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La macrophotographie
ou comment je flirte avec les fleurs

 

C’est aussi grâce à mes chiens que je me suis remis à la photo, plus précisément à la macrophotographie. Pour le plaisir, la discipline aussi. Et pour renouveler le regard.

La macrophotographie, c’est le prétexte que j’ai trouvé pour m’arrêter dans la nature afin de la découvrir de plus près, de pénétrer un peu son mystère. Et le plus souvent de le faire dans des conditions d’observation inhabituelles, renouvelant ainsi le regard. Une des règles de la créativité consiste à rendre familier ce qui est étrange et étrange ce qui est familier. Je me retrouve donc souvent à plat ventre sur le sol pour considérer de plus près non pas une fleur mais telle fleur en particulier. Après dix, parfois même vingt ou trente minutes, elle s’est offerte à moi sous des aspects qu’elle n’avait jusque-là révélés à personne. Je pourrais presque lui donner un nom. C’est ainsi que j’entretiens avec la Déesse des rapports plus personnels, plus intimes peut-être.

C’est dire que je ne prends pas de macrophotos pour les regarder plus tard, reportant ainsi l’expérience, mais pour le plaisir que cette activité me procure ici et maintenant, au moment même où je flirte avec les fleurs.

macrophotographie : Photographie très rapprochée de petits objets donnant une image plus grande que nature. Le Petit Robert.

La macrophotographie exige une grande concentration. Le mental, qui est le jeu complexe des pensées et des émotions dans le champ de la conscience – l’incessant "bavardage" dans la tête –, se trouve alors suspendu. C’est dans les moments où l’on est engagé dans une activité qui absorbe totalement l’attention qu’on est le plus heureux. Et quelle que soit cette activité, physique ou mentale : jouer aux échecs, farcir une dinde ou laver la vaisselle... On échappe alors au temps. Il n’y a plus ni passé ni avenir. Que l’instant présent.

La macrophotographie exige aussi un état de relaxation... Je n’aime pas me relaxer pour me relaxer. Mais si c’est pour faire la cour à une fleur ou contempler de très près la texture d’une écorce, la relaxation m’apparaît alors comme un moment vraiment privilégié.

La concentration de l’attention et l’état de relaxation sont les conditions de la méditation. Il est alors possible de se centrer, d’accéder à la conscience d’être – à ce que les mystiques appellent la présence à soi.

Bref, cette pratique stimule chez moi l’aptitude à triper.

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