ressources, ou constituer à côté d’elles des institutions régionales, plus souples peut-être, mieux à même d’assurer les fonctions de veille et de prospective sur un territoire plus restreint, mieux à même aussi d’effectuer des interventions en temps réel et d’appliquer avec discernement les règles et les conditionnalités qui s’imposent? […] " Faut-il se contenter d’ajustements institutionnels sans doute nécessaires, là où s’imposent des mécanismes de surveillance et de contrôle du système financier international, des règles strictes visant la ‘ Corporate Government ’, le respect des normes par les centres financiers ‘ offshore ’, la responsabilité du secteur privé quant aux suites de ces choix d’investissements, qu’elles soient négatives ou favorables? ", s’interroge-t-il. Et plus loin :" Ces dernières années, on a imposé aux états un jeu de conditionnalités exigeantes et incontournables. Le temps est venu d’imposer au secteur privé un jeu de conditionnalités tout aussi exigeantes et incontournables. Georges Soros – cet archimilliardaire hongrois tripatif est en même temps, curieusement, un critique très sévère du système économique actuel – s’est fait l’apôtre de cette thèse en dénonçant l’asymétrie dans le traitement des prêteurs et des emprunteurs internationaux publics et privés. […] " Ces accords sectoriels à l'échelle mondiale s'imposent aussi dans le domaine culturel, affirme Jean-Louis Roy. En effet le besoin de sécurité culturelle est et sera l'une des composantes de la sécurité du monde en 2020. Certes, la culture devient matière de l'industrie et son lien à l'économie fait apparaître son potentiel de création des richesses et d'emplois. D'où la nécessité ‘ de réunir ’ culture et économie, […] d'où la nécessité de reconnaître que les objectifs du développement culturel peuvent parfois entrer en contradiction avec des choix dictés par les règles de l'économie de marché. " Jamais peut-être dans l'histoire les conditions de la libre circulation des idées et des œuvres de l'esprit ont-elles été réunies à ce niveau pour la connaissance et l'appréciation des cultures. Mais en même temps, un sentiment de précarité s'est installé dans l'esprit d'un grand nombre, inquiets pour l'avenir de leur culture. " | ||||
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| Par 4 chemins/ Le 15 octobre 2000/1ère
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