Les archives
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causerie
prononcée par Jacques Languirand |
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Introduction du conférencier par Victorin Chabot
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Causerie de Monsieur Jacques Languirand |
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Heureux dêtre ici. On ma demandé si ça me dérange de faire ma conférence pendant que les gens font autre chose Ça fait 46 ans que je fais de la radio et jamais je ne moccupe de ce que les gens font quand ils mécoutent. [Rires] Alors faites ce que vous voulez! [Rires] Toujours est-il que lon est entre deux paradigmes. Dune part, le paradigme dune époque hérité de la chandelle et dautre part le paradigme post-moderne de lépoque dans laquelle nous entrons maintenant. Nous sommes entre deux paradigmes, un peu comme un acrobate, un trapéziste qui serait entre deux trapèzes, nest-ce pas. Il vient juste den lâcher un et na pas encore eu le temps dattraper le deuxième trapèze ou le deuxième paradigme si vous préférez. Il est au-dessus du vide. Cest là quon se trouve. Nous sommes entre deux trapèzes. Jaccepte assez peu de prononcer de causeries pour la raison que, après un certain temps, je suis devenu un peu fatigué de me répéter. Par contre, jaime beaucoup la difficulté et cest parce quon ma demandé de parler de choses dont je ne connais absolument rien que jai accepté demblée de me présenter devant vous, dautant plus que je navais jamais de ma vie entendu parler du mot "archivistique"... Pas une seule fois Messieurs, dames! [Rires] Alors , je me suis dis: "Ça, ça mintéresse!...". Et pour reprendre ce que disait Paul Valéry, je me suis dis: "Je vais aller mentretenir avec ces gens-là et je vais faire une des choses que jaime le plus au monde, cest-à-dire patauger dans ce quon ignore à laide de ce quon sait..." et ma causerie de ce point de vue-là, na pas dobjet, elle a un sujet. Le sujet cest moi dans un cheminement correspondant à votre propre démarche et que jessaye de mieux saisir. Je suis comme certains de mes amis qui soccupent de spectacles, je suis un Work in progress vivant! Dans cet état tel que vous me voyez et comme disait Dostoïevski: "Ce nest pas le but qui compte mais le cheminement vers le but". Alors encore une fois, je nai pas dobjet mais ce qui importe cest lidée de se rendre quelque part ensemble. Le thème qui a été suggéré, vraiment je dois le reconnaître après ce préambule un peu chaotique, est celui de la culture. Je me suis donc posé la question: " La culture? Oui, jimagine que cest avec la culture que les archives sont apparues. Jai commencé à gratter ça... Je me suis dis que ce serait peut-être autour des dessins rupestres que les archives auraient commencé... avec la fin du nomadisme. Jai donc cherché quelque chose là-dessus et jai trouvé curieusement dans un ouvrage dHoward ( Ricebow?). Cest un bonhomme très intéressant, cest un des penseurs du Web et de lutilisation de lordinateur personnel, cest lui lauteur de La réalité virtuelle, quelque chose qui ma beaucoup intéressé à propos du nomadisme, en fait, de la fin du nomadisme. Voici ce quil en dit:
Là-dessus, il ajoute et cite un personnage très important, Preiller - John de son prénom - et cest tiré de son ouvrage The Creative Explosion qui dit ceci:
Ça ma pas mal touché quand jai découvert ça. Le hasard a fait que jai découvert ça depuis le temps quon parle de cette rencontre de ce soir. Jaime bien le hasard... Quand je sais que jaccepte de rencontrer un groupe de personnes pour aborder un sujet, cest extraordinaire comme les anges des bibliothèques... et ceux des archives...me courent après pour me donner des informations tripatives... Fort bien! Alors les archives relèvent-elles donc de la culture essentiellement? Vrai? Faux! Le modèle, larchétype même de larchivistique se trouve dans la nature et là je vais vous entraîner dans une démarche. Je vous lai dit que le sujet cétait moi cheminant pour y comprendre quelque chose. Alors je vous entraîne si vous permettez dans un cheminement à travers ce qui mest apparu comme lillustration, comme des illustrations nombreuses, que jai trouvées de lexistence de la démarche archivistique dans la nature... et ça ma beaucoup étonné de découvrir tout ça. Je pense que je me dois de vous expliquer ma façon de procéder quand je dois aborder un sujet. Jessaye avant tout de me documenter sur le sujet lui-même, jessaye ensuite de voir ce que je peux en comprendre par moi-même. Parfois cest catastrophique, parfois cest comique et là, il ma semblé que cette histoire darchives dans la culture avait du potentiel et pouvait vous intéresser. Je vous communique donc ma démarche pour ce quelle vaut... Ça a commencé lorsquun jour je me promenais avenue Victoria à Montréal avec mes deux petits enfants... Nous passons devant la boutique dun joaillier. Dans sa vitrine se trouvent des bijoux bien entendu et de lambre et jexplique à Julie qui a 11 ans et à Alexis qui en a 9 ce que cest que lambre. Tout dun coup Julie me dit: "Ah oui tu te souviens cest comme dans Jurassic Park". Jexpliquais alors que lambre contient souvent des informations du passé comme des gênes danimaux... Effectivement dans lambre de cette vitrine-là se trouvait un insecte et alors tout à coup ça ma frappé, lambre, cest donc une forme darchive car effectivement on apprend des tas de choses sur lépoque où lambre a été constitué simplement en regardant ce quil y a dedans...Lambre pour vous rappeler ce quen dit le dictionnaire cest: "de la résine fossile sous forme de nodules irréguliers qui contient souvent des bulles dair et surtout des infusions animales et végétales". Je dirais donc quon se trouve en présence dun symbole extraordinaire: la nature a trouvé le moyen de figer et de conserver des informations sur le passé et il est possible de létudier, de lobserver et de regarder le passé. Votre profession, en étudiant les diverses strates, devrait dailleurs être considérée comme un phénomène nettement jurassique. [Rires] Cette découverte de lambre ma amené ailleurs...voici comment: Je me suis rappelé un voyage que jai fait, un voyage remarquable dailleurs, à Anticosti où il y a des roches calcaires. Jai dailleurs à propos dAnticosti retrouvé des informations dans mes archives. [Rires] À lépoque de ce voyage, il y avait aussi à Anticosti des journalistes qui nétaient pas plus intéressés que ça par les roches calcaires et la naissance de lîle, il y a 65,000 années. De leur point de vue, on ne pouvait encourager le tourisme écologique et géologique disaient-ils, avec ce genre dinformations-là. Pourtant à Anticosti, on se met à genoux, on gratte un peu le sable et les cochonneries en surface et on trouve là des pièces danimaux marins, des coquilles, enfin tout un tas de souvenirs, jallais dire darchives du passé. Ça magaçait beaucoup que quelquun (soucieux de découvrir) des choses, traite cet endroit de cette façon. Je leur ai dailleurs fait part de mon indignation... Cest important de se rendre compte que partout où lon marche, on marche sur des archives, partout, et dautant plus à Anticosti parce que ça na pas été recouvert par la suite... Partout, on se promène sur les souvenirs du passé. Puis ça ma amené encore plus loin dans ce curieux cheminement qui a peu à voir, peut-être, avec larchivistique (en tant que tel), je nen sais rien. Je suis resté collé à lidée que ça a quelque chose à voir, profondément, avec un besoin darchives, un besoin de sentir profondément ses racines. Jai repensé à la démarche de Hubert Reeves, cet astrophysicien et à lastrophysique en général, ainsi quà lorigine de lunivers. Je dois vous dire quelque chose que peut-être vous comprenez mieux que moi. Cest le fait que lorsquon observe lunivers, le cosmos, on a parfois limpression de connaître parfaitement notre information; à certains autres moments, on a limpression de ne plus être capable de la posséder. Plus on va loin dans lobservation du cosmos, plus on recule dans le passé et on trouve là létat dans lequel se trouvait lunivers il y a trente millions dannées. Ce quon cherche actuellement, cest de sen rapprocher le plus possible, si possible à une fraction de la seconde où le Big Bang sest produit, si bien sûr on admet la théorie du Big Bang. Quand on regarde le ciel, on ne regarde pas lespace, on regarde le temps. Toutes les archives depuis le Big Bang qui date selon les opinions dil y a 12 à 15 millions dannées, sy trouvent. Plus on gratte, plus on senfonce dans les strates profondes du temps, plus on approche de lorigine de lunivers. Ce qui revient à dire que tout le cosmos est en fait un système darchives et que ce que lon cherche à découvrir maintenant quand on recule dans le temps, cest létat dans lequel se trouvait telle planète, tel événement... Cest toujours en fonction du temps, de la durée et du passé que lon cherche. Lexploration de lespace, du cosmos, cest lexploration du temps. Cet exercice nous permet de se situer, de trouver notre place dans le temps et lespace. Ensuite -si vous me suivez toujours-, il y a aussi une chose plus surprenante que ce que je viens dénoncer. Moi, que suis-je sinon un complexe système darchives? Et lADN alors, quest-ce que cest au niveau des molécules? On est chacun dentre nous, le passé et je dirais même exclusivement le passé. Nous sommes une combinaison génétique originale de gênes qui étaient là avant nous et qui nous ont été transmis et que nous devons transmettre à notre tour. Nous sommes nous-mêmes un processus darchives, nous sommes nous-mêmes êtres vivants, un complexe archivistique. Est-ce assez dévidence? [Rires] Y a-t-il un docteur dans la salle? [Rires] Ça aussi ma amené encore un peu plus loin. - Où va-t-il sarrêter me direz-vous? [Rires] - Pourtant, cest là que jaurais pu commencer parce que cest une discipline qui mest relativement familière, je parle ici de la psychologie et en particulier de lécole de Jung. Jung parle quelque part de linconscient collectif. Il semble bien que, comme pour la transmission de lADN, il y aurait aussi la transmission des archétypes fondamentaux et universels. Tout ce que lunivers a vécu, tout ce que lévolution a traversé dexpériences se trouve contenu dans ce que Jung appelle linconscient collectif. Si la question vous intéresse et que vous voulez faire des fouilles en ce sens-là, vous pourriez aussi regarder dans louvrage de Stanislas Grof, un psychiatre qui a fait des recherches très approfondies sur les expériences de LSD. Dans certains de ses livres, on peut voir que linconscient collectif sexprime à travers les individus qui sont allés retrouver en eux les êtres archaïques ou la forme archaïque fondamentale, archétypale de lêtre humain et même relate-t-il, le phénomène, le sentiment davoir participé à lexpérience de vie animale et même minérale. On ne sait pas jusquoù on peut creuser dans ce sens-là. Toutes ces expériences, ces témoignages ont lair dêtre complètement farfelus. Il y a tant de choses qui avaient lair farfelues il y a cinquante ans et qui le sont moins maintenant. Il y en a beaucoup maintenant qui ne le seront peut-être plus dans cinquante ans... Voilà, je pense avoir fait le tour de lexistence ou de la manifestation des archives dans la nature. Un autre thème qui mest apparu simposer en réfléchissant à cette question, cest celui du temps. Le temps!... Jai retrouvé une citation de Simone Veil que jaime beaucoup dans ses Oeuvres complètes et qui dit quelque part:
Les archives cest une tentative, une démarche pour résister au flot du temps. Les archives, cest de conserver du passé, autant dinformations, de témoignages et dexpériences pour les amener dans le présent et les transférer dans lavenir. Cest donc une résistance au flot du temps; cest une résistance à la tragédie du temps. La démarche archivistique est une démarche essentiellement héroïque puisque dans toute tragédie, le personnage principal est toujours le temps, le temps qui fait que les choses changent et se transforment. Les archives, cest donc le moyen de vaincre le passage du temps. De plus, il y a des questions dordre un peu plus pratique qui me sont revenues dans cette démarche (que nous faisons ensemble). Je me suis interrogé sur le passé. Depuis quelques années, je ne sais pourquoi cette question mintéresse plus quavant. [Rires] Je remarque que tout ce que je croyais comme étant arrêté, ne lest plus... Le passé nest pas arrêté, il est en mouvement. Parce que le passé comme le présent est lobjet dinterprétations et de représentations mentales, on a tendance à ne voir que ce que lon est disposé à voir en fonction de nos opinions, de nos croyances... Et cest là que je fais une différence entre lhistoire et les archives. Lhistoire, à la réflexion, cest toujours une interprétation et je sais pertinemment que les archives servent à faire lhistoire, mais la seule façon de confronter lhistoire en tant quinterprétation ou représentation mentale, cest de retourner aux archives. Je pense que cette façon de détacher la notion dhistoire et la notion darchives est extrêmement importante car ce nest pas seulement lhistoire qui est importante mais cest aussi ce que nous accumulons comme informations auxquelles nous sommes susceptibles de nous référer qui lest tout autant et dautant plus que ces informations nous permettent de corriger une interprétation, une représentation. Quelques exemples de ça! Il y a quelques jours, je voyais à la télévision une émission dune heure sur les présidents des États-Unis. Vous savez quil y a un mythe aux États-Unis, celui de la réussite. Cest ce que lhistoire nous enseigne, cest ce que la tradition véhicule concernant les États-Unis et lAmérique du Nord aussi dailleurs... Dans cette tradition, il y a lidée, la croyance que les présidents sont des gens venus dextraction modeste et qui ont accédé au pouvoir. Voilà donc une interprétation, une représentation non pas de la réalité, mais dun phénomène qui est absolument faux. Grâce aux archives, on peut le corriger et découvrir quà part trois présidents, tous les autres sont issus de familles immensément riches, y compris Washington, y compris Jefferson, y compris Roosevelt et bien entendu Kennedy. Le film récent de (Jacques) Godbout sur les plaines dAbraham est aussi une belle démonstration de ça. Que tout à coup deux gars décident daller rechercher des documents enterrés aux archives ici et là pour dire que ça ne sétait pas tout à fait passé comme on la toujours dit, je vous assure que cest un film qui dune certaine façon vous rend hommage et cest un témoignage de limportance des archives pour la découverte de la réalité par opposition à linterprétation ou à la représentation mentale quon peut avoir de ce phénomène historique. Tu découvres par exemple que les Canadiens-français de lépoque nétaient pas si francophiles que ça et quils se foutaient pas mal de ça en fait... Au premier coup de mousquet des Britanniques, ils se sont tous couchés par terre. [Rires] Cest ça qui semble la réalité... Je ne veux pas dire que Godbout et ses camarades ont fait une recherche darchives, ce nest pas ce que je veux dire, mais ils sont allés trouver des documents qui remettent sérieusement en question une interprétation historique. Personnellement, ce qui ma amené à beaucoup réfléchir sur cette question, cest du reste pourquoi ce soir jai accepté de vous rencontrer, cest que pendant quelques années jai travaillé aux études françaises de lUniversité McGill avec le professeur Yvan Lamonde que vous connaissez certainement. Nous avions un cours ensemble à cette époque-là. Jean-Louis Roy était alors directeur des études canadiennes et il mavait demandé de donner le cours avec Lamonde. Jai alors vu les étudiants dirigés par Lamonde aller chercher des choses... Ils allaient dénicher des informations qui étaient encore une fois très en contradiction avec les choses que nous autres on avait recueillies et qui étaient figées dans lhistoire officielle. Ce qui ma amené à dire à un moment donné à Yvan Lamonde: "Moi, jai un problème avec lhistoire nous concernant et ça me fatigue énormément!" et jajoute: " je pense que nous sommes beaucoup plus profondément américains que nous ne le croyons et que nous ne laffichons!". Jai écrit dailleurs un petit essai là-dessus... Je vais vous en donner un exemple. On est tous là, intellectuels genre Radio-Canada, et on est tous convaincus que Gilles Vigneault, Félix Leclerc, etc., vendent beaucoup de disques au Québec. (Or), celui qui vend le plus de disques au Québec cest Willie Lamothe...Willie Lamothe est un cowboy dans un pays où un cowboy est impossible et dautant plus que Willie, je le connais personnellement et il me la confirmé lui-même, détestait les chevaux; [rires] ce qui ne la pas empêché dapparaître dans un défilé de la St-Jean-Baptiste de je ne sais plus quelle année pour représenter la culture populaire. Lamonde a réexaminé tout ce débat-là... Tout ça pour dire que quand on cesse de regarder lhistoire pour la simplifier, quand on creuse et quon va au niveau des archives pour voir ce qui reste de temps-là, on découvre par exemple que linfluence française est moins importante quon le croit; que linfluence britannique est plus importante quon le croit; que linfluence des États-Unis est plus importante quon le croit et en particulier dans le contexte de 1837. Comment explique-t-on quen 1837, les gens allaient se réfugier aux États-Unis chez les francs-maçons? Allez voir, allez voir dans les archives... Lisez le livre de Lamonde à ce sujet... Les archives permettent donc de tempérer la tendance naturelle au révisionnisme. Le plus grand problème que lon a avec le passé, cest quil semble naturel de corriger lhistoire en fonction de nos croyances. Le passé est tellement important quon déguise, quon habille lhistoire en fonction de nos croyances et ce pour servir la pensée unique du jour. Jai trouvé quelque chose comme ça chez Fernand Dumont il y a un an, maintenant quil est mort... La duplicité du langage semble bien avoir caractérisé notre culture de jadis... Jai aussi (pour poursuivre) quelques autres notes sur le révisionnisme... attendez que je retrouve mes notes... elles ne sont pas toujours dans lordre de ma conception sauf [rires] où est- ce que cest passé cette affaire-là?...Cest mal parti!... Ah oui! Voici ! À propos du révisionnisme, saviez-vous que les gens de la philosophie naiment pas que Platon soit incarnationiste, que Newton ait été astrologue... ils nen parlent dailleurs plus...Que pensez-vous du fait que "Les filles de Caleb", le téléroman, transporte des valeurs que celles-ci ne véhiculaient probablement pas? Je termine dabord en vous disant de consulter vos propres publications, tout est dedans. [Rires] Plus le temps est orienté vers le futur, plus il faut être en contact avec le passé. Après vous avoir suggéré dobserver une pierre semi-précieuse comme métaphore et comme symbole de votre profession, lambre, jaurais envie de vous suggérer le symbole graphique qui pourrait véhiculer lidée derrière ça. Cest le rapport entre les branches et larbre. Votre affaire -larchivistique, les archives-, cest un arbre avec beaucoup de branches. Il faut énormément de racines pour nourrir toutes ces branches. Le passage entre les deux, cest votre profession. Vous êtes des passeurs, les archives cest une interface au sens large du terme. Votre fonction est celle de la générativité. Il y a dailleurs un personnage lié à votre activité, cest Janus, un Dieu à deux faces, lune tournée vers le passé et lautre vers lavenir. Cest ce que vous devriez avoir sur votre papier à lettre [rires] larbre en haut et Janus en bas. [Rires] Une dernière note je dirai que votre profession a un énorme problème, cest celui de votre image et en tant que communicateur de profession, cest mon métier, je peux vous dire que votre image dans le public, elle est statique. Elle met laccent sur le fait daller chercher les documents et de les conserver. Ce que jappelle le phénomène de la recyclopédie , refaire circuler lenseignement et linformation, cest ça le rôle important des archivistes. Larchivistique est essentiellement communication. Bien sûr, elle est évaluation, acquisition, conservation, mais si les mots darchivistes et darchivistique étaient associés à communication, je pense que vous auriez une bien meilleure image auprès des autres, du public et auprès de vous-mêmes aussi. Dites-vous bien que les archives appartiennent au futur...Merci! [Applaudissements] |
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