les neuf principes fondamentaux de Miyamoto Musashi |
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HUIT : |
Prêter attention au moindre détail |
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| "Ceux qui veulent connaître ma tactique doivent obéir aux principes suivants selon lesquels ils peuvent pratiquer la Voie..." | Contrairement à ce que lon pourrait penser au premier abord, lattention au moindre détail, que suggère Musashi, suppose quil faut avoir une vue densemble et non pas sattacher à chaque détail en particulier. Cest ce qui ressort de la distinction quil fait dans son traité entre voir et regarder : "Entre voir et regarder, voir est plus important que regarder."
Musashi précise : "Ce qui est important, cest que dans cette Voie, on ne peut devenir expert en la tactique sans avoir une vue directe et vaste... [...] La position doit permettre de voir largement et vastement. Entre voir et regarder, voir est plus important que regarder. Lessentiel dans la tactique est de voir ce qui est éloigné comme si cétait proche et de voir ce qui est proche comme si cétait éloigné. Limportant dans la tactique est de connaître le sabre de ladversaire, mais de ne pas regarder du tout ce sabre adverse. Méditez bien là-dessus. Cette position des yeux convient aussi bien dans la tactique du simple duel que dans une bataille." |
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Méditer en marchantLes recherches sur la perception sensorielle, que jai poursuivies à lépoque où jétais professeur en communication à lUniversité McGill, mont amené à concevoir une technique de méditation qui repose précisément sur la différence entre voir (lensemble) et regarder (un point en particulier). Cette technique consiste simplement à sentraîner à voir plutôt quà regarder (comme le suggère Musashi, que jai découvert beaucoup plus tard). Mais il sagit dans cette pratique de maîtriser non pas la vue qui assure toujours à la fois les deux fonctions : voir et regarder mais lattention. Autrement dit, pour employer le langage de la physiologie, de dissocier lattention de la vision restreinte assurée par la fovea centralis (et, relativement, par la macula oblongata) pour linvestir dans le champ visuel élargi que propose la vision périphérique. Je devais trouver chez Musashi la confirmation de cette pratique : "Le premier point est de savoir regarder de côté sans bouger les pupilles." Ce qui revient à investir lattention dans le champ visuel élargi que propose la vision périphérique. Afin de bien saisir la différence entre voir et regarder, il faut en faire soi-même lexpérience. Je vous suggère donc de constater :
Telle est, en somme, la différence entre voir la vision élargie; et regarder la vision restreinte. Telle est aussi, en ce qui concerne lexpérience visuelle, la différence entre lattention passive (voir) et lattention active (regarder). Cest sur cette pratique que repose la méditation en marchant : sur le fait délargir le champ de lattention en fonction de la vision périphérique de façon à voir plutôt quà regarder. Chaque fois que jélargis le champ de lattention, passant ainsi de lattention active à lattention passive, je constate :
Élargir le champ de lattention en fonction de la vision périphérique, autrement dit voir au lieu de regarder, représente donc, à toutes fins utiles, une technique de méditation. Cette technique de méditation, que jassocie plus spécialement à la marche, trouve aussi à sappliquer dans de nombreux domaines, notamment dans certains sports. Chaque fois que lon étend lattention à la vision périphérique, non seulement on a une vue densemble mais on exerce une maîtrise sur le mental. Le bavardage (du moi no 1 de Gallwey) se trouve alors suspendu. Cette pratique exige un entraînement. Comme le souligne Musashi : "Cette position ne peut être acquise dun seul coup dans les moments durgence. Donc, ayez bien en tête tout ce que jai écrit jusquici, gardez bien cette position des yeux dans la vie quotidienne et en toutes occasions ne modifiez pas la position de vos yeux." |
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| Lil américain (éd.
Boréal).
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Avoir lil américain...Dans le court essai que jai consacré à cette technique de méditation, jai souligné que lon trouve aussi cette pratique dans la tradition amérindienne. Je devais en avoir la confirmation dans louvrage de Pierre Morency, ouvrage qui réunit les textes de ses entretiens radiophoniques, à la radio FM de Radio-Canada, sur la nature du Nouveau Monde : "Ce premier soir du vrai printemps nous avait, mon voisin et moi, sortis de nos logis, comme tant dautres du quartier qui processionnaient, en souliers légers, tête nue. Lair était grisant; voitures et motos se déchaînaient. Les promeneurs qui nous frôlaient devaient bien se demander ce qui nous tenait ainsi dans lextase, mais personne ne sest arrêté, personne na tendu loreille vers cette plénitude qui montait en musique du fond dun petit jardin clôturé. Personne non plus na levé la tête vers le ciel où criaient, bien en vue, deux engoulevents en chasse. En fait, dit mon voisin, il faudrait avoir des yeux et des oreilles tout le tour de la tête! Cela sappelle : avoir lil américain... "Cette locution, qui na pas fait souche au Québec, même chez les lettrés, est entrée dans la langue française au moment où nos cousins des vieux pays se sont pris dengouement pour la vie des Indiens à travers les romans de Fenimore Cooper. Les Amérindiens nont-ils pas la réputation, à cause de leur vie libre et de leurs habitudes forestières, davoir les sens si aiguisés quils peuvent apercevoir sans détourner la tête aussi bien ce qui se passe à droite et à gauche que ce qui se présente devant eux? Avoir lil américain, nest-ce pas également se pourvoir de laptitude à entendre ce que nous écoutons, à voir ce qui est derrière quand on regarde devant? Cest en tout cas le sens que je prêtais à cette formule quand je lai choisie, il y a quelques années, pour servir de titre à une série dentretiens radiophoniques où je prenais plaisir à conduire mes auditeurs dans la nature du Nouveau Monde." |
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Les principes de Musashi 1 - Éviter toutes pensées
perverses
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