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Dire « oui » à ce qui est, mais... |
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Je ne peux mempêcher
de minterroger sur la part respective de responsabilité de la société et de lindividu. |
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Il y a des cas
La société
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Il me dit quil est artiste-peintre. Quil a fait quelques installations ces dernières années dans des expositions collectives. Mais comme il narrive pas à vivre de son art, il vit du bien-être social. Et comme beaucoup de personnes qui se trouvent dans cette situation, il se couche très tard et se lève un peu avant midi. Ce qui est conforme aux conclusions de plusieurs études qui démontrent en effet que beaucoup de bénéficiaires du bien-être social vivent une existence déphasée. Il na pas de vie affective et se promène de café en café pour passer le temps. Il retrouve à loccasion des gens qui mènent le même genre de vie. Ce matin, mexplique-t-il, il sest regardé une fois encore dans le miroir : " Depuis le temps, jai beaucoup vieilli... La vie passe. Ce doit être ça quon appelle une vie de désuvrement... Ya rien de mal à ça mais cest pas le bonheur... Pour tout dire, jai perdu lespoir de donner un sens à ma vie ".
Jéprouve en lécoutant un terrible sentiment dimpuissance. Dautant plus que jai pris connaissance récemment de données révélant quil y a au Québec deux millions dexclus. Cest la victoire de lentropie. Je ne peux mempêcher de minterroger sur la part respective de responsabilité de la société et de lindividu. Ma lassitude est telle que je ne sais plus trop quoi dire à ce jeune homme, près de la quarantaine, qui ne manque pas de qualités... Il y a des cas qui paraissent tenir de la fatalité. Dautres de la conjoncture. Jen viens à me demander dans quelle mesure la conjoncture serait de lordre de la fatalité. Il a lui-même réfléchi à la question. Il ajoute, sachant que la formule mest familière : " Je dis oui à ce qui est... " Jai souvent recouru à cette formule, en effet. Cest même un des grands principes de lart de vivre que je tente de mettre en pratique. Mais ce principe, il vient en second : après que lon ait envisagé de changer ce qui peut être changé. A-t-il, quant à lui, épuisé toutes les ressources possibles? Je renonce à lui poser la question qui paraîtrait trop paternaliste de ma part. Et puis, encore une fois, il est très difficile de savoir la part du destin et celle du libre arbitre. Le seul moyen que je connaisse de trancher la question est dexercer le plus possible son libre arbitre par la volonté de changement.
La société saccommode trop aisément de ce qui est : lexclusion est même, à lheure actuelle, institutionnalisée. Il ny a quà penser à ceux qui vivent de lexclusion des autres. Et pour ce qui est des individus piégés dans lexclusion, je ne porte aucun jugement. Je suppose que cest, comme on dit, de l'ordre du cas par cas. Mais je ne peux pas mempêcher de penser que dans certains cas on na pas non plus épuisé le recours à la volonté. Je dirais quil faut affirmer la volonté autant collective quindividuelle. |
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