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Émission du mardi 21 mars 2000
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La journée internationale des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale | |||
| L’être le plus extraordinaire que vous ayez rencontré | |||
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Si je vous demandais – et tentez de répondre pour vous-même, je vous prie – à cette question : quel est l’être le plus extraordinaire que vous ayez rencontré? Je tiens à préciser tout de suite que, dans mon esprit, il n’était pas question que ce puisse être moi. En cherchant dans votre mémoire pour répondre à cette question, vous allez vous apercevoir d’une chose : que l’être le plus extraordinaire que vous ayez rencontré est une personne qui devait se définir au niveau des qualités du cœur, au niveau des sentiments, de son action auprès des autres, de la société, de la collectivité. Un être de courage, de compassion. Un modèle de générosité, un mentor en quelque sorte. Et aussi un être dont les valeurs sont hautement tripatives. Bref, un être qui ne connaît non pas le prix des choses, mais leur valeur. | ||
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John Howard Griffin : | |||
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Si j’avais à rédiger la populaire rubrique du Readers’ Digest, " L’être le plus extraordinaire que j’ai rencontré ", ce serait pour parler de la personne qui est probablement la seule au monde à pouvoir affirmer :
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John Howard Griffin est un Américain né au Texas qui a un jour décidé que le système d’éducation des États-Unis ne répondait pas à son attente, parce que la part faite aux humanités lui semblait insuffisante, et trop faite pour la spécialisation. Il a donc choisi de poursuivre ses études en France, alors qu’il n’avait que 16 ans, et comme il ne parlait pas encore français, il s’y est mis. Puis, il a complété ses études de médecine, toujours en France, et s’est orienté ensuite vers la psychiatrie. Détail intéressant : il s’est initié chez les Bénédictins de Solesmes à l’influence de la musique dans le traitement de la folie, et devint une autorité en matière de chant grégorien. La Seconde Guerre mondiale l’a surpris alors qu’il était attaché au service psychiatrique d’un petit hôpital de province en France. Au moment de l’exode, le directeur de ce service fut obligé de fuir les nazis parce qu’il était juif, c’est donc John Howard Griffin (car c’est de lui dont je parle), qui en assuma la relève pendant quelques mois. À cette époque, il était âgé de 26 ans. Il appartiendra à un moment à un réseau de la résistance en France, puis il va rejoindre l’armée américaine dans le Pacifique pour revenir plus tard en Europe, quelques jours à peine avant la fin des hostilités. En pleine action, il est atteint par un éclat d'obus. Puisqu’il est médecin, il sait très bien à quoi s’en tenir : dans quelques mois à peine, il aura perdu la vue. En attendant, il s’intéresse à la photographie et la dernière photo qu’il a développée avant la cécité est celle de la cathédrale de Reims par temps pluvieux. | |||
| Devenu
aveugle, il rentre aux États- Unis et entreprend des études philosophiques. |
Devenu aveugle, il rentre aux États-Unis et entreprend des études philosophiques. Il se marie et commence une carrière d’écrivain. Quelques années plus tard, il devient paralysé. Après quelques interventions chirurgicales, il surmonte sa paralysie et un peu plus tard, recouvre la vue. | ||
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GRIFFIN, John Howard. Dans la peau d’un Noir, Éd. Gallimard, Coll. " Folio, 1962. |
John Howard Griffin est l’auteur de plusieurs romans qui ont été traduits en plusieurs langues. Il est considéré comme l’un des plus grands écrivains américains de sa génération. Parmi ses livres, c’est le dernier peut-être qui m’apparaît comme le plus important, qui s’intitule Black Like me. Le titre en français est Dans la peau d’un Noir, paru chez Gallimard (1962, Folio). | ||
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John Howard Griffin s’est intéressé activement à la condition des Noirs dans le sud des États-Unis et, à un moment, afin de se rendre compte de la situation, il a décidé de devenir lui-même Noir, et de tenter avec ses papiers officiels traficotés par le FBI – parce qu’il avait toutes les qualifications voulues pour enseigner dans une université –, de voir quelles seraient les réactions des gens, dans un monde universitaire, quand ils s’adressent à un Noir. | ||
| John Howard Griffin est devenu un Noir au milieu des Noirs des États-Unis pendant sept semaines. | Il a réussi à devenir Noir de la façon suivante : sous la surveillance d’un médecin (n’oublions pas qu’il est lui-même médecin, donc il savait de quoi il retournait) il a absorbé de fortes doses d’un médicament relativement dangereux, et aidé par l’action de rayons ultraviolets, il a réussi à changer la pigmentation de sa peau. Il a pris la précaution de raser ses cheveux, de dissimuler ses yeux clairs derrière des lunettes sombres, et John Howard Griffin est devenu un Noir au milieu des Noirs des États-Unis pendant sept semaines. Devenu noir, Griffin a pu connaître toutes les vexations que les Blancs infligent aux citoyens de deuxième classe, et les Noirs, qui le considéraient comme l’un des leurs, lui ont appris, par exemple, à ne pas regarder une femme blanche, de crainte d’être lynché. Il faut préciser ici qu’on est autour des années 50. L’expérience
de Griffin a fait couler beaucoup d’encre | ||
Je l’ai rencontré alors qu’il voyageait incognito quelque part au Mexique et je l’ai interviewé. Je me souviens qu’à l’époque, il comparait la situation faite aux Noirs par les Blancs aux États-Unis à celle des juifs sous le régime nazi au début de la Seconde Guerre mondiale… Heureusement, il semble y avoir eu de l’amélioration depuis. Entre-temps, il avait recouvré la vue et était devenu photographe. Ce qui n’est pas banal. Entre autres choses, il nous a entraîné, les membres de l’équipe de Radio-Canada et moi, dans des lieux extraordinaires, à Tzin-Tzun-Tzan, en particulier, où on a pu filmer, pendant que lui prenait des photos pour le National Geographic Magazine, des cérémonies du Vendredi Saint où les gens jouent tous les personnages de l’Évangile d’une façon extrêmement dramatique.
En quoi cet homme est-il, selon moi, le plus extraordinaire que j’ai rencontré? Simplement parce qu’il a été capable, par son exemple et par ses propos, de m’obliger à me poser des questions sur le racisme en particulier. Et c’est grâce à lui, finalement, que j’ai commencé à faire un certain travail sur moi-même et que j’ai relativement transcendé cette tendance naturelle à ne pas accepter ce qui est différent.
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Pour l’élimination de la discrimination raciale | |||
| BEN JELLOUN, Tahar. Le racisme expliqué à ma fille, Éd. du Seuil, 1998. |
Je vous tiens ces propos car c’est aujourd’hui 21 mars La journée internationale des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale, telle que proclamée par l'Organisation des Nations unies en mémoire des 69 étudiants sud-africains massacrés ce jour-là, en 1960, alors qu’ils manifestaient pacifiquement contre l’Apartheid. J’ai parcouru plusieurs ouvrages pour me rafraîchir un peu les sentiments sur cette question du racisme et j’ai retrouvé un petit livre fort sympathique, de Tahar Ben Jelloun, intitulé Le racisme expliqué à ma fille, qui fait partie d’une collection du Seuil. | ||
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Et
voilà le mot | Ici, sa fille lui demande : – " Dis, Papa, c'est quoi le racisme? " T. Ben Jelloun répond : – " Le racisme est un comportement assez répandu, commun à toutes les sociétés, devenu hélas! banal dans certains pays parce qu’il arrive qu’on ne s’en rende pas compte. Il consiste à se méfier, et même à mépriser, des personnes ayant des caractéristiques physiques et culturelles différentes des nôtres. " On pourrait élargir aussi la définition en ajoutant que l’homophobie, par exemple, est une forme de racisme. " Ce n’est pas parce qu’un comportement est courant qu’il est normal, poursuit l'auteur. En général, l’homme a tendance à se méfier de quelqu’un de différent de lui, un étranger par exemple. C’est un comportement aussi ancien que l’être humain; il est universel. Cela touche tout le monde. " On dit que le racisme est naturel, mais parce que c’est naturel, ça n’est pas une excuse parce que, depuis un bon moment (en calculant en milliers d’années), la culture a pris le dessus sur la nature dans notre évolution. Alors si vous pensez que ce qui est naturel est juste, pourquoi ne devenez-vous pas des barbares, puisque la barbarie c’est naturel? | ||
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Tahar Ben Jelloun fait observer un fait important que j’ai retrouvé chez tous les auteurs que j’ai consultés, à savoir que la nature spontanée des enfants n’est pas raciste. J’observe, par exemple, depuis quelques années, et en particulier chez mes petits-enfants, qu’ils ont beaucoup de facilité à se retrouver avec des jeunes de culture différente, de race différente, et qu’ils le font avec beaucoup d’aisance. Il faut dire qu’ils vivent en milieu urbain, multiculturel, où c’est plus courant de fréquenter des Noirs, des Asiatiques, etc. " Un enfant ne naît pas raciste, explique Ben Jelloun. Si ses parents ou ses proches n’ont pas mis dans sa tête des idées racistes, il n’y a pas de raison pour qu’il le devienne. Si, par exemple, on te fait croire que ceux qui ont la peau blanche sont supérieurs à ceux dont la peau est noire, si tu prends au sérieux cette affirmation, tu pourras avoir un comportement raciste à l’égard des Noirs. " L'auteur
revient plus loin sur la différence : " Le raciste est celui qui pense que tout ce qui est
trop différent de lui le menace dans sa tranquillité […], car il
a peur de ce qui ne lui ressemble pas. | |||
| " La
lutte contre le racisme doit être un réflexe quotidien " | Dans
sa conclusion, Tahar Ben Jelloun nous rappelle que : S’adressant toujours à sa fille, Ben Jelloun poursuit : " Il faudra arriver à éliminer de ton vocabulaire, des expressions porteuses d’idées fausses et pernicieuses. La lutte contre le racisme commence avec le travail sur le langage. " Comme elle m’a paru tripative, cette suggestion! | ||
TAGUIEFF, Pierre-André. Le racisme, Éd. Flammarion, Coll. " Dominos ", 1997. |
J’ai trouvé six bonnes réponses à cette question dans un ouvrage de Pierre-André Taguieff, philosophe et historien des idées, paru chez Flammarion dans la collection " Dominos ", et dont le titre est tout simplement : Le racisme. Dans le dernier chapitre, Pierre-André Taguieff essaie justement de répondre à cette question. " Posons sans détour la question d'apparence simple : pourquoi être antiraciste? Les réponses fondamentales à cette question ne peuvent être strictement d’ordre politique ou juridico-politique; elles mettent en jeu des présuppositions morales, métaphysiques et religieuses, ou théologico-religieuses. Car il s’agit de déterminer le fondement de l’action contre le racisme, et, partant, les fins de l’antiracisme. | ||
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" Je distinguerai six réponses théoriques ou spéculatives à la question ‘ Pourquoi être antiraciste? ’ ", de poursuivre Taguieff. Je vais les énumérer rapidement puis je vais revenir sur chacune d’entre elles brièvement :
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CONDORCET, Marie Jean Antoine Nicolas de Caritat, Marquis de. Esquisse d’un tableau des progrès de l’esprit humain, 1795. |
1. Au nom des lumières On retrouve chez Condorcet, l’un des pères du siècle des Lumières (18e siècle), qui croyait que l’être humain progressait et que les progrès futurs de l’esprit humain supposaient, entre autres choses, ces trois points importants :
Plus loin dans la Dixième Époque de son Esquisse d’un tableau des progrès de l’esprit humain, Condorcet porte un jugement sévère, non pas sur le racisme comme tel car il existe depuis toujours, mais sur le fait qu’à un moment, le racisme ait pris des proportions considérables lors de la colonisation de certains pays par d’autres nations. " Parcourez
l’histoire de nos entreprises et de nos établissements en Afrique ou en
Asie, vous verrez nos monopoles de commerce, nos trahisons, notre mépris
sanguinaire pour les hommes d’une autre couleur ou d’une autre croyance, l’insolence
de notre usurpation, l’extravagant prosélytisme ou les intrigues de nos
prêtres détruire ce sentiment de respect et de bienveillance que
la supériorité de nos lumières et les avantages de notre
commerce avaient d’abord obtenus. " Quelle était la démarche des Lumières selon Taguieff? Un discours humaniste " au nom de la Civilisation, du Progrès ou de l’Humanité vraie : pour lutter contre la barbarie et, plus ambitieusement, pour mettre fin à la Barbarie dans le monde des hommes ". 2. Au nom de la vérité scientifique " Deuxième réponse, au nom de la vérité, voire de la vérité scientifique et du progrès de la connaissance : pour lutter contre la puissance du faux et du mensonge. L’antiracisme se définit, et par là s’autofonde, comme un discours de vérité porté par le devoir de combattre les idées fausses, les jugements erronés, les raisonnements incorrects, les théories pseudo-explicatives et les pseudo-théories scientifiques. […] S'il est vrai qu’aujourd’hui rien ne permet, du point de vue de la génétique des populations, de découper l’espèce humaine en races distinctes définie de façon typologique (en tant que variétés bioculturelles de l’espèce), rien ne nous assure qu’il en sera de même demain. " On croit toujours qu’on les a gagné ces batailles, mais il faut être prudent… 3. Au nom du Bien " Troisième réponse, au nom du Bien, de la volonté
ou de l’espoir qu’advienne le règne du Bien, ce qui implique d’en finir
avec toutes les figures ou les causes du Mal ou du malheur humain, avec tout ce
qui divise et oppose les hommes, avec ce qui les blesse et les humilie, explique
Taguieff. L’antiracisme porté par l’idéal du bien de tous
les hommes serait donc en révolte contre un certain nombre de faits et
de phénomènes observables [...]. L’antiracisme moral prend alors
la figure d’un humanitarisme visant dans l'indistinction à assurer le bonheur
de tous les hommes, dans un monde enfin pacifié et fraternel. "
4. Au nom de l’évitement du pire Une raison d’ordre moral que Taguieff résume ainsi : " Éviter le pire, ou du moins en limiter les effets. Son fondement normatif est la volonté bonne d’abolir non plus tout le mal, mais ses pires manifestations. Le champ de l’intolérable n’est plus globalement caractérisé pour être totalement dénoncé et condamné, il est analysé en figures définies comme plus ou moins intolérables. […] D'où la vision d’une échelle graduée du plus intolérable au moins intolérable. " Vous savez, c’est à notre
époque qu’on aura connu ce qui est le plus intolérable. 5. Au nom de la paix et de l’égalité " La cinquième réponse à la question, écrit Taguieff, s'énonce au nom du devoir universaliste de réaliser à tout prix la paix et l’égalité, dans et par l’unification finale du genre humain. " 6. Au nom du droit de la différence " Sixième réponse, au nom de la préservation de la diversité et du respect des identités collectives : pour affirmer et maintenir les différences culturelles entre les hommes, pour défendre et illustrer le droit à la différence, pour faire que soient respectées les identités collectives (ethniques ou culturelles) – ce qui suppose, bien sûr, qu’il faut être antiraciste. – On suppose alors que la diversité culturelle est un attribut de la nature humaine, ou qu'elle fait partie de l’humanité de l’homme, de son essence. – Belle réflexion ça. – Il s’ensuit que l’effacement de la variabilité culturelle de l’humanité équivaudrait à une négation de ce qui fait la spécificité de l’humain, de ce qui donne au mode d’être des hommes la possibilité d’une existence dotée de sens et de valeur. […] " Une telle vision
anthropologique | ||
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La richesse de la diversité, par Albert Jacquard | |||
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Évidemment, on ne peut passer à côté de la réflexion de Albert Jacquard qui a pris position là-dessus, comme vous le savez. S’adressant particulièrement aux enfants dans ce petit ouvrage intitulé Tous pareils, tous différents, il dit : " ‘ Regardez les, les autres! Comment peut-on être comme eux? Ils sont tout noirs, ou tout jaunes ou tout blancs. Ils sont trop grands ou trop petits. Leurs cheveux sont crépus ou filasses. Ils sentent mauvais; pas étonnant avec ce qu’ils mangent. Quelle cuisine! Presque crue ou trop cuite, trop épicée ou fade, immangeable, écœurante. Quant à leurs façons de se comporter… décidément, ils sont insupportables. Comme je suis de nature bon et tolérant, je serais prêt à les traiter en égaux, mais je suis bien obligé de me méfier car ils sont menaçants ou, lorsqu’ils font semblant de ne pas l’être, c’est qu’ils sont sournois. – [rires] Il aurait fait un bon romancier ce Jacquard… – Finalement, la seule solution est de les éloigner ou de les dominer…. ’ " " Ainsi,
se manifeste le racisme, | ||
| Toujours dans ce petit ouvrage paru aux éditions Nathan, Albert Jacquard revient, lui aussi, sur l’importance de respecter la différence, ce qui prolonge un peu le propos de Taguieff. Car Jacquard considère la diversité comme une source irremplaçable d’enrichissement. Voici ce qu'il en dit : | |||
| Finalement,
l’autre me fait progresser et m’aide à me construire. |
" Une autre voie [que la guerre] existe. Elle consiste à considérer avec calme chaque conflit. On découvre alors qu'il peut être source d'enrichissement. Une opinion différente de la mienne, une façon de se comporter opposée à la mienne m’obligent à réfléchir. Je me pose des questions qui enrichissent mes façons de voir, de penser, d’agir. Finalement, l’autre me fait progresser et m’aide à me construire. Il ne s’agit pas d’adopter sans réfléchir des idées à la mode et d’être une girouette qui tourne aux quatre vents. Il s’agit seulement de s’offrir au monde extérieur, de rester attentif aux autres : bref, d’être prêt à comprendre, réagir, construire. " Le racisme ne sera vaincu | ||
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Le mécanisme de la tolérance et l'éveil de la compassion | |||
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Pour compléter un peu le propos sur le racisme, il faut comprendre le mécanisme de la tolérance. Et ce n’est pas tout à fait simple, je dois vous dire. Il y a trois niveaux.
Comment peut-on arriver à la fois
à accepter que les autres soient différents et trouver qu’ils sont
semblables à soi? Parce que nous partageons tous la même aventure.
C’est un peu " bouddhisant ", ce que je vais vous raconter
là, mais... | |||
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