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FRANCOIS
D’ASSISE (1181-1226)
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Que ceux qui ne savent pas travailler apprennent, non pour le cupide désir de recevoir le prix du travail, mais pour l’exemple et pour chasser l’oisiveté. |
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Doux révolutionnaire, François d’Assise allait réveiller une chrétienté enlisée dans la richesse, la sclérose intellectuelle, l’avidité du pouvoir et le militarisme des Croisades. Âme naïve, joyeuse, d’une sincérité et d’une fidélité à toute épreuve, il a su enflammer son siècle et stimuler un retour aux valeurs évangéliques essentielles, à l’instar d’un Dominique qui fonda au même moment les dominicains (pour enrayer l’hérésie cathare). Son œuvre n’est cependant pas celle de moines vivant en cloître, mais de compagnons travaillant dans la rue, au milieu des pauvres et des malades, et de préférence dans les villes, plutôt qu’à la campagne, à l’encontre des ordres monastiques existants. Cette nouvelle fraternité rassemble des non-intellectuels qui prêchent surtout par l’exemple, des missionnaires cherchant à convertir les autres. Ces compagnons appartiennent à ces cités nouvelles où les conditions économiques et professionnelles feront fleurir " confréries ", " fraternités ", " compagnons " et " communautés " : dès lors, l’individu ne s’engage plus vis-à-vis d’un supérieur comme dans le premier moyen âge où chaque homme, serf ou vassal, est l’homme d’un autre homme. Dans ces organisations nouvelles, l’engagement de chacun s’adresse désormais à la collectivité, à travers un représentant changeable. Tout est à la fois plus souple et moins vertical : on annonce déjà ce qui suivra le système féodal. Ces nouveautés feront que les gens seront tout d’abord suspectés, moqués et malmenés, avant d’être enfin acceptés. La légende s’est toutefois emparée de la figure de François, amplifiant et déformant considérablement ses paroles, faits et gestes (surtout à travers la biographie de Thomas Celano et les Fioretti) que l’on n’a jamais vraiment osé remettre en question ou examiner à fond, comme par exemple, ses stigmates, qui peuvent s’expliquer par une forme d’hystérie aiguë découlant d’une fixation obsessive sur un objet de contemplation (ici, la figure du Crucifié). Tout a été marqué au coin du merveilleux et de la sainteté. Du reste, la puissance de cette légende a largement contribué à créer un mouvement de ferveur à travers le monde chrétien sans avoir pourtant réussi à susciter une transformation en profondeur. Peut-être que la discorde et la division qui caractérisaient déjà la fraternité du vivant même de son fondateur montraient que l’idéal de celui-ci ne pouvait appartenir qu’à une poignée de gens, et non à un grand nombre. On peut comparer cet idéalisme à celui d’un Gandhi qui a cherché en vain à imposer une vision individuelle à un peuple tout entier. François d’Assise se rapproche également de Gandhi en ce qu’il méprisait le corps et le maltraitait, insistant exagérément sur la pénitence, qui n’exprime pas l’essentiel de l’Évangile. En lisant le Cantique des créatures, on s’étonne qu’il n’y ait aucune mention du corps, de sa beauté, de sa vigueur, de ses vertus et de sa capacité à manifester la grandeur de Dieu. En ce sens, la vision de François n’était peut-être pas aussi évangélique qu’il le croyait. |
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Placide Gaboury
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Édition : Stéphanie Adam Le Roch
Révision : Nicole Dumais/Infographie : Pascal Languirand/ Documentation : Rosalie Dumontier/Recherche internet : Noëllise Turgeon © Les Productions Minos Ltée/ Tous droits réservés pour tous pays |