| Émission du mardi 7 mars 2000 | |||||
| Aujourd’hui, c'est Mardi gras | |||||
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Je ne sais pas où vous en êtes avec le calendrier, et si ça a encore un sens pour vous, mais nous sommes aujourd’hui le Mardi gras. Demain, ce sera donc le Mercredi des cendres. | |||
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L’altruisme participatif : | |||||
| Le hasard, qui fait souvent bien les choses, m’a permis de tomber sur un article que j’ai trouvé très intéressant. Il s’agit d’une question que j’ai soulevée passablement dans les années qui précèdent : l’altruisme. Comme vous le savez, j’ai beaucoup parlé de l’importance de la coopération et de l’entraide, qui sont des facteurs d’évolution individuelle et aussi collective, et qui ont joué un rôle plus important que la compétition, apparemment. L’altruisme participatif est un concept qui n’existait pas vraiment comme tel jusqu’ici. Maintenant, on sait que c’est une question d’engagement et qu’en deçà ou au-delà du gouvernement et de la Loi, il y a une société civile qui appelle l’engagement de l’individu. | |||||
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" Le propre de l’altruisme participatif est d’être un altruisme sans autrui, écrit Serge Moscovici dans la récente édition de Sciences Humaines. Il ne s’adresse pas à tel ou tel individu qu’on distingue de manière subjective, mais à la communauté dans son ensemble, quels qu’en soient les participants. S’il y a un autre pour chacun, c’est bien le ‘ nous ’ qui lie les membres de la famille, les fils d’une même nation, les fidèles d’une église, etc., ce ‘ nous ’ auquel on sacrifie et par lequel on se sent rehaussé. " On comprend du même coup que cet altruisme vise à soutenir un lien particulier et qu’on ne peut pas vraiment le rompre. Sortir de ce lien, même de manière temporaire, par l’exil, équivaudrait d’une certaine façon à cesser d’exister. Car il s’avère du point de vue psychique comme du point de vue culturel, qu’il est impossible de quitter sa nation, sa famille ou parfois son église – on peut s’en éloigner, mais pas la quitter ou en sortir –, comme on quitte un cercle professionnel, une association d’affaires, et même de rompre une liaison amoureuse, mais on ne peut quitter sa nation ou sa famille. Pour le simple motif qu’on n’a ni nation ni parents de rechange. " | ||||
| " La meilleure façon, peut-être, de définir l’altruisme participatif est de dire que le soi et l’autre ne sont pas vraiment distincts " |
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| " C'est pourquoi la meilleure façon, peut-être, de définir l’altruisme participatif est de dire que le soi et l’autre ne sont pas vraiment distincts, poursuit l'auteur dans son exposé. Ils se remplacent l’un l’autre en changeant constamment de position, comme les parents et les enfants dans le cycle de la vie. Au point où altruisme et amour se fondent, on ne sait plus distinguer ce que l’on fait ‘ pour l’autre ’ de ce que l’on fait ‘ pour l’amour de l’autre ’. " | |||||
| " Ce
que l'on fait en |
" La confiance qui naît dans toutes ces occasions peut s’accompagner de gratitude, de sympathie ou d’empathie du côté positif, et de déception, du côté négatif, explique plus loin S. Moscovici. C'est à ce propos que nous parlons d’altruisme fiduciaire, car ce que l'on fait en faveur de l’autre dépend du degré de confiance ou de méfiance que les individus perçoivent ou veulent établir entre eux. La conséquence de tout ceci est que du point de vue psychologique, les interactions sont abordées sous le signe de l’incertitude. " Comme vous voyez, ce n’est pas simple. Au moment où les points de repère éclatent au niveau du calendrier, on perd un peu la conscience des repères dans le temps, et c’est de plus en plus le cas, me semble-t-il d’ailleurs. Il est tout de même nécessaire de prendre conscience de valeurs communes et c’en est une. | ||||
L’altruisme participatif, c’est aussi une façon de parler de notre engagement individuel dans la société civile. À ce propos, voici ce qu'en dit Serge Moscovici. " L'ampleur de contributions aux organisations humanitaires (Médecins du monde, Médecins sans frontières, Unicef, etc.) qui interviennent un peu partout dans le monde est, depuis quelques années, devenue surprenante. Ces associations expriment en fait, de manière institutionnelle, cet altruisme fiduciaire de millions de personnes envers des hommes, des femmes, des enfants en détresse que l’on veut aider […]. Toutefois les choses sont plus complexes qu’on pourrait le croire, explique l'auteur. Plusieurs études citées ont mis en évidence un fait : les sentiments de culpabilité et de tristesse accroissent la volonté d’aider. " | |||||
| C’est intéressant. " Point n’est besoin de chercher bien loin pour en connaître la raison, poursuit Moscovici. Notre propre misère nous rend plus sensible aux misères d’autrui. Et l’altruisme fiduciaire contribue surtout à satisfaire notre ego ", et à nous apaiser. Parce qu’en faisant quelque chose, on a le sentiment d’être utile, entre autres. " La
misère de la victime Bref, quand vous vous portez mal, que vous êtes dans une situation de détresse, la véritable solution qui s’offre à chacun de nous, c’est de s’occuper des autres. Voilà la clé. | |||||
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| Loterie : ambitions économiques VS conséquences sociales | |||||
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Je vais aborder encore une fois une cause perdue : les jeux de hasard. De temps en temps, je reviens sur cette question, car je ne cesse d’accumuler de l’information sur la loterie et l’horreur du phénomène. En particulier, j’ai découvert récemment des articles qui font état de ce que les jeux de hasard ont gagné les écoles. Les enfants s’y mettent maintenant et avec beaucoup de sérieux.
Ce que je vais vous raconter maintenant est écrit partout. J’apprends, par exemple, dans un récent article du Devoir signé Hélène Baril que : " Loto-Québec croit avoir trouvé un moyen de vendre des billets de loterie à ceux qui n’en achètent jamais en les transformant en jeux vidéo sur cédérom – une pratique de plus en plus répandue. – La première de cette nouvelle génération de loterie sera mise en vente la semaine prochaine, disait-on il y a de cela trois semaines, mais elle suscite déjà la controverse à cause de l’attrait que les jeux vidéo exerce chez les jeunes ", bien sûr. La journaliste relate dans son article que le vice-président de la société d'État, Jean Royer, dit que cette nouvelle loterie " a été conçue pour rejoindre une clientèle entre 30 et 40 ans, au niveau d’éducation élevé et assez nantie pour avoir un ordinateur. Bref, une tranche de la population qui achète rarement des billets de loterie. " " Quant à la pression
que pourraient subir les parents " La société d’État a vendu pour trois milliards de dollars de rêve l’an dernier, dont 1,3 milliard est allé dans les coffres de l’État. Après le multimédia, Loto-Québec veut s’attaquer à Internet ", nous prévient-on. Rien de moins… Vous savez qu’il y a une filiale de Loto-Québec qui s’appelle Ingénio, responsable de la recherche et du développement. On dit ici que : " Ingénio veut mettre en marché quatre différentes loteries-jeux par année et vendre dans le monde entier son concept breveté. " C’est du sérieux! Les affaires sont les affaires. L’économisme règne et l’explication est toujours une question de sous. À part ça, tout va très bien, Madame la Marquise... Mais cela crée un certain nombre de problèmes. | ||||
PELLETIER, Réal. " Le jeu, composante de la culture ", La Presse, 28 novembre 1999. |
Par exemple, dans sa revue de presse hebdomadaireque publie Réal Pelletier dans La Presse, il souligne que : " Au Québec, le joueur compulsif peut désormais prendre son pied dans 4 175 débits d’alcool qui abritent plus de 15 000 appareils de vidéopoker disséminés dans tous les quartiers des villes et dans les moindres villages. C’est, sans limite, une haute voltige mentale – et financière – sans aucun filet de sécurité ", commente l'auteur. " Un
peu partout prend forme l’addiction au jeu chez les jeunes, | ||||
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" Entre 10 et 14 % des jeunes Américains âgés de 15 à 20 ans offrent les caractéristiques de joueurs compulsifs en puissance " |
" Le Chicago Tribune s’est penché sur le phénomène, poursuit R. Pelletier, et a déterré une étude de l’école de médecine de Harvard révélant qu’entre 10 et 14 % des jeunes Américains âgés de 15 à 20 ans offrent les caractéristiques de joueurs compulsifs en puissance. Pour assouvir leur passion, les joueurs compulsifs volent, font le commerce de la drogue, ont recours aux cartes de crédit des parents et trichent leur employeur. Certains se suicident. " " Au Québec, on
a enregistré jusqu'ici 16 cas connus de suicide Ce qui m’agace là-dedans, c’est que la compulsion au jeu est une maladie et qu’on ne s’en rend pas toujours compte. Évidemment, ça peut être un plaisir, car c’est agréable de voir comment on va réagir à la perte d’argent [rires], parce que finalement, ça se solde presque toujours par une perte. Vous me direz qu’il y a des gens qui gagnent…. | ||||
ROSE, José. " Les structures du hasard – Faites vos jeux! ", Sciences et Avenir, Hors-série, mai 1996. |
" ‘ Le lot : 100 % des gagnants ont tenté leur chance ’ ", relate d'entrée de jeu José Rose, professeur d'université, dans l'introduction d'un article paru dans Sciences et Avenir. Toutefois… " Derrière cette lapalissade, se dissimule un pourcentage dissuasif : seuls 0,0000001 % de ceux qui ont tenté leur chance ont gagné le gros lot, ajoute-t-il. Mais la psychologie du joueur consiste non pas à tenter sa chance, qui est prévisible, mais la chance qui est imprévisible. Il joue l’extraordinaire contre l’ordinaire. " Je pense qu’il y a une recherche de merveilleux
là-dedans. | ||||
Sous la plume de Jacques Dufresne et celle du philosophe Gary Caldwell, je trouve cette réflexion tripative concernant toujours la loterie : " Selon la sagesse traditionnelle du Tibet, le signe qu’une dynastie est proche de sa fin, est qu’elle a recours à des casinos et des loteries pour remplir les coffres de l’État. Nos démocraties en sont là. L’heure n’est-elle pas venue pour elles de réviser leurs principes? " S’il
n’est pas trop tard… | |||||
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| Dans cet article de Vieillir (une publication de L'Agora), signé par Pierre-Paul Roy, j’ai retenu un point intéressant : on parle de la " pathologie de l’espoir ". L’auteur nous apprend que l'expression est de Robert Goodman, l’auteur d’un ouvrage qui s’intitule The Luck Business : The Devastating Consequences of Broken Promises of America’s Gambling Explosion(" L’entreprise de la chance : Les conséquences dévastatrices des promesses non tenues de l'explosion américaine de la gageure "). Ce sont tous des mots qui seraient aussi valables en français. Dans cet ouvrage, il est question nous dit M. Roy de " l’explosion du jeu légalisé comme la plus récente d’une série de tentatives désespérées pour trouver un remède magique destiné aux économies malades ". " Pour Goodman, le jeu légalisé s'avère n'être pas meilleur que ses prédécesseurs et, comme eux, il crée plus de problème qu'il n'en résout, explique l'auteur de l'article. Goodman est cinglant, poursuit-il, en regard des illusions économiques sous-jacentes au ‘ McGambling ’ : en légalisant le jeu et en faisant la promotion de leurs propres loteries, les gouvernements encouragent ce qu'il appelle ‘ la pathologie de l'espoir ’, participant ainsi à la transformation de la nation industrielle la plus puissante sur Terre en une économie de chasseurs de trésors (Scavenger Economy). "
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PERREAULT, Mathieu. " L'abstinence : le seul remède? " La Presse, 28 avril 1998. |
Pour aider les joueurs compulsifs, il existe maintenant des cliniques. Par exemple, voici ce qu'en disait Mathieu Perreault dans La Presse : " À la clinique externe pour joueurs compulsifs de l’Université Laval, les joueurs suivent tout d’abord des cours de statistiques pour bien comprendre les lois qui gouvernent le jeu. Puis on enregistre les commentaires du patient alors qu’il joue. Le patient – dans ce cas-là le joueur compulsif – doit ensuite identifier 80 % des verbalisations inadéquates qui traduisent sa conviction qu’il contrôle le jeu. " Je vous ai mis sur une piste tout à l’heure quand je mentionnais qu’il n’y a que 0,0000001 % de ceux qui jouent à la loto qui gagnent le gros lot. J’ai eu l’occasion de voir ces grands tableaux préparés par des mathématiciens pour nous montrer à quel point on se couvre de ridicule quand on pense gagner aux loteries. Mais ce qui est curieux ici, c’est de voir qu’il y a une volonté, plus inconsciente que consciente, d’exercer un contrôle, comme si on se disait : " Moi, je suis le plus fort! " Et quand on perd, on va essayer et essayer de nouveau pour forcer la main du destin.
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PELLETIER, Réal. " Le jeu, composante de la culture ", La Presse, 28 novembre 1999. |
L’historique du jeu en Amérique, au fond, c’est bien anodin. Comme le note Réal Pelletier, ça a commencé avec les bingos, vous vous rendez compte? " Les églises protestantes américaines ont toujours exprimé ouvertement leur méfiance à l’égard de ce jeu – et des jeux en général –, ce qui n’a pas empêché, signale le Los Angeles Times, une église baptiste de Biloxi, au Mississippi, de vendre cet été sa propriété pour 7,5 millions $ US à l’Hôtel Beau Rivage, phare de cette nouvelle Mecque du jeu sur la côte du Mexique. " | ||||
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Ça a commencé avec |
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Si vous avez l’habitude d’écouter cette émission, vous avez pu remarquer que j’ai un petit côté, disons, assez contestataire. Vous comprendrez donc à ce qui suit que je me suis pas mal fendu la pipe récemment à force de rigoler à propos de l’affaire du Virtual Island Casino. Ça vous dit quelque chose? Il s’agit de ce jeune homme de Québec de 32 ans, qui s’appelle René Deschênes, qui fait rouler le premier casino virtuel du Québec. Et voici le plus intéressant : pour déjouer les lois canadiennes sur les loteries, il a choisi d’implanter son casino virtuel à Nassau, au Bahamas. Il a choisi ce lieu car tout le reste des activités de son entreprise, Virtual Entreprise, se déroulent en plein cœur de la Vieille Capitale. | |||||
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| " René Deschênes a eu le tour de trouver une brèche dans le monopole juridique de Loto-Québec et de son impressionnante machine a imprimé des billets verts ", dit Carlos Soldevida dans un article du Voir qui porte précisément sur ce phénomène. " Et, faute de législation adéquate, rien ne laisse croire qu’il sera contraint de cesser ses activités avant longtemps. Tout semble, au contraire, lui sourire puisqu’il vient de vendre 51 % des actions de Virtual Enterprise à un holding financier du Texas, ce qui devrait permettre l’inscription de son entreprise à la Bourse de New-York au printemps prochain. " Ce qui n’est pas rien! " ‘ J’ai eu l’idée sur le bord de la piscine, dit René Deschênes, en riant, depuis ses bureaux de Québec. Quand j’en ai parlé à mes avocats et à mes amis, on m’a dit que j’étais un petit comique! On me disait aussi que je n’avais pas le droit de lancer ainsi un casino au Québec et que je devrais déménager le serveur. C'est ce que j'ai fait! " " Monsieur Deschênes trouve tout simplement ‘ stupides ’ les lois québécoises sur les jeux de hasard relate le journaliste. – Mais il a bien tort puisqu’il est capable de les contourner. C’est lui qui est le plus brillant là-dedans. – ‘ Je ne comprenais tout simplement pas, dit-il. D’un côté, tu peux te brancher sur Internet à la maison et jouer à un casino virtuel basé aux États-Unis ou ailleurs; d’un autre côté, je n’ai pas le droit d’avoir un serveur avec un casino ici. ’ " Évidemment, les responsables de Loto-Québec n’ont pas aimé ça car ils ont l’impression que ce jeune homme marche un peu dans leur plate-bande, pour ainsi dire. Qui croyez-vous qu’ils ont contacté pour les aider? Vous aller rire. Comme quoi, dans les cas de détresse, on n’a pas d’ennemis. Ils ont fait appel au ministère de la Justice… du Canada [rires] pour discuter de la situation impliquant Monsieur Deschênes. " ‘ Nous n’avons pas encore entrepris de démarches légales, mais nous avons fait savoir au ministère de la Justice qu’il faudrait que la situation soit éclaircie et intégrée dans le Code criminel canadien ’, explique le responsable pour Loto-Québec. […] Mais cela ne tourmente pas Monsieur Deschênes outre mesure, poursuit le journaliste. ‘ Imaginons qu’ils passent une loi : qu’est-ce qu’ils vont pouvoir faire? Ça fait des années que les gouvernements dénoncent la pédophilie sur le Net, et pourtant on en trouve encore plein! Mon entreprise au complet repose sur une disquette grosse comme un rien. Et nous avons des back-ups (copies de sauvegarde) sur trois continents. Même s’ils me fermaient à Nassau, je m’en irais à Saint-Kitts, et s’ils me fermaient là, je m’en irais à Gibraltar! Il y aura toujours une république de bananes qui sera intéressée à m’avoir pour que j’y crée de l’emploi. ’ " Puis le Québec n’est sûrement pas contre les républiques de bananes. Entre républiques de bananes… Au départ, il y a des gens qui font preuve de bonne volonté mais quand ils disparaissent du système, ça commence à se gâter si les personnes qui leur succèdent n’ont pas la même vision qu’eux. Voici, par exemple, ce que David Clark, directeur de Loto-Québec cette année-là, déclarait en 1984 : " Nous avons atteint un point de saturation. Si nous poussions la machine des loteries plus loin, cela entraînerait inévitablement des problèmes socio-économiques. " C’est pourtant exactement ce qu’on a fait depuis… | ||||
| 35 % des jeunes |
Vous m’aurez pardonné de revenir sur cette question, mais ce qui m’a amené à le faire, c’est de voir l’importance que le jeu prend maintenant dans la vie des jeunes. Au Québec, 35 % des jeunes Québécois de 17 ans et moins, jouent au moins une fois par semaine aux jeux de hasard vendus par Loto-Québec. À un point tel que, depuis novembre dernier, le gouvernement québécois interdit la vente de billets aux mineurs. | ||||
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" Des enfants ont grandi en prenant l’habitude de jouer à la loto… Et le gouvernement n’a pas abandonné les jeunes pour autant : il veut toujours rajeunir sa clientèle, exactement comme le font les compagnies de tabac dont il dénonce pourtant les pratiques. La principale différence, c’est que les compagnies de tabac sont contrôlées : elles ne peuvent pas faire ce qu’elles veulent, comme diffuser des pubs trop explicites, par exemple. Mais pour le jeu, il n’y a aucune restriction parce que c’est le gouvernement qui décide ", écrit Nicolas Bérubé dans un autre article du Voir. Je trouve ça absolument…!
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L’effet boomerang des régimes alimentaires : une question de mental | |||||
APFELDORFER, Gérard. " Pourquoi les régimes font grossir ", Psychologies, février 2000. |
Je ne suis pas très fier de ce que je vais vous dire… je dois vous avouer que je ne suis jamais parvenu à aller jusqu’au bout d’un régime alimentaire ou d’une diète. Je suis de ceux qui, à un moment, ont beaucoup maigri en faisant des efforts considérables. Je prenais, à une époque, des enveloppes de protéines trois fois par jour. Bien sûr, je pouvais manger du céleri à volonté, il n’y avait pas lieu de se plaindre. Ça croque sous la dent, ça nourrit. Boire de l’eau aussi à volonté. Et beaucoup soupirer… ça fait perdre quelques calories de plus. On dit dans l'introduction d'un article sur les régimes de l'édition de février de Psychologies que 80 à 95% des gens qui perdent du poids le reprennent dans les 5 ans. Ça m’a fait un petit pincement au cœur quand j’ai pris connaissance de cette information. Ça m’a rappelé, qu’effectivement, je fais partie de ce groupe-là puisque j’ai perdu 56 livres à un moment et que j’ai repris du poids par la suite. | ||||
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On baisse la garde |
Les psychologues qui se penchent sur la question des régimes ne pourront jamais se relever tellement il faut se pencher profondément… [rires] D’après eux, c’est " l’hypercontrôle alimentaire et mental ", que la plupart des méthodes amaigrissantes imposent, qui serait la cause de la très grande difficulté de suivre un régime alimentaire et d'y tenir. Parce qu’après avoir perdu un peu de poids, il faut adopter un rythme de croisière. On se surveille puis tout à coup, on se sent frustré et alors on bascule dans l’excès à la moindre tentation et au moindre blues. On baisse la garde et on se lance dans la compulsion alimentaire parce qu’on s’est coupé de ses désirs. Par exemple, quand on suit un régime, on nie ses goûts : " Moi, de toutes façons, les pommes de terre, je n’aime plus ça! Et les croustilles non plus! ", etc. Celles avec du vinaigre et du sel surtout, est-ce assez bon? Mais on se dit : " Non, non, je n’aime plus ça! " Souffrons en chœur… En se coupant de ses désirs, on adopte un état
mental rigide. | ||||
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Cet état d’esprit crée une frustration et à un moment, la frustration fait qu’on va basculer dans l’excès. On retombe ensuite dans la compulsion alimentaire. Alors où est la solution? Il y a, bien sûr, l’exercice physique, mais la solution qu’on préconise de plus en plus est la suivante : mieux vaut manger de tout, mais en plus petite quantité. Ça marche, jusqu’ici en tout cas… [rires] Mincir durablement nécessite
une remise en question, | |||||
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Si je vous fais ce petit sermon-là, du moins pour ceux qui veulent perdre du poids, c’est que le Carême commence demain matin. Pas besoin d’être croyant pour manger un peu moins pendant 40 jours, vous savez. Puis à Pâques, vous vous bourrerez la face dans le chocolat…
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