Saison
1999-2000
Émission du mercredi 17 mai 2000
Rediffusée le dimanche 21 mai 2000
 

Une dope naturelle pour les sportifs : le sexe

D'après :
" Toujours plus
haut ",

QUO
, avril 2000.

 

Partant du principe que l’acte sexuel élève le taux de testostérone – qui est l’hormone du développement de l’agressivité, de la combativité, etc. –, deux chercheurs italiens recommandent aux sportifs une dope 100  % naturelle : le sexe!

Une nouvelle qui ne vous surprendra pas tant que ça au fond, même s’ils s’en trouvent encore pour rappeler qu’aux Olympiques on l’interdit aux sportifs. Ça n’a pas l’air de marcher, de toute façon. Ce qui revient à dire que plus ces sportifs pratiqueront le coït, plus ils seront performants sur le terrain.

Bonjour les vestiaires avant les matchs! [rires]

 

 


  
 

Langue :
l'importance du français dans le monde

 

 

Je découvre dans un article dont j’ai pris connaissance, et dont je vais vous communiquer la quintessence, qu’aux États-Unis, les jeunes doivent apprendre une deuxième et même une troisième langue. Ce qui m’étonne, c’est que la deuxième langue qu’ils apprennent généralement c’est l’espagnol : 64,5  % d’entre eux. Mais je me réjouis d’apprendre qu’après l’espagnol, la seconde langue étrangère la plus étudiée par les jeunes Américains, c’est le français : 22,3  %.

 
  • Le palmarès des langues les plus parlées dans le monde

Dans le tableau des langues les plus parlées dans le monde que j'ai sous les yeux, le mandarin (avec 17,3 %) arrive en première position et l’anglais en deuxième, avec 8,4 % – mais c’est en tant que langue seconde que l’anglais arrive en seconde position, car s’il n’était parlé que par les gens qui sont de pays anglophones, il n’atteindrait que les 3 ou 4 % environ.

Pour le reste :

  • L’Hindi : 7,9 %
  • L’espagnol : 6,9 %
  • Le russe : 4,9 %
  • Le bengali : 3,5 %
  • L’arabe : 3,4 %
  • Le portugais : 3,2 %
  • Le malais/ l’indonésien : 2,8 %
  • Le japonais : 2,2 %
  • Le français : 2,2 %
  • L’allemand : 2,1 %.

 

D'après :
STEINBERG, Jacques.
" Vive le français,
vive le cantonnais! ",

Le Courrier
international
,
N° 427,
7-13 janvier 1999.
  • La deuxième langue seconde des Américains

Dans un article du New York Times repris dans Le Courrier international, on apprend que des millions d’adolescents américains continuent d’apprendre le français malgré le déclin du français dans l’échelle internationale.

" Selon des études plus récentes, écrit Jacques Steinberg, un élève américain sur quatre qui apprend à l’école ou au lycée une langue étrangère porte son choix sur le français, langue qui n’est parlée couramment que par à peine une personne sur cinquante dans le monde. En revanche, un adolescent américain sur 100 étudie le chinois ou le japonais, qui, ensemble, sont parlés par 20 % de la population mondiale. " Il y a une raison à cela, je l’ai trouvée un peu plus loin.

" La place accordée au français dans l’enseignement serait-elle sans aucune mesure avec le rôle que le français exerce réellement dans le concert des nations et de l’économie mondiale? demande l'auteur de l'article. Telle est du moins l'avis de Richard Brecht. (Richard Brecht est un professeur de russe à l'Université du Maryland.) […]

Particulièrement virulent envers le français et l'allemand, il estime qu'il n'y a aucune raison de les imposer à tant d'élèves américains, aux dépens du russe ou du japonais. ‘ La seule explication valable, en-dehors du fait que ce sont des langues accessibles, c’est qu’elles sont très profondément enracinées dans nos traditions culturelles ’, avance-t-il. "

 

" On peut faire
remonter l’histoire
d’amour entre
l’Amérique et la
langue française aux
colons sudistes du
18e siècle "

" Dans les écoles américaines, poursuit plus loin l'auteur, on a tendance à proposer le français pour des raisons liées, en particulier, à la tradition. – Auriez-vous soupçonné ça que la tradition américaine faisait une place aussi importante au français? – On peut faire remonter l’histoire d’amour entre l’Amérique et la langue française aux colons sudistes du 18e siècle, qui avaient instauré l’enseignement du français dans l’éducation classique. "

Vous souvenez vous de Madame Jacqueline Bouvier, d’origine française, qui était l’épouse du président John Kennedy? Elle avait été très bien accueillie par les Américains.

" Il est clair que plus d’un francophile n’admettrait pas de gaieté de cœur le déclin du français, poursuit l'auteur. Après tout, l’étude du français demeure indispensable pour traduire l’œuvre de Voltaire ou même les chansons de la québécoise Céline Dion. On peut même trouver des défenseurs du français dans des lieux traditionnellement peu francophiles.

" Ainsi, un fonctionnaire britannique à l’ONU, qui tient à garder l’anonymat afin de ne pas être considéré comme un défenseur du français, soutient que cette langue peut à l’occasion s’avérer fort utile. – Il donne un exemple qui me semble, je l’avoue, un peu niaiseux… – ‘ Si vous voulez impressionner votre petite amie, dit-il, il faut absolument connaître les rudiments de la conversation sur l’oreiller à la française. ’ "

Quelle réputation! [rires]

 

 

 Voir aussi : L’importance de maîtriser sa langue

 

 


  
 

La séduction :
le sex appeal du pouvoir

D'après :
" Bureaux des
cœurs ",

QUO, avril 2000.
  • Les métiers qui font fantasmer les femmes

Je me doutais bien qu’être pilote de ligne était une valeur sûre en matière de séduction. Il paraît que c’est encore le pilote de ligne qui continue à faire fantasmer le plus les dames. Blazer bleu marine, grand, beau, bronzé, vous voyez le genre, les tempes grisonnantes, le regard d’acier, les responsabilités… Il parle plusieurs langues, fait ce qu’il faut pour rester athlétique, etc. Un peu comme les pompiers, finalement, ce que confirme un pilote de ligne : " Nous sommes comme les pompiers, nous inspirons confiance. " J’aime le rapprochement. Il y a, certes, le charme de l’uniforme, mais le statut social joue également.

" Loin devant les professions à responsabilité, ce sont des métiers comme masseur-kinésithérapeute (33 %), maître nageur (29 %) ou bien acteur (17 %) qui incarnent le mieux l'idéal masculin [de ces dames]. Les médecins (15 %) et pilotes de ligne (10 %) n'arrivent qu'en quatrième et cinquième position. – oui, oui, les blouses blanches, ça marche encore! Voyez par exemple la série télévisée Urgence… – L’homme politique, quant à lui, est carrément largué : en avant-dernière place avec seulement 2 %, juste devant le boucher-charcutier et – bizarrement – derrière… le curé. "

Ah les fantasmes! C’est ce qu’on dit dans ce sondage (je vous assure!) publié d'abord dans le quotidien français Libération, et dont les grandes lignes sont ici reprises dans un dossier du magazine QUO, intitulé : " Sexy pouvoir ". Je veux bien être politiquement correct mais… et puis non je ne tiens pas à être politiquement correct. Voilà.

 
  • Les métiers qui font fantasmer les hommes

Dans un article intitulé " Bureaux des cœurs ", on mentionne aussi un hit-parade pour les hommes. " En novembre 1999, le magazine Elle faisait le hit-parade des métiers qui font fantasmer les hommes. Aux premières places, on trouve notamment l’attachée parlementaire (Je le sais, j’en ai épousé une moi! [rires]), l’escrimeuse, la soldate israélienne et la femme d’affaires : des jobs étonnamment viriles. " Il y a chez certains hommes la volonté d’être rassurés, sécurisés, pas nécessairement la recherche de la mère, mais quand même il y a l’autorité, etc.

" Dix ans auparavant, un sondage similaire […] plaçait en tête le mannequin, l'hôtesse de l'air, la vendeuse de lingerie et la secrétaire. Le fantasme de la pédégère ne rassemblait alors que 3 % des désirs masculins. " Quel amusant néologisme, la pédégère!

 

Ça paraît un peu
simpliste mais il
semble y avoir un
rapport que les gens
font entre puissance
de travail et
puissance sexuelle.
  • Pourquoi le pouvoir attire les femmes

Je ne vais pas m’étendre sur ce que je vous ai déjà dit là-dessus, à savoir que les hommes de pouvoir ont toujours eu un attrait considérable auprès des dames. J’avais fait mention déjà de Mitterrand en France, de René Lévesque au Québec, de P.E. Trudeau, etc. : ce sont un peu comme les princes des Cendrillons. Les femmes fantasment aussi sur les gens d’affaires : le méga-bureau, la bagnole de fonction, les repas d’affaires, etc. Ça paraît un peu simpliste mais il semble y avoir un rapport que les gens font entre puissance de travail et puissance sexuelle. C’est le premier point qu’il faut retenir – sauf si vous avez une grande puissance de travail mais que vous avez le teint jaune comme un citron ou vert comme une lime… [rires] Dans le cas où vous travailleriez trop.

D'après :
" Attraction fatale ",
QUO, avril 2000.

" Sur le plan hormonal, estime un psychothérapeute, les hommes hyperactifs fabriquent beaucoup d’adrénaline et de testostérone [  Les hyperactifs du sexe]. C’est l’hormone de l’action, de l’agressivité, de la combativité et du désir. Voilà qui peut expliquer leur grand appétit sexuel ", surtout de certains hommes de pouvoir, et l’attrait qu’ils peuvent avoir auprès des femmes qui sont inconsciemment, ou consciemment peut-être dans certains cas, attirées par ces hommes de pouvoir politique, financier, etc.

" Selon un
psychanalyste,
‘ séduire un homme,
c’est prendre le
pouvoir sur lui. "

" Selon un psychanalyste, ‘ séduire un homme, c’est prendre le pouvoir sur lui. Plus il est puissant, plus c’est valorisant. La femme peut s’estimer puisqu’elle a un partenaire de taille, un adversaire à sa hauteur. […] La femme cherche un maître pour pouvoir enfin le dominer. " Ah, ah! voilà l’idée! Tout s’explique, ça devient clair.

" Autre explication avancée par les psy, poursuit plus loin l'auteur de cet article intitulé " Attraction fatale " : l’homme de pouvoir représente pour certaines un très crédible substitut paternel. (Cette explication fait partie de l’approche freudienne, évidemment.) Revenons au b.-a. ba freudien. Au moment du complexe d’Œdipe, toutes les petites filles ont été amoureuse de leur papa, ce surhomme si fort, si grand, si puissant. Toutes ont rêvé de le séduire. Quand une femme aime un homme influent, elle transfère sur lui ses sentiments de petite fille ", explique-t-on ici.

C'est en fait une relation paternante. Quand on en est conscient, ce n’est pas si mauvais; mais il faut être prudent, car parfois, les jeux de pouvoir et de soumission dans le couple peuvent devenir pathologiques. Sans compter que les gens de pouvoir sont souvent des manipulateurs. Vous en connaissez? [rires] Plus on monte dans la hiérarchie, moins il y a de regard extérieur, moins il y a de contrôle social et plus c’est dangereux.

" La séduction du chef passe aussi par ce qu’on appelle les attributs du pouvoir ", explique l'auteur. Puis il cite un psychologue qui estime qu’il y a une explication génétique à cette situation, mais je ne suis pas sûre que les dames vont beaucoup aimer sa théorie…

" Selon David Buss, […] les femmes ne font que répéter un vieux réflexe acquis depuis les temps préhistoriques de la survie de l’espèce. À cette époque, les femelles s’accouplaient aux mâles dominants parce qu’ils étaient plus aptes à assurer la survie de leurs futurs enfants. Selon le psychologue, les femmes ont gardé cette logique inscrite dans leurs gènes : pour assurer la survie de leurs enfants, mieux vaut un compagnon puissant et riche que faible et démuni. "

Mais c’est sous toute réserve ce que je vous raconte là maintenant. L’idée ce n’est pas tellement de dire des choses qui sont vraies, mais de stimuler la pensée, la réflexion, l’imagination dans certains cas, la créativité et même, je dirais, la sexualité. Voici pourquoi nous sommes ici attablés chaque jour devant cette table et ce micro. Après cette belle sortie, est-ce que je peux rentrer chez moi? [rires]

Il y a des dames qui aiment l’autorité, alors que d’autres, au contraire, la craignent. Une dame, chef d’entreprise, explique :Les hommes de ma génération se sentent souvent ‘ dévirilisés ’ par les femmes qui ont du pouvoir. Quand un homme me fait la cour, je sens bien qu’il a peur de ne pas être à la hauteur. Je gagne très bien ma vie, j’ai l’habitude de décider, de prendre des initiatives. Du coup, le mec se sent parfois inutile. Il a peur d’être pris pour un gigolo, un homme-objet. Le résultat, c’est que je vis seule. Les hommes préfèrent sortir avec leur assistante plutôt qu’avec moi. ’

" Même constat de la part [d’une autre], poursuit l'auteur : ‘ J’ai un poste à responsabilités dans un grand laboratoire pharmaceutique et je dirige une équipe essentiellement masculine. Ceux qui m’apprécient me considèrent comme un bon copain, ils me félicitent d’assurer comme un vrai mec. Les autres m’appellent l’amazone, macho-girl, ou la cheftaine. Aucun ne m’a jamais draguée, c’est comme si je n’étais plus désirable. – Et elle ajoute : – C’est injuste. ’ " Réfléchissez bien messieurs, vous avez pu mettre de très belles chances de côté.

" D’où vient un tel rejet? de demander l'auteur. D’une angoisse de castration mal digéré, expliquent les psys. Les femmes ambitieuses et fortes réveillent chez l'homme la peur de perdre son pouvoir viril. " Encore la peur de se faire couper le psouitt, car le psouitt c’est très important pour eux. Ah car il faut que le psouitt, soit bien pendue, comme la langue!

Il existe aussi ce qu'on appelle les executive women, dont on dit qu'elles nient leur féminité, sont intraitables, surtout avec les autres femmes, sacrifiant leur vie affective à leur carrière, obsédées par leur réussite, etc.

 

 

Des comportements nouveaux, signe d'évolution

Quel intérêt tout cela représente? Cela montre qu’à notre époque, il n’y a pas de modèle de ce que nous sommes en train de devenir : alors on cherche, on s’informe sur les comportements, les attitudes, les valeurs. Et la fourchette est extrêmement large, je vous dirai. Il peut y avoir des fonctionnements qui sont très primitifs, très archaïques, comme ceux auxquels on faisait allusion tout à l’heure, et en même temps d’autres qui sont plutôt postmodernes, genre troisième millénaire, ce que j’appelle le modèle Star Trek à propos des relations hommes-femmes.

C’est une utopie, une science-fiction qui nous amène dans l’avenir mais qui suppose qu’on en serait venu à régler un certain nombre de problèmes puisqu’on serait, justement dans l’avenir. Et que, sous-entendu, si on ne règle pas tous ces problèmes dont ils sont venus à bout dans Star Trek, on n’a pas d’avenir. C’est ça qui est, selon moi, le grand message à retenir. Aujourd’hui les choses commencent à changer cependant.

 
  • Les changements qui s'opèrent

Le directeur de recherche de l'Observatoire des tendances sociales explique le changement :

" Les femmes prennent le pouvoir dans le monde du travail sans se viriliser. On assiste à une montée des valeurs féminines : convivialité, consensus, harmonie, empathie, intuition, au détriment des valeurs masculines d’agressivité, de compétition et de logique froide. On va manager en privilégiant la persuasion plutôt que le passage en force. " Manager… encore un autre néologisme à la mode!

Jean Baudrillard, le sociologue, estime quant à lui :

" Il y a de la séduction partout. Un homme peut séduire en jouant de sa féminité. Une femme en jouant de sa masculinité. " Il faut dire que Baudrillard aime bien lancer des affirmations à contre-courant de tout le monde…

 


  
 

Richard Buckminster Fuller :
l'architecte visionnaire

 

Je me demandais de qui je vous parlerais parmi tous ces mentors qui ont encore tellement de choses à nous apprendre encore aujourd’hui. J’ai décidé de vous parler d’un personnage auquel il m’arrive de penser fréquemment parce que je suis très souvent amené à regarder le dôme géodésique de Terre des hommes. C’est un grand chef-d’œuvre réalisé par cet architecte-ingénieur, un personnage important du 20e siècle, qui s’appelle Buckminster Fuller.

Le dôme
de l'Expo 67
Montréal
  • Le dôme géodésique : une construction solide

Le dôme géodésique est une structure assez étonnante. Il en est question dans un article dans lequel j’ai puisé d’autres informations que celles que j’avais déjà dans mon cerveau : " Grâce à sa légèreté, l’objet architectural en acier n’est plus soumis aux règles statiques de la gravitation mais à celles de sa rigidité structurale interne. " L’objet devient alors un système fermé, sans liaison structurale avec le sol. Il s’agit de la seule structure qui devient d’autant plus solide qu’elle est plus grande, mais on n’en connaît pas la limite pour la raison que les grands projets de Fuller sont toujours assez d’avant-garde. Comme, par exemple, quand il avait eu l’idée de recouvrir des villes avec des dômes comme celui-là. À un moment, il était même question de recouvrir tout Manhattan.

Buckminster Fuller est un homme qui participe de la réflexion utopique : il voulait recouvrir les villes, faire des jardins sans que leur structure ne repose nécessairement sur le sol, etc.

 

Pourquoi diable
n’a-t-on pas pensé à
faire le Stade
olympique à partir
d’un dôme
géodésique?

Quand on regarde ce dôme sphérique qui a tellement eu de succès pendant l’Expo 67, quand on voit la facilité avec laquelle il a été construit et la solidité de la structure, il me semble qu’on ne peut s’empêcher de soulever quelque chose d’un peu douloureux dans notre mémoire collective : Pourquoi diable n’a-t-on pas pensé à faire le Stade olympique à partir d’un dôme géodésique? Parce que c’était trop simple, trop solide, trop bon marché, peut-être… Je n’ai jamais compris qu’on n’y ait pas pensé parce qu’on aurait pu avoir là, chez nous, le plus grand monument géodésique, le plus considérable, le plus significatif conçu par Buckminster Fuller.

 
  • Le tétraèdre : brique fondamentale de l'Univers

Si vous la regardez attentivement, vous noterez que la structure géodésique repose en partie sur un ensemble de petites pyramides qu’on appelle des tétraèdres (tetra pour quatre) : ce sont de petites pyramides toutes formées de quatre triangles équilatéraux, l’un associé au suivant et au suivant, etc., et un seul côté de la structure tient lieu de deux côtés. C’est absolument étonnant comme structure.

D’après Buckminster Fuller, le tétraèdre était la brique fondamentale de l’Univers. C’est curieux qu’il ait pensé à une chose comme celle-là, parce que ce n'est que plusieurs années après la mort de ce puissant visionnaire, qu'on s’est tout à coup rendu compte que la molécule de carbone – qui est à la base même d’à peu près tout dans l’Univers – est justement un tétraèdre. Il ne pouvait pas savoir ça à l’époque. Or, cette molécule de carbone qui joue un rôle très important dans la structure de l’Univers s’appelle maintenant la buckminsterfullerena.

Arthur C. Clarke, auteur, entre autres, d’essais de science-fiction dont le plus connu est sans doute Odyssée 2001, est un autre personnage très important. C’est celui qui a le premier parlé de la possibilité d’installer des réseaux géostationnaires dans l’espace, de ces satellites qui suivent le mouvement de la Terre, etc. Il était de formation scientifique, vous me direz, et c’est exact mais tout de même pas une formation qui lui permettait de concevoir un tel projet puisqu’il était biologiste marin. Si j’en parle c’est que selon moi il appartient à la même famille que Buckminster Fuller, au même genre de pensée.

 

Entre autres choses,
Fuller enseignait que
le plus important ce
n’est pas de
transformer les êtres
humains, mais de
transformer
l’environnement.

  • L'importance de l'environnement selon Buckminster Fuller

Entre autres choses, Fuller enseignait que le plus important ce n’est pas de transformer les êtres humains, mais de transformer l’environnement. Et quand on aura transformé suffisamment l’environnement pour servir les intérêts de la collectivité, on aura créé les conditions qui permettront à l’homme de se transformer à l’intérieur de ce milieu.

Évidemment, Fuller insiste sur la relation qui existe entre l’influence de l’environnement sur les individus et l’influence des individus sur l’environnement. Si on est dans un environnement naturel, ça a telle influence sur nous; si on vit dans un environnement artificiel, ça a un autre genre d’influence sur nous; mais on voit bien qu’il y a toujours cet échange entre les deux.

Ce scientifique estimait qu’il fallait s’attacher à transformer l’environnement car l’influence du milieu, selon lui, est " responsable à 99 % du bonheur et du malheur de nos existences ". Je ne sais pas si j’irais jusque là, mais il avait une façon assez poétique de s’exprimer à certains moments.

 

 
  • Fuller l'inventeur

J’ai eu l’occasion d’entendre B. Fuller lorsqu’il a prononcé une conférence à l’Université McGill. Il y avait à peu près 5 000 personnes qui s’étaient rendues pour assister à sa conférence un jeudi midi, dans une salle qui n’en contenait normalement que 1 000. Il y avait du monde partout, plein de gens debout : on l’avait ovationné. C’est un grand maître à penser de notre époque. Il a fait tant de choses.

Par exemple, parmi ses inventions, Fuller a conçu et construit une voiture automobile, il a construit des maisons, etc. La plupart de ses grandes tentatives n’ont pas été reproduites, pour toutes sortes de raisons. Mais lorsqu’il concevait quelque chose, il la couvrait pour ainsi dire de brevets, car il y avait dans tout ce qu’il concevait ou fabriquait en exemplaire unique, tellement d’éléments nouveaux au point de vue technologique. En tout cas, il a très bien vécu de ce que lui rapportaient ces brevets.

 

D'après :
BUCKMINSTER
FULLER,
Richard.
" Buckminster Fuller
parle ",

Nouvelle Planète,
N° 10.

 


 Buckminster Fuller

  • Une philosophie en 14 principes

Dans un article d’une revue qui s’appelait Main Currents (Courants principaux) – je ne sais pas si elle existe toujours –, il a exposé quatorze concepts de base de sa façon de voir le monde, sa philosophie autrement dit. Je vous les donne en désordre.

  1. La modification du milieu
    Je vous en parlé tout à l’heure, à savoir qu’il faut transformer l’environnement pour transformer les hommes.
  2. L'univers
    " Pour moi, disait-il, l’univers – notre monde et ce que nous en savons – est l’agrégat de toutes les expériences de l’humanité de tous les temps, appréhendé et communiqué constamment. " Je n’arrive pas à savoir s’il supposait que toute cette expérience nous était communiquée par les gènes, ou bien s’il concevait l’idée d’une sorte de champs psychogénétique. Et ça…je ne suis jamais arrivé à donner une explication simple et claire de ce qu’était cette théorie de Sheldrake selon laquelle il y a d’un côté la réalité physique qui répond à des lois physiques et d’un autre côté, une réalité psychique qui lui correspond parfaitement. Ce serait comme l’âme de la Terre, si vous voulez, ou l’âme de l’Univers qui serait de nature davantage psychique et où se trouverait la mémoire collective. En tous les cas, Fuller croyait qu’il existait quelque chose de ce genre-là.
  3. L'humanité
    Selon R. B. Fuller, la vie a un sens, l’humanité n’est pas un accident et joue un rôle essentiel dans l'Univers : " L’homme découvre peu à peu la complexité ordonnée des principes qu’il lui paraissaient simples. " Ainsi, l'être humain devrait sortir de la confusion et devenir davantage en possession de la connaissance.
  4. Les enfants
    " Les effets les plus importants sur la vie de l'homme se produisent dans ses 17 premières années, disait-il (dont 98 % avant 13 ans). Il est donc évident que la transformation du milieu peut avantager la vie durant les 13 et, surtout, les 4 premières années de sa vie. "
  5. La téléologie
    C'est pour Fuller, " la conversion intuitive par l'esprit des cas particuliers, d'expériences subjectives, en principes généralisés qu'on utilise objectivement pour résoudre les cas particuliers ".
  6. La théorie des principes généraux
    " Pour résoudre un problème, dit Fuller, je commence toujours par l'Univers, puis je le subdivise progressivement, pour identifier un problème local particulier dans l'ensemble des problèmes. " Il faut donc passer du général au particulier.
  7. L'industrialisation
    " C'est la régénération de l'humanité, et ce sont les outils. Les outils de l'artisanat sont ceux qui peuvent être conçus, inventés, par un homme seul. Les outils industriels […] nécessitent les ressources de plusieurs pays. "
    " Il est scientifiquement prouvé que la richesse, qui combine l'énergie et l'intellect, ne peut qu'augmenter, qu'elle ne peut augmenter que si l'on s'en sert, et aussi vite qu'on s'en sert. Plus vite on va, plus il y en a! "
  8. La création, l'invention
    " Dans les 25 ans à venir, le mode de vie deviendra prépondérant. C'est la fin de l'urbanisme statique. "
  9. L'industrie comme service
    L'appartenance statique à un milieu tombera en désuétude. Donc l'industrie deviendra de plus en plus un service de location. […] D'ici 20 ans, le caractère exclusivement géographique de l'humanité aura cédé la place à une citoyenneté mondiale qui, dans un souci d'efficacité, utilisera seulement le système de location. "
  10. L'éphémérisation
  11. Le début
  12. L'autodiscipline
  13. La coordination
  14. La communauté mondiale

Détails sur les trois derniers principes

 


 The Buckminster Fuller Institute :
http://www.bfi.org/index.html


 

 

 


Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.