| Je
veux d'abord dire que, non seulement il est possible de prévenir ou de guérir
le burn-out, de même que certaines maladies de civilisation auxquelles il
s'apparente, mais qu'on sort grandi de cet exercice. Comme du reste de la
plupart des crises de la vie. C'est le sens même de l'épreuve. On en sort
avec le sentiment d'être mieux dans sa peau, mieux dans sa tête plus
centré. Avec le sentiment de s'être réconcilié avec soi-même. Je vous propose donc une réflexion sur cette forme de mal-être: sur les causes extérieures, surtout psychosociales, et sur les schèmes individuels de comportement qui favorisent le burn-out; de même que sur les attitudes et certaines pratiques qui peuvent contribuer à le guérir ou le prévenir. Cette réflexion, qui permet de prendre un certain recul, de voir le phénomène et d'intervenir, représente l'essentiel d'une démarche dont l'efficacité a été démontrée. Afin de cerner dès le départ ce phénomène de notre époque, je vous en offre une description sommaire:
Et voilà! Il est difficile dans une desciption sommaire de donner plus de contour à une forme de mal-être non spécifique par définition. D'autant plus que chacun vit son burn-out d'une façon personnelle, avec le plus souvent l'impression d'être un cas unique... Ce que j'en dis doit donc être considéré plutôt comme un filet de mots et de concepts grâce auquel on pourra peut-être s'en saisir... Voici comment j'en suis venu à m'intéresser au burn-out. Depuis plusieurs années, je m'adresse surtout en tant que communicateur à des personnes qui se recrutent parmi 1% à 3% de la population: leaders d'opinion, agents de changement, entrepreneurs, cadres d'entreprises, commis de l'Etat et intervenants dans divers domaines (tels que l'éducation, l'enseignement, la santé) qui remplissent une fonction d'encadrement et jouent un rôle actif dans la société. C'est à ces personnes que je m'adresse plus spécialement dans mes livres, mes émissions de radio et de télévision, de même que dans les ateliers de croissance et de formation que j'anime à l'occasion. J'ai même parfois le sentiment de poursuivre mes recherches de vulgarisateur pour ces personnes, de digérer des informations, de les adapter et de les commenter pour répondre à leurs besoins. Qui sont aussi du reste les miens. Or, il se trouve que c'est précisément dans ce milieu que le burn-out fait le plus de victimes. Mais je voudrais aussi partager avec vous l'autre raison de mon intérêt pour le burn-out ce qui me permet d'ajouter à mes propos la dimension du témoignage. Je reconnais donc d'ailleurs sans honte! que j'ai moi-même traîné pendant quelques années un burn-out, dont je me sors à peine au moment où j'entreprends ce livre: un mal-être intermittent, comme l'est généralement le burn-out, que je parvenais à contrôler tant bien que mal au point de croire parfois que je m'en étais libéré, mais qui réapparaissait les jours suivants avec son poids d'épuisement et de dégoût, à travers pourtant des moments d'exaltation, je dirais même de sérénité... Curieuse contradiction qui découle du choix que nous avions fait, mon épouse et moi, de nous lancer dans une entreprise exigeante, mais aussi très gratifiante. Car je dois ajouter que mon épouse a elle aussi traversé un burn-out... Nous avons donc cherché ensemble à comprendre ce qui nous arrivait, pour découvrir que le burn-out est difficile à cerner. Contrairement à la dépression, il peut disparaître tout à fait ou presque pendant quelque temps pour revenir au moment où on le croyait vaincu. Sa nature intermittente en fait donc une épreuve qui résiste d'autant mieux à toute intervention superficielle. La conscience de plus en plus aiguë de cet état de mal-être devait à une époque nous inspirer de mettre fin à certaines activités qui nous paraissaient entretenir cet état.. Mais je crois nécessaire de préciser, non pas tant à cause des efforts que ces activités exigeaient, mais plutôt à cause des motivations inconscientes qui avaient inspiré notre orientation, et des attentes surtout inconscientes que nous avions en les entreprenant et que nous entretenions en les poursuivant. Car bien souvent ce ne sont pas les activités elles-mêmes qui sont la cause de cette forme de mal-être, mais plutôt les motivations souvent obscures qui les inspirent et les attentes qui en découlent. L'expérience démontre qu'il faut être particulièrement lucide si on veut débusquer un burn-out. A cause précisément de l'ambivalence des conditions qui le favorisent on tire souvent, en effet, des activités qui sont la cause d'un burn-out ou qui le favorisent, à la fois gratification et frustration. Il faut donc pour s'en libérer prendre d'abord conscience de la nature particulière de cette forme de mal-être. C'est à cet exercice, entrepris et poursuivi pour moi-même, que je vous invite. |
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