Saison
1999-2000
Émission du lundi 28 février 2000
 

Quel est le plus calorique : le beurre ou la margarine?

 

Seulement 13 % des gens peuvent répondre avec exactitude à la question suivante : Du beurre ou de la margarine, laquelle de ces substances représente l’apport calorique le plus élevé? Connaissez-vous la réponse?

Quant à moi, je dois avouer que j’ignorais, jusqu’à aujourd’hui, que le beurre et la margarine sont similaires au niveau de l’apport calorique, c’est-à-dire 752 calories par 100 g pour ce qui est du beurre, et 744 calories par 100 g pour la margarine.

Dans une grande partie de l’émission, je vous communiquerai de nouvelles informations à propos de la bouffe.

 

 


   
  La société moderne fragile de sa collectivité

D'après : GRAND'MAISON, Jacques
(Propos recueillis
par BOISVERT,
Dominique).
" Un homme ensouché ",
Relations, N° 657,
janvier-février 2000.

 

Pour le moment, ce qu’on a pu lire ou entendre ces temps-ci, c’est beaucoup à propos du Sommet de la Jeunesse. Il est devenu évident que cette société dans laquelle nous sommes, et qui a du mal à faire de la place à la jeunesse, doit se réorganiser. C’est comme si tout était toujours à recommencer.

La question m’a amené à redécouvrir Jacques Grand’Maison, puisqu’il est pour beaucoup dans la réflexion qui s’est faite au cours de ce Sommet, à partir de son ouvrage Quand le jugement fout le camp, dont je vous ai déjà parlé à l’émission. J’ai également trouvé dans le numéro janvier-février 2000 de Relations, un article très intéressant, dans un dossier intitulé : " Le temps des refondations ". Il s’agit d’un interview avec Jacques Grand’Maison : " Un homme ensouché ".

  • Les défis éthiques de la postmodernité

Dans cet article, Jacques Grand'Maison revient sur certains problèmes, en rappelant : " Au 20e siècle, on a développé des valeurs de liberté, de créativité, d'innovation, d'autonomie, etc. Je dis bravo. Mais on a négligé les valeurs de durée, de persévérance, de courage. Et c'est peut-être par ces valeurs-là qu'on découvre l'importance des profondeurs spirituelles ou morales. " Vous voyez pourquoi ses propos sont tellement importants, selon moi, en tous les cas, dans le contexte des réflexions que peut nous inspirer le Sommet de la Jeunesse.

" La modernité à travers ce qu’elle a de meilleur dans les sociétés occidentales est de rechercher un nouvel art de vivre qui s'est développé dans le contexte d'une certaine prospérité, poursuit Grand'Maison. – Il a fait le bilan de tout ça – Dans les années 50, 60 et 70 se profilait un développement économique, social et affectif ‘ sans limite '. Ce fut l'époque des trois certitudes : on pouvait tout prévoir, tout gérer et tout se permettre. – [rires]Ça paraît loin… – Mais ces promesses et ces certitudes ont ‘ frappé un mur ' dans les années 80. C'est évident dans les ‘ récits de vie ', recueillis durant la recherche-action menée dans la région de Saint-Jérôme – et qui a abouti à la rédaction de son ouvrage. – Beaucoup de gens disaient : ‘ Nous ne comprenons plus ce qui se passe. Nous ne savons pas où on s'en va. ' "

Il poursuit plus loin : " Alors que nous acceptions de moins en moins d'autorité, nous avons mis au monde une génération d'enfants-rois. Alors que nous croyions pouvoir tout inventer sur le plan technique et scientifique, nous nous retrouvons confrontés à d'énormes défis éthiques. Mais à travers tout cela, il s'est créé peu à peu des prises de conscience ", dit Grand'Maison.

" Nous avons perdu une bonne partie de cette capacité de juger par nous-mêmes, d’affirmer nos valeurs et nos principes. "
  • Les acquis à consolider

" Les droits sont acquis précieux pour une société et il faut évidemment les protéger. Mais une foule de choses pouvaient traditionnellement se régler entre les personnes concernées par l’exercice du jugement individuel et collectif, ce que l’on appelait ‘ le gros bon sens '. Or il me semble, à une foule de signes, que nous avons perdu une bonne partie de cette capacité de juger par nous-mêmes, d’affirmer nos valeurs et nos principes pour nous en remettre, de plus en plus souvent et passivement, au jugement des tribunaux. Je suis très inquiet, je l’avoue, de nos rapports aux biens publics et à nos institutions publiques. Parce que c’est là, collectivement, que nous sommes confrontés à nos responsabilités. "

Jacques Grand’Maison a un regard non pas sévère, mais qui m’apparaît très juste sur cette société. Et ses réflexions peuvent nous mettre sur des pistes intéressantes, me semble-t-il.

" Les institutions publiques, explique Jacques Grand'Maison, représentent ce que nous avons en propre comme citoyens. Si nous ne ‘ réussissons ' pas nos institutions publiques, c’est d’abord notre faute.

" Bien sûr, je suis conscient des multiples acteurs et influences : responsabilités fédérales dans les conséquences provinciales, contraintes économiques imposées par la mondialisation et limitant l’autonomie interne des États, décisions qui nous échappent et qui échappent même parfois aux acteurs ‘ au sommet ', etc. Pourtant, quand je parle de nos rapports au bien public, je vois des enjeux moraux et spirituels qui nous concernent. Par exemple, si vous utilisez une population comme outil de pression à tout bout de champ – je laisse un blanc ici pour la réflexion [rires] – vous finissez pas vous retrouver avec une crise de confiance grave qui mine le rapport même à la société : on ne fait plus confiance aux autorités, à la collectivité, à l’autre.

" Je crois que nous ne sommes pas assez conscients de la fragilité de nos sociétés et de la fragilité des acquis de la modernité. "
On le reconnaît bien dans ces propos.
C’est un bien tripatif personnage.

" Je suis très préoccupé par l’insouciance de trop de citoyens face à la fragilité de nos institutions collectives considérées bien souvent comme des vaches à lait ou comme des stations-service. Cela pose de graves problèmes d'éthique sociale et d'éthique personnelle. […] Je crois toujours profondément dans cette capacité de l’être humain. On m’a déclaré pessimiste quand je disais que des consciences molles, des valeurs molles, des pratiques molles, une langue molle font un peuple mou. Il y a longtemps que je peste contre les ventres mous, de nos modes psychologiques, religieux ou autres ", de rappeler Jacques Grand’Maison.

 


   
 

L’acte de manger : un réseau de significations symboliques

D'après : WAYSFELF, Bernard. " L'univers de l'aliment ", Science & Vie,
Hors-série N° 208, septembre 1999.

Je vous ai dit que j’allais parler de l’univers de l’aliment, et nous y voilà. Si je me retrouve à traiter encore de l’alimentation, c’est que je suis tombé récemment sur un dossier très intéressant intitulé " Faut-il avoir peur de manger? ", paru dans le numéro de septembre 1999 (permettez-moi d’arriver en retard…) de Science & Vie. Comme c’est un numéro hors-série, vous pouvez encore vous le procurer facilement.

Le sujet m’intéresse parce que Dieu sait que je suis de ceux qui souffrent du côté de la nutrition. Je prends un verre d’eau, j’engraisse, et si j’en prends deux, j’engraisse doublement, c’est aussi simple que ça… [rires] C’est un peu comme si j’avais vécu dans un ascenseur pendant des années, pour tout ce qui concerne la nutrition, l’alimentation, parce qu’il s’est dit, dédit, redit, et re-dédit tellement de choses dans ce domaine au cours des années, qu’on ne sait plus trop où donner de la tête.

Rappelons d’abord que l’aliment est une source d’énergie pour notre corps, mais il faut réaliser la triple exigence que la nourriture demande : énergétique, hédoniste (le plaisir) et symbolique, car il y a une certaine quête d’identité dans la façon dont on s’alimente.

  • L'organisme comme gardien de notre santé

Dans " L'univers de l'aliment " – ce qui me paraît être l’article d’un généraliste qui aborde l’ensemble de la question de l’alimentation – Bernard Waysfeld explique, en parlant des calories, que " l'exemple des [produits] allégés appliqués aux sucres, aux fromages, aux biscuits démontre presque toujours que l’économie calorique ainsi dégagée… se solde par une prise alimentaire compensatrice – parce qu’il y a moins de calories, on en mange plus – (à condition que le sujet ne soit pas soumis à une contrainte stricte, et exception faite des calories lipidiques (les gras) qui ne sont que partiellement compensées).

" C’est que notre organisme se comporte en petit comptable scrupuleux : il ajuste, autant que faire se peut, ses apports sur le niveau des réserves énergétiques. Ce faisant, il agit en gardien de notre santé, redoutant avant tout le déficit, ignorant que, dans nos sociétés occidentales la restriction est plus souvent ‘ prescrite' pour éviter l’embonpoint, l’obésité et autres maladies de pléthore. " Alors qu’autrefois il fallait être capable de jeûner parce que la famine sévissait un peu partout dans le monde régulièrement et même plusieurs fois par année, dans certains cas.

  • Le besoin de protéines

Prenez, par exemple, le besoin de protéines, qui sont parmi les constituants fondamentaux de notre organisme considérés comme essentiels, peu caloriques, et contribuent fortement à la satiété. C’est du moins ce qu’on entend habituellement. " Tout cela est vrai, nous dit Bernard Waysfeld, encore que nos besoins en protéines restent modestes ", plus qu’on ne le croit. J’apprends, peut-être en même temps que vous, que les protéines ne représentent que 10 à 15 % de l’apport énergétique total. Donc, si vous mangez huit steaks par jour, ça ne va pas nécessairement vous aider car leur excès n’est pas dénué de toxicité, et leur abus peut entraîner des prises de poids et pas seulement musculaires.

Ainsi,les culturistes qui doublent ou triplent allègrement les apports recommandés en protéines […] doivent se soumettre à des exercices physiques intenses pour ne pas engraisser ".

  Je connais un jeune homme qui mange le blanc de deux douzaines d’œufs par jour. Sa mère ne sait plus quoi faire avec les jaunes, vous comprenez… Si vous avez une suggestion, n’hésitez pas à me la communiquer. À un moment, cela s’est traduit par une série de desserts sucrés comme la crème brûlée. Mais le père du garçon en a eu assez, car il engraissait en mangeant tous ces jaunes d’œufs, bien sûr.
 

  • Se nourrir : un acte symbolique

Tout le monde sait bien que manger, c’est bien plus que le simple fait d’assimiler des aliments à des fins énergétiques. " À travers l’acte de manger s’exprime tout un réseau de significations symboliques qui s’étend du normal au pathologique, du simple désir à l’expression de la pulsion de mort, nous dit Bernard Waysfeld. Des expressions comme ‘ belle à croquer ' – ‘ j’en mangerais ' en parlant de quelqu’un… ou de quelqu’une [rires] – ‘ dévorer quelqu’un des yeux ', ‘ appétit sexuel ', témoignent d'un lien entre faim et désir. "

Puis il y a toutes les associations que l’on fait : " Le lait est symbole de pureté, la viande rouge de désir et d’agressivité, le sucré fait référence à l’enfance… ou au grand âge, signant une forme de régression souvent refusée dans le monde adulte. "

" Dans le domaine des troubles du comportement alimentaire, les significations symboliques renvoient surtout aux pulsions sexuelles. "

" Dans le domaine des troubles du comportement alimentaire (grignotage, compulsion, boulimie), les significations symboliques renvoient surtout aux pulsions sexuelles et agressives non satisfaites. On ‘ compense ' pour ne pas penser à l'obscur objet du désir. On se ‘ venge ' sur la nourriture pour ne pas le faire dans la réalité. On remplace le vide affectif par le plein alimentaire. On incorpore de l’aliment pour ne pas faire le deuil d’un être cher. En somme, l’aliment comble l'espace manquant, le vide affectif et parfois structurel chez les personnalités les plus fragiles ", explique l'auteur de cet article.

  • L'évolution de nos habitudes alimentaires

Ensuite, Bernard Waysfeld nous parle un moment de l’évolution dans le domaine de l'alimentation : " Dans les années cinquante apparaît l’alimentation rationnelle, calculée, marquée par le modèle de la calorie au détriment des plats en sauce traditionnels. – Je me souviens vaguement de ça, bien que je n’étais pas si rationnel. – Les années soixante ouvrent l’accès à la modernité : la croissance économique, l’influence du modèle américain et la multiplication des supermarchés favorisent la consommation de produits nouveaux à préparation rapide. C’est l’ère de la nourriture minceur en écho à un idéal féminin terroriste ", qui subsiste encore d’une certaine façon, un peu moins mais tout de même.

Vous souvenez-vous de la mode twiggy? Les pattes comme deux crayons… " De la mode twiggy aux filles-brindilles d'aujourd'hui, c'est toute une génération de femmes qui aura dû sacrifier sa physiologie au culte de la maigreur, poursuit l'auteur. […] Cette opposition [à la civilisation de consommation] va se renforcer au cours des années soixante-dix-quatre-vingt : la cuisine nouvelle supplante la cuisine bourgeoise (c’est surtout français, quoique ça s’est répandu rapidement dans tout l’Occident). Il faut ‘ manger léger ', ‘ manger maigre ' : c’est le début de la société lipophobe. […] [Lipophope vient de lipo, graisse, et phobe, peur. Cela signifie donc " peur de la graisse "].

" Les années quatre-vingt sont aussi marquées par une nouvelle religion : le culte du corps et de la forme. "

" Les années quatre-vingt sont aussi marquées par une nouvelle religion, remarque Waysfeld : le culte du corps et de la forme. Le corps est devenu un capital qu’il faut entretenir et valoriser. L’alimentation s’inscrit dans un programme global de remise en forme par l’aérobic, le jogging, les produits allégés, les suppléments vitaminiques. – Tout ça est arrivé en même temps. – L’esthétique concerne autant le corps que les aliments eux-mêmes qui se doivent d’être beaux pour être bons.

" Enfin, dans les années quatre-vingt-dix vient le règne de l’aliment-santé : les allégations font leur apparition. À l'équilibre prôné précédemment s'ajoute un souci de qualité nutritionnelle. Les aliments doivent contenir les nutriments, les sels minéraux, oligo-éléments dont nous avons besoin tout en respectant la préoccupation minceur qui continue de sévir. "

  Moi, je connais quelqu’un qui ne peut pas manger de fèves sans mentionner que ce sont des phyto-œstrogènes… Ça me coupe l’appétit quand on parle comme ça! Autrefois, dans ce pays où nous vivons, les gens mangeaient beaucoup de ces phyto-œstrogènes, des beans autrement dit, mais sous toutes les formes (lentilles, fèves, pois, etc.) C’était très important dans l’alimentation. D’autant plus que si vous mangez avec ça du pain complet, les deux agissent en complémentation. C’est le mot qu’on emploie maintenant pour indiquer que les deux aliments arrivent à se compléter de manière à vous fournir tout ce dont vous avez besoin au niveau des protéines.
 

Voilà où l’on est rendu :

" Il faut tout à la fois manger léger, sain, équilibré, rester mince.
La quadrature du cercle ",
quoi! un détail…

  • Du modèle traditionnel à l’empire du snack :
    la disparition de la dimension symbolique de l'alimentation

Tout cela revient à dire que " en vingt ou trente ans, nous sommes passés, dans nos pays occidentaux, du modèle traditionnel à ‘ l'empire du snack '; du repas familial au fast-food; de la production artisanale à la production industrielle; du connu au saut dans l'inconnu avec pour corollaire pour les individus, le désarroi, l'angoisse, le terrorisme et […] la cacophonie diététique. – [rires] Ça me paraît beaucoup mais c'est incroyable les conversations que l'on peut avoir à propos de la bouffe. 

" Au plan sociologique, de poursuivre B. Waysfeld, toute une cascade de changements rapides nous a conduit à un profond désarroi face à l'aliment. […] Le passage d'une alimentation familiale et conviviale à une alimentation individuelle (ou presque) oblige chacun à un nouveau gouvernement du corps. " C'est-à-dire qu'il faut devenir plus attentif à ces questions, parce qu'autrefois maman s'occupait de ça : aujourd'hui, elle s'en occupe toujours, mais elle est plus occupée et puis on n'est pas toujours avec elle…

" Au plan psychologique, nous sommes passés de la société sans pères des années soixante à la ‘ société dépressive ' décrite par Tony Anatrella – dans son ouvrage intitulé Non à la société dépressive, paru chez Flammarion en 1995. – À contre-courant des prescriptions religieuses qui prônent la distance vis-à-vis des objets de consommation et favorisent la réserve et la réflexion, on assiste à une ‘ crise profonde de la subjectivité et l'intériorité. La pensée symbolique qui, normalement, achève la maturation psychique est saccagée par la communication actuelle. '

" Entre des personnalités plus fragiles qu'autrefois rencontrant des difficultés à comprendre le monde extérieur et une société qui favorise le narcissisme, il y a une relation évidente qui défavorise le lien social, fait remarquer Bernard Waysfeld. – On a l'air de s'éloigner de la nourriture, mais vous allez voir que pas du tout, parce que la nourriture participe très souvent du rapport de l'individu à la société. – La place symbolique du père, c'est-à-dire d'un tiers qui favorise la distanciation et ouvre sur le réel, reste vacante. – C'est une belle définition du père qu'il nous donne ici : un tiers qui favorise la distanciation et ouvre sur le réel. Et pour les enfants, en principe, le père favorise l'adaptation sociale également. – Nous restons rivés à l'aliment-sein qui, réduit à la dimension strictement énergétique et donc dégagé de ses dimensions symboliques, nous ramène à l'avidité orale du nourrisson. "

  • L'exit des directives religieuses

Bernard Waysfeld consacre une bonne partie de son article à creuser la question des directives que les religions donnaient autrefois. On sait très bien qu’il existait une discipline à suivre au plan de l’alimentation qui nous venait des religions. Dans le résumé qu’il en fait, il dira plus loin :

" Sans tomber dans un réductionnisme simplificateur, tous ces cultes [judaïsme, catholicisme, protestantisme] prônent la réserve, la distance, le contrôle vis-à-vis d’un aliment, tout autant nourriture du corps qu’élément spirituel nous différenciant et nous élevant au-dessus du règne animal. En un mot, cet axe religieux nous conduit à privilégier l’aliment-saint. " Ce petit jeu de mots avec " sein " et " saint ", que c’est donc fin ça

Ils s’inquiètent beaucoup là-dessus et je crois qu’on devrait le faire nous aussi…
  • L'aliment dénaturé

L'auteur parle ensuite de toutes les interventions que l’on peut faire, du traficotage, si vous me permettez l’expression, dans l’industrie de l’alimentation avec toutes les transformations et les adaptations que l’on fait subir aux aliments. Les moins gras, les plus riches, ceux avec la vitamine C ajoutée, etc.

" Les consommateurs réclament à juste titre une transparence totale et nous devons vivre avec le principe de précaution car nous avons perdu la ‘ traçabilité ' des produits que nous consommons. "

 

De la méfiance des Européens face aux transformations génétiques

Il faut savoir que ce texte fait partie d’un article que l’on retrouve dans un magazine français, et que les Français, comme la plupart des Européens, du reste, sont extrêmement préoccupés de la qualité de l’alimentation ces temps-ci. Ils ont eu les vaches folles qui sont venues danser dans leur cour, voire même dans leur assiette, ils ont eu la dioxyne dans le poulet, etc. Ça n’arrête pas, c’est presque inquiétant. À chaque fois qu’un homme de science toussote un peu, on craint qu’il se lance dans une explication aboutissant à l’idée qu’on est en train de s’empoisonner. Or, ils s’inquiètent beaucoup là-dessus et je crois qu’on devrait le faire nous aussi, en devenant beaucoup plus vigilant qu’on ne l’est maintenant et ne pas laisser l’industrie de l’alimentation prendre des dispositions à propos de tout. Je pense, en particulier, aux aliments génétiquement modifiés. Le monde agro-alimentaire se lance de plus en plus dans une entreprise qui comporte de grands risques à propos desquels on devrait demander une plus grande transparence. Voilà l’idée.

 

 

J’ai puisé ces informations dans un numéro hors-série de Science & Vie : "Alimentation". C’est tout à fait valable pour nous, à 85 % car il y a toujours un 15 % des informations qui concernent davantage les Français.

 


   
  Marketing : L’ère du sur-mesure… de masse
D'après : " Croyez-en le marketing :
vous êtes unique! ",
L'Événement du Jeudi,
24 février-1er mars 2000.

Il y a quelque temps, je vous ai parlé de ce paradoxe étrange qui fait que nous sommes actuellement dans la mondialisation, mais que ce phénomène entraîne une réaction qui met l’accent sur la régionalisation. On assiste donc en même temps à la standardisation et à la création de produits de plus en plus diversifiés. Bizarre… opposition et complémentarité. Je reviens sur cette question brièvement parce que j’ai trouvé un article très intéressant qui nous permet de mieux comprendre la situation.

Dans cet article récent de L'Événement du Jeudi, on explique que le marketing vise aujourd'hui à la fois " à vendre en masse des produits individualisés ". Tout cela a commencé aux États-Unis et la formule qu’ils emploient pour décrire ce phénomène c’est le one to one (un par un ou du cas par cas). Ça paraît très paradoxal parce qu’en même temps on vise la masse. Par exemple, les compagnies aériennes envisagent de plus en plus le service à la carte. Je n’ai pas eu connaissance de ça récemment en voyageant parce que moi, quand je prends l’avion, le sentiment que j’ai est celui d’être une sardine dans une boîte métallique. Mais ça c’est autre chose…

On parle maintenant de guest recognition (la reconnaissance des hôtes) appliquée dans les grandes chaînes hôtelières, ce qui donnerait lieu, par exemple, au scénario suivant : tu es végétarien et tu te présentes à l’hôtel Sofitel de Hong Kong. On te propose un menu végétarien alors que c’est la première fois que tu entres dans cet hôtel, car on a ton profil de consommateur. Je vais vous expliquer comment ça marche.

" L’air du temps appartient déjà au sur-mesure. "

Webcamers, vendeur sur le Net, mis à votre disposition par les grands magasins ou les catalogues de vente par correspondance pour vous piloter dans la jungle du cyber-commerce, explique-t-on ici; fabriquants et créateurs surfant tout azimut sur la vague de la ‘ personnalisation ' ". Les observateurs de nos modes de vie sont unanimes : l’air du temps appartient déjà au sur-mesure, très éloigné des codes traditionnels des privilèges attachés à l’univers du luxe. "

" Exit la société de consommation de papa,
et bienvenue dans l’Egoland ",
(la terre de l’ego).

C’est " une tendance sociétale lourde ", affirme-t-on ici. Et on explique que c’est " un drame qui s'est joué en deux actes " :

Acte 1 : la banalisation des pratiques culturelles sur le Web permet à tout un chacun de se construire un savoir à la carte et donne naissance au ‘ bricolage identitaire '. – La diversité, c’est très intéressant mais ce n’est pas inutile d’avoir une grille sur laquelle attacher le nouveau savoir.

Acte 2 : le mariage newlook entre deux univers jusqu’ici totalement antinomiques, l’industriel et le sur-mesure – je trouve la formule extraordinaire –, suscite l’apparition d’une ‘ consommation sélective de masse '. " C’est encore une consommation de masse mais qui essaie de répondre à des besoins individuels.

Comment cela peut-il se faire? Le ‘one to one ’ est extrêmement simple. On s’achemine vers l’existence d’une fantastique base ou banque de données qui contiendra beaucoup de renseignements sur les individus. On connaîtra vos préférences et on prendra soin de vous d’une façon toute particulière.

 Big Brother es-tu là?

 


Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.