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Témoignage

   
Je ne m'autoriserais pas à vous inciter à marcher davantage et à profiter de la marche pour renouer avec la nature, si la nécessité de l'exercice et d'un contact régulier avec la nature n'avait fait à un moment, chez moi, l'objet d'une prise de conscience déterminante qui a transformé ma vie. Il m'aura fallu en venir à une dépression, vers la quarantaine, pour redécouvrir mon corps et la nature... Comme quoi il faut parfois toucher le fond, comme on dit, pour commencer à comprendre.

Cet éveil, à la faveur de ma dépression, je le dois à Madame Languirand, mon épouse, qui le même jour m'a offert deux cadeaux : un Bouddha et un chien. Et depuis maintenant plus de 15 ans, je consacre à peu près autant de temps chaque jour à l'un comme à l'autre, c'est-à-dire aux deux aspects indissociables de moi-même – comme de chacun de nous – qu'ils représentent.

Il n’y a pas une journée où je ne marche dans la nature plus d'une heure avec mon chien. C'est l’engagement que j’ai pris avec lui. J'aime dire parfois que j'use, ces années-ci, mon deuxième chien... Plus d’une heure, donc, et par tous les temps; souvent même deux fois par jour et, une fois la semaine, une longue marche de trois heures en forêt, qui devient l'hiver du ski de randonnée...

La marche, c'est un moment que je m'offre pour me retrouver dans mon corps et pour reprendre contact avec la nature. Les arbres, l’herbe ou la neige. Avec le temps qu'il fait... Et avec moi-même.

Si je devais choisir la plus importante parmi toutes les techniques qui entrent dans la panacée, ce serait la marche.

La marche est l'activité physique fondamentale : le meilleur médicament pour le corps et pour l'esprit. Car la mobilité, c'est la vie.

Hélas! nous ne marchons plus.

On invoque le manque de temps. On trouve la marche fatigante. Ou c'est le temps qui ne convient pas : il fait toujours trop chaud ou trop froid... Il pleut, il neige, il vente... Ou encore, la télévision nous sollicite. Et on remet la marche au lendemain. Car l'être humain est un animal qui peut tout justifier. C'est ainsi que, d'un jour à l'autre, on renonce à la marche. Alors, pour se déculpabiliser, on se dit : pendant les vacances... Ah! Tout ce qu'on va enfin pouvoir faire pendant les vacances!

Et les années passent. Le corps perd de plus en plus de sa mobilité : il s'engourdit, s'ankylose. La sédentarité, c'est la démission, la grande immobilité. Mais l'immobilité, c'est la mort.

La vie sédentaire est une des causes du vieillissement prématuré de l'organisme. La raideur physique est un signe de vieillissement. Elle finira bien par s'imposer un jour ou l'autre; mais l'exercice, justement, permet de ralentir le processus du vieillissement. Toutes les recherches faites sur le vieillissement du corps et de l'esprit le confirment : c'est l’exercice qui permet le mieux d'en ralentir le processus.

Et parmi les exercices : la marche.

   

Jacques Languirand

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