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Ce concept, je le précise, nest pas de moi. Il a été défini ces dernières années par des futurologues qui en sont venus à la conviction que lespoir est un obstacle parce quil incite à reporter à demain ce que lon devrait faire aujourdhui. Léducation, qui permet de remettre à plus tard la résolution de tous les problèmes, est sans doute le lieu où lon investit le plus volontiers, ces années-ci, lespoir. Dès que lon se heurte à une difficulté qui paraît insoluble, difficile à contourner sans faire un effort, sans changer ses habitudes ou perdre ses acquis, on se dit que la solution se trouve dans léducation. Pour résoudre toutes les questions soulevées par la crise de lenvironnement ou de lendettement, léducation est la réponse. Pour la faim dans le monde, encore léducation. Pour la paix de même. Toujours léducation... On finit donc par hypothéquer lavenir, par reporter à plus tard la solution des problèmes, qui auront pris alors des proportions alarmantes. On fait porter la responsabilité de ses choix à ses enfants et à ses petits-enfants, sous prétexte quils seront mieux éduqués, donc plus en mesure de refaire le monde. Hypocrisie! La génération du baby-boom, qui occupe de nos jours la plus grande partie de lespace social, est celle dont le niveau dinstruction (léducation au sens large) est le plus élevé de toute lhistoire de lhumanité. Nous sommes donc, ici et maintenant, suffisamment formés et informés pour résoudre les problèmes auxquels nous devons faire face. Cessons de nous en remettre à lespoir que-ça-finira-bien-par-sarranger et, surtout, dinvestir cet espoir hypocrite dans léducation des autres, leur faisant ainsi porter le poids de nos responsabilités. En somme, cessons dafficher notre espoir plutôt que notre détermination. Cest dans les mentalités
que lon rencontre le plus de résistance au changement. |
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