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L'homme
cosmique
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L'homme cosmique représente une étape de l'évolution. Nous ne sommes pas
encore parvenus à cette étape. Elle se trouve quelque part dans le devenir de l'homme.
Car, l'homme est fait pour devenir.
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une étape de l'évolution
Avant de parvenir à cette étape, nous devons achever celle dans laquelle nous sommes
engagés dont l'aboutissement est l'homo sapiens.
L'homme tel qu'il est aujourd'hui représente, dans le système de référence actuel,
ce qu'il y a de plus évolué. Mais cette forme de vie que nous sommes poursuit sa
transformation, puisqu'il n'y a de permanent que la transformation. Tels que nous sommes
aujourd'hui, nous sommes à un moment d'une longue évolution : un maillon d'une
longue chaîne dont l'origine se perd - comme on dit - dans la nuit des temps, et dont l'aboutissement est sans doute de
l'ordre de l'infini : depuis la molécule originelle, réelle ou mythique, jusqu'à
un être que je n'arriverais pas à concevoir si je le voulais et qui, du reste, sera
lui-même en devenir...
À un moment de l'évolution, la participation au processus est inconsciente : les
végétaux, les animaux ne sont pas conscients de participer à un processus d'évolution;
et bien peu d'humains le sont, il faut bien le dire. L'homme cosmique participerait du
même processus, mais sa participation serait consciente. Elle serait aussi, non plus
passive comme la nôtre, mais active : c'est-à-dire qu'il ne serait pas seulement
comme nous le sommes, agis par le processus, mais qu'il pourrait aussi agir sur le
processus - intervenir dans l'évolution. Non pas, ici,
sur le plan génétique de la mécanique de l'évolution, mais plutôt sur le plan de la
conscience. |
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les civilisations technologiques
À une étape de leur évolution, les civilisations débouchent sur un
savoir qui rend possible leur autodestruction. C'est précisément à
cette étape que nous sommes parvenus. C'est une épreuve : ou bien
l'homme franchit cette étape et il crée alors une civilisation d'un niveau
de conscience plus élevé; ou bien il régresse à un stade antérieur pour
éventuellement tenter à nouveau de franchir cette étape décisive.
Franchir cette étape suppose, entre autres choses, qu'il exerce une domination
sur ce qui, en lui, participe de l'instinct : ce qui procède du vieux
cerveau, le paléo-cortex - qu'il exerce,
par exemple, une domination sur son agressivité; cela suppose aussi qu'il
prenne en charge son environnement : au cours des quatre derniers
millénaires, il s'est employé à dominer la nature, il en a fait la conquête
comme si elle était son pire ennemi, alors qu'il participe lui-même de
la nature, qu'il en dépend pour survivre. Désormais, il devra plutôt la
prendre en charge, car il devient responsable de la vie minérale, végétale,
animale et humaine sur cette planète -
ce qui suppose qu'il se prenne d'abord en charge lui-même, qu'il devienne
responsable de sa propre vie.
L'homme cosmique participe consciemment à l'évolution. Il n'est plus
seulement entraîné par le programme, mais il intervient au niveau même
de l'évolution. Tout se passe comme si le programme avait prévu qu'à une
étape, l'être en saurait suffisamment sur lui-même et sur les lois de
l'univers, pour non seulement participer consciemment de l'évolution,
mais aussi intervenir; se prendre en charge, et, avec lui, l'environnement,
ralentissant ou accélérant au besoin le processus, agissant au niveau
même de la transformation de l'énergie vers de plus en plus de conscience.
Si nous parvenons à dépasser cette crise de civilisation, nous serons
par le fait même parvenus à un niveau de conscience plus élevé.
L'homme cosmique, c'est
l'étape où l'être, parvenu à un niveau de conscience plus élevé, est en mesure de
prendre le contrôle de son évolution.
Il devient alors l'égal des dieux.
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la technologie : facteurs d'évolution
Certains facteurs de changement permettent de penser que nous sommes
peut-être à la veille de franchir une étape de notre évolution. Parmi
ces facteurs, j'en retiens un, qui me paraît jouer un rôle déterminant :
la nouvelle technologie.
Nous parlons ici de l'évolution.
En termes d'évolution, "à la
veille" c'est peut-être l'affaire de quelques générations, d'un siècle, de
plusieurs millénaires. Il n'existe aucune échelle qui permette de le déterminer. Mais
c'est peut-être aussi en train de se faire.
Comme on ne sait pas non plus comment, au juste,
ça va se passer - la naissance de l'homme cosmique - il est difficile de dire
où nous en sommes : Est-ce que, tout à coup, des êtres vont voir le jour avec un
niveau de conscience plus élevé que le nôtre?
Est-ce qu'il s'agit plutôt d'un phénomène
individuel - que chacun doit élever son propre niveau de conscience - dans
l'espoir que parmi les suivants il s'en trouve qui n'aient pas à partir d'aussi bas...?
Il existe une interaction entre l'homme et
l'environnement. L'homme crée en partie son environnement qui, à son tour, le façonne.
Il existe plus particulièrement une interaction entre l'homme et l'outil qui le prolonge.
L'homme est un animal qui se prolonge dans ses outils. Qui prolongent ses
membres. Qui prolongent ses sens.
La roue prolonge le pied - l'action de
marcher, de se déplacer; le marteau prolonge le poing -
l'action de frapper; la grue, la pelle mécanique, pour prendre des exemples d'outils de
l'ère industrielle, prolongent le bras et la main qui ramasse... Dans le cas du
téléphone, il s'agit du prolongement d'un sens : l'ouie et de la faculté de
communiquer par la parole.
Les technologies ont toujours agi sur le processus d'évolution de
l'humanité. Et plus la technologie est avancée, plus cette action est
considérable : avec la vapeur, par exemple, c'est l'énergie musculaire qu'on
prolongeait. Et la vapeur a eu pour effet de créer la société industrielle.
Plus on avance, plus il devient difficile de définir la nature du
prolongement : dans le cas du marteau, c'est simple; mais dans le cas, par exemple,
de la télévision, c'est beaucoup plus complexe : la télévision prolonge deux
sens : la vue et l'ouie. Mais ce que prolonge la télévision, c'est plus
précisément l'expérience auditive ou visuelle. Les enfants qui ont grandi avec la
télévision ont effectivement une expérience auditive et visuelle supérieure à celle
qu'auraient plusieurs vieillards ensemble.
Il s'agit, bien sûr, d'une expérience vicariale : non pas d'une
expérience directe, mais d'une expérience qui passe par un intermédiaire. Avant l'âge
de 10 ans, un enfant a une expérience vicariale de la vie sur l'ensemble de la planète
et même au-delà : il a aussi assisté à plusieurs milliers de meurtres... On ne
sait pas l'effet à long terme de cette technologie.
On ne sait pas non plus l'effet à long terme que produira sur la
société et sur les individus l'ordinateur - qui est le
prolongement d'une partie du cerveau. Pas plus qu'on ne sait l'effet à long terme de
l'électromagnétisme, plus simplement l'électricité -
qui est la technologie de l'instantanéité et de la simultanéité - et, en particulier de l'électronique. L'énergie qui se trouve ici
prolongée n'est pas celle des muscles, comme dans le cas de la vapeur; ce qui se trouve
prolongé, en fait, c'est tout le système nerveux, c'est le processus d'acquisition, de
stockage, de transformation et de transmission de l'information...
On parle aujourd'hui de la révolution de la télématique - fusion des médias, en particulier de la télévision et de
l'informatique. Ce qui se trouve prolongé, c'est le processus même de la pensée; d'une
certaine façon, le processus même de la conscience.
La nouvelle technologie, comme le croient certains chercheurs, pourrait
bien être un facteur mutagène : elle pourrait avoir pour effet d'accélérer
le processus d'évolution et peut-être même de provoquer, de contribuer à provoquer, la
naissance de l'homme cosmique. |
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évolution de notre conception de l'univers
Depuis des millénaires, notre conception de l'univers et de la place de
l'homme dans l'univers va s'élargissant. Il n'y a pas si longtemps, l'homme croyait être
au centre de l'univers : on était géocentrique. Dans notre conception de
l'univers, on imaginait la Terre au centre, avec le Soleil, la Lune et les planètes qui
tournaient autour.
Curieusement, toutefois, certains penseurs de
toutes les époques n'ont jamais accepté une telle vision de l'univers: une pensée qui a
vécu comme elle a pu - transmise dans le plus grand secret - a véhiculé
certaines informations à travers des époques qui n'auraient pas pu les accepter.
PYTHAGORE, par exemple, le grand philosophe grec, enseignait à ses disciples que la Terre
était ronde, qu'elle tournait sur elle-même et autour du Soleil... Ce qui donne du poids
à la croyance que des civilisations avancées auraient autrefois existé sur cette
planète, pour disparaître un jour - puisque "les civilisations sont
mortelles" (Paul VALERY) - laissant à quelques initiés le soin de
transmettre un savoir secret, une connaissance même, dont des bribes seulement seraient
parvenues jusqu'à nous.
À une étape ultérieure, on est devenu héliocentrique.
Dans cette conception de l'univers, on imaginait le Soleil au centre autour duquel
tournaient les planètes et leurs satellites.
À chaque étape, la nouvelle conception de l'univers englobe la
précédente. C'est ainsi qu'on a découvert - ou plutôt
sans doute redécouvert - d'autres systèmes comme le
nôtre : quelques-uns, puis des milliers, des millions, voire même des milliards
contenus dans ce qu'on appelle une galaxie; puis, plus récemment, d'autres
galaxies : encore une fois des milliers, des millions, des milliards...
L'AVENTURE DE L'HOMME EST COSMIQUE
C'est ainsi qu'on voit, ou plutôt qu'on voyait l'univers... Car on parle
maintenant de plusieurs univers. Combien? Des milliers, des millions, des milliards
peut-être? On a fait beaucoup de chemin depuis l'époque où la Terre nous paraissait au
centre du monde... Mais, en un sens, pas tellement...
Notre savoir s'est étendu, il est vrai, mais notre attitude n'a pas
tellement changé : notre aventure est cosmique, nous le savons maintenant, mais
notre conscience demeure géocentrique. C'est sans doute dans notre nature, du moins à
cette étape-ci de l'évolution. Il y a un décalage considérable entre notre savoir et
notre conscience. Et c'est précisément une des raisons de penser que nous serions à la
veille de franchir une étape de notre évolution. À la veille peut-être de la naissance
de l'homme cosmique.
Nous sommes devenus plus modestes, c'est un bon signe : le signe, en
effet, que nous sommes d'un niveau de conscience plus élevé. Maintenant, il y a l'homme
sur la Terre, dans un système parmi d'autres systèmes, dans une galaxie parmi d'autres
galaxies, dans un univers parmi sans doute d'autres univers...
Il était inévitable de se poser la question : serions-nous la seule
forme de vie consciente dans cette structure des structures? Sommes-nous un accident?
Sommes-nous un phénomène isolé? Sommes-nous seuls?
La réponse est fulgurante : selon les scientifiques, il existe dans
notre seule galaxie une probabilité de plusieurs milliards de planètes sur lesquelles la
vie a pu se développer et même plusieurs formes de vie consciente. Dans cette
hypothèse, certaines de ces civilisations seraient moins avancées que la nôtre;
d'autres, au contraire le seraient davantage...
Les civilisations plus évoluées que la nôtre auraient donc, à un
moment, traversé une crise comparable à celle que nous traversons présentement et elles
auraient survécu; autrement dit, elles seraient d'un niveau de conscience plus élevé
que le nôtre; elles auraient atteint le stade de l'homme cosmique. |
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l'espace intérieur
Edgar MITCHELL, chef de l'expédition Apollo
XIV, a été le sixième homme à marcher sur la lune.
Cette aventure spatiale a eu sur MITCHELL un
effet inattendu, du moins du point de vue de la science objective : il est passé,
comme il le dit lui-même, de l'exploration de l'espace extérieur à celle de l'espace
intérieur : l'expérience de l'espace devait devenir une véritable expérience
initiatique, au sens où l'entend la mystique : pendant un moment, le voile s'est
entrouvert.
"C'était clair et net :
l'univers avait une signification et une direction. Ce n'était pas perceptible par les
organes des sens, mais c'était cependant présent, une dimension invisible derrière la
création visible qui lui donne un dessein intelligent et apporte un sens à la vie."
"L'humanité doit s'élever de
l'homme au genre humain, du personnel au transpersonnel, de la conscience de soi à la
conscience cosmique."
Autrement dit, l'homme cosmique a une
conception pratiquement infinie de l'univers, qu'il le considère de l'extérieur ou de
l'intérieur - auquel il participe en pleine conscience.
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| Dr
Fritjof CAPRA, Le tao de la physique (Robert Laffont). |
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science / mystique
Les propos de l'astronaute Mitchell sont loin de l'idée qu'on se fait
généralement des propos d'un scientifique...
C'est que la pensée scientifique n'est plus matérialiste au sens où on
l'entendait au début du siècle.
"Dans
la physique classique, il y avait cette notion que les objets sont faits de substance
matérielle. Mais lorsqu'on grossit ces objets, lorsqu'on cherche à savoir de quoi ils
sont faits, on découvre qu'ils sont faits d'atomes et les atomes, de particules. Mais ces
particules, elles, ne sont pas constituées d'une substance qui soit matérielle. Ce sont
comme des amas d'énergie."
Dr Fritjof Capra
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Selon le modèle que propose la physique moderne, on ne peut séparer de l'ensemble aucun
élément sans le détruire. Ce qui paraît évident lorsqu'il s'agit de l'homme, qu'on ne
peut séparer de son environnement sans le détruire. Mais la physique moderne a
démontré que cette interdépendance des éléments d'un système entre eux, et de chaque
élément par rapport à l'ensemble, est vraie non seulement des organismes vivants mais
aussi de ce que nous appelons la matière inorganique.
La pensée officielle, en particulier celle qui découle des sciences
humaines, est loin derrière la pensée scientifique. Nous continuons de vivre comme
avant; la conception qu'on se fait de l'homme continue d'être réductionniste : il
s'agit toujours de réduire l'homme aux dimensions de diverses grilles et, chaque fois
qu'il cherche à s'en libérer, de le ramener à l'intérieur de l'une ou de l'autre de
ces grilles. C'est ainsi que, selon la grille utilisée, l'homme n'est que, par exemple,
l'effet du hasard et de la nécessité, de l'économie et de la lutte des classes, de la
libido, du conditionnement...
La nouvelle pensée scientifique n'a eu jusqu'ici, il faut bien le dire,
qu'une influence secondaire sur la pensée officielle. Mais c'est toujours dans la marge
que commencent tous les mouvements : depuis que nous savons que "l'univers,
pour reprendre la formule du physicien Fritjof CAPRA, est un processus de
transformation qui agit selon des patterns, mais sans aucune substance matérielle",
nous avons amorcé le mouvement vers l'homme cosmique. |
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être plus, au plan individuel
Nous sommes dans une société dominée par l'avoir. On admet
l'existence d'une hiérarchie basée sur l'avoir : celui qui a davantage - d'argent, de pouvoir, de territoire -
occupe une place plus élevée dans l'échelle. L'idée qu'il puisse exister une
hiérarchie basée sur l'être nous effleure à peine : l'idée que certains
individus sont moins que d'autres, que certains sont plus, nous paraît
même choquante, car nous tenons les hommes pour égaux en être.
Être procède de la conscience. Il y a des gens très simples qui
ont un niveau de conscience très élevé. Le niveau de conscience n'est pas le même pour
tous; le niveau de conscience se trouve dans la participation de l'individu à la
Conscience universelle.
Telle est du moins la jauge que nous propose la pensée
traditionnelle : le degré de participation de l'individu à la Conscience
universelle détermine sa place dans la hiérarchie basée sur l'être : on peut donc
s'élever dans cette hiérarchie en élevant son niveau de conscience.
L'homme cosmique représente une étape plus élevée de l'évolution, non
pas par son avoir - le fait qu'il aurait plus d'argent,
plus de pouvoir, plus de territoire - mais par son être,
par le fait qu'il aurait un niveau de conscience plus élevé.
Puis-je atteindre cette étape de notre évolution maintenant? Puis-je
devenir l'homme cosmique maintenant? C'est la grande question.
Maintenant? C'est peu probable. En revanche, il est possible d'élever
petit à petit son niveau de conscience. C'est du reste ce que nous faisons tous
présentement. Sans quoi, la vie n'aurait aucun sens.
Mais il est possible d'accélérer ce processus. Dans une certaine mesure.
Par ce qu'on appelle le travail sur soi : la conscientisation, l'étude...
De même que par certaines techniques : par exemple, la
relaxation / concentration. |
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être plus, au plan collectif
"En
n'importe quel domaine, qu'il s'agisse des cellules d'un corps, ou des membres d'une
société ou des éléments d'une synthèse spirituelle - l'union différencie. Les
parties se perfectionnent et s'achèvent dans tout un ensemble organisé."
Teilhard de Chardin, Le Phénomène humain.
Le processus d'évolution dont il s'agit ici, à propos
de la naissance éventuelle de l'homme cosmique, concerne l'espèce : il s'agit,
surtout, d'un processus collectif.
À un moment, nous devons franchir une étape, comparable à celle de
l'éveil de la conscience.
Si nous connaissions les facteurs qui ont entraîné l'éveil de la
conscience, peut-être pourrions-nous savoir quels sont les facteurs qui provoqueront
éventuellement l'éveil du surconscient, autrement dit, la naissance de l'homme cosmique.
Sur les facteurs qui ont suscité / provoqué l'éveil de la
conscience, les avis sont partagés : certains croient qu'une modification profonde
de l'environnement a pu être un facteur déterminant; d'autres, que les outils ont joué
un rôle important : le rapport, en particulier, entre la main, prolongée par les
outils, et le cerveau; d'autres parlent de l'émergence de nouveaux besoins, comme de se
déplacer à travers des continents et de chasser; d'autres proposent même comme
explication l'intervention d'extra-terrestres venus provoquer cet éveil de la
conscience... Et qui, peut-être, reviendront provoquer l'éveil de la surconscience.
Cette hypothèse est messianique : on attend le Messie - une intervention de l'extérieur.
Pour Richard LEAKEY, anthropologue de grande réputation, ce qui aurait
entraîné l'éveil de la conscience à une étape de l'évolution, le facteur
déterminant, aurait été la générosité : "Non pas l'intelligence,
précise-t-il dans People of the Lake, mais d'abord la générosité",
"C'est-à-dire le partage. Non pas la chasse ou la cueillette, mais l'obligation
de partager".
Nous sommes devenus humains - autrement
dit, notre conscience s'est éveillée - parce que nos
ancêtres ont appris à partager leur nourriture et à échanger leurs services,
constituant ainsi, petit à petit, ce que LEAKEY appelle un véritable réseau
d'obligations.
Quoi qu'on en dise, il existe aujourd'hui une solidarité humaine plus
dynamique qu'autrefois. Elle s'exprime surtout à travers les institutions que la
démocratie a inspirées. C'est un édifice fragile... Mais on parle de conscience
planétaire. On en est loin sans doute, mais on en parle.
Teilhard de CHARDIN voyait dans l'entraide sociale une des voies par
lesquelles l'humanité devient collectivement moins égoïste et tend vers ce qu'il
appelait le point oméga, qui est l'aboutissement de l'évolution, le point où la
conscience épurée de l'humanité ira un jour, selon sa vue, se fondre dans l'éternel.
Nous serions parvenus à l'étape de la convergence où les races, les
peuples et les nations se consolident, et s'achèvent par interaction. -
À la veille de franchir une étape importante de notre évolution, de nous éveiller à
la conscience cosmique, de devenir l'homme cosmique. |
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