La Voie
du Samouraï
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les neuf principes fondamentaux de Miyamoto Musashi
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TROIS :
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Embrasser tous les arts et non se borner à un seul
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QUATRE :
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Connaître la voie de chaque métier
et non se borner à celui que lon exerce soi-même
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| "Ceux qui veulent connaître ma tactique
doivent obéir aux principes suivants selon lesquels ils peuvent pratiquer la
Voie..." |
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Jai regroupé ces deux principes qui, sauf erreur, se complètent.Dans le
premier, Musashi invite à une certaine polyvalence dans les arts martiaux; à ne pas se
limiter à la pratique dun seul art mais à se familiariser avec tous les autres.
Lexpérience acquise dans la pratique de nombreux arts techniques,
disciplines, etc. contribue à développer des qualités qui seront mises à profit
dans lart technique, discipline, etc. que lon souhaite
maîtriser. Lavantage que représente une telle démarche, non seulement dans les
arts martiaux mais dans tous les domaines, paraît évidente.
Dans le second principe, Musashi va encore plus loin lorsquil invite à ne pas se
borner au métier que lon exerce mais à connaître la voie de chaque métier.
Linsistance que met Musashi à suggérer une expérience élargie, une
connaissance générale puisquil consacre deux principes à cet aspect de la
démarche du guerrier mérite que lon sy attarde. |
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DE LA FORMATION GÉNÉRALE
On comprend que Musashi, sans pour autant négliger la formation spécialisée
puisquil était lui-même un spécialiste, recommande pourtant ce que nous appelons
aujourdhui une formation générale. Cest du moins la première
interprétation qui simpose à moi. |
| Pascal , Pensées (éd. Gallimard). |
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"Il est bien plus beau de savoir
quelque chose de tout que de savoir tout dune chose."
Pascal
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Naisbitt, John;
Les dix commandements de lavenir (Megatrends), (éd.
Primeur). |
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"Le spécialiste, vite dépassé, est en train de disparaître de la scène
économique pour faire place au généraliste qui, lui, sadapte et se
renouvelle."
John Naisbitt
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Je ne pense pas pour autant que lon puisse être contre la spécialisation. Elle
répond aujourdhui à un besoin certain dans notre monde de plus en plus complexe.
On doit souvent faire appel à un savoir spécialisé pour résoudre un grand nombre de
problèmes. En revanche, si on ne veut pas perdre de vue lensemble mais tenir compte
de la complexité des phénomènes auxquels nous devons faire face, la spécialisation
doit nécessairement prendre appui sur une solide formation générale.La formation
spécialisée tend à résoudre les problèmes à partir dun seul point de vue alors
que la formation générale tient compte de lensemble et fait place à la dimension
humaine. Recourant à la systémique, je dirais que la formation spécialisée évoque
analogiquement un système fermé qui par définition néchange ni énergie, ni
matière, ni information avec son environnement; et la formation générale, un système
ouvert, donc en relation avec son environnement. |
Daco, Pierre;
Psychologie et liberté intérieure (éd. Marabout). |
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"On
peut se demander finalement si la véritable intelligence nest pas celle qui
généralise, lintelligence non homogène, non close sur un domaine déterminé.
Lintelligence suppose avant tout la libération de ce qui lempêche de se
manifester plénièrement, lintelligence exige de sortir de toutes les prisons, des
dogmes, des tabous, des coutumes, des opinions. Répétons ici quil ny a pas
dintelligence réelle sans une totale ouverture de lesprit, sans une
curiosité insatiable. Il ny a aucune intelligence qui soit bloquée sur des
opinions établies une fois pour toutes. Lhomme intelligent possède en lui
tellement dopinions diverses quil néprouve plus le moindre besoin de se
fixer sur une opinion, quelle quelle soit."
Pierre Daco
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de la vision et de la gestion
dans lentreprise
À notre époque dominée par léconomique, la spécialisation la plus
recherchée est la gestion, le management. Cette vague qui déferle sur nous depuis
une vingtaine dannées a donné lieu à de nombreuses aberrations. Dans toutes les
sphères dacti-vité on trouve de ces gestionnaires interchangeables, susceptibles
en principe de diriger nimporte quelle entreprise, quel quen soit
lobjet, comme en témoigne un glissement du discours qui va, par exemple,
jusquà parler des bénéficiaires du système hospitalier ou éducatif comme
dune clientèle.
La gestion a pris le pas sur la vision. Certaines grandes institutions publiques sont
dirigées comme le serait une usine de boîtes de conserve... Et je nai rien contre
les boîtes de conserve! Jai pu observer personnellement ce phénomène dans le
monde des médias électroniques, de la télévision en particulier, publi-que aussi bien
que privée. Les contenus des émissions se sont amenuisé au fur et à mesure que
simposait une gestion à court terme et sans culture générale.
Lenvergure découle dune formation générale. Elle permet de situer les
problèmes dans un ensemble et denvisager des stratégies à moyen et à long terme
en fonction dune continuité, tout en tenant compte de la dimension humaine.
Cette observation vaut aussi bien, du reste, pour... une usine de boîtes de conserve!
Cest ainsi que jai trouvé chez plusieurs auteurs de formation et
dorientation diverses une critique sévère de la gestion comme spécialisation et
une réflexion judicieuse sur limportance, pour lentrepreneur, dune
formation générale et dune démarche de généraliste.
Voici deux courts exposés qui vont dans ce sens : |
| Kelley, Robert; La génération de
lexcellence (Éd. Businessman/Albin Michel). Cet ouvrage
prolonge la réflexion entre-prise par Thomas J. Peters et Robert Waterman, Jr. dans La
recherche de lexcellence. |
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- Robert Kelley, auteur de La génération de
lexcellence écrit : "En dépit de toutes les histoires de diplômés de philosophie réduits
à conduire des taxis, certaines compagnies préfèrent engager les titulaires de
diplômes littéraires car des généralistes formés à la logique, à lhistoire et
ayant des aptitudes à la rédaction passent pour être mieux à même de réfléchir
efficacement à leur travail. Les diplômés de lettres se retrouvent de plus en plus dans
les secteurs dactivité économique et on peut affirmer sans risque quils
réussissent très bien dans les secteurs techniques, professionnels, de gestion, ou même
dans la vente, aussi bien dans le secteur privé que dans le secteur public."
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| Getty, Jean-Paul; Comment réussir en affaires
(Éd. Un Monde Différent Ltée) |
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Jean-Paul Getty, considéré comme un des plus grands entrepreneurs de son époque
et aussi comme un des hommes les plus riches, dans son livre Comment réussir en
affaires a fait un véritable réquisitoire contre la spécialisation : "Une
éducation hautement spécialisée, écrit-il, est très bien pour le
spécialiste. Mais, plus vaste est la portée de léducation de lentrepreneur,
plus il est apte à saisir la nature des problèmes quil aura à confronter."
Et plus loin, dans un chapitre quil consacre à la formation de lentrepreneur,
il revient sur cette question : "Malgré linsistance actuelle sur la
spécialisation, la montée de léchelle conduisant aux échelons supérieurs est
plus que jamais basée sur les arts libéraux." Après avoir fait état
dune étude parue dans le magazine Fortune, sur la formation de lentrepreneur,
Getty en rapporte les conclusions qui lui paraissent inéluctables : "Le
cadre supérieur en affaires de lère moderne obtient un niveau plus élevé
dinstruction classique que ses prédécesseurs et cest le cadre le plus
instruit qui est le plus susceptible de sélever le plus haut et le plus vite."
Il déplore même et avec lui de nombreux hommes daction de sa connaissance
la tendance grandissante à favoriser lultra-spécialisation dans la
formation des entrepreneurs : "[...] Je considère comme démoralisante la
tendance croissante vers lultra-spécialisation et vers lorientation à sens
unique des jeunes cadres, spécialement dans leur éducation. Il semble que beaucoup de
jeunes gens consacrent une part déraisonnablement grande de leur vie académique à
létude des disciplines pratiques tout en laissant de côté les sujets
aptes à contribuer à faire deux des humains multi-dimensionnels." Il
poursuit : "Alors que je suis conscient que le jeune cadre aujourdhui
est professionnellement extrêmement bien formé et possède tout le savoir nécessaire
pour bien accomplir sa tâche, je déplore létroitesse de son éducation classique
et de ses intérêts. Je ne puis mempêcher de penser que léducation qui
néglige délargir les horizons de lindividu est une éducation insuffisante.
La négligence des humanités - lesquelles apportent à létudiant des intérêts
culturels et, à tout le moins, une certaine compréhension des gens, du monde et de ses
institutions - ne peut avoir aucun résultat bénéfique." Enfin, Getty termine
en faisant état de deux enquêtes importantes menées à un moment par la Fondation Ford
et la Fondation Carnegie qui recommandent dans leurs conclusions que léducation en
affaires soit solidement basée sur les valeurs classiques.
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| Etchegoyen, Alain; Le Capital-Lettres (Éd.
François Bourin) |
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Depuis
quelques années, les plaidoyers en faveur de la formation générale des entrepreneurs
sont de plus en plus nombreux. Un ouvrage récent, qui sappuie sur de nombreux
témoignages, expose les avantages que représente plus particulièrement une formation
littéraire pour les entreprises. Comme lécrit son auteur, Alain Etchegoyen, dans
Le Capital-Lettres : "Que les jeunes formés aux lettres saisissent leur
chance : ce quils ont accumulé tant dans la forme que dans le contenu
constitue un capital rentable pour les entreprises. Certaines dentre
elles lont déjà compris et ouvrent leurs portes pour mêler littéraires et
ingénieurs. [...] elles ont tout à y gagner." |
| Morin, Edgar; "La pensée écologisée"
IN Le Monde (oct. 1989), puis IN Le monde diplomatique : "La
planète mise à sac" (Manière de voir 8, mai 1990). |
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BUREAUCRATES,
TECHNOCRATES et TECHNOBUREAUCRATES
"Les succès de
la science écologique nous montrent que, contrairement au dogme de
lhyperspécialisation, il existe une connaissance organisationnelle globale, seule
capable darticuler les compétences spécialisées pour comprendre les réalités
complexes."
Edgar Morin
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La déshumanisation de la société actuelle, du système sociopolitique ou
socio-économique, selon le point de vue, apparaît à de nombreux observateurs comme
leffet en grande partie de lhyperspécialisation quentraînent la
bureaucratie, la technocratie. De la techno-bureaucratisation systématique de la
société.Lexercice du dictionnaire est toujours profitable, même lorsquil
sagit dun mot ou dune famille de mots qui nous sont familiers.
Voici ce quon y trouve |
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BUREAUCRATE : "Fonctionnaire, employé
rempli du sentiment de son importance et abusant de son pouvoir sur le public. [...]
Les bureaucrates ont réussi à bureaucratiser le monde (M. Ragon)."
BUREAUCRATIE : "1. Pouvoir politique des bureaux; influence
abusive de ladministration. [...] 2. Lensemble des fonctionnaires considérés
du point de vue de leurs pouvoirs dans lÉtat."
Le mot bureaucratie apparaît vers la fin du XVIIIe siècle. Mais le phénomène
remonte, pour ainsi dire, à la nuit des temps. (Peut-être même est-il inscrit dans nos
gènes!) Plus près de nous, cette forme dorganisation et de commandement
(cratein : commander) a trouvé une justification à son expansion et à son
renforcement dans le modèle mécaniste, hérité de la révolution copernicienne, pour se
développer avec la grande industrie et le taylorisme ou travail à la chaîne. Par les
dates auxquelles les mots dérivés apparaissent dans le dictionnaire, on peut voir que le
phénomène a pris depuis lors de plus en plus dampleur; et que, par ailleurs, tous
les dérivés ont une connotation péjorative... Curieusement, alors que le modèle
mécaniste na plus la même emprise dans la production industrielle, il triomphe de
plus en plus dans ladministration où il imprègne les mentalités, surtout depuis
lavènement de léconomie tertiaire, celle des services.
La bureaucratie se trouve désormais associée à la technocratie.
TECHNOCRATE : "(Souvent péj.) Ministre, haut fonctionnaire
technicien [...], tendant à faire prévaloir les conceptions techniques dun
problème au détriment des conséquences sociales et humaines."
Le technocrate est typiquement lindividu auquel échappe une vue de
lensemble.
TECHNOCRATIE : "Système politique dans lequel les techniciens
[...] ont un pouvoir prédominant (au détriment de la vie politique proprement
dite)."
Les considérations humanistes ne peuvent être que leffet dune
formation et dune vision de généraliste qui permettent de considérer les
problèmes dans leur complexité plutôt que de les ramener à leurs éléments simples en
fonction dun seul point de vue.
En fonction dun seul point de vue me fait penser à
cette réflexion dAbraham Maslow :
"Si le seul outil dont vous disposiez
était un marteau, vous seriez enclin à tout prendre pour un clou!"
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| Einstein, Albert; Comment je
vois le monde (éd. Flammarion). |
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Darth Vader, prototype du
technocrate!
"Il ne suffit pas
dapprendre à lhomme une spécialité. Car il devient ainsi une machine
utilisable mais non une personna-lité. Il importe quil acquière un sentiment, un
sens pratique de ce qui vaut la peine dêtre entrepris, de ce qui est beau, de ce
qui est moralement droit. Sinon il ressemble davantage, avec ses connaissances
professionnelles, à un chien savant quà une créature harmonieusement
développée. Il doit apprendre à comprendre les motivations des hommes, leurs chimères
et leurs angoisses pour déterminer son rôle exact vis-à-vis des proches et de la
communauté."
Albert
Einstein
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| (Lors de ses entretiens pour la télévision
éducative américaine (PBS) avec Bill Moyers. On a aussi tiré un livre de ces
entretiens : The Power of Myth with Bill Moyers (éd.
Doubleday). |
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Telle est aussi lopinion
exprimée par le mythologue Joseph Campbell
Évoquant La guerre des étoiles, trilogie
cinématographique de George Lucas, où saffrontent, comme dans tous les grands
récits mythiques, les forces du mal et les forces du bien, Campbell nhésite pas à
définir Darth Vader, personnage antipathique qui a mis son pouvoir au service des forces
du mal, comme un bureaucrate. Il aurait pu dire un technocrate ou, pour être encore plus
exact, un technobureaucrate... Campbell définit en effet Darth Vader comme un haut
fonctionnaire technicien, un serviteur du système, de la machine monstrueuse
dans le sens de déshumanisée qui semploie à faire de nous des
êtres dépersonnalisés, des producteurs/consommateurs sans âme.
Campbell :
"Les masques effrayants que portent, dans La guerre des étoiles, les gens
au service des forces du mal représentent en fait une force monstrueuse dans le monde
actuel. Lorsque Darth Vader se retrouve sans son masque, on découvre un homme immature,
qui ne sest pas développé en tant quêtre humain. Ce que lon
découvre, cest en fait un visage pour ainsi dire pitoyable.
Moyers :
"Quest-ce que cela signifie pour vous?
Campbell :
"Darth Vader na pas développé son humanité. Il est un robot. Il
est un bureaucrate, qui ne vit pas selon ses valeurs mais selon celles que lui impose le
système. Tel est le défi que nous devons tous relever aujourdhui dans nos vies.
Est-ce que le système va técraser et nier ton humanité ou parviendras-tu à
utiliser le système pour la réalisation dobjectifs humains? Quel rapport
entretiens-tu avec le système, qui tassure que tu ne le serves pas de façon
compulsive? [...] Lattitude à adopter consiste à se définir dans cette période
de lhistoire comme un être humain. [...]"
Moyers :
"En faisant quoi?"
Campbell :
"En demeurant attaché à ses propres idéaux et, comme Luke Skywalker, en
repoussant les exigences impersonnelles du système."
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DE L'INVARIANT COMMUN OU LOI
D'ANALOGIE
La seconde interprétation que me suggèrent ces deux principes de Musashi est moins
évidente. La démarche quil préconise en suggérant de passer dun art à un
autre, dun métier à un autre, me paraît inviter à considérer une loi
fondamentale que lon appelle dans la tradition occidentale linvariant
commun. Il sagit ici de la loi danalogie que lon ne peut saisir que
si, passant dune discipline à une autre, on prend conscience que certaines règles
fondamentales leur sont communes. Cest ainsi par exemple que le rapport (de
deux longueurs, surfaces, etc.) en architecture équivaut à lintervalle (accord
consonant ou dissonant de deux notes) en musique... Encore faut-il pour prendre
conscience de linvariant commun avoir certaines notions de ces deux disciplines. |
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du
choix des synectors
La loi danalogie évoque pour moi, une des règles appliquées par lécole
de créativité appelée Synectics. Cette école, qui a vu le jour à Harvard au
cours de la Seconde Guerre mondiale, après avoir été pendant quelques années au
service de lindustrie militaire, semploie depuis à résoudre divers
problèmes de créativité pour des institutions ou des entreprises, allant de la
conception de systèmes à linvention de nouvelles technologies.
La règle qui mintéresse plus spécialement ici concerne le choix de candidats
à la fonction de synector. Cette fonction consiste à participer aux séances de
travail, et parfois à les animer, au cours desquelles on cherche une solution au
problème soumis par les clients. Ces séances prennent la forme dun brainstorming mot que lon traduit parfois
en français par "remue-méninges". Or, lexpérience a démontré que les
meilleurs candidats donc, aux dires de ces experts en créati-vité, les individus
les plus créateurs se recrutent parmi ceux qui possèdent des connaissances ou des
aptitudes dans au moins deux disciplines différentes, et préférablement trois.
Lexemple qui me vient à lesprit est celui dun des plus grands cerveaux
de notre siècle : Albert Einstein, qui était physicien mais qui avait aussi une
connaissance de la musique, des mathématiques et de la botanique, voire de la chimie, de
la cuisine et même du dressage des chiens! Le fait de posséder des connaissances ou des
aptitudes dans diverses disciplines a pour effet de favoriser le fonctionnement
analogique. |
| Martenot, Maurice; Se relaxer (éd.
Albin Michel). Il sagit ici de son ouvrage portant sur la kinésophie, une forme de
relaxation que je recommande sans réserve. |
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Jai trouvé un bel
exemple du processus analogique chez Maurice Martenot. Ce qui na rien
détonnant... Jugez-en vous-même...
Inventeur des
"ondes Martenot", il était à la fois ingénieur de formation et musicien
autodidacte. Il a fondé au Conservatoire National de Musique de Paris un cours pour la
formation musicale des élèves des classes de danse, suivant les principes
déducation musicale quil avait établis sur des bases psychophysiologiques.
Ces connaissances dans ce domaine complexe lui ont aussi inspiré une méthode de
relaxation, la kinésophie. Martenot a aussi fondé, à une étape de son étonnante
carrière, lÉcole dart Martenot...
"Ondes radio-électriques ou
ondes sonores ont les mêmes caractéristiques quant au phénomène de résonance par
sympathie. Dans le domaine des sons : lorsquun corps sonore (les cordes
dun violon ou celles dun piano) ébranle par ses vibrations les molécules de
lair, tout objet placé dans son voisinage se met lui aussi à vibrer si toutefois
sa vibration propre (sa hauteur de son) est la même que celle émise par le violon ou le
piano. Autre exemple : si, ayant observé la hauteur de son dun verre de
cristal, on chante à proximité un son de même hauteur, la vibration des cordes vocales
transmise par lair est reçue par le verre et alimente son mouvement vibratoire. Les
ondes radio-électriques diffusées dans lespace apportent à nos postes une
parcelle dénergie suffisante pour mettre en action (après amplification) la
membrane du diffuseur. Dans tous ces exemples, il y a transfert dénergie.
Cest par un phénomène identique que la mise en résonance avec les forces de vie
nous apporte lénergie cosmique."
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| Janus (éd. Calmann-Levy). Toutefois,
louvrage auquel Kstler fait référence et qui porte sur la créativité
sintitule Le cri dArchimède (éd. Calmann-Levy). |
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de la bissociation
La spécialisation ne permet guère de faire appel à la créati-vité et encore moins de
la développer. Car ce qui empêche la créativité, cest précisément la façon
habituelle daborder les problèmes. Nous avons tous tendance à nous laisser guider
par les mêmes schèmes de références. Ainsi le veut le principe
du moindre effort. Dans son étude sur la créativité, Arthur Kstler souligne le
rôle que joue dans ce processus la rencontre de deux idées (ou plus), ce que favorise la
familiarité avec plusieurs disciplines. "Jai forgé le terme de
bissociation pour établir une distinction entre la routine de la pensée
disciplinée dans un seul univers du discours sur un seul plan, disais-je et
les types créateurs qui opèrent toujours sur plus dun plan." La familiarité avec diverses disciplines permet en effet de dégager ce qui
entre elles est différent, donc de les mieux cerner lune par rapport à
lautre, et ce qui est semblable : linvariant commun.
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Les
principes de Musashi
1 - Éviter toutes pensées
perverses
2 - Se forger dans la voie en pratiquant
soi-même
3 - Embrasser tous les arts
4 - Connaître la voie de chaque métier
5 - Distinguer les avantages et les
inconvénients
6- Shabituer au jugement intuitif
7 - Connaître dinstinct ce que
lon ne voit pas
8 - Prêter attention au moindre détail
9 - Ne rien faire dinutile
"Sur
le chemin le plus long on avance pas à pas. Réfléchissez-y sans vous hâter. Prenez la
pratique de ces règles pour fonction de samouraï. [...]
"Forgez-vous
par létude de mille jours et polissez-vous par létude de dix mille jours. Il
faut bien y réfléchir."
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