Saison
1999-2000
Émission du mardi 28 mars 2000
 

Les cyborgs sont là

" Je vois des ‘ hyperobjets' sur lesquels il m’est possible de cliquer. "
Steve Mann, chercheur au MIT.


Photo: J.Balog/Contact press images

Voici un personnage qui porte en permanence de larges lunettes équipées de caméra et d’écran, ainsi que, cousus à ces vêtements, huit micro-ordinateurs

connectés à Internet. Il s’agit de l’un des premiers cyborgs du troisième millénaire.

 
  • Témoignage d'un cyborg

J’apprends que ce premier cyborg, du nom de Steve Mann est l'inventeur des wearables computers ou wearcomps pour les initiés, c’est-à-dire des petits ordinateurs à porter sur soi. Dans un autoportrait qu'il publiait dans la revue Technology Review, Steve Mann rapporte :

‘ Chaque matin je décide sous quelle forme je visualiserai le monde pendant la journée. Parfois, je me rajoute deux yeux derrière la tête – ça peut être utile, on ne sait jamais… – Ou alors, je m’octroie un sixième sens, comme la capacité de sentir les objets à distance grâce à la ‘ vibravest' que j’ai inventée. C’est une veste équipée de radars qui détectent les objets qui s’approchent et déclenchent alors des vibrateurs. Quand j’enfourche mon vélo, j’apprécie de pressentir les voitures qui arrivent dans mon dos.

‘ Les choses m’apparaissent différemment. Je vois des ‘ hyperobjets' sur lesquels il m’est possible de cliquer. Je peux faire des arrêts sur image pour éviter d’être distrait par ce qui ne m’intéresse pas. J’évolue dans un monde vidéo et beaucoup de gens se figurent que vivre à travers des écrans nous coupe de la réalité. Mais c’est l’inverse qui se produit : ces ‘ filtres visuels' m’aident à me concentrer sur ce qui est important, augmentent ma sensibilité et laissent libre mon imagination. Me fondre avec la technologie me fait atteindre un état de conscience plus élevé. "
Ce n’est pas sans difficulté tout de même, explique-t-il.

D'après :
PLÉVERT, Laurence.
" Cyborg, l'homme
augmenté ",

Eurêka,
N° 53,
mars 2000.

Photo: J.Balog/contact Press images

  • L'attirail du cyborg et sa perception de la réalité

Vous devriez les voir avec leur attirail! Au départ, ils ont l’air normaux comme à peu près tout le monde, sauf qu’ils portent un bandeau autour de la tête, système qui leur permet d’accrocher une petite caméra devant l’un des yeux. Ils ont un microphone également, qui ressemble au petit micro des téléphonistes ou des chanteurs populaires de maintenant. À leur ceinture sont attachées des pièces d’ordinateur qui leur permettent de se prolonger. Parce que, finalement, un cyborg c’est un individu prolongé par la technologie. Pour ceux qui connaissent la série Star Trek, vous remarquerez à quel point ils ressemblent au Borg, l’être mi-homme, mi-machine.

Je puise ces informations dans une revue scientifique de vulgarisation. On pourrait croire que cela provient d’un magazine à sensation, tellement c’est incroyable, mais il s'agit de Eurêka (mars 2000).

Steve Mann est un chercheur du MIT (Massachusetts Institute of Technology) qui dirige les expériences menées par ses élèves : c'est donc un personnage qui a pignon sur rue. Il a commencé en amateur, en s’attachant des appareils sur le corps et nous parle aujourd'hui de l'entraînement nécessaire pour s’adapter aux nouvelles perceptions de la réalité.

Par exemple, il nous parle du cerveau qui s’est habitué à traiter les difficultés puis à piocher l’information dans l’image unique bien que composée qui se forme dans son esprit. Quand tu as une caméra à la place d’un des yeux et que tu vois ce que cette caméra va aller chercher autour de toi, alors que l’autre œil est libéré, ton cerveau est obligé de faire une espèce de synthèse des deux. Il suffit, par exemple, que tu puisses avancer ou reculer cette image-là (le zoom) si à un moment une image t’intéresse particulièrement, ou encore tu " gèles " cette image pendant que l’autre œil va continuer de voir ce qu’il y a autour. Tout est enregistré et passe par Internet. Ça a l’air très bizarre, tout ce matériel collé sur eux, après leurs vêtements et sur leurs membres, avec des espèces de sparadraps comme ceux qu’on utilise dans le cinéma.

 

 

 

 

  • L'utilité médicale et les limites de la technologie cyborg

Pour répondre à la question : est-ce que ça peut servir à quelque chose?, je vous dirai qu’il y a une photographie, dans le magazine que j’ai consulté là-dessus, qui donne à comprendre comment ça peut être utile.

Sur cette photo, on nous montre un paraplégique en fauteuil roulant qui arrive à opérer un ordinateur par le regard. C’est très étonnant.

C’est l’un des usages qu’on va en faire de plus en plus rapidement, pour permettre à des gens qui n’ont pas tous les moyens mécaniques ou du système nerveux d’avoir une relation plus aisée avec la vie. Ça va très loin.

 

Photo: J.Balog/contact Press images
 

" Depuis plus d'un an, écrit Laurence Plévert, l'auteure de l'article, un Américain, Johnny Ray, vit avec une électrode plantée dans le cerveau qui, quand il se concentre, commande un ordinateur. Quand il pense : ‘ bouger le curseur', le curseur bouge! ‘ Ce n’est pas si surprenant. L’électricité est le langage de communication du corps humain' ", rappelle un spécialiste français. " Quand vous décidez de bouger un bras, poursuit la journaliste, votre cerveau génère des influx nerveux. La difficulté consiste à les capter et surtout à les décoder – pour ensuite les utiliser pour faire fonctionner une machine.

"' Aujourd’hui, nous savons envoyer des signaux électriques dans un seul sens : ce sont des impulsions de commande vers le cerveau ou les muscles. Même s’ils sont de plus en plus sophistiqués, ils s’apparentent encore à de gros coups de massue comparés aux véritables influx nerveux très subtils', résume Olivier Rémy-Néris, médecin au centre spécialisé de ré-éducation Calvé à Berk. " On avance tranquillement mais sûrement.

" Aujourd'hui, rapporte plus loin la journaliste, Johnny Ray parvient certes, à contrôler son ordinateur par l’esprit, mais sa commande est binaire : faire bouger le curseur ou non. Pourra-t-on un jour atteindre une gamme plus élevée de signaux de sortie? ", se demande-t-on.

C’est un peu comme pour les frères Wright quand ils ont fait voler leurs premiers avions. Savez-vous à partir de quelle technologie ont été fabriqués les premiers appareils? À partir de la bicyclette. Alors c’est un peu ce qui arrive maintenant.

On peut se poser la question : pendant que les machines s’humanisent, est-ce que l’être humain serait en train de se machiniser, si j’ose dire?
  • Réflexion sur l'avenir de l'homme-machine

" Personne ne peut prédire l’avenir du livre électronique, du téléphone portable à accès Internet ou des cyborg-lunettes ", souligne un spécialiste du domaine. Nous entrons dans un monde rempli de tripatifs mystères.

Cette question du prolongement du corps par la cybernétique ou par la technologie ça existe déjà dans la vie de nombreuses personnes parmi nous. Par exemple, les lunettes prolongent la vue, ou plus exactement l’aptitude de mieux voir.

Ce qui m’inquiète dans tout cela, c’est la tendance que l’homme a de finir par ressembler aux machines de son invention. On peut se poser la question : pendant que les machines s’humanisent, est-ce que l’être humain serait en train de se machiniser, si j’ose dire?

 


  
  Dix règles pour réussir sa vie


D'après :
CARTER-SCOTT,
Chérie.
Dix règles pour
réussir sa vie :
Si la vie est un jeu,
en voici les règles
,
Éd. Flammarion
Québec (J'ai lu, pour
l'édition française),
2000.

Dans les premières années de l’émission Par 4 chemins, j’étais à l’antenne assez généreux en propos puisés dans certains ouvrages qui portaient sur la croissance personnelle, le développement, les réflexions et techniques pour améliorer son quotidien, pour développer des qualités, etc. À ce moment-là, c’était la première ou la seconde génération d’ouvrages de ce genre associés au Nouvel Âge. Tout cela pour favoriser la progression de la sagesse et de la sérénité, disait-on. Mais depuis, j’ai un peu mis de côté ce genre d’ouvrages (même si j’en reçois régulièrement des distributeurs, des éditeurs) parce que je trouve qu’il y a une répétition, que ça devient redondant, qu’il y a même une certaine forme d’infantilisation dans certains cas. Bref, j’ai tendance à ne pas m’engager sur cette voie. Sauf que parfois, il m’arrive de tomber sur des ouvrages où je me dis qu’il y a vraiment quelque chose là et qu’il faudrait en parler.

Par exemple, j’ai trouvé ce livre qui est publié chez Flammarion Québec au Canada (paru en France aux éditions J’ai Lu) dont le titre est Dix règles pour réussir sa vie : Si la vie est un jeu, en voici les règles. L’auteure se nomme Chérie Carter-Scott. Les dix règles en question, qu’elle met en pratique et qu’elle enseigne dans des ateliers, m’ont semblé intéressantes. Je vais donc vous les communiquer.

  1. Règle numéro un : " Apprenons à vivre avec notre corps. "
    La première règle, c’est l'acceptation, l'estime de soi, le respect, le plaisir.

  2. Règle numéro deux : " Acceptons les leçons de vie qui se présentent. "
    Au fond, toute la vie est pleine de leçons et il n'y en a pas de mauvaises. Elle suggère l'écoute – d'être présent davantage à la vie –, le choix, la justice, la grâce.

  3. Règle numéro trois : " Nos erreurs ne sont pas des fautes "
    Sa suggestion : la compassion, le pardon, l'éthique, le sens de l'humour qu'il faut développer également.

  4. Règle numéro quatre : " Une leçon se répète tant qu'elle n'est pas apprise. "
    Alors celle-là… je puis vous dire, à mon âge, que c'est donc vrai ça! Pour moi, en tout cas. Il y a des leçons que je n'arrive pas à comprendre, et chaque fois, je me fais reprendre dans les mêmes filets, me retrouve dans les mêmes ornières, en faisant les mêmes bêtises, en ayant les mêmes réactions, créant ainsi les mêmes malentendus, etc. Parce que je n'ai pas suffisamment pris conscience de ce qui arrive dans ma vie. Elle suggère aussi la patience puisque les leçons se répètent tant qu'on ne les a pas apprises.

  5. Règle numéro cinq : " L'apprentissage ne s'arrête jamais. "
    JAMAIS, je peux en témoigner. Imaginez-vous tout le cheminement que j'ai encore à faire pour devenir parfait. C'est pour ça que je veux vivre très, très, très vieux, puisque c'est tellement difficile chez moi la perfection, vous comprenez. L'apprentissage ne s'arrêtant jamais, je veux rester vivant aussi longtemps que possible pour continuer d'apprendre. Comment faciliter l'apprentissage? Par l'engagement, l'humilité, la flexibilité, on pourrait ajouter l'adaptabilité, la souplesse dans la vie.

  6. Règle numéro six : " Ailleurs, l'herbe n'est pas plus verte. "
    Ça aussi, c'est bien vrai. Combien de fois j'aurais voulu brouter l'herbe du voisin, mais je me suis rendu compte que les choses ne sont pas plus faciles pour l'autre qu'elles le sont pour moi.

  7. Règle numéro sept : " Les autres sont notre miroir. "
    Quand on entend ça : l'autre est notre miroir, aie! Aie! Au fond, on le sait bien que ça veut dire que tout ce qu'on voit chez l'autre c'est souvent des choses que l'on ne voit pas chez soi mais qu'on a aussi. Le voir chez les autres, c'est un exercice pour comprendre que cette bêtise, je la fais moi aussi, que ce comportement, je l'ai moi aussi, etc.
    Pour cette règle-là, l'auteur suggère de pratiquer la tolérance.

  8. Règle numéro huit : " Chacun de nous décide ce qu'il fait de sa vie. "
    La liberté c'est important, mais je crois qu'il y aurait lieu de faire une petite réserve ici. L'auteure fait un peu cette réserve, du reste, mais peut-être pas suffisamment à mon sens. Il ne faut pas oublier que certains aspects de la vie nous échappent. Par exemple, moi, je ne peux pas être une femme, je ne peux pas être jeune non plus, ça ne dépend pas de moi. Par contre, ce qui dépend de moi, c'est d'accepter ce que je suis : d'être un homme et d'être assez âgé, merci beaucoup… et de voir ce que je fais de ma vie. Relativement, parce qu'il nous faut aussi développer le sens de la responsabilité. Je dis toujours la même chose, quand on arrive à cette question de la responsabilité : si vous voulez voir ce que vous avez la possibilité de faire dans votre vie, allez jusqu'au bout de la tentative, de la recherche, ou de l'entreprise à laquelle vous voulez vous livrer. Si ça fonctionne bien, vous avez fait le bon choix. Et si ça ne marche pas, vous saurez avec certitude que ce n'était pas la chose à faire. Parfois, bien sûr, ça prend de la résignation, dit-elle, – je n'aime pas le mot résignation. Une forme d'acceptation, je dirais plutôt – et aussi de la responsabilité. On exerce toujours une grande responsabilité dans sa vie mais ce n'est pas le seul facteur qui va nous permettre de nous orienter. Il nous faut aussi du courage, de la force et le goût de l'aventure.

  9. Règle numéro neuf : " Toutes les questions ont déjà une réponse. "
    Les questions n'inventent pas la réponse, la réponse est déjà là qui attend qu'on la fasse surgir… par une question.

  10. Règle numéro dix : " À la naissance, nous avons tout oublié. "
    Évidemment, c'est un peu particulier, mais vous n'êtes pas obligé de vous engager sur cette voie. L'idée s'inspire beaucoup d'un des principes associés à la théorie de la réincarnation, à savoir que d'une incarnation à l'autre, on recommence chaque fois à la case départ. En fait, on ne commence pas toujours au même endroit puisqu'on a tout de même l'expérience acquise, disent les réincarnationistes, mais il y a tellement de choses qu'il nous faut réapprendre.

Platon disait : " Apprendre consiste à se souvenir. "

 
  • L'estime de soi

Eleonore Roosevelt, une femme remarquable qui était l’épouse du président des États-Unis, disait : " Personne ne peut vous obliger à vous sentir inférieur sans votre consentement. "

Chérie Carter-Scott explique à propos de l'estime de soi que :
" Se porter de l’estime, c’est penser qu’on est capable d’affronter les épreuves de la vie. […] Si vous avez besoin de cultiver votre confiance en vous, les épreuves ne manqueront pas de se présenter, jusqu’à ce que vous soyez conscient de votre valeur. Votre corps, lui-même, vous donnera mille occasions de travailler sur le sujet de la conscience, pendant toute la durée de votre vie. " Eh oui!…

" L’estime de soi est une vertu éphémère, fragile, ne l'oubliez pas, rappelle-t-elle plus loin. On la reçoit, on la perd, on la cultive, on la nourrit. C’est une force que l’on doit reconstruire chaque jour. Ce n’est pas un bien que l’on acquiert une fois pour toutes, mais une petite flamme, l’estime de soi, qu’il faut entretenir avec soin. "

 

  • À propos de la deuxième règle

" Acceptons les leçons qui se présentent ", suggère l'auteure et elle explique que :
" À chaque instant, vous choisissez de suivre la voie qui est la vôtre ou de vous en écarter. La neutralité n’existe pas. Le plus petit geste a un sens : il vous permet d’avancer ou de reculer, que vous en soyez conscient ou non. […] Rappelez-vous un moment de votre vie où vous avez fait un choix important : partir pour un pays lointain, mettre fin à une relation bancale, quitter un emploi ennuyeux, peu importe… Quel était votre état d’esprit à ce moment-là? Cultivez précieusement ce souvenir, il vous aidera à faire le bon choix à une autre occasion. "


 
Rire c'est vivre

  • " Nos erreurs ne sont pas des fautes "

" Le développement personnel est le résultat d’expériences multiples, d’une série d’essais manqués et, plus rarement, réussis ", écrit-on. C’est assez difficile la vie, au fond.

Quand on passe à travers un petit bouquin comme celui-là, c’est tout un exercice. Car on peut vivre dans l’inconscience : ouvrir les yeux à demi, entrouvrir la bouche et attendre que les mouches entrent, et ne penser à rien, autant que possible…


" Nos échecs nous en apprennent autant que nos succès ", sinon plus dans certains cas. Pour faciliter ce processus d’apprentissage, vous devez maîtriser quelques points essentiels : la compassion, le pardon, l’éthique et par-dessus tout le sens de l’humour.

À quoi ça nous sert l’humour? " La leçon de l'humour vous invite à prendre des distances face à des situations qui, autrement, seraient insupportables, nous dit cette auteure. Si vous considérez vos malheurs comme des leçons et vos erreurs comme étant riches d’enseignement, cela vous servira car vous en aurez besoin à tout moment. Si vous savez rire de vous-même, vous aurez fait un grand pas pour dédramatiser n’importe quelle situation et pour comprendre l’absurdité de certains comportements humains, à commencer par les nôtres! " [rires]

 
  • " Une leçon se répète tant qu’elle n’est pas apprise. "

N’avez-vous pas constaté que vous avez aimé ou épousé plusieurs fois la même personne, sous des apparences et des noms divers? Pourquoi commettez-vous toujours la même erreur? Si c’était une erreur… [rires]

" Tout changement implique six étapes :

  1. La prise de conscience (voir et encore voir, tout est là) : identifier le schéma ou la situation qui cause problème.

  2. Le constat : admettre que vous avez besoin de vous débarrasser de ce problème.

  3. Le choix : accepter consciemment d’évacuer le problème.

  4. La stratégie : mettre sur pied un plan réaliste.

  5. L’engagement : agir, éventuellement avec une aide extérieure.

  6. La célébration : vous féliciter de votre succès ", et vous pardonner si c’est un échec, puis vous recommencez le lendemain.

L'auteure parle aussi de la patience, à propos d’une leçon qui se répète tant qu’elle n’est pas apprise :

" Changer quelque chose à sa façon de vivre est difficile, vous le savez bien. Vous devez apprendre à être patient, à ne pas vous brusquer. Le développement personnel est un processus qui demande du temps et des efforts et la patience vous sera d’un grand secours en chemin. Si vous détestez vous trouver dans un embouteillage et si la patience n’est pas votre fort, les épreuves vont se succéder. Il est même probable que vous cumulerez plus d’embouteillages que d’autres – peut-être parce que le destin a le sens de l’humour? " [rires]

 
  • Rappel des 10 règles de vie

Avant que ça ne nous échappe et que le temps nous entraîne trop loin, je vais répéter ces dix règles de vie :

  1. Apprenons à vivre avec notre corps.

  2. Acceptons les leçons qui se présentent.

  3. Nos erreurs ne sont pas des fautes.

  4. Une leçon se répète tant qu’elle n’est pas apprise.

  5. L’apprentissage ne s’arrête jamais.
    C’est tellement vrai! Tant que nous vivons, tout contribue à notre enseignement. D’ailleurs, vous avez sûrement remarqué que dès qu’un problème est résolu, la leçon apprise, un autre défi se présente.

  6. Ailleurs l’herbe n’est pas plus verte.
    Tiens, il y a une citation étonnante ici : " La leçon la plus difficile à apprendre est de ne pas s’attacher au résultat de ses actes. "
    Se détacher de ce qu’on fait, le faire avec attention mais ensuite ne pas s’y attacher. Le secret est de se tenir en équilibre sur le fil ténu qui marque la frontière entre le présent et l’avenir.

  7. Les autres sont notre miroir.
    " Si vous aimez ou si vous détestez quelque chose chez autrui c’est que vous l’aimez ou le détestez chez vous ", dit l'auteure. Pas toujours, mais c’est une bonne question tout de même.

  8. Chacun de nous décide de ce qu’il faut faire de sa vie.
    J’éprouve quelque réserve cependant avec cette huitième règle : et à propos de résignation, je dirais que c’est l’abandon plutôt, le wu-wei des taoïstes.
    Il y a cette citation de
    Bouddha qui dit : " Apprenez à laisser faire, c’est la clé du bonheur. "
    Autrement dit, on fait ce qu’on peut et après on laisse faire. Une vertu bien utile.

  9. Toutes les questions ont déjà une réponse.
    " Vous n’avez pas autre chose à faire que regarder, écouter et vous faire confiance. Toutes les réponses aux questions que vous vous posez sont à portée de votre main ", dit l'auteure.

  10. À la naissance, nous avons tout oublié.
    Une règle que j’ai commentée tout à l’heure un peu plus longuement.
 
  • En d'autres mots

À la toute fin de son ouvrage, je trouve intéressant que l'auteure reprenne les thèmes mais d’une façon plus succincte :

  • " Rappelez-vous que vous êtes sur Terre pour apprendre.

  • Soyez attentif à ce qui vous arrive. Tirez profit de la moindre expérience.

  • Acceptez de bon cœur les occasions qui vous permettent de bénéficier d’un enseignement utile. (Tout ça est assez difficile à appliquer, je suis conscient de cela en vous le disant.)

  • Posez-vous des questions et vous obtiendrez des réponses.

  • Écoutez votre cœur.

  • Soyez ouvert à toutes les possibilités.

  • Considérez votre jugement envers autrui comme un miroir révélateur de votre propre personnalité.

  • Vivez chaque situation de crise comme une opportunité supplémentaire.

  • Faites-vous confiance.

  • Croyez dans vos capacités.

  • Plongez au plus profond de vous-même avant de faire un choix.

  • Ne soyez pas plus dur avec vous-même qu’avec les autres, vous méritez aussi de la compassion.

  • N’oubliez jamais que vos erreurs sont aussi profitables que vos succès. (Peut-être plus même…)

  • Accordez-vous amour et confiance et tout deviendra possible. "

Je suis conscient d’avoir défilé tout ça rapidement, mais je suis confiant que vous aurez retenu dans votre filet quelques réflexions, quelques leçons dont vous pourrez profiter dès maintenant.

 


  
 

Du temps libéré… pour une vie de qualité


 

La qualité de vie n’est pas une abstraction : elle passe par ce qu’on peut appeler, entre autres, des instants de qualité.

Il n’y a pas de formule magique : la vie passe vite et on risque fort de s’être surtout occupé de choses urgentes, trop peu de choses importantes, et souvent pas du tout de choses essentielles. Comme, par exemple, de s’être ménagé des instants de qualité avec les siens : les intimes, les proches, les amis. Je parle aussi pour moi, bien sûr.

Il ne s’agit pas pour autant de créer des occasions artificielles. Il ne faut pas que ça soit trop voulu, en particulier avec les enfants dans le style : " Bon, maintenant je m’occupe de toi. Dis-moi ce que tu vis. " Il faut plutôt être disponible, attentif, saisir l’occasion qui se présente. Et parfois même un peu négliger ce qui nous paraît urgent pour investir dans ce qui est important, voire dans ce qui est essentiel, et savoir profiter des instants de qualité.

On a souvent l’impression de ne pas s’appartenir, de ne pas pouvoir se donner à ce qui importe le plus. Or, s’appartenir c’est d’abord, je dirais, s’appartenir dans le temps.

 

 
  • Temps contraint et temps libéré

Il y a ce qu’on appelle le temps contraint, c’est-à-dire le temps qui appartient à la collectivité, la fonction, le rôle, le personnage social. Puis, il y a le temps libéré, qui est en principe le temps qui appartient à l’individu et pendant lequel l’individu s’appartient.

Au fond, il existe deux problèmes à propos du temps auxquels nous devons faire face : d’abord, le temps libéré nous occupant en grande partie à une multitude de tâches (je pense, en particulier, au transport, aux obligations comme de faire les courses) alors on se trouve à faire du temps libéré un temps contraint. Mais c’est surtout une question d’attitude. Par exemple, faire les courses peut être amusant.

Si on n’a pas toujours l’impression de vivre par devoir, si les gestes de tous les jours sont vidés de leur magie, nous ne savons plus guère nous amuser. Nous faisons tout sous pression. Ensuite, dès que nous avons libéré un peu de temps contraint, nous nous demandons comment l’occuper.

À un des grands experts de la question du temps, qui venait de consacrer plusieurs heures à démontrer comment gagner du temps, on a demandé :

– " Et d’après vous, que faut-il faire du temps qu’on a gagné? "

Il a répondu : " Rien. "

[rires] C’est un sage, on dirait bien…

 


Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.