Saison
1999-2000
  Émission du lundi 14 février 2000
   

Schulz et Peanuts quittent la scène ensemble



Site officiel
de Schulz

(en anglais
seulement)

 

 

Schulz
1987, United
Feature
Syndicate, Inc.

 


Après 50 ans de parution régulière dans le monde entier, hier, paraissait pour la dernière fois la bande dessinée de Schulz " Peanuts ", célèbre avec Charlie Brown et le chien Snoopy.

Comme tout le monde l’a signalé, et je ne peux pas résister à la tentation de le faire tellement je trouve ça curieux, bizarre et intéressant : c’est aussi le jour où Charles Schulz est décédé.

Est-ce que vous avez fait le rapprochement avec Stanley Kubrick? On se rappellera qu’il a terminé dans la soirée le montage de son film Eyes Wide Shut et qu’il est décédé durant la nuit. C’est pourquoi j’ai décidé que jamais plus je ne terminerais quoi que ce soit…

J’ai découvert à travers les articles qui sont parus récemment concernant ce personnage fort sympathique de Schulz, Peanuts, une petite bande dessinée pour la Saint-Valentin : Charlie Brown arrive devant la boîte des casiers postaux, comme on en trouve encore à la campagne, et on voit que le chien Snoopy s’est installé dans le casier. Alors Charlie lui dit : " Sors de là! " Un fois que Snoppy est descendu, Charlie Brown poursuit : " Comment penses-tu qu’on va pouvoir recevoir toutes nos cartes de Saint-Valentin, si tu te tiens dans la boîte? " Puis, une fois Snoopy parti, Charlie Brown monte se coucher dans la boîte. [rires]

 

   


     
   

La Saint-Valentin


 Saint-Valentin
et l’art de la
drague
 

 

 


Vous savez qu’il y a plusieurs versions de cette histoire dépendant de l’époque à laquelle on la fait remonter. À un moment donné, il y a eu un évêque italien qui laissait les amoureux se promener dans son jardin en ce temps-ci de l’année – comme ça se passait dans le Sud de l’Italie, évidemment, le temps était plus clément que chez nous. Mais cette fête des amoureux remonterait à encore plus loin, à la plus haute Antiquité.
   


     
   

Le Musée des émotions présente l’amour kitsch


D'après :
BASSINDALE,
Catherine.
" Une musée
parfumé à l'odeur
de l'amour,

Courrier
International
,
N° 484, 10-
16 février 2000.
 

 

Pour l’occasion, j’avais envie de vous parler du Musée des émotions qui ouvre justement ses portes à Londres aujourd’hui même et qui propose d’explorer les émotions à travers une série d’expositions interactives – avec les émotions, les thèmes sont nombreux – afin d’éveiller l’amour, la haine, l’envie, la joie, la tristesse, le désir et la surprise. Peut-être qu’on pourra emprunter cette exposition pour le Musée Juste pour rire...

Dans un article de la publication londonienne Independant on Sunday que reprenait le Courrier International, on précise que, pour l’inauguration du Museum of Emotions, " 15 couples joueront simultanément la scène du balcon de Roméo et Juliette depuis la Tour d’Oxo, voisine [du Musée]. On dit aussi que " les visiteurs pourront ensuite accéder au Musée par un couloir fuchsia, au son de battements de cœur ". Et c’est là que je voulais en venir…

En effet, les rapports amoureux se trouvent très souvent associés à ce qu’il y a de plus kitsch au monde. Si vous n’avez pas encore remarqué ce fait, attendez de voir ce qu’ils ont préparé dans ce ton-là.

" En entrant dans cet entrepôt reconverti, poursuit l'auteure de l'article en question, Catherine Bassindale, on pénètre d’emblée dans la salle de l’Amour, fantaisie kitsch en rouge et rose avec des abat-jour à plumes retombant jusqu’au sol. Le juke-box passe en boucle Love me tender et autres grands tubes romantiques. Les murs sont recouverts d’inscriptions rose bonbon qui rappellent que ‘ les sentiments sont partout : manipulez avec précaution ’.

" Si vous vous êtes jamais demandé à quoi ressemble l’odeur de l’amour,
poursuit l'auteure,
reniflez donc les échantillons d’effluves de vin,
de drap frais, de bébés et de mer.
 –
J’ai craint le pire mais ils s’en sont tenus au vin, au drap frais, au bébé et à la mer…

" Après quoi, vous serez invité à coucher sur le Livre d’or vos cogitations sur le sujet. Au sommet des escaliers flotte une odeur d’herbe fraîchement coupée qui vous attire vers l’immense salle Il était une fois. L’espace est peuplé de 800 bouteilles contenant chacune une seule fleur ", etc.

On a aussi prévu un épisode coquin : " Nous traversons un rideau de perles pour pénétrer dans l’éclairage tamisé de la salle des Mots de l’amour, emplie d’un léger parfum de chocolat – parce que le chocolat provoque une sécrétion chez l’être humain qui, relativement, s’apparente à celle qui est sécrétée au moment où l’on est, justement, coquin – et qui a déjà été surnommée salle de la Luxure. "

On dit qu'il y a une bande-son très importante qui mêle " toutes sortes de cris et chuchotements " : des gémissements orgasmiques, des soupirs et des voix de couples qui se parlent. " ‘ L’idée est de donner à entendre les mots qu’on prononce et les sons qu’on émet quand on parle d’amour et de plaisir ’ ", explique l'ingénieur du son. Il parle aussi " des banalités qu’on peut sortir quand on est amoureux, qu’on se laisse emporter par ses sentiments et qu’on a envie de promettre monts et merveilles ".

" Quelles réactions attendent-ils du public? ", demande-t-on. L'ingénieur répond : " Je ne pense pas que ça excitera beaucoup les gens. Ça risque plutôt de les gêner et de les mettre mal à l’aise. " [rires]

Il y a encore les autres émotions, comme la peur. " Dans la salle de la Peur, écrit-on, les visiteurs sont terrorisés par les cris perçants de rats, les flic flac d’une fuite d’eau et, cerise sur le gâteau, par le bruit de la fraise chez le dentiste. "

En tout cas, il y a de fortes chances pour qu’on se sente plus heureux, sexy et émoustillé en sortant. Mais ça c’est comme l’amour pour vrai, tout comme pour les auberges espagnoles : ça dépend de ce qu’on y apporte.

   


     
    L’Amour qui rend TOC…
ou le Trouble obsessionnel compulsif

D'après :
PERSIDAT, Marie.
" La maladie d'amour ",
Science et Vie,

N° 988,
janvier 2000.
 

La Saint-Valentin me paraît le jour rêvé pour vous parler de la maladie d’amour. L’amour c’est quoi au juste? C’est une pulsion évolutive qui vise à la fécondation… C'est peut-être pour que ça " continusse "… Cependant, plus elle creuse la question, plus la science nous donne l’impression qu’on déraille. Plus exactement, une équipe de psychiatres italiens (ça prend des Italiens pour nous parler de l’amour…) a tenté de comprendre les transports amoureux en mesurant le taux de certains marqueurs biologiques. Savez-vous à quoi ça les a menés? Eh bien, à associer l’amour à des troubles psychologiques. [rires]

 


La maladie
d’amour est bien
une maladie!

 

Ne vous laissez pas décourager par des propos qui peuvent paraître asséchants… Il s’agissait d’explorer le comportement amoureux, mais d’un point de vue scientifique. L’amour n’a jamais connu de loi, dit la chanson célèbre. Mais il semblerait, au contraire, qu’il fonctionne selon des processus biologiques et non seulement romantiques. C’est l’idée qui a émergé de la recherche menée par ce groupe de psychiatres de l’Université de Pise en Italie – là où la Tour penche…

   



Tour de Pise

Je ne sais pas s’il faut y voir
une publicité coquine
pour
le Viagra, du genre :

Il vous suffit de prendre
l a petite pilule bleue
pour redresser la tour…

[rires]

   
Toujours est-il qu’on a décidé de sortir des sentiers battus du romantisme pour fouler le territoire de la psychiatrie.
Le résultat de cette recherche a d’abord paru dans Psychological Medecine.
   


Dans cette recherche scientifique, on associe la passion amoureuse naissante (naissante, je dis bien) à un trouble obsessionnel compulsif, ce qu’ils appellent le TOC. C’est, selon l'auteure d'un article paru récemment dans
Science et Vie, " une comparaison qui porte autant sur les symptômes courants relatifs à ces deux états que sur les mécanismes chimiques du cerveau qui les sous-tendent ", explique Marie Persidat, dans " La maladie d'amour ". Donc, la maladie d’amour est bien une maladie.

" Les êtres tombés amoureux depuis peu
semblent adopter un comportement et un mode de pensée
très proche de ceux des patients atteints de TOC
(troubles obsessionnels compulsifs). "

Quand les premiers ne font que penser à l’être aimé, les seconds sont assaillis par une idée récurrente, qui les pousse à se laver les mains ou encore à vérifier, à longueur de journée, que la lumière est éteinte. "

L’amoureux, lui, se dit sans cesse :
Qu’est-ce qu’elle fait? Je vais l’appeler.
Ah non, elle n’est pas près de son appareil téléphonique,
etc.

   

Il y a un certain fondement scientifique à cette formule-là, explique-t-on, car " il s’agit d’une obsession ‘ sous forme d’un phénomène intrusif qui entraîne une pensée automatique à laquelle le sujet donne de l’importance ’, explique Elie Hantouche, psychiatre spécialisé dans les troubles de l'humeur et de l'anxiété.

" Les personnes victimes du TOC
reconnaissent généralement que leurs obsessions sont déraisonnables,
tout comme les amoureux n'expliquent pas leur passion démesurée ",
poursuit la journaliste.

Le but des chercheurs était donc de savoir si ces comportements ont une origine biologique. " Le système régulant dans le cerveau les taux de la sérotonine et de la dopamine, deux neurotransmetteurs, influence de nombreux aspects plus ou moins connus du comportement humain. Or, la psychiatre italienne [Donatella Marazziti] a découvert que les patients victimes de TOC présentaient un taux de sérotonine anormalement bas. "

De là, tentant de faire un rapprochement avec les amoureux, " l'équipe de Donatella Marazziti a donc décider de contrôler l’activité sérotoninénergique de 20 jeunes étudiants qui évoluent dans les phases primaires de la relation amoureuse dite d’‘ amour romantique ’. Les sujets sélectionnés devaient être amoureux depuis moins de six mois, ne devaient pas avoir eu de relations sexuelles avec l’objet de leur désir – parce que, physiologiquement parlant, ça détend quand l’objet est atteint – et ils devaient penser à leur partenaire pendant un minimum de quatre heures par jour ", explique l'auteure de cet article.

Ce qui m’a frappé dans cette étude c’est qu’on soit capable de trouver des gens capables de penser à l’objet de leur désir pendant quatre heures par jour! C’est en Italie, vous me direz…
Et pourtant, on me dira que, récemment, je me mis à penser énormément à une personne… peut-être pas quatre heures par jour mais…
Languirand, laissez votre vécu de côté, mon vieux!

La description clinique des TOC précise que " pour être reconnu comme une obsession, une idée récurrente doit entraîner une perte de temps supérieure à une heure par jour ". On a donc comparé des sujets sains à des sujets souffrant de cet état obsessionnel : " Les résultats obtenus ont démontré un taux de la sérotonine aussi faible chez les amoureux que chez les victimes de TOC – curieux –, soit un niveau inférieur de 40 % à celui de la population témoin. " Ne vous excitez pas trop quand même, ce n’est pas une maladie grave. Ça passe tout seul à un moment donné, ça s’apaise.

On précise que
" les victimes du TOC semblent connaître la même normalisation
après avoir suivi un traitement médical approprié.
L’amour naissant et l’obsession pathologique
ne présenteraient pas seulement des symptômes communs,
mais impliqueraient également la même variation de ce marqueur biologique significatif : la sérotonine. "

" Dans le milieu psychiatrique, poursuit la journaliste les réactions sont partagées quant à l’interprétation de ce phénomène – et je suis heureux de pouvoir le dire. – Certes, on peut arguer que les symptômes induits par la relation amoureuse et le trouble obsessionnel sont de nature différente. Le sentiment de détresse généré par le TOC n'a apparemment pas grand-chose à voir avec l’euphorie dans laquelle baignent les amoureux. Toutefois, comme le fait remarquer [un des co-auteurs de l'étude] la passion n’est pas nécessairement synonyme de bonheur. "

C’est en effet angoissant parfois d’être passionné, car on se dit :
 – Je pourrais perdre l’objet de mon amour!

La définition qu’on nous en donne ici :
" C’est un état d’excitation physiologique caractérisé par des palpitations, un dérèglement de la température, un état d’agitation et une insomnie. Poussé à l’extrême, on n’est pas loin de la dysphorie ",
c'est-à-dire l’envers de l’euphorie, une espèce d’inquiétude…

 

Boris Cyrulnik
est d’avis qu’il ne
faut pas
généraliser le
phénomène

 


Tiens, on fait intervenir ici Boris Cyrulnik qui, lui, est d’avis qu’il ne faut pas généraliser le phénomène. Il reconnaît que l’amour peut être un facteur d’angoisse plutôt que d’euphorie, et insiste sur le rôle du passé affectif : " Tout dépend de l’histoire des sujets, dit-il. Élevés en carence affective, ils peuvent souffrir d’angoisse lorsqu’ils tombent amoureux ". Ils sont comme pris au dépourvu…

On revient au neurostransmetteur vedette des années 90, la sérotonine, qui, selon un autre psychiatre, est impliquée dans un large spectre de troubles anxieux. Il explique d'ailleurs qu'" il faut se méfier à juste titre d'un marqueur biologique dont l’influence peut-être trop librement interprété ". Quant à Boris Cyrulnik, il ne croit pas que ça vaille la peine de comparer l’amour naissant avec un dérangement compulsif au niveau obsessionnel : " Il juge le saut un peu périlleux ", dit-on ici.

"  D’après Boris Cyrulnik, cette étude associant la passion naissante et les TOC ‘ rapproche des opposés ’. À la théorie des victimes de Cupidon qui subiraient l’amour comme d’autres seraient soumis à une obsession, le psychiatre oppose une vision plus active et engagée du phénomène amoureux. Pour lui, le sentiment amoureux est provoqué par le réveil d’une trace de la mémoire ‘ générant une plénitude narcissique difficilement comparable à la crispation réductionniste sur un détail caractéristique des TOC ’. " [rires]

Ce qui m’amusait aussi, c’est que les commentateurs de l’étude sont des gens tellement hautement tripatifs. D’abord, il y a Cyrulnik et puis voici maintenant Édouard Zarifian, un autre de nos préférés, qui avait lui aussi quelque chose à dire sur cette question. Ce psychiatre que nous avons cité à plusieurs reprises à l’émission tellement c’est un être brillant, quand il a pris connaissance de cette recherche-là, s’est exclamé : " Hilarante! " Pour lui, ça n’avait absolument aucun sens.

" Le professeur de psychiatrie récuse même la fiabilité de la mesure employée, le ‘ binding ’, une technique au développement de laquelle il a pourtant personnellement participé ", explique-t-on, car il pense que ça ne doit pas s’appliquer dans ce cas-là. " Au passage, le professeur dénonce la tendance scientifique qui tend ‘ de plus en plus à transformer un comportement normal en une pathologie mentale ’. – C’est vrai que normal, ça veut dire la norme, donc que tout le monde pourrait passer par cet état-là. – Néanmoins, les auteurs de cette étude se défendent en arguant que " les anormalités ne sont pas forcément pathologiques ".

Un autre psychiatre dit qu’il y a " une logique de fond dans toute obsession ". Par exemple, celui qui se lave tout le temps les mains, le fait pour éliminer les mauvais germes, etc. " De la même manière, l’obsession passionnelle pourrait avoir comme finalité d’harmoniser la sélection amoureuse ", suggère-t-il.

" Si la pathologie est écartée
 –
 ça me paraît allez trop loin –
on peut encore s'inquiéter, dit-on :
faudrait-il rester dans cet état anormal dominé par un sentiment obsessionnel presque insoutenable pour prolonger le véritable amour? "



" L’amour n’est
pas forcément passager.
C’est l’intensité qui
existe au moment
où l’on tombe
amoureux qui est
passagère "

 

 

Tel qu’on le décrit, on se rend compte qu’il existe quand même un sentiment obsessionnel presque insoutenable. Est-ce qu’on doit rester dans cet état-là? Un autre psychiatre qui s’appelle Hagop Akiskal dit : " L’amour n’est pas forcément passager. C’est l’intensité qui existe au moment où l’on tombe amoureux qui est passagère, mais la durée dépend de facteurs non biologiques. " On est tout de même en train de se réconcilier avec un propos comme celui-là. " Après les premiers émois, poursuit la journaliste, le couple tisserait une relation affective différente, alors que les symptômes obsessionnels disparaissent. "


 


" Dans l’amour passion,
l’intimité n’est pas
tant le bonheur
parfait que le
dernier pas
pour y arriver. "

 

 

Puis on cite Stendhal : " ‘ Dans l’amour passion, écrit-il, l’intimité n’est pas tant le bonheur parfait que le dernier pas pour y arriver. ’ " Il parle d’un moment de cristallisation qui, dit-on, " embellit et idéalise l’être aimé " pendant une certaine période, ce qui correspondrait à la notion d’obsession qu’on a exposée tout à l’heure.

On précise qu’il y a deux neurotransmetteurs qui sont impliqués dans cette situation : la sérotonine et la dopamine – ce que c’est instructif cette émission! " La dopamine est censé exercer une fonction hédonistique et modulerait l’accès au plaisir, d’où son rôle dans diverses situations de dépendance ", explique Marie Persidat. La dernière fois que je vous en ai parlé, c’était pour dire qu’on retrouve une stimulation abondante de ce neurotransmetteur dans toutes sortes de situations de dépendance (café, tabac, alcool, drogues, sexe également).

Il y a une particularité dont il faut tenir compte : la sérotonine et la dopamine ne travaillent pas dans le même sens. La dopamine est un neurotransmetteur qui est impliqué dans la recherche de sensations fortes. Il y a des gens qui recherchent des émotions extrêmes, car ils ont un besoin très fort de dopamine. On précise ici que la dopamine " serait associée aux sensations fortes et donc à la multiplication des relations amoureuses et des partenaires différents. "

Mais que c’est instructif! On pourra dire maintenant :
" C’est de la faute de la dopamine si… Oui, oui, je t’assure :
Languirand a tout expliqué ça dans une émission! "
[rires]

" À l'inverse, l'hypothèse veut que la sérotonine
corresponde à une dimension obsessionnelle, à un certain moment,
et à une volonté de contrôle excessif des pulsions.
Elle favoriserait donc la construction d’une relation plus durable. "

Et c’est peut-être ce qu’il y a derrière cette anxiété amoureuse : la perte de l’objet aimé, la crainte que la relation ne puisse résister à la vie, etc. sans que tout ça ne soit raisonné, bien sûr. La dopamine est encore plus coquine que la sérotonine, si vous avez remarqué. Pour simplifier le propos, la sérotonine est pour le couple durable, et la dopamine alors là, pas du tout… c’est tout autre chose.

" ‘ L’amour est l’une des circonstances extrêmes
qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue ’,
dit un psychiatre.
Et qui peut affirmer que Ù
les tourments obsessionnels de l’amour ne sont pas nécessaires? ",
demande l'auteure.

 

   


     
   

Renouveler le désir


D'après :
PARENTY, Marie.
" Moi vouloir toi ",
QUO
,
mai 1998.
 

 

Comment stimuler le besoin que l’on a de vivre un peu sous la domination de la dopamine, qui est si agréable à certains moments? Courir la " galipotte "? Oui… Mais la fidélité dans tout ça? Et le sentiment, lui, où va-t-il se situer? La solution c’est, évidemment, de renouveler le désir.

" Ce n’est pas qu’on ne s’aime plus. Non. Mais, avec le temps, la routine s’est installée, la lassitude avec. " " Passés les premiers émois, la passion perd en intensité ", nous dit Marie Parenty dans " Moi vouloir toi ", un article paru dans le QUO.

  • La perte du désir

" Après l’amour naissant, poursuit-elle, le désir tout puissant, vient le quotidien " l’ennemi N° 1 de la passion… et on revient à la Tour de Pise. " Le premier symptôme de la diminution du désir se manifeste généralement par une perte d’intérêt progressif pour le conjoint ", dit-on.


Cette perte d'intérêt se caractérise par :

    1. " Une baisse de réaction face aux stimulations du partenaire;
    2. Un sentiment de rejet ou de répugnance face à l’autre – là ça va loin…–  qui surgit après des mois d’indifférence sexuelle;
    3. Une peur de tout contact charnel " Là ça se complique beaucoup
  • Découvrir son fonctionnement sexuel

On nous suggère ici de " découvrir notre propre fonctionnement sexuel " et l’on apporte cette précision que je trouve extrêmement curieuse. J’aurais aimé qu’on développe davantage, car je ne suis pas trop certain de ce que ça veut dire. On aurait découvert que " les fondements de l’excitation sexuelle se constituent pendant l’enfance en fonction des relations que nous entretenons pendant ces années-là avec les personnes de notre entourage ".

Je vous cite textuellement ce qui apparaît dans cet article que je consulte maintenant. Peut-être qu’on devrait gratter un peu plus loin pour comprendre ce que nous dit ce chercheur : John Money.
J’irai voir sur Internet.

  • Des suggestions pour renouveler le désir

Les suggestions ne manquent pas :

  • " Pensez au sexe avant qu’il ne vous oublie. "
    Lorsqu’on n’est pas au mieux de sa forme sexuelle, il est essentiel d’accorder un peu de temps à la vie. De donner du temps au temps. On peut imaginer le prochain rapport, le plaisir qu’on y prendra, etc.

  • " Cultivez vos fantasmes. "
    C’est très important, les fantasmes : moi, tous les matins, je me lève et ils sont là dans un pot près de la fenêtre et je les arrose avec de l’eau, puisqu’on vit d’amour et d’eau fraîche…
    " Image fugitive, rêve éveillé, ils invitent à la masturbation, font naître l’appétit sexuel et aident à atteindre l’orgasme. " On ne parlait pas ouvertement ainsi dans ma jeunesse!

  • " Trouvez des mots, pour le dire. "
    La stimulation auditive est très importante.

  • " Occupez-vous de vous. "
    Par exemple, se dorloter et s’habiller avec élégance. Vous n’êtes pas obligé de porter au lit vos pyjamas à pattes, vous savez.

  • " Osez les dessous. "
    Les dessous raffinés, affriolants, les transparences excitantes car " l’effet de surprise rompt la routine ", nous dit-on.

  • " Tenez compte des cycles menstruels : car il est important de savoir que ça se passe très bien chez la dame au moment de l’ovulation, dans les jours qui précèdent les règles.

  • " Surveillez votre alimentation. "
    On suggère, par exemple, de manger de l’ail, du poivre, du céleri, du curry, du gingembre, des huîtres, des coquillages, etc. Ce ne sont peut-être que des placebos mais ça peut aider.

  • Et " prenez du soleil. "
    De la lumière, pour activer la sécrétion de sérotonine.

Ah, pour les êtres humains, l’importance de la lumière!

 Le couple du 21e siècle :
la rencontre de deux désirs

 

   


Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.