Retour à la section "INDIVIDU"

 

La relation maître-élève

     

ØLa profession la plus lapidée

Crise comme microcosme de celle que traverse la société : la crise n’est pas conjoncturelle mais structurelle.

L’éducation comme bouc émissaire

Quand on ne sait plus comment résoudre les problèmes aujourd’hui, on a tendance à les reporter sur les générations à venir en se disant que l’éducation va tout régler.

Ø Intégration et crise

· facteurs agissant sur le présent et l’avenir

§ la situation dans le monde : la remise en question de tout le système

§ fatalité

§ adaptation par la soumission

· les choix individuels et collectifs

§ libre arbitre.

§ adaptation par l’action (c’est la voie que je préconise).

Ø Changement

· Trois facteurs de réussite en éducation. Les facteurs de réussite en éducation sont, par ordre d'importance:

§ la motivation de l'élève

§ la qualité de l'enseignant ou de l'enseignante

§ les programmes

Ø Analogie avec la psychothérapie

· Les facteurs de réussite en psychothérapie sont, par ordre d'importance :

§ La motivation du patient (ici: de l'élève)

§ la qualité de l'intervenant (ici: de l'enseignant)

§ la méthode (école, technique...) – programme (ici: méthode et contenu)

donc, retenir l'importance de la motivation puis de la qualité de l'enseignant, qui vient en second et les contenus

 

La motivation

· La motivation découle du sentiment qu'éprouve l'élève de sa propre responsabilité. Il faut placer l'élève devant la nécessité d'exercer un contrôle sur sa vie, de devenir le moteur de sa propre démarche éducative.

· À vrai dire, rien ne remplace la motivation de l'élève. La question est donc: comment l’éveiller chez lui et entretenir cette motivation?

§ Sur responsabilisation - examen personnel. J’ai su très jeune que ma vie dépendait de moi seul, d’où la recherche de modèle et la qualité - dans l’ensemble - de mon rapport avec mes maîtres.

La motivation par la responsabilisation découle du sentiment qu'éprouve le patient (l'élève) de sa propre responsabilité. Il faut en particulier ne pas prendre en charge le patient (l'élève) mais au contraire le placer devant la nécessité d'exercer un contrôle sur sa vie et partant de l'efficacité de sa propre démarche thérapeutique / éducative.

15 % des élèves réussissent – ce sont, dans tous les systèmes les élèves qui sont motivés.

§ D’où vient la motivation? Le sens de la responsabilité par rapport à soi et par rapport à la société. Ex.: Le modèle chinois et l’entretien des lieux).

· importance des pairs

¨ modèle japonais vs bureaucratie

· importance de l’enseignant comme modèle...

La qualité de l’enseignant

· Pour ce qui est de la qualité de l'enseignant ou de l'enseignante, elle suppose qu'il / elle se trouve aussi engagé(e) dans une démarche de croissance.

· Lorsque l'enseignant ou l'enseignante se trouve personnellement engagé(e) dans une démarche de croissance, les jeunes reconnaissent cette démarche et la relation avec eux s'en trouve transformée. Il y a, de part et d'autre, une reconnaissance au niveau de l'être – de l'enfant intérieur.

· Carl Jung écrit dans problèmes de l'âme moderne (éd. Payot), à propos de l'éducation de la personnalité: " le haut idéal d'éducation de la personnalité, on ferait mieux de ne pas l'appliquer aux enfants; car, ce que l'on entend communément par ‘personnalité‘ , c'est-à-dire une totalité psychique déterminée, capable de résistance et dotée de forces, est un idéal d'adulte que l'on n'a pu attribuer à l'enfance qu'à une époque où l'individu adulte est encore inconscient du problème de sa prétendue maturité ou, ce qui est pis encore, s'il en est semi-conscient, il projette la notion sur l'enfant, pour pouvoir se permettre d'y couper lui-même. " Et plus loin: " personne ne peut développer la ‘personnalité’ qui n'en a pas lui-même. Et ce n'est pas l'enfant, c'est uniquement l'adulte qui peut atteindre à la personnalité comme fruit mûr d'une activité de vie orientée vers ce but. "

 

· " educare " ou " educere "

§ que signifie " éduquer" ? L'étymologie est souvent révélatrice. Le mot " éduquer " viendrait de deux verbes latins: le premier educo, educare qui signifie " nourrir, instruire " ; et le second dont la première personne du présent est identique, educo mais dont l'infinitif est educere, qui a le sens de " conduire hors de " , c'est-à-dire hors de la confusion originelle, de l'inconscience.

· Autrement dit, il s'agit d'inciter l'enfant à éclore et à se développer, à se révéler à lui-même, pour être le co-créateur de sa vie et " devenir, comme l'écrit Albert Jacquard dans l'héritage de la liberté (éd. Seuil), un sujet qui choisit son devenir, et non un objet qui subit sa fabrication" .

· Le messager est le message

Ce qui m'importe le plus, c'est d'abord et avant tout la qualité de l'enseignant ou de l'enseignante. Car il n'y a aucun doute que le message de l'éducation c'est le messager lui-même.

J'ai reçu, des enseignants et des enseignantes de qualité qui ont contribué à mon éducation, un certain savoir, bien sûr, correspondant aux contenus des programmes, mais j'ai surtout appris, par exemple, à être plus autonome, plus responsable... J'ai appris à devenir. Ce sont des valeurs, individuelles et collectives, qui m'ont été communiquées par eux. Car leur message se trouvait dans la qualité de leur être en devenir, en croissance.


En dernière analyse, on ne peut communiquer que ce qu'on est.

Ce que je retiens de ‘mes’ enseignants : non pas le contenu mais le contenant J'ai appris d'eux : le savoir qu'ils ont véhiculé, mais surtout à être plus et mieux.

J'ai appris :

la patience
la méthode
la droiture
le courage
la justice
l'ouverture et le service aux autres
le goût du travail
la créativité.

et encore plus:

l'autonomie
la responsabilité
l'individualité
l'intégration

L'enseignant communique ce qu'il est.

Ø Où est le vrai message de l'éducation?

§ dans le messager. Ce qui compte, c'est la qualité de l'enseignant.

· estime de soi
· expérience
· éthique

Je pourrais même mettre des noms sur certaines des qualités qui m'ont été communiquées par certains de mes enseignants.

Encore plus avec l'arrivée de l'informatique / télématique / etc., il faudra (pour que l'enseignement ne soit pas un processus dépourvu de contenu humain) que cette dimension soit reconnue quant à l'intérêt qu'elle présente au plan de l'éducation même, mais aussi cette dimension, c'est le salut pour l'enseignant car elle permet de mettre l'accent sur les qualités individuelles plutôt que sur les contenus, et s'inscrit comme telle dans une démarche de croissance.

Ø Communiquer ce qu’on est :

· être soi-même un étudiant

§ les jeunes ont besoin de modèles : lorsque l’enseignant est lui-même étudiant, il devient un modèle

· formation permanente de l'enseignant / messager...

§ formation professionnelle

· le contenu

· la méthode

· formation générale: culture

· qualités personnelles du niveau de la croissance

§ le développement / dépassement se traduit par un plaisir: celui de devenir en pleine conscience

§ pas une technique, pas une méthode, mais une démarche qui découle d'une attitude

§ savoir que la croissance personnelle a un effet sur la collectivité: la solution collective passe par les individus

· modèle alchimique : mon action me transforme. Mon action est un moyen d'intervenir.

· la croissance de l'enseignant passe par l'enfant, par la voie de son propre enfant intérieur.

§ l'observation de l'enfant nous permet de mettre l'accent sur les points suivants: conscience du corps, créativité (jeu / exploration), croissance.

§ Les 3 points qui ressortent de l'observation du fonctionnement de l'enfant et qui devraient nous inspirer de retrouver notre enfant intérieur pour nous-mêmes les adultes, mettre l'accent sur ces points – en faire une démarche.

· enfant
· parent
· adulte

¨ confusion entre le parent et l'adulte

¨ l'adulte, c'est la véritable personnalité selon Jung

¨ la véritable personnalité n'est pas donnée il faut l'acquérir (par rapport à " je est les autres" ), telle est la tâche de la seconde partie de la vie. Quant à soi; voir aussi le moyen de renouveler la démarche éducatrice – tout en donnant le meilleur de soi.

· La voie, c'est les autres (AIKAN).

Ø La crise de la pédagogie est le reflet des autres crises que connaît notre civilisation.

Ø La croissance des élèves suppose que les éducatrices(teurs) sont eux-mêmes engagés dans une démarche de croissance. L'éducation est entrée dans une ère nouvelle. Elle est de plus en plus envisagée comme un exercice où la croissance devient le critère et la condition de toute croissance d'ordre académique ou intellectuel. La croissance se fait toujours par un passage du connu à l'inconnu, de la sécurité à l'insécurité, du fermé à l'ouvert, du défini à l'indéfini. Idéalement, la croissance ne s'achève jamais: il y a toujours un accroissement possible de conscience, d'ouverture et d'union avec le monde. La croissance nous fait passer constamment du cerveau de gauche à celui de droite, du masculin dominateur et analytique au féminin réceptif et synthétique.

· Lorsque l'éducateur se trouve personnellement engagé(e) dans une démarche de croissance, les jeunes reconnaissent ce changement en profondeur et la relation avec eux s'en trouve transformée. Il y a de part et d'autre, une reconnaissance du niveau de l'être – de l'enfant intérieur.

Ø La "personnalité" d'après Jung

· Le haut idéal d'éducation de la personnalité, on ferait mieux de ne pas l'appliquer aux enfants; car, ce que l'on entend communément par "personnalité" , c'est-à-dire une totalité psychique déterminée, capable de résistance et dotée de forces, est un idéal d'adulte que l'on n'a pu attribuer à l'enfance qu'à une époque où l'individu adulte est encore inconscient du problème de sa prétendue maturité ou, ce qui est pis encore, s'il en est semi-conscient, il projette la notion sur l'enfant, pour pouvoir se permettre d'y couper lui-même.

Je soupçonne en effet notre enthousiasme contemporain pour la pédagogie et la psychologie de l'enfant, d'une intention malhonnête: on parle de l'enfant, alors que l'on devrait entendre: l'enfant en l'adulte. Car il y a dans l'adulte un enfant, un enfant éternel toujours en état de devenir, jamais terminé, qui aurait besoin constamment de soins, d'attention et d'éducation. C'est cette partie de la personnalité humaine qui voudrait se développer en entier. Or, l'homme de notre temps est à une distance astronomique de cette totalité. Dans l'obscur pressentiment de ce qui lui fait défaut, il s'empare de l'éducation de l'enfant, il s'enthousiasme pour la psychologie infantile parce qu'il aime à supposer que, dans sa propre éducation et dans le développement de son enfance, quelque chose doit avoir marché de travers, quelque chose qui pourrait être extirpé dans la génération prochaine. Cette intention est louable, certes, mais elle échoue contre le fait psychologique que je ne puis corriger chez l'enfant aucune faute si je continue à les commettre moi-même. (...)

· Tout ce que nous voulons modifier chez les enfants devrait d'abord être examiné avec attention pour voir si ce n'est pas quelque chose qui devrait être changé en nous-mêmes: notre enthousiasme pédagogique, par exemple. C'est à nous peut-être que cela s'adresse. Peut-être méconnaissons-nous le besoin pédagogique parce qu'il éveille en nous le gênant souvenir que nous sommes encore des enfants, par quelque côté, et que nous avons largement besoin d'être éduqués. (...)

· La personnalité est en germe dans l'enfant et n'atteint son plein développement que peu à peu au cours de la vie. Sans détermination, totalité et maturité, nulle personnalité ne se manifeste. (...)

· Cet idéal pédagogique, que l'on entend souvent énoncer, empêche de façon absolue les parents de se développer eux-mêmes et les rend capables d'imposer aux enfants leur propre "mieux". Or, qu'est en réalité ce prétendu "mieux"? Voilà ce dont les parents ne se sont jamais préoccupés pour eux-mêmes. (...)

· Personne ne peut développer la "personnalité" qui n'en a pas lui-même. Et ce n'est pas l'enfant, c'est uniquement l'adulte qui peut atteindre à la personnalité comme fruit mûr d'une activité de vie orientée vers ce but. Carl Jung, problèmes de l'âme moderne (éd. Payot).

   


Les programmes

Troisième facteur de réussite, pourtant non négligeable. Je préconise de définir le programme selon la définition de la formation de base, selon certains éducateurs. Cette définition a le mérite de rapporter le programme comme tel à une vision d’ensemble. La formation de base devrait recouvrir les trois points suivants:

  • les savoirs : les matières;
  • les savoir-faire: les habitudes;
  • les savoir-être : les attitudes.


Le mentorat

Mentor était l’ami d’Ulysse.

· précepteur, tuteur, pédagogue, guide, professeur

§ dans la plupart des mythes.

· développement professionnel et global des êtres.

Ø une relation interpersonnelle.

Ø perspective de Renée Houde : des mentors pour la relève (éd. Méridien):

· développement du mentor et du protégé en tant qu’adultes.

· la filiation n’est pas seulement une affaire de famille. C’est aussi une affaire de générations et de rencontres. De personne à personne...

Ø le mentorat, une fonction qui fait partie du cycle de vie,

· qui s’inscrit naturellement dans l’étape du mitan jusqu’à 65 ans...

· la question du rapport d’ordre professionnel et du rapport d’ordre personnel... Il paraît souhaitable de passer par la profession ou une fonction comme l’apprentissage afin de ne pas donner dans l’abstrait et la métaphysique.

· passer par les valeurs : coopération, sens des responsabilités, respect de soi et des autres, autonomie, démocratie...

Ø personne nourrissante et non pas toxique.

· être présent au rêve de vie du jeune ou du jeune adulte. L’aider à consolider son identité

· feedback

· guider, soutenir, valoriser, stimuler parfois suggérer des défis...

· important de savoir qu’on ne le peut pas pour n’importe qui...une question d’affinités... ce qui suppose de réduire l’écart entre les valeurs de référence et les valeurs de préférence - de la cohérence

· tout le monde vieillit mais tout le monde ne devient pas adulte.

Ø le mentorat est une relation dont nous avons un besoin urgent.

Ø l’absence de mentor vs. le suicide des jeunes.

Ø le mal-être et la détresse des femmes et des hommes, le suicide des jeunes...

Ø former les jeunes à apprendre à apprendre

· l’altruisme, la disposition à se dévouer à autrui, est une motivation-clé chez les mentors...disposition qui devrait se trouver chez tous les enseignants

Ø Profil d’un mentor selon Renée Houde

· dimension positive aux événements qui surviennent dans leur vie

· font confiance aux processus de la vie

· savent composer avec les forces variées qui existent en elles et dans le monde

· ont faim d’apprendre sans cesse

· expérience dans la gestion du mental

· l’expérience du mitan (problématique de l’expérience vs. le vécu... C’est ce qu’on dit / fait sans s’en rendre compte.)

· la découverte de la générativité ( Érickson)

§ où le mentorat peut de venir une fonction naturelle, une pratique de croissance... pratique qui contribue à donner un sens à la vie...

· bénéfique pour le mentor

· on peut être de bon conseil ou surtout un bon modèle avant le mitan.

La crise que traverse la jeunesse suppose pour le moins une nouvelle attitude de la part de tout le monde - une mobilisation générale - mais aussi peut-être aussi une prise de conscience ou plutôt un renouvellement de la prise de conscience des enseignants face aux problèmes de la jeunesse.

     
    Retour au début