Saison
1999-2000
Émission du jeudi 2 mars 2000
 

Le stress 
De nos angoissantes distorsions de la réalité

 

 

On considère que le stress ça se passe peut-être surtout dans la tête, car il doit beaucoup au mental, plus précisément aux représentations que le mental nous suggère de la réalité. Et les réactions psychologiques au stress se résument généralement aux trois séquences suivantes :

  1. C’est la fin du monde!
  2. Personne ne m’aime…
  3. Voilà que ça recommence!

Ça s’appelle vivre. [rires]

Si je reviens sur cette question que j’ai abordée oh! combien de fois depuis 29 ans, c’est que depuis plusieurs années je m’intéresse à la question, j’ai animé des ateliers, et j’ai prononcé des conférences à propos du stress. Pendant très longtemps, je devais toujours rappeler avec insistance (parce que la documentation se faisait rare là-dessus) le fait qu’il faut arriver à dépasser les circonstances, les événements et les conditions que la vie nous amène. Non pas que les événements ne soient pas parfois et même souvent stressants, ou que les circonstances ne nous entraînent pas dans des situations d’anxiété, ou même que les conditions soient parfois angoissantes, mais ce qui m’importe le plus personnellement, et c’est sur cet aspect, au cours des années, que je me suis employé à mettre l’accent : comment le mental intervient dans ces circonstances, ces événements et ces conditions. Car on découvre, finalement, que c’est le mental qui devient le facteur le plus important de stress, à cause des interprétations qu’il fait de la réalité.

  • Un petit bouquin fort tripatif

J’ai découvert justement un petit bouquin très bien fait paru dans la Collection " Les Essentiels Milan ", qui compte 64 pages. Les sous-thèmes, tels que le stress sportif, le stress du manager, etc., sont abordés en deux pages. Et c’est bien illustré également. De plus, je tiens à mentionner que les livres de cette collection sont très accessibles du point de vue financier. Les livres coûtent tellement cher aujourd’hui! Alors si quelqu’un veut en apprendre davantage sur le stress, il saura trouver dans " Les Essentiels Milan ", un petit bouquin absolument tripatif sur le sujet.

D'après :
DUBIER, Jean-Louis
et INCHAUSPÉ, Isabelle.
Le stress,
Éd. Milan, Coll.
" Les Essentiels Milan ",
2000.

Dans Le stress, en particulier, je découvre que les deux tiers du bouquin en question portent sur le stress mental. C’est la première fois que je trouve un livre qui accorde autant d’espace à cet aspect particulier qui me paraît le plus important : il faut reconnaître les situations dans lesquelles on est susceptible de faire du stress, au sens péjoratif du terme car il y a aussi du bon stress. C’est ce qu’on a appris, au départ avec Hans Selye.

  • Stress, anxiété et angoisse

On s’aperçoit finalement qu’on s’en fait beaucoup pour rien car, bien souvent, c’est le mental qui nous suggère qu’on se trouve dans une situation dont on ne se sortira pas.

Quand on dit : Ah ne m’en parlez pas, c’est la fin du monde!, " la perception individuelle de l’environnement est altérée par une prise d’information partiale et subjective ", dit-on ici. Et quand le mental nous faire dire : Moi, personne ne m’aime…, " le ressenti émotionnel va toucher la structure profonde de la personnalité ".

" Par exemple,
si une personne a des tendances anxieuses latentes
et des relations à l’autre difficiles,
elle peut modifier son organisation psychique e
n amplifiant son anxiété et, de ce fait,
changer l’image qu’elle a d’elle-même ",

nous disent les auteurs.

 

" Stress, anxiété et angoisse sont des notions de psychologie qui ont souvent été confondues ou mélangées ", dit-on. Et on nous les explique rapidement :

  1. L’anxiété est un cocktail de sentiment d’insécurité, de troubles diffus, de frustration de la libido et d’interdits du Surmoi " – le parent intérieur. L’anxiété ça se négocie relativement bien mais l’angoisse, c’est toujours beaucoup plus difficile.
  2. L’angoisse se caractérise par un sentiment d’inquiétude profond, une peur irrationnelle et une impression vague de danger immédiat devant laquelle l’individu se sent impuissant. "
  3. " Si le stress peut parfois être générateur d’angoisse et d’anxiété, il se différencie de l’angoisse et de l’anxiété par le caractère précis et spécifique de l’événement déclencheur, qu’il soit réel ou imaginaire. " Moi j’aurais précisé : qu’il soit réel ou le fait d’une interprétation de la réalité, donc imaginaire. Quand on dit " imaginaire ", ça peut donner l’impression qu’il n’y a rien de vrai là-dedans. Je ne dis pas que le départ n’est pas vrai, car bien souvent il y a une situation réelle, donc elle n’est pas imaginée; mais quand l’interprétation intervient, c’est à partir de ce moment-là que le stress devient plus difficile à contourner parce que c’est plus difficile d’intervenir dans la tête. C’est du moins l’expérience que j’en ai, et Dieu sait que j’ai une longue expérience de ce phénomène…
La perception n’est
jamais sans une
certaine distorsion et
parfois une distorsion
certaine
  • Le pouvoir de l'imagination

" Pour quelle raison les événements ont-ils des significations et des retentissements différents selon les individus? ", se demande-t-on. C’est une question de distorsion de la réalité, puisque la perception n’est jamais sans une certaine distorsion et parfois une distorsion certaine. Les cas les plus éloquents sont les enfants, étant donné qu'ils sont tellement sujets à ce genre de distorsion de la réalité : par exemple, ils vont voir bouger une branche dans un buisson et vont s’imaginer qu’une grosse bête se cache là. On a beau dire à l’enfant : Mais non, il n’y a rien, ce n’est que le vent, cela va lui prendre un certain temps pour s’en remettre. Ce sont des créations virtuelles, et c’est ce qui arrive dans l’installation du mécanisme inhérent au stress.

Comment l’esprit arrive-t-il à ces créations, à ces distorsions? Il y a plusieurs niveaux, mais peut-être faut-il tenir compte surtout du troisième niveau qui correspond à l’attitude qui consiste à faire tout ce qu’il faut pour comprendre que l’on est en train de créer un univers virtuel, que c’est le travail de l’imagination.

" Le passage obligé
pour comprendre le
stress est l’image
mentale. "
  • Les images mentales suite à notre implication dans le réel

Je lis ici : " Le passage obligé pour comprendre le stress est l’image mentale. " Je suis content de retrouver cette pensée dans ce petit bouquin, car j’en suis arrivé à cette conclusion : on a beau travailler sur les événements, les circonstances, les conditions de vie, si ça ne marche pas, c’est généralement notre interprétation qui est faussée. Cette image peut être une association d’éléments positifs, mais aussi une association d’éléments négatifs.

" Qu’est-ce qu’une représentation mentale? demande plus loin les auteurs. C’est l’image sous forme de photo, de film, de diapositive – ou autre – que l’individu construit – dans son esprit. – C’est ce qui permet à l’individu de restituer dans sa tête l’apparence figurative d’un événement, d’un objet, d’une personne. " Ce qui a été déclenché généralement par la perception d'une " réalité " qui représente une source d'angoisse ou d'anxiété.

" Par rapport au stress, la construction des images mentales
va être déclenchée par l’idée d’un événement futur impliquant. "

La notion d’implication est importante ici. On insiste plus loin sur l’importance d’analyser les matériaux de construction de cette image qui provoque des interprétations et donc des réactions émotionnelles plus ou moins fortes. Bref, il faut faire l’analyse des éléments.

 

Par exemple…
Un enfant se met à avoir peur du réveille-matin. Son père peut alors démonter l’objet devant lui pour lui montrer comment c’est fait, si bien que l’enfant va cesser d’avoir peur du réveille-matin.
C’est bien possible que le père ne réussisse jamais à le remonter, mais c’est une autre histoire.
[rires]

 

  • Le dialogue interne

Ah! quand ça parle en-dedans…

" Le stress peut également se mettre en place grâce à un mécanisme qu’on appelle le dialogue interne ", affirment les auteurs. Quand on se parle à soi-même, que ce soit à voix haute ou dans sa tête.

Quels éléments composent ce dialogue interne? Les mêmes que la voix humaine; on s’entend parler parfois comme ça, dans la tête. C’est un dialogue interne et cela vient apparemment de différentes régions du cerveau. En tous les cas, c’est l’impression qu’on en a puisque les uns vont dire : Moi, c’est derrière la tête que ça me parle, et d’autres : Moi, c’est devant, etc. Et certaines personnes confrontées à des situations importantes vont avoir la sensation que la voix du dialogue interne vient du milieu de leur front. Parfois, je me dis qu’on est tous bien malades… [rires]

Est-ce qu’on peut modifier ce dialogue interne?
D’abord, il y a toujours le grand secret en toutes choses :
en prendre conscience, le voir.

Il est utile de
maîtriser ce
phénomène pour ne
pas être entraîné
dans ce monologue
intérieur jusqu’à en
perdre absolument
l’équilibre.

Par exemple…
L’autre jour, je me trouvais avec l’aînée de mes petites-filles, qui a 13 ans, et nous parlions justement de ça car, pour la première fois, elle découvrait qu’elle n’était pas la seule à entendre parler dans sa tête. C’est très rassurant quand on se fait dire par une personne : Ne t’en fais pas, tout le monde est comme ça, tout le monde se parle dans la tête et même qu’on se dit parfois des choses qui n’ont ni queue ni tête. C’est un élément important dans la gestion de nos comportements.

En effet, il est utile de maîtriser ce phénomène pour ne pas être entraîné dans ce monologue intérieur jusqu’à en perdre absolument l’équilibre.

 
  • Les émotions fortes

Bien entendu, puisque c’est une forme d’adaptation à une réalité mouvante, le stress, contrairement à ce qu’on peut dire souvent, peut être issu d’émotions positives ou négatives, mais ce sont surtout les émotions négatives dont on doit s’occuper, car on peut toujours s’accommoder de ce qui va bien – bien que des gens soient morts d’avoir reçu une bonne nouvelle…

" Parmi les émotions fortes génératrices de stress,
deux sont particulièrement importantes,
expliquent les auteurs. :
la peur et
la colère.

" Dans les deux cas, il s’agit d’une tension provoquée par les situations dans lesquelles on évolue. La peur est souvent provoquée par la projection mentale de l’arrivée d’un élément dangereux. – À un moment, il y a le doute, la méfiance, l’apparition de la peur, voire de la panique. – La colère, quant à elle, est souvent déclenchée par un sentiment d’impuissance. Il y a une intention d’action contrariée par un résultat inefficace. "

 

Récemment,
j’ai fait une colère que j’ai un peu regrettée, un peu beaucoup même. Et là je me rends compte que ça été déclenché chez moi par un sentiment d’impuissance. Je m’étais senti coincé dans une situation. C’était à mon tour de me confesser, maintenant c’est à vous…
[rires]

Le stress, par
exemple, était
davantage vu dans un
système matérialiste
comme l’effet de
circonstances, de
conditions,
d’événements.

  • Une stratégie de coping : rester dans le présent

Il y a aussi le coping, qui est la manière de faire face à une situation de stress et de la maîtriser. On dit ici : " Connaître les mécanismes de fonctionnement du stress est important. Connaître les outils permettant d’agir et donc de réguler ce fonctionnement, l'est tout autant. " Un peu comme pour cet enfant qui avait peur du réveille-matin.

Ça revient aussi beaucoup à vivre dans le présent. Si on est dans une situation de stress, c’est souvent parce qu’il y a une situation qui va se présenter à nous et qu’on se demande ce qui va arriver, etc. Si on reste dans le présent, on sort un peu de cette situation-là et on attend le moment venu, autrement dit.

" Puisque le stress ne peut être déclenché que par l’idée d’un événement futur, rester dans l’instant présent est une solution idéale pour contrôler l’activité mentale. Que veut dire rester dans le présent? C’est avant tout garder son attention sur ce que l’on fait, au moment où on le fait. "

 

 

À propos du nouveau discours sur le stress

Je remarque que, dans certains de ces livres qui paraissent sur le stress, le discours est très différent de ce qu’il était il y a 20, 25 ou même 29 ans – puisqu’on est dans notre 29e saison de l’émission… Les livres ne racontent plus exactement la même chose. Ça me paraît évident que la pensée orientale a une influence considérable maintenant sur la façon d’aborder les choses de la vie. Le stress, par exemple, était davantage vu dans un système matérialiste comme l’effet de circonstances, de conditions, d’événements. Au moment où l’on commence à se dire que ça se passe aussi dans la tête et qu’on parle de décortiquer le mental, on est en psychologie, on est même en philosophie, et la démarche est aussi alimentée par toute la réflexion que les Orientaux ont faites sur ces questions. D’ailleurs, ils en sont encore les maîtres et ont beaucoup d’avance sur nous, c’est certain.

" C’est une question
d’entraînement. "

  • Deux techniques pour rester dans le présent

" Certains le font facilement, d’autres ont plus de difficulté. C’est une question d’entraînement. – L’idée qu’il faut de l’entraînement pour rester dans le présent, déjà cela tient de l’enseignement oriental, du yoga, etc. – car il faut créer ‘ de nouvelles connexions dans le circuit neuronal ’ qui correspond à un travail d’aller-retour entre le présent et le futur ", dit-on ici. Un aller-retour proche ou lointain.

  1. " Vous allez vous exercer maintenant sur un événement futur agréable et peu impliquant. Pensez, par exemple, à un dîner chez des amis la semaine prochaine. Vous en avez très certainement une image mentale. C’est donc que vous êtes dans le futur. Maintenant regarder la couverture de ce livre. Vous êtes revenu dans le présent. Plus vous allez faire cet exercice, et plus vous aller maîtriser l’outil. Donc la technique. "
  2. Une autre technique consiste à " s’occuper l’esprit en ayant une activité demandant un minimum d’attention. C’est un excellent moyen pour rester dans l’environnement ", et ne pas décrocher dans le mental.

On peut aussi prendre un peu de hauteur, regarder les choses avec un certain recul. Ce sont finalement des exercices qui font partie d’un art de vivre, d’une certaine sagesse au quotidien pour permettre, relativement, de faire place au stress.

 La concentration par la méditation Vipassana

 


  
 

Cheminement des femmes sur la voie spirituelle

D'après :
Troisième millénaire,
N° 53, 1999.

 


" Le 20e siècle nous aura conduit à un nouveau tournant dans la vie spirituelle de l’humanité. La libération des femmes, dans la vie politique et culturelle des peuples et nations, aura suscité – et ressuscité! – de nouvelles manières de vivre et de comprendre le Monde. " Tout cela pour nous amener à apprécier un numéro que Troisième millénaire – cette revue de science, d’art, de philosophie, d’être en devenir – a consacré à un thème particulier : " Voies de femmes ", à propos du cheminement des femmes sur la voie spirituelle. On parle de rencontre harmonieuse et inattendue entre les facultés masculines et féminines, etc.

En prenant connaissance de ce magazine, je pensais à un ouvrage que j’ai lu il y a quelques années et qui portait sur l’enseignement bouddhiste tibétain. L’auteur avait consacré un chapitre aux moniales, il avait déjà parlé beaucoup de l’enseignement de Bouddha, de la tradition tibétaine, etc. Et voilà qu’il consacre un chapitre aux nonnes :

" C’est étrange l’impression que j’ai eue à les regarder vivre, ces moniales, au Tibet. Les hommes étaient beaucoup plus soucieux de la théorie et de l’enseignement lui-même que de sa mise en pratique. L’application des enseignements dans le quotidien, c’est surtout chez les moniales que je l’ai trouvé ", raconte-t-il.

Pour lui, donc, c’était évident qu’il existait une différence presque conflictuelle sur cet aspect. Ça peut paraître exagéré quand on dit comme ça que d’un côté, il y a des gens qui sont dans la théorie et d’un autre côté, les autres dans la pratique. Ce n’est jamais vrai quand on tranche d’une façon aussi drastique mais on voit qu’il y a tout de même quelque chose là.

Alors je me suis plongé dans ce numéro de Troisième millénaire pour découvrir, entre autres, un entretien avec Vimala Thakar.

D'après :
THAKAR, Vimala
(propos recueillis
par ADAMS, Shanti).
" L'émancipation
spirituelle des
femmes –
Entretien avec Vimala Thakar ",

Troisième
millénaire,
N° 53, 1999.

  • L'émancipation des femmes selon Vimala Thakar

Vimala Thakar est une hindoue qui paraît avoir eu un cheminement très intéressant au plan spirituel. Elle s’interroge ici sur comment les femmes vivent la spiritualité.

 

" Il est très difficile
pour les hommes
de transcender
leur ego. "

" L’objectivation de la vie psychologique intérieure est extrêmement difficile pour les femmes, estime-t-elle. La femme a un rôle à jouer dans l’histoire humaine. Elle a été l’épouse, la mère, la sœur protégée par les autres et en particulier par les hommes. – Il faut dire que cette femme hindoue a été marquée par la indienne : car on dit dans cette tradition que la femme ne mérite pas la liberté.

" C’est même un principe de base, explique Vimala Thakar. Et j’ai le sentiment que peut-être aussi dans les autres pays elle n’a qu’un rôle à jouer. C’est un second rôle, elle est protégée par le mâle et elle ne demandait pas d’objectivité. Comme personne subjective, elle doit toujours réagir. L’homme doit agir, l’homme doit gagner sa vie; elle doit en prendre soin. Dans ce rôle secondaire, elle n’a jamais vécu pour elle-même en tant qu’être humain. Elle a vécu pour les parents, pour le mari, pour les enfants, pour la famille.

" L’institution familiale a survécu au prix de la femme. "
Tout ça, on le savait.
Mais c’est intéressant de l’entendre dire par une femme
qui s’interroge justement sur le cheminement de la femme au plan spirituel.

 

" Donc la liberté intérieure de l’objectivation de ses propres émotions, ou le fait de percevoir la situation avec une totale objectivité, est quelque chose de difficile pour les femmes, de très difficile. Alors que l’homme trouve l’objectivation aisée. Mais il est très difficile pour les hommes de transcender leur ego. Les femmes, par leur force émotionnelle et leur intégrité émotionnelle, peuvent plus facilement que les hommes aller au-delà de leur ego. L’homme peut objectiver plus vite, plus facilement que la femme. "

À celui qui l’interroge, elle dit :
" Vous êtes dans la vérité quand vous dites que les femmes se retirent dans un isolement psychologique avec une grande facilité. Elles ont le sentiment que, de cette façon, elles peuvent protéger leurs sentiments et leurs observations. –
Je reconnais ça chez la femme quand on me le dit clairement comme ça. – Et cela est un défaut, parce que ce retrait, cette action de se retirer, cette retraite dans leur coquille, les empêche d’assimiler l’essence même des enseignements. Elles doivent accepter le monde, elles doivent accepter tout ce qui se passe dans leurs interactions et être présentes. " C’est partir de ce qui est et non partir de ce qui pourrait être, une formule qui pourrait résumer assez bien la réflexion de madame Thakar.

 

À propos de cette édition de Troisième millénaire
Je me réjouis fort que
Troisième millénaire ait consacré tout un numéro à cette question des voies de femmes, des cheminements de femmes. Grâce à ce numéro du magazine, j’ai fait quand à moi des découvertes très intéressantes. Je vois qu’il s’agit du même enseignement véhiculé, mais parfois avec des nuances dans la façon de l’aborder et qui sont très significatives. Je retrouve, par exemple, le langage non dualiste dont je vous ai parlé à plusieurs reprises chez Jannicke Wiel.

D'après :
WEIL, Jannicke.
" Simplement,
vivez-le! ",
Troisième
millénaire,

N° 53, 1999.

 

Nous sommes
déjà le Soi
universel. "

  • Le langage non dualiste de Jannicke Wiel

On dit ici, en présentation de son article intitulé " Simplement, vivez-le! " :

" Yannicke Wiel remet en question le rôle de l’effort et de la discipline en tant qu’élément d’une vie spirituelle non dualiste – c’est-à-dire que l’esprit n’est pas plus à l’intérieur qu’à l’extérieur, il est partout. – Alors que nous sommes déjà le Soi universel, tout effort en vue d’atteindre la réalisation du Soi vient alimenter l’idée que nous ne sommes pas déjà le Soi et nous maintient hors de portée du ‘ But ’ – car nous sommes déjà le But.

" Par une compréhension psychologique plutôt que métaphysique ou mystique de l’esprit de l’essence d’une pratique non dualiste, Jannicke Wiel montre comment on peut vivre une vision non dualiste par une présence libre d’effort. " Comme si ça allait de soi, pour résumer le propos. C’est hautement tripatif me semble-t-il.

 

Je note que beaucoup de ces femmes sont des Américaines.
J’allais dire que c’est assez surprenant, peut-être parce que je n’étais pas ouvert au fait que j’allais découvrir que plusieurs Américaines se sont engagées sur la voie spirituelle. J’ai l’habitude de femmes qu’on retrouve plutôt dans l’Histoire, comme
Hildegarde de Bingen.

D'après :
Troisième
millénaire
.
" Hildegarde
de Bingen :
Une voie féminine
au Moyen Âge ",

Troisième millénaire,
N° 53, 1999.


" Quant aux rochers de la terre, ils sont comparables aux os de l’homme "

  • Hildegarde de Bingen : microcosme et macrocosme

Hildegarde de Bingen nous enseigne, entre autres choses, qu’il y a une analogie profonde entre le macrocosme et le microcosme et que dans la nature, déjà la présence divine s’y trouve.

" Ce qui, dans les bois et dans les arbres, sert à faire des cordes, correspond aux veines de l’homme. Quant aux rochers de la terre, ils sont comparables aux os de l’homme, et l’humidité des roches à la moelle des os. […] Les pierres avec lesquelles on recouvre les toits correspondent aux ongles… "

" La voie féminine de la philosophie occidentale, depuis trop longtemps oubliée, revient au moment où la science et ses techniques exclusivement masculines ont jeté l’humanité pensante dans des problèmes écologiques, sociaux et politiques toujours plus globaux ", écrit un exégète qui a traduit ce texte de Hildegarde de Bingen, née en 1098.

" Les traductions et les études récentes d’œuvres originales comme celle de Hildegarde de Bingen indiquent bien un tournant vers une nouvelle alliance, qu’une connaissance expérientielle de nous-même nous permettra de réaliser. "

Sur Hildegarde de Bingen : http://www.multimania.com/historel/moyenage/index_personnages.html

D'après :
GUESNÉ, Jeanne.
" Du savoir au
connaître",

Troisième millénaire,
N° 53, 1999.

" Nous abordons
‘ à l’autre rive
de l’Océan
de l’être au cœur
de nous-mêmes ’. "

  • Jeanne Guesné : le voyage intérieur

Il y a Jeanne Guesné également dont je vous ai parlé à plusieurs reprises. C’est vraiment un être important que Madame Guesné qui nous dit que :

" Le voyage intérieur est sans doute la plus saine et la plus passionnante des aventures offertes aux Occidentaux du 21e siècle. Les Orientaux ont plusieurs millénaires d’avance sur nous. Selon l’expression de leurs sages, nous abordons ‘ à l’autre rive de l’Océan de l’être au cœur de nous-mêmes ’. Là se révèlent des horizons inconnus où le Sacré, le Cosmique et l’Humain sont d’une même clarté. "

D'après :
CHOISY, Maryse.
" Je pense donc
je ne suis pas",

Troisième millénaire,
N° 53, 1999
  • Maryse Choisy : la synthèse de la science et de la spiritualité

Maryse Choisy, anthropologue, psychologue, sociologue qui s’intéresse à la synthèse de la science et de la spiritualité.

" L'Être est. Dès que je ne pense pas, je permets à l'Être en moi d'être. Je ne pense pas, donc je suis ", écrivait-elle dans L'être et le Silence, paru aux Éditions Mont Blanc en 1965.


En somme, on est en très bonne compagnie
dans ce N° 53 de Troisième millénaire.

 


Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.