Saison
1999-2000
Émission du 23 mai 2000
 

La voiture phallique :
pour les femmes, évidemment

D'après :
BOUCHET,
Christophe.
" Quand les autos
changent de sexe ",

Le Nouvel
Observateur
,
printemps 2000.

" Avez-vous déjà pensé au sexe est votre auto? La question a-t-elle hanté vos nuits? Alors est-ce un mâle ou une femelle? Rose ou chou? " C’est parfois compliqué dans la vie…

" La manière même d’envisager l'objet [la voiture] a changé. Elle ne sert plus à parader. L’accent a été mis sur la sécurité. Il se produit une réversibilité des symboles ", apparemment, c'est ce qu'un psychanalyste a observé.

" Comme tout objet destiné aux femmes, [la voiture] doit être phallique ", dit-il... Difficile à imaginer, mais c’est comme ça. Aussi, il nous prévient que si cet aspect est trop souligné, l’effet tombe.

Il faut dire que depuis que les constructeurs ont découvert que ce sont souvent les femmes qui achètent des voitures, ils s’efforcent de leur plaire.

 

 


   
 

Les nouveaux rituels :
pour investir la dimension symbolique de l'existence

D'après :
STEHLI, Jean-
Sébastien.
" Les nouveaux
rituels ",

L'Express,
18 mai 2000.

 

Au chapitre des tendances, on constate que les gens accordent ces temps-ci davantage d’attention aux rituels. Peut-être parce que ce qui fournissait les rituels autrefois, la religion et une vie familiale plus intense – avec plusieurs générations à la fois –, s’est un peu perdu. Bien que certaines personnes s’emploient à entretenir encore certains rituels. On serait en quête de rituels parce que la vie n’a pas de sens si elle n’est pas soulignée d’une façon symbolique.

À une époque, il y avait des rituels réservés aux garçons, comme l’enterrement de vie de garçon, par exemple. Eh bien voilà que les femmes s’y mettent maintenant. Tout à coup, on débarque chez une amie, puis on l’amène à travers la ville et l’épreuve consiste à aborder les gens pour leur raconter la vie amoureuse de celle qui va se marier, la pauvre… [rires]

Récemment, j’étais très intéressé par une conversation où il était question d’une dame qui est en train de faire une recherche sur les rituels d’enterrement. Il y a beaucoup de gens qui se retrouvent dans les salons mortuaires, dans les églises, devant un petit pot de cendre, et qui ont le sentiment qu’il y a quelque chose maintenant qui ne marche pas, qu’on on ne donne pas assez de place à quoi? Aux rituels, précisément. À la vie symbolique, en même temps qu’on la vit dans sa réalité.

Claude Lévy-Strauss le grand anthropologue, disait que les rituels servaient à " colmater le vide ", à " rétablir du continu ".

" Tous les êtres humains en ont besoin, dit un psychanalyste spécialiste de la famille. Le rite sécurise, parce qu'il permet aux individus de s'insérer dans un cadre social éternel. "

" Après trois décennies pendant lesquelles les cérémonies qui avaient scandé la vie de nos ancêtres, génération après génération, ont été laminées, la société moderne a soudain une grande soif de rituels ", nous explique l'auteur d'un article paru récemment dans L'Express. Et on peut précisément attribuer ce phénomène au grand vide de la dimension symbolique de l’existence qui fait qu'on se met à la recherche de nouveaux rites.

J’ai lu dans cet article, et ça m’a intéressé, que des gens inventent des rituels pour le divorce. C’est curieux un rituel pour marquer le divorce… " Et quand il n'y a pas de précédent, on improvise. Ainsi les couples, ici ou là, commencent-ils à créer un rituel pour marquer leur divorce, histoire de bien fermer cette étape de leur vie. Rien d’élaboré. Un geste symbolique suffit. On brûle un bouquet de sauge en lisant un poème choisi par les deux ex-époux, par exemple. S’ils se parlent, parce que s’ils ne se parlent pas, alors là…c’est plus compliqué. Ou bien on enterre les alliances en rendant à l’autre les lettres d’amour échangées au début de l’histoire.

" Parfois aussi, on fait le contraire. Un couple brouillé pendant sept ans pour une histoire d’infidélité a ainsi imaginé une cérémonie qui marque sa réconciliation. Les deux adultes et leurs trois enfants ont créé une tapisserie avec les carrés d’étoffe que chacun devait apporter : un vieux tissu pour la vie ancienne et un nouveau pour la nouvelle. – Une sorte de courtepointe familiale, si vous voulez. – Les célébrations qui marquent le renouvellement de l’engagement de vie commune sont de moins en moins rares. " J’ai rencontré ça. Des gens vont renouveler leurs vœux de fiançailles, de mariage, etc.

Pour ce qui est de la mort, dont je parlais tout à l’heure, probablement parce que les gens ne supportent pas de mourir comme les chiens, on propose maintenant aux familles en deuil un enterrement et un rituel clé en main, avec un officier de rituel adapté à votre religion, vos croyances, etc. Avec un pasteur, un prêtre catholique, un rabbin, etc. Et sans que nécessairement la cérémonie soit religieuse, curieusement. Là aussi, on cherche à créer de nouveaux rituels. Des proches vont se rendre en avant parler du défunt, par exemple, ou lire un poème qu’il aimait, ce qui ne se faisait pas il y a une vingtaine d’années, ou très rarement. Il y avait quelqu’un qui était désigné pour le faire, le rhétoricien de service, si je puis dire, mais maintenant on voit cela de plus en plus.

Des nouveaux rites voient le jour parmi les hommes, en particulier, depuis un certain temps. Vous savez que les hommes aiment beaucoup jouer du tambour, alors ils forment un cercle et jouent du tam-tam pour accueillir parmi eux un jeune qui vient de passer l’adolescence à l’âge adulte.

Tiens ici une curiosité… dans un lycée parisien, une bande d’amies ont invité à un bon repas une jeune fille qui venait de faire l’amour pour la première fois. Avec des fleurs, petit cadeau, etc. On ne sait pas comment l’autre affaire s’est passée, mais le repas était excellent, paraît-il. C’est déjà ça de pris…

L’idée de nouveaux rituels sert à marquer les étapes de la vie et permet d’investir une certaine énergie dans la dimension symbolique et métaphorique de l’existence.

 

 À lire :
Rituels de la vie quotidienne

 


   
 

Sur les traces du diable

D'après :
VINCENT, Jean-
Didier.
La Chair et le Diable
,
Éd. Odile Jacob,
Coll. " Poches ",
2000.

 

Le livre dont je vais vous entretenir maintenant, et qui va certainement m’inspirer des commentaires parce que je le trouve extrêmement provocant au sens du terme, propose une petite histoire naturelle des paradis artificiels.

  • Les animaux dans les paradis artificiels

" Le rat de laboratoire et l’Homo sapiens ne sont pas les seules espèces animales à s’adonner aux délices trompeuses de l’alcool et de la drogue ", nous fait observer l’auteur de cet ouvrage avant de décrire certaines expériences d’intoxication chez les animaux, dont des insectes. Les fourmis, par exemple.

" Les fourmis sanguines qui s’enivrent avec des sécrétions que leur offrent de petits coléoptères, les loméchuses, qu’elles élèvent et nourrissent avec une passion aveugle au point de sacrifier leurs propres larves à ses débitants de spiritueux. J’ai choisi cet exemple, dit l'auteur, parmi les milliers que nous offre la nature, car il suffit d’observer la démarche titubante et paresseuse d’une fourmi saoule pour réaliser la méprise de Lafontaine. "

 

[rires] Parce que ce n’est pas vrai que la fourmi travaille tout le temps et que la cigale ne fait que chanter. La fourmi se drogue à l’occasion. Moi, j’avais compris que c’étaient des pucerons qu’élevaient les fourmis… mais l’idée, c’est que les fourmis élèvent d’autres insectes qui produisent un suc qui les enivrent.

 

Outre les fourmis, il y a d’autres cas :
" Grives ivres dans les vignes à la fin d’un après-midi de septembre; chats toxicomanes à la cataire et à ses népétalactones (chaque jour, le chat revient à la plante qu’il renifle et mâchonne jusqu’à obtenir un état assez proche de l’ivresse du haschisch); nuées de volatiles en état d’ébriété à la saison des baies; babouins braillards et éléphants titubants gorgés de fruits fermentés [rires]; rennes qui se ‘ shootent ’ à l’amanite tue-mouches [un champignon ‘ sacré ’] et à l’urine de lapons (l’une et l’autre contiennent de l’acide iboténique dont le renne est friand) : c’est la vie toute entière qui est plongée dans la grande beuverie sous le regard amusé et bienveillant du diable. " Oui! du diable…

 
  • La Chair et le Diable, de Jean-Didier Vincent

Le titre de cet ouvrage est précisément La Chair et le Diable, dans la collection " Poches " de Odile Jacob. C’est un ouvrage tout à fait remarquable, et j’ai eu un plaisir fou à le lire. L’auteur, Jean-Didier Vincent, me paraît très peu conformiste. Par exemple, il décide de placer un passage consacré aux paradis artificiels au milieu d’un livre qui porte sur l’évolution de la vie… Mais son propos va profiter, évidemment, de cette parenthèse, même si l'on n'y parle pas vraiment ici de l’évolution. C’est comme si l'auteur voulait varier le discours pour donner du temps à la réflexion...

Jean-Didier Vincent, neurobiologiste, directeur de l’Institut Alfred Fessard (CRNS), est l’auteur de Biologie des passions, un ouvrage qu'il était d'ailleurs venu présenter au Québec. Il a aussi écrit Casanova : contagion du plaisir et de La vie est une fable. Retenons que c’est un personnage extrêmement important dans le monde scientifique, et un auteur qu’il faut prendre très au sérieux.

Cela dit, son ouvrage est à la fois scientifique, car il explique comment la vie apparaît dans l’évolution et comment elle va se complexifier de plus en plus, et en même temps, comme sur un autre plan, un peu métaphorique, il parle du diable comme étant le fruit de la vie même. Mais, pour lui, il ne s’agit pas d’un ouvrage qui porte en partie sur le mal.

Voici comment l'auteur explique le titre de son ouvrage, La Chair et le Diable :
" La ‘ chair ’ désigne la substance animale sous toutes ses formes. Le terme intéresse uniquement les animaux mais, au niveau des origines, il n’y a pas matière à faire de distinction entre les bêtes et les plantes. Dès son installation sur la Terre, le vivant est défini par l’affrontement des contraires : croissance et reproduction d’un côté, destruction et mort de l’autre. La sexualité, sans avoir un caractère aussi universel, offre le troisième élément du trépied sur lequel s’appuie l’évolution des espèces : la vie, le sexe, la mort. "

 

 
  • Le Diable : entre le Bien et le Mal

À propos de cette opposition du Bien et du Mal, il dira :
" Je ne crois pas que l’on puisse tirer une morale de l’observation du vivant. Tout entier livré au jeu des couples opposants, le vivant n’offre pas de prise au choix entre le Bien et le Mal. […] J’ai affirmé à mon tour la présence vivante du diable, non certes comme une vérité révélée ou un acte de foi, ce qui ne conviendrait guère à ma condition de biologiste féru de choses matérielles, mais comme une observation que chacun peut faire s’il veut bien renoncer à la représentation traditionnelle du diable qui continue d’encombrer les imaginations. Sous le prétexte que le port des cornes et de la queue est depuis longtemps passé de mode, on fait mine de le prendre pour un personnage de carnaval. Il est vrai, selon la fameuse affirmation de Baudelaire, que la plus belle ruse du diable serait de nous persuader qu’il n’existe pas. "

Où veut-il nous entraîner? Il va nous dire que le diable est en nous. Oh que c’est tripatif!

Le diable représenterait, pour ainsi dire, cet aspect de dualité en chacun de nous, cette dualité qui apparaît au fur et à mesure de l’évolution de la vie. Un arbre, par exemple, ne comporte pas d’aspect maléfique. Les animaux… déjà avec eux, on voit qu’ils ont parfois le choix entre faire une chose positive et faire une chose négative, mais ce n’est guère très développé chez eux. Dans l’évolution, ça commence à apparaître, à son point culminant, avec l’arrivée de l’humanité.

" L’histoire du diable est celle de l’homme confronté au négatif, nous dit Jean-Didier Vincent. Le (ou les) diable(s) est, en général, la représentation inversée du (ou des) dieu(x) positif(s). Inséparable, le problème de l’origine du mal est mêlé à celui de la création et du devenir de l’être après la mort. […] Non! le diable existe; mais pas le Mal. – Pour ceux qui croiraient que le diable n’existe pas… dans le sens métaphorique, bien entendu. – La terrible erreur est de les confondre. Dire que le Mal existe, mais pas le diable, revient à abandonner l’Homme aux donneurs de leçons, redresseurs de torts, tenanciers humanitaires et marchands de machines à massacrer les méchants.

" Dire que le mal existe, c’est ouvrir la voie aux ‘ génies du Mal ’ et à l’indignation fascinée qu’il suscite chez les gens de bien. "

" Non, le mal n’existe pas! La doctrine augustinienne affirme la non-substantialité du Mal que j’appelle ici sa non-existence. " Pour Saint-Augustin, le mal c’est l’absence de bien ou le refus du bien. Mais comme tel ça n’existerait pas. En revanche, poursuit l’auteur, le diable existe, lui, dans ce sens qu’il apparaît au cours de l’évolution comme un aspect de la vie qui ne peut se vivre que dans la dualité; qu’il y aura toujours un aspect qui va résister à l’autre aspect de la vie.

" Dire que le diable existe, dit-il, ce n’est pas succomber à la tentation,
c’est accepter la vie, la vie avec sa part de négatif
et reconnaître à Satan sa part de prétention au principat d’ici-bas. "
Dans le sens de principauté, Satan le Prince du mal, etc.

Quand on étudie bien l’évolution, on voit que le mal comme tel n’existe pas, mais on se rend compte que, à un moment, ici et là, et surtout avec l’arrivée de l’humain, il y a une sorte d’opposition et tout à coup la vie est capable du mal. Comme l’auteur est un homme qui a de la ressource, il a décidé d’appeler ça le diable, tout simplement. Quand il nous dit que " dire que le diable existe, ce n’est pas succomber à la tentation, c’est accepter la vie avec sa part de négatif ", c’est ce qu’il faut retenir de son propos, en somme.

" Le Pape avait raison : le diable est vivant et ne se paie pas de mots. "

" Il me paraît aussi peu fondé de décréter le vice conforme aux lois de la Nature que d’attribuer à la nature les vertus de l’Être suprême, explique-t-il. Dans l’une ou l’autre attitude, on fait l’impasse sur l’existence du diable. – Ici, c’est plutôt curieux car il reprend une citation de Paul VI, à propos de laquelle on peut se demander dans quel sens le Pape voulait l’entendre : – Évoquant la présence de Satan, Paul VI parlait d’un être vivant, perverti et corrupteur. Il soulignait ainsi que le diable ne pouvait être ramené à une simple dimension mythique, sorte de personnification métaphorique de l’agent universel du Mal. Le Pape avait raison : le diable est vivant et ne se paie pas de mots. "

Je vous le dis tout de suite, pour ne pas que vous preniez le mors aux dents, quand l’auteur nous dit que le diable est vivant c’est dans la mesure où il existe en nous.

" En souscrivant l’opinion papale, j’ai affirmé à mon tour la présence vivante du diable, non certes comme une vérité révélée ou un acte de foi […]. En attribuant métaphoriquement au diable la triade vie, sexe et mort, je n’ai pas simplement fait appel à une figure de rhétorique pour désigner les caractères fondamentaux du vivant; j’ai essayé de ramener l’impensable à l’obsédante et immanente présence de l’opposant ", en chacun de nous. L’opposant, ce qui résiste en nous, ce qui résiste au bien, en somme. Car, nous sommes aussi capables de négatif, bien sûr.

 

 

À propos de cet ouvrage sur le Diable

Dans La chair et le diable, Jean-Didier Vincent veut effectivement nous parler de sa conception du diable, de cet aspect négatif qui existe en chacun de nous, de cette opposition entre positif et négatif. Cette épreuve avec laquelle nous devons apprendre à vivre qui est le peu de liberté qu’on nous donne, mais la liberté tout de même de choisir entre faire ceci qui est bien ou faire ceci qui est mal. Ce qui fait qu’à certains moments, on peut choisir de faire quelque chose qui est mal. Et c’est ce que l’auteur appelle " le diable " en chacun de nous.

Ne vous y trompez ça, cet ouvrage repose sur une base scientifique. Il est extrêmement bien rédigé, bien élaboré également. C’est un ouvrage où il expliqué, par exemple, comment les neurones DA sont inhibés par les autorécepteurs D2, et comment ils sont freinés par les opiacés agissant au niveau de certains récepteurs. On décrit le fonctionnement du cerveau, du système nerveux, etc., et c’est ce qui constitue le fond du savoir que Jean-Didier Vincent nous communique dans cet ouvrage, dont je vous mets en garde : si vous pensez trouver une description du diable pendant 260 pages et que cela vous réjouisse, détrompez-vous! Là n’est pas son objet.

Le but de sa démarche c’est de nous parler du vivant et de faire apparaître dans l’évolution du vivant un moment où tout à coup survient quelque chose qui pourrait bien s’opposer à la direction bénéfique des choses. Et que l’on voit que cette opposition qui est en chacun de nous va devenir de plus en plus importante au fur et à mesure que l’évolution de la vie devient plus complexe.

 

 
  • L'ennui… de la liberté

Plus loin, Jean-Didier Vincent pose une question intéressante : " Qu’est-ce qui fait agir le diable? Le diable s’ennuie. " Donc il a besoin de s’épivarder, si j’ose dire. Alors…

" Le démon dit à l’homme : ‘ Es-tu prêt à m’affronter au risque de te perdre dans l’angoisse et la folie, ou à succomber à la tentation et tomber dans le gouffre ouvert par ton désir? Il te reste, sinon, la voie de la vie ordinaire et ses petites diableries quotidiennes. Ou bien… Ou bien… Tu es (peut-être) la seule créature qui a la liberté de choisir. ’ " Et cette liberté, c’est aussi celle de choisir le mal…

" Ne voir l’opposant [le diable en chacun de nous] que dans l’autre ou dans les autres serait une erreur, ajoute-t-il. L’adversaire est logé au sein même de l’individu. Il est cette force venue de l’origine des temps ‘ qui tantôt veut le mal, tantôt fait le bien ’. "

Plus loin, Jean-Didier Vincent cite l’un des personnages du roman célèbre Les frères Karamazov de Dostoïevski : " Si Dieu n’existe pas tout est permis! ", dit Ivan. Jean-Didier Vincent reprend : " Il se trompe. Le diable est présent, qui impose à l’homme les contraintes du corps et du monde et le jeu tragique de la vie : la joie contre la peine, l’amour contre la haine, l’exaltation de la gloire contre le déshonneur et, à la fin de la partie, la mort. "

 

 
  • Pour affronter le Démon : trois stratégies

" Dans le face à face avec le démon, l’homme dispose de trois stratégies : la soumission, l’affrontement et le compromis.

" Dans la soumission, l’individu cède à la tentation. Il est entraîné dans le cercle infernal des processus opposants; avec lui, ceux qui allument les bûchers et ceux qui se précipitent dans les flammes, tous les maudits de l’univers temporel sur lesquels pèse l’Ennui – car l’un des grands moteurs qui stimule tellement en chacun de nous le diable, c’est l’ennui. (N’est-ce pas extraordinaire de penser que les hommes, les mâles, dans toutes les civilisations, vont à la chasse et à la guerre parce qu’ils s’ennuient?) –, les pauvres Tantales de banlieue livrés aux marchands d’illusions, tous les affamés du sexe, de la drogue et de la violence, les misérables victimes d’un marché de dupes qui gagnent la mort avec tous leurs appétits, leur égoïsme et tous les péchés capitaux.

" La seconde voie est celle du combat avec le démon, de ceux qui vivent dans le feu comme la salamandre, ceux qui n’acceptent que la seule compagnie d’eux-mêmes parce qu’il est permis d’être tout à fait vrais, ceux qui ont choisi de danser au-dessus de l’abîme et d’étouffer d’un ‘ non ’ chaque ‘ oui ’ doucereux.

" Il reste enfin la voie très ordinaire, la plus difficile peut-être [pour combattre le diable en nous] : la santé. " Celle-ci ne transcende pas l’homme. Elle ‘ présuppose même une défense égoïste de l’individu qui se trouve contraint pour la sauvegarder sinon de se dresser contre son entourage, du moins de composer, de transiger continuellement avec les infinies nécessités, croyances et idéologies de la vie en société ’.

" Il est illusoire et dangereux de fonder l’éthique sur autre chose que le Soi. Il me faut savoir que le diable n’est pas l’autre et encore moins les autres : le diable, c’est moi. "

 


   
 

Alimentation:
Les fruits et légumes valent mieux que les vitamines

D'après :
" Gare aux excès
de vitamines ",

L'Express,
18 mai 2000.

 

Pour terminer l’émission, un dernier mot pour vous dire qu’une centaine d’études qui ont été réalisées à travers le monde montrent que les consommateurs de fruits et de légumes sont moins sujets que d’autres au cancer et aux maladies cardiovasculaires. C’est toujours ça.

" Les composants bénéfiques de ces produits de la terre seraient principalement bêtacarotène (provitamine A), la vitamine C, la vitamine E, le sélénium et le zinc. Baptisée antioxydants, ces éléments neutralisent les radicaux libres, eux-mêmes facteurs de destructions des cellules humaines. "

On dit ici que, à fortes doses, certains produits vitaminiques peuvent être dangereux pour les populations à risques tels que les fumeurs ou les hyper-tendus. Selon un directeur de recherche : " Mieux vaut, selon lui, augmenter la part de fruits et les légumes [frais] dans l'alimentation ‘ la meilleure source de micro-nutriments ’. "

Pour vous inciter à suivre ce conseil, je vais vous donner le slogan d’une campagne qui est menée actuellement en France : " Il faut manger dix fruits et légumes différents par jour. " On le sait mais…

 

 

 À lire :
Alimentation et prévention du cancer

 


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