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le
3e millénaire
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Pourquoi
interroger l'avenir?
Parce que nous sommes en devenir. Parce que l'avenir
nous attire irrésistiblement. Parce que c'est là, dans l'avenir,
que nous allons tous passer le reste de notre vie. Parce que c'est une
façon de connaître le présent : le désir de percer le mystère de
l'avenir nous oblige à prendre conscience de lignes de force décelables
aujourd'hui, mais qui, sans cette interrogation, nous auraient peut-être
échappé. Parce qu'il est possible, dans une certaine mesure, d'agir
sur l'avenir; de prendre aujourd'hui des décisions plus ou moins déterminantes
sur l'avenir. Ou encore, conscients des tendances probables ou possibles
de l'avenir, de s'y adapter.
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On
peut aborder l'étude de l'avenir selon deux perspectives :
·
la première, qualifiée de descriptive prévisionnelle, vise
à essayer de comprendre la situation future et à s'y adapter;
·
la seconde, la perspective normative, insiste plutôt sur
la nécessité d'influencer l'avenir dans le sens souhaité.
Dans
la pratique, il semble difficile de séparer totalement ces deux approches :
la plupart des études sont encombrées de prévisions normatives, déguisées
en prévisions descriptives, qui cherchent à influer sur le cours des
événements.
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quoi
qu'on fasse, l'avenir demeure impénétrable
Il est prudent, lorsqu'on
se propose de parler de l'avenir, de faire d'abord acte de modestie.
Dans les années '30, on avait
demandé à un groupe d'hommes de science de prédire les grandes inventions
scientifiques et technologiques des années à venir; aucune prédiction
n'a été faite ni de l'aviation à réaction, ni de l'électronique, ni
de l'énergie nucléaire - c'est-à-dire, d'aucune des grandes inventions
qui devaient commencer à transformer la vie sur cette planète quelque
25 ans plus tard. Sans compter que ce qu'on voudrait prédire, c'est
non seulement les technologies de l'avenir, mais aussi leur impact sur
la société.
Au début de ce siècle, un
futurologue aurait peut-être pu prédire que l'automobile se répandrait :
la création de réseaux routiers, l'apparition des banlieues résidentielles,
l'effet sur les populations rurales reliées aux grands centres urbains...
Mais aurait-il pu deviner l'effet révolutionnaire de l'automobile :
par exemple, sur la façon de faire la cour et sur les habitudes sexuelles?
Aurait-il pu prédire que la mère dans les banlieues remplirait un jour
la fonction de chauffeur pour les autres membres de la famille?
On ne peut guère prédire
l'avenir qu'à partir d'aujourd'hui : des mouvements, des courants,
des tendances qu'on projette dans l'avenir - d'une façon rigoureuse -
il s'agit alors d'une simple extrapolation; mais on peut aussi
faire de la prospective, c'est-à-dire
qu'à l'étude des mouvements, des courants, des tendances d'aujourd'hui,
on ajoute l'imagination.
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le millénarisme
"Le sentiment que l'homme
échoue dans tout ce qu'il réussit, que toute créature humaine se retourne
contre la créature et que le monde va finir en punition de ses péchés
hante aujourd'hui la conscience occidentale en y semant à profusion
les germes du quiétisme et de la désespérance."
Louis
PAUWELS, "Question de", (numéro spécial sur La
fin du monde).
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Lorsque l'interrogation porte
sur l'An 2000, la difficulté de percer le mystère de l'avenir est encore
plus grande à cause de ce qu'on appelle le millénarisme. Le millénarisme
est la crainte du passage d'un millénaire à l'autre - qui est sans
doute aussi vivant à la veille de l'An 2000 qu'il pouvait l'être à la
veille de l'An 1000. Mais le millénarisme comme phénomène dépasse de
beaucoup les seuls mouvements inspirés par la terreur de l'An 1000 et
de l'An 2000 : il recouvre, en effet, tous les mouvements qui annoncent
la fin du monde, qui disent que les jours de l'humanité sont
comptés.
Ce phénomène n'est pas nouveau.
Il existe même un Dictionnaire des messianismes et millénarismes de l'ère
chrétienne, dans lequel on a recensé quelque 1500 groupes, sectes, mouvements,
qui enseignent que nous vivons les derniers jours de l'humanité. Ce qui
devrait nous rassurer - depuis le temps... La plupart de ces mouvements
ont une configuration messianique : ils escomptent la fin d'un
monde, plutôt que du monde, et le début d'un autre, sur terre, dans
un contexte religieux et rédempteur - on trouve aussi dans la plupart
de ces mouvements un personnage exceptionnel, un sauveur, un nouveau messie.
Il est certain que nous vivons une époque qui favorise cette pensée dans
l'un et/ou l'autre de ses aspects : celui de la fin du monde comme
celui d'une rédemption par un sauveur. Et pas seulement dans le domaine
religieux, mais aussi en politique : on espère la fin d'un monde
et l'éclosion d'une ère nouvelle. D'autant plus, à notre époque, que la
conscience occidentale éprouve une culpabilité confuse : tout se
passe comme si elle espérait inconsciemment que le monde finisse en punition
de ses péchés. C'est la mauvaise conscience de l'Occident. Mais ce sentiment
de la fin d'une époque et du commencement d'une ère nouvelle, c'est aussi
une dimension de l'homme : une dimension de l'espérance désespérée
de la conscience humaine - partagée entre l'instinct de mort et l'instinct
de vie.
Cette contradiction
qui nous habite, cette opposition de deux forces complémentaires,
est la cause de l'explosion continuelle de l'énergie universelle en
nous : elle est à l'origine du devenir de l'homme. Il y a donc
en chacun de nous, en même temps qu'un désir de vie, un désir inconscient
de destruction; un goût inné pour la catastrophe.C'est à cette attente
que répond une partie importante de la production cinématographique
hollywoodienne des dernières années.
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les prédictions
à la veille de l'an 2000
Il était généralement admis, il n'y a pas si longtemps, que
le monde s'améliorerait avec l'augmentation et l'amélioration des technologies
et des machines et que l'humanité progresserait en prenant appui sur
la science, la technologie et le mieux-être matériel. Mais la déshumanisation
de la vie sociale et, au plan individuel, le dessèchement psychologique,
entraînés par le progrès matériel et technologique, minent un peu plus
chaque jour cette conception du progrès.
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ce que disent
les futurologues
"Nous pouvons définir le choc du futur comme
le délabrement à la fois physique et psychologique provoqué par une
trop grande fatigue des systèmes d'adaptation physique de l'organisme
humain et un trop grand recours aux processus de prise de décisions.
De façon plus simple, le choc du futur, c'est la réaction à la surstimulation.''
Alvin
TOFFLER, Le choc du futur.
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Les futurologues s'entendent
pour parler d'une crise de civilisation ou plutôt de plusieurs
crises technologiques. Il est question de technologie intrinsèquement
dangereuse : de moyens modernes de destruction massive au contrôle
du cerveau et des idées; du conditionnement et de la propagande à la
dégradation et/ou à la contamination graduelle et/ou spectaculaire de
l'environnement; de l'entassement excessif des humains à la guerre nucléaire;
de conséquences dangereuses au plan de la politique nationale et/ou
internationale : depuis les archives traitées sur ordinateur, avec
ce que cela suppose d'empiètement sur la liberté individuelle, à
l'épuisement accéléré des facultés de réflexion - cette formule
troublante se trouve dans un des rapports de la Hudson Institute, organisme
de recherche dont la spécialité est le futur; de choix personnels dangereux :
depuis la stimulation au moyen de l'électronique des centres du plaisir,
sexuels ou autres, à la fuite devant les responsabilités et autres
aliénations du genre... - cette formule se trouve aussi dans
le même rapport. Il s'agissait de quelques-unes des raisons, parmi tant
d'autres, que nous aurions de nous inquiéter face à l'avenir.
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la prédiction
la plus pessimiste
Parmi les prédictions,
la plus pessimiste que j'aie trouvée, quant à l'avenir de l'humanité,
vient du Centre de Recherche Biologique de Princeton aux États-Unis.
Selon ces études,
le monde s'anéantira d'une ou des deux manières suivantes :
·
soit par la destruction nucléaire - plusieurs
puissances possèdent assez d'armes atomiques pour détruire plusieurs
fois toute vie sur la planète;
·
soit par les diverses pollutions et l'explosion
démographique.
Il est aussi possible
que les deux phénomènes s'additionnent et que, pour tenter de gagner
ou sauvegarder son espace vital, une des puissances déclenche le cataclysme.
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"Mille ans sont à tes
yeux comme le jour d'hier qui passe."
Psaume
90.
Plus
rien n'est aujourd'hui comme autrefois; et plus rien ne sera demain
comme aujourd'hui...
C'est la loi.
Bien qu'on ait l'impression
que l'évolution procède plutôt par cycles, ou encore à la façon d'une
spirale : à certaines époques, l'humanité passe par des expériences
semblables à celles qu'elle a déjà traversées, mais à un autre niveau
de son développement - chaque spire repassant au-dessus de la précédente,
mais dans un parcours élargi.
Quoi qu'il en soit,
tout est en transformation.
Il n'y a de permanent
que la transformation.
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l'effet
Jupiter
Tout est toujours en train
de devenir. Si nous pouvions prendre du recul par rapport à notre planète,
à la façon des astronautes, et la regarder se transformer en accéléré,
nous verrions opérer cette transformation qui, autrement, à l'échelle
humaine, nous échappe : nous verrions disparaître des continents,
nous en verrions d'autres apparaître; des fleuves s'ouvrir dans les
terres et, ailleurs, les terres se refermer sur les fleuves; des mers
intérieures devenir des déserts, des déserts se couvrir soudain d'une
végétation luxuriante... Si seulement nous pouvions assister en une
minute aux transformations intervenues sur une période de 10 000,
de 20 000, de 100 000 ans, d'un million d'années...
On parle ces temps-ci de
ce qu'on appelle "l'effet Jupiter". Il s'agit d'un phénomène
astronomique : à un moment, les planètes de notre système, qui
sont entre la Terre et le Soleil, se trouvent alignées. Ce qui aurait
pour effet d'accentuer au maximum les diverses attractions exercées
sur notre planète et sur les autres. Ce qui revient à dire que la période
dans laquelle nous entrons serait propice à l'accentuation des effets
de marée et aux transformations géologiques. C'est une question sur
laquelle, pour une fois, les occultistes et les scientifiques s'entendent.
Les scientifiques qui s'intéressent
aux influences cosmiques, planétaires, et solaires, en particulier sur
la couche terrestre, parlent d'une période de quelques années au cours
desquelles les transformations géologiques pourront être de plus en
plus actives; les occultistes, eux, parlent de transformations plus
spectaculaires : des morceaux de continents disparaîtraient, alors
que des morceaux de continents autrefois disparus referaient surface.
Je pense, plus particulièrement ici, aux prédictions du grand médium
américain Edgar CAYCE. Et ce ne serait qu'après cette période difficile
du point de vue géologique, faite de tremblements de terre, d'éruptions
volcaniques et de séismes, que naîtrait une nouvelle civilisation.
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le
Kali-Yuga
Il est donc question de crises technologiques
entraînant des crises économiques et politiques - certains parlent
même de l'effondrement d'un système, celui de la société industrielle,
qu'elle soit capitaliste ou socialiste; il est aussi question de la
transformation plus active au niveau géologique de la planète elle-même..
Il n'y a que dans la pensée traditionnelle qu'on puisse trouver
une tentative d'explication qui englobe à la fois des phénomènes de
nature aussi différente.
Selon la pensée traditionnelle, nous serions
maintenant dans la dernière phase d'un cycle, la phase la plus courte
mais la plus redoutable : celle du matérialisme exacerbé qui
doit éclater pour permettre à un nouveau cycle de succéder au chaos
général. Cette croyance du temps cyclique, on la trouve sur tous les
continents; elle suppose qu'il y aurait des cycles d'âges cosmiques.Pour la pensée hindoue, par exemple, nous
serions actuellement au cur de la phase ultime d'un cycle, celle
de la déesse KALI, qui est la déesse de la matière - des
ténèbres, de la décomposition et de la mort : l'époque actuelle
relèverait de KALI par son aspect catastrophique.
Il s'agirait donc de toucher le fond,
d'atteindre l'éclatement, pour ensuite déboucher sur la lumière,
la régénération et la renaissance.
Les Maîtres ne sont pas tous du même avis
quant au moment précis où l'humanité doit toucher le fond. Ce moment
précis, du reste, à l'échelle cosmique, peut s'étendre sur plusieurs
siècles.
>En même temps, l'Âge nouveau serait
en train de naître. Cet âge nouveau procédant de la mort du précédent.
Peut-être sommes-nous au cur d'une explosion au ralenti. C'est
ainsi que je comprends l'époque que nous vivons.
On demande à propos de la fin d'une époque :
quand cela va-t-il se produire?, comme on demanderait : À quelle
heure est le départ du train? Or, cela pourrait bien être en train
de se produire ici-maintenant : la fin d'une époque et le commencement
d'une autre - l'explosion et l'implosion à la fois, sur une période
de cinquante ans, de cent ans, de deux cents ans...
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l'ère du
Verseau 
Dans l'avenir immédiat, nous
irions donc vers une période difficile. Mais cette époque passée, sur
quoi déboucherons-nous? C'est la grande question. Autrement dit, de
quoi pourrait être fait ce millénaire vers lequel nous allons? Il n'y
a pas de réponse à cette question.
Arthur C. CLARKE, auteur
de plusieurs essais et d'ouvrages de science-fiction dont Odyssée
2001, écrit :
"C'est la
première époque où l'on prête autant d'attention à l'avenir, situation
un peu ironique quand on pense que nous n'en aurons peut-être pas."
Mais la pensée intuitive
est plus optimiste.
L'astrologie, qui est le
seul phénomène culturel à l'échelle de la planète, nous dit que nous
sommes entrés depuis peu dans le signe du Verseau, qui serait une époque
où l'être humain atteindrait un niveau de conscience plus élevé.
En dépit de son étymologie
(verse eau) et de sa représentation symbolique : soit un personnage
vidant une amphore, soit deux lignes parallèles évoquant des vagues,
le Verseau n'est pas un signe d'eau, mais un signe d'air. L'onde à laquelle
on l'associe est plus immatérielle que concrète : c'est l'onde
électrique, magnétique, acoustique, lumineuse, qui nous enveloppe en
permanence; c'est le fluide universel unissant le cosmos et les humains.
Le verseau, c'est l'ange
qui verse les flots du cosmos, en un renouvellement incessant des énergies.
C'est le signe par excellence du cosmos. Le Verseau exprime aussi les
voies parallèles, comme celles du téléphone, de la radio et de la télévision,
qui rapprochent le monde.
Ce serait l'Ère de la Liberté,
de l'Égalité et de la Fraternité - pour reprendre cette triade
fameuse. La religion de cette Ère serait scientifique : la foi
serait remplacée par la connaissance. Telle qu'on nous la décrit, c'est
une Ère qu'on a envie de connaître.
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leçons pour le
présent
Si vous souhaitez alimenter
votre instinct de destruction, vous êtes servis : à vrai dire,
de quelque côté qu'on se tourne, il n'existe pas de prédictions qui
soient optimistes de l'avenir immédiat. Quel que soit le point de vue,
les futurologues aussi bien que les astrologues sont pessimistes -
cet accord est même surprenant : on nous dit que nous devons traverser
une période difficile. En revanche, la plupart des prédictions sont
optimistes pour ce qui est de l'avenir lointain. C'est-à-dire que la
courbe de la plupart des prédictions paraît être la même :
nous devons d'abord
toucher le fond, avant d'entrer dans une ère nouvelle où tout ira
pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Peut-être s'agit-il ici d'un
pattern. Peut-être, en effet, les prédictions, partout et toujours,
ont-elles obéi à ce pattern : il faut d'abord traverser une période
difficile; après quoi, tout finira par s'arranger. Comme chez les millénaristes
qui croient que la fin du monde est prochaine, ou plutôt la fin d'un
monde, après quoi nous serons sauvés par un messie, une pensée, un système
socio-politique... Peut-être s'agit-il moins, après tout, de la courbe
des prédictions que de celle de l'esprit humain : comme si ce sentiment
d'une période difficile suivie d'une ère nouvelle était une dimension
de l'homme,
partagé entre
l'instinct de destruction et l'instinct de vie, entre le sentiment
inconscient de la nécessité pour tout ce qui existe de mourir afin
de renaître à un niveau plus élevé de participation.
L'impression que, dans l'avenir
immédiat, tout va s'effondrer, nous venge, il faut bien le dire, de
toutes les attentes, les vexations, les frustrations que nous endurons;
et l'impression que, dans l'avenir lointain, nous allons atteindre à
un niveau plus élevé de participation, satisfait, par ailleurs, notre
besoin de croire que nous allons un jour retrouver le paradis
perdu.
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pour
survivre
agir
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les décisions
qu'il faut prendre maintenant
Parmi les facteurs qui déterminent
l'avenir, il s'en trouve sur lesquels nous ne pouvons pas agir. En revanche,
il y en a de nombreux sur lesquels nous pouvons agir maintenant. Il
faut se souvenir que les prédictions pessimistes des futurologues viennent
d'extrapolations faites à partir de ce qui est maintenant.
Il est certain que notre
civilisation traverse une crise et que nous n'avons pas encore, comme
on dit, touché le fond. Cela dit, l'avenir dépend en partie de ce que
nous faisons maintenant. Je suis convaincu que nous pouvons agir sur
l'avenir. Que les efforts individuels ont un sens. Or, ce que nous faisons
maintenant, comme ce que nous ferons dans les années qui viennent, dépend
du niveau de conscience.
Tout dépend du niveau de
conscience de la collectivité. Et, plus particulièrement, du niveau
de conscience de ce que nous appelons la minorité agissante.
Tout dépend, en dernière analyse, de la prise de conscience de
certains individus.
L'Institut Hudson mentionne
à propos des facteurs de crise : l'épuisement accéléré des facultés
de réflexion et, ailleurs, la fuite devant les responsabilités.
Ce sont des facteurs déterminants mais sur lesquels nous pouvons agir
maintenant, par une prise de conscience et le travail sur soi.
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l'alternative
Face à l'avenir, il faut
s'ouvrir à l'alternative - qui est la recherche de nouveaux modèles
de vie, individuels ou collectifs. Nous sommes à une étape où nous avons
besoin de nouveaux modèles dans tous les domaines de l'activité humaine :
depuis la façon de vivre à deux, de s'alimenter, de s'amuser, de se
gouverner, jusqu'à la façon d'envisager ses rapports avec le cosmos.
Nous n'avons pas le choix. Nous ne l'avons jamais eu du reste, puisque
tout est toujours en transformation. Mais nous savons, à notre époque,
que nous ne pouvons plus évoluer dans le sens où nous nous sommes engagés
depuis un certain temps.
Nous devons dès maintenant développer
une attitude post-matérialiste : déjà un grand nombre de personnes
croient que l'intérêt collectif serait mieux servi si on mettait davantage
l'accent sur les valeurs humaines plutôt que sur les valeurs matérielles.
Nous allons assister au cours du nouveau millénaire à une transformation
en profondeur de la mentalité.
"Les rôles sont
renversés : l'Enfant se substitue à l'Ancêtre, il est l'Ancêtre
du Futur. Le Futur est le foyer inversé de l'origine."
Paul
CHAMBERLAND.
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pour survivre
être agi
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l'adaptabilité
Pour survivre au changement,
il faut pouvoir compter sur ses mécanismes d'adaptation. Le choc du
futur, pour reprendre la formule d'Alvin TOFFLER, se produit précisément
lorsque les mécanismes d'adaptation sont fatigués.
Il s'agissait, ces dernières
années, de s'adapter au changement provoqué par la révolution technologique
dans la société industrielle. Il va falloir, désormais, tout en continuant
de s'adapter au changement provoqué par la révolution technologique,
s'adapter de plus en plus au changement suscité par l'alternative dans
une société post-industrielle.
Notre survie, physique aussi
bien que psychologique, dépend de nos mécanismes d'adaptation. Tout
dépend de notre passivité - qui, au sens où je l'entends,
est une de nos grandes qualités. Tout dépend, par opposition à l'agir,
à la possibilité d'être agi. Cette qualité réside dans la plasticité,
la disponibilité, la malléabilité. C'est une qualité essentiellement
féminine. Que nous avons tous, plus ou moins développée, en chacun de
nous. Quel que soit notre sexe. Mais cette qualité trouve sans doute
à s'exprimer plus naturellement chez la femme.
La femme, l'adolescent et,
plus généralement, ceux dont la définition comporte une part importante
d'indétermination, s'adaptent mieux. La femme, plus particulièrement,
s'adapte mieux au changement suscité par l'alternative, plus proche
de sa nature profonde. Mais nous participons tous des deux principes.
Il s'agit, pour survivre, de favoriser la plasticité, la disponibilité,
la malléabilité.
La qualité d'être agi constitue
la plus grande qualité de l'espèce humaine : elle a permis à l'être
humain de s'adapter et de survivre. Cette qualité procède de ce qu'on
appelle en biologie la néoténie, processus par lequel les caractères
juvéniles sont conservés au stade adulte. Ces caractères sont précisément
ceux de la plasticité, de la disponibilité, de la malléabilité...
L'adulte de demain, pour
survivre, devra conserver certains caractères juvéniles : ''à
moins que l'adulte ne devienne adolescent, il pourra difficilement survivre
dans le monde de demain'', écrit le sociologue Marcel RIOUX
dans Jeunesse et société contemporaine.
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inventer
une nouvelle civilisation
Nous ne sommes pas les premiers,
ni les derniers sans doute, à traverser la crise que nous traversons.
Des scientifiques croient que l'évolution, où que ce soit dans le temps
ou l'espace au plan matériel, obéit toujours au même programme. D'autres
civilisations se seraient donc trouvées, autrefois, dans la même situation
que nous aujourd'hui, non seulement sur cette planète, mais partout
où il existe une forme de vie intelligente.
On est de plus en plus enclin,
dans le monde scientifique, à penser qu'il existe des formes de vie
intelligente sur d'autres planètes, dans d'autres galaxies, dans d'autres
univers... Certaines ne seraient parvenues qu'à un stade de vie inférieure
au nôtre; d'autres, en revanche, seraient beaucoup plus avancées que
nous.
Selon cette théorie, ces
civilisations avancées de l'espace auraient précisément triomphé de
la crise technologique que nous traversons - en particulier de
la capacité, qui est la nôtre aujourd'hui, de s'auto-détruire.
L'occasion se présente de
franchir cette étape de notre évolution. Et de devenir une civilisation
avancée. Ce n'est sans doute pas la première fois que l'occasion
s'en présente sur cette planète. Mais, jusqu'ici, l'humanité telle que
nous la connaissons a été incapable de franchir cette étape. Il s'agit
donc pour nous maintenant de créer les meilleures conditions possibles
pour triompher de cette crise et de nous engager dans une nouvelle spire
de notre évolution.
Le défi du troisième
millénaire est considérable : il s'agit de rien de
moins que d'inventer une nouvelle civilisation.
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Il
n'y a de permanent que la transformation. 
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