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Émission du jeudi 7 mai 1998

Le rapprochement de la science et de la spiritualité


Notre existence ne peut être un accident fortuit, nous rappelle un physicien

L'homme est-il un étranger dans cet Univers? Sommes-nous un accident ou faisons-nous partie d'un plan? Ah la grande question!

Un scientifique du nom de Freeman Dyson a dit : " Je n'ai pas le sentiment d'être un étranger dans cet Univers. " Et je pense à l'astronome Fred Hoyle qui affirmait avoir toujours trouvé curieux que les scientifiques prétendent mépriser la religion alors que la religion domine leur pensée plus que les pensées du clergé.

Je l'ai déjà dit à quelques reprises, mais je crois qu'il est faux de penser que les scientifiques, par définition, n'ont pas de préoccupation d'ordre spirituel. Pour certains, il y a une coupure entre leurs recherches scientifiques et leurs convictions personnelles, alors que pour d'autres pas du tout. Au contraire, leurs convictions personnelles s'alimentent de leurs recherches au plan scientifique. Il est très important également de savoir que de nombreux chercheurs refusent de croire que l'Univers est un accident cosmique et que l'être humain est, lui aussi, un accident dans cet univers matériel.

D’après :

DAVIES, Paul.
L'Esprit de Dieu, Éd. Pluriel, Coll. " Hachette littératures ", 1998.


Justement, j'ai cet ouvrage de Paul Davies sous les yeux, qui s'intitule
L'Esprit de Dieu. Paul Davies est un scientifique très respecté qui enseigne la physique mathématique à l'Université d'Adélaïde en Australie, et qui est l'auteur de nombreux travaux en physique fondamentale et en cosmologie. Plusieurs de ses livres sont traduits en français, dont Le Big Crunch : les trois dernières minutes de l'Univers, paru cette année aux éditions Hachette.

" J'appartiens au nombre de ces chercheurs qui ne souscrivent pas à une religion conventionnelle, mais refusent de croire que l'Univers est un accident fortuit, explique-t-il. Mon expérience scientifique m'a révélé que l'Univers physique est agencé avec une ingéniosité telle que je ne puis accepter cette création comme un fait brut. Il doit y avoir, à mon sens, un niveau d'explication plus profond. Qu'on veuille le nommer ' Dieu ', est affaire de goût et de définition.

" J'en suis, en outre, arrivé à la conviction que l'esprit - c'est-à-dire l'appréhension consciente du monde - n'est pas un caprice absurde et fortuit de la nature, mais un aspect fondamental de la réalité. - Notre recherche, autrement dit, fait partie du projet de l'Univers. - […] Je m'efforce, dans les pages qui suivent, d'exposer les raisons de mes convictions. J'examinerai […] les progrès récents enregistrés aux frontières de la science, qui, pour certains, ont engendré des notions intéressantes et fascinantes sur Dieu, la création et la nature de la réalité ", prévient l'auteur.

DAVIES, Paul. L'Esprit de Dieu, Éd. Pluriel, Coll. " Hachette littératures ", 1998.


Ce livre qui s'intitule
L'Esprit de Dieu s'adresse, semble-t-il, au grand public. En toute simplicité, je vous dirai que ce n'est pas un ouvrage à mettre entre toutes les mains - non pas qu'il y ait dans cet ouvrage des choses salaces, au contraire, mais je crois qu'il n'est pas aussi facile d'accès qu'on l'aurait peut-être souhaité. " Il n'est pas nécessaire, pour l'aborder, de posséder des connaissances préalables en matière de mathématique ou de physique ", affirme l'auteur, mais je crois que la compréhension risque d'être quand même un peu difficile.

Selon sa théorie, chacune de nos copies a le sentiment d'être unique et entière dans une vision qu'il suggère dans son ouvrage. " Quoiqu'il en soit, écrit-il, il existe un nombre stupéfiant de copies de nous-mêmes dans l'existence! Aussi bizarre que la théorie puisse paraître, elle est défendue, dans l'une ou l'autre version, par un grand nombre de physiciens ainsi que par certains philosophes. Ses qualités sont particulièrement évidentes pour ceux qui s'occupent de cosmologie quantique, où des interprétations alternatives de la mécanique quantique semblent encore moins satisfaisantes. Il faut dire cependant que la théorie a ses détracteurs, parmi lesquels certains (notamment Roger Penrose) n'acceptent pas l'idée que nous ne remarquions pas la scission -, c'est-à-dire l'idée que l'auteur est en train de défendre. -

" […] Faut-il conclure de la reconnaissance franche du caractère désespéré de l'entreprise discutée [ailleurs dans cet ouvrage] que tout raisonnement métaphysique est dépourvu de valeur? demande plus loin l'auteur. Devrions-nous adopter l'attitude de l'athée pragmatique qui se contente de considérer l'Univers comme allant de soi, et nous lancer dans l'élaboration du catalogue de ses propriétés? Il ne fait aucun doute que de nombreux scientifiques sont opposés, par tempérament, à toute forme de raisonnement métaphysique, et ne parlons pas des raisonnements mystiques. Ils méprisent l'idée même qu'il puisse exister un Dieu, ou même un principe créateur impersonnel qui sous-tendrait la réalité et ferait paraître ses aspects contingents moins arbitraires.

" Personnellement, je ne partage pas cette attitude méprisante. Bien que de nombreuses théories métaphysiques et théistes paraissent restrictives et infantiles, elles ne sont, de toute évidence, pas plus absurdes que la croyance dans le fait que l'Univers existe - et qu'il existe sous la forme que nous lui connaissons - sans raison. Il semble pour le moins valable de chercher à élaborer une théorie métaphysique qui réduise une partie de l'arbitraire du monde. Mais en définitive, une explication rationnelle du monde appréhendé dans le sens d'un système fermé et complet de vérités logiques est presque certainement impossible. Nous sommes coupés de la connaissance ultime, de l'explication ultime, par les règles mêmes du raisonnement qui nous incitent à rechercher une telle explication. "Si nous désirons progresser au-delà nous devons embrasser un concept de ' compréhension ' différent de celui de la voie rationnelle", explique Davies.

De temps en temps, j'aime bien suggérer ce genre d'exercice qui consiste à regarder ailleurs que sur le plancher des vaches proprement dit pour nous donner un souffle, une certaine ouverture. Et dans la perspective de rappeler qu'il est vrai que la pensée matérialiste domine notre monde, il y a tout de même parmi les chercheurs des gens qui ont le sentiment qu'il existe une dimension autre que celle de la matière. Et c'est ce que nous dit Paul Davies dans cet ouvrage.

Je ne vais pas m'aventurer très loin sur ce terrain - je vous le dis très franchement - parce que ça va nous obliger à décoller trop du plancher des vaches. Mais j'aime bien cette idée avancée par l'auteur : " Si nous désirons progresser nous devons embrasser un concept de compréhension différent de celui de la voie rationnelle. "

Il dit aussi : " La voie mystique est peut-être un chemin vers une telle compréhension. Je n'ai jamais eu d'expérience mystique, mais je garde pourtant un esprit ouvert quant à la valeur de ces expériences. Peut-être constituent-elles le seul moyen de transcender les frontières que la science et la philosophie ne peuvent franchir, la seule voie possible vers l'ultime. "

Finalement, Davies essaie de montrer que, grâce à la science, nous, êtres humains, sommes capables de percer certains secrets de la nature. Il rappelle que nous avons décrypté une partie du code cosmique et remarque : " Pourquoi l'Homo sapiens porte-t-il en lui l'étincelle de rationalité qui fournit la clé de l'Univers? Voilà qui demeure une énigme profonde. Nous qui sommes les enfants de l'Univers - poussières d'étoiles animées - pouvons néanmoins réfléchir sur la nature de cet Univers, au point de capter des aperçus des règles de son fonctionnement. Comment nous sommes-nous trouvés liés à cette dimension cosmique, voilà qui demeure un mystère. Pourtant ce lien ne peut être nié.

" Qu'est-ce que cela signifie? Qu'est l'homme pour bénéficier d'un tel privilège? Je ne puis croire que notre existence dans cet Univers est un simple caprice du destin, un accident de l'histoire, un incident fortuit dans le grand drame cosmique. Notre implication est trop intime, l'espèce physique Homo ne représente peut-être rien, mais l'existence de l'esprit dans un organisme sur une planète dans l'Univers est sûrement le fait d'une signification fondamentale. L'Univers a engendré la conscience de soi à travers les êtres humains. Ce ne peut-être un détail anodin ni une production marginale de forces absurdes dépourvues de finalité. Notre présence ici a un sens réel ", conclut le physicien.

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L'esprit de l'éon de Jean E. Charron


Au cours des années - pour continuer mon propos sur ce que j'appelle le rapprochement de la science et de la spiritualité - j'ai eu le privilège de rencontrer à plusieurs reprises un physicien respecté : Jean E. Charron, l'auteur, entre autres, d'un ouvrage intitulé Théorie de la relativité complexe, un ouvrage hautement spécialisé destiné à des lecteurs qui ont une solide formation scientifique, en particulier dans le domaine de la physique. Il a aussi écrit d'autres ouvrages qui sont beaucoup plus accessibles et que certains d'entre vous connaissent probablement : L'Esprit cet inconnu, par exemple, ou encore Mort voici ta défaite, d'un accès plus facile, quant à moi.

J'ai eu le plaisir de connaître Jean E. Charron, de le fréquenter même durant plusieurs années, à chaque fois qu'il venait au Canada, mais aussi de l'interviewer pour l'émission Par 4 Chemins. Si ma mémoire est bonne, cela s'est produit à deux ou trois reprises, je dirais.

Il s'agit d'un homme de science qui s'interroge sur la nature même de l'énergie. Il s'est orienté vers la fin des années cinquante vers la physique fondamentale et s'est consacré à rechercher une théorie unitaire englobant la description de tous les phénomènes physiques. À un moment, ses recherches l'ont conduit à une découverte au niveau subatomique des électrons qui constituent notre corps, qui enfermerait un espace et un temps différents de ceux auxquels nous sommes habitués. Tout ça pour en venir à dire que dans l'espace-temps de nos électrons, l'ordre et la mémoire des événements passés s'enrichissent sans cesse.

Dans chaque électron de notre corps, c'est notre esprit entier qui est contenu, comme dans chaque partie d'un hologramme on trouve en plus petit l'image entière. Ces véhicules de l'esprit dans la matière, ces individualités microscopiques qui portent l'esprit dans l'Univers, le professeur Charron proposent de les appeler des éons, à la suite des anciens gnostiques pour qui des éons représentaient l'esprit émané de l'intelligence Universelle : " Ce ne sont pas les éons qui pilotent mon propre esprit, dit-il, je suis ces éons eux-mêmes, en ce sens que dans chacun des éons qui entrent dans mon corps est ce que je nomme mon Je, c'est-à-dire ma personne. "

L'idée d'identifier ces éons comme étant des électrons est en soi originale. Mais d'autres scientifiques, dont Arthur Koestler, ont adopté pour désigner les sous-unités porteuses de l'esprit le terme olon, sans préciser à quoi cela pouvait s'identifier au plan matériel ou énergique. Le mot " olon " (du grec olos qui signifie " entier ") est considéré comme le matériau indivisible constituant le matériau de base de la matière. Le professeur Charron, lui, démontre que ces sous-unités sont en fait des particules que les physiciens étudient et pensent connaître depuis fort longtemps : les électrons.

À ma connaissance, aucun de ces chercheurs n'a encore fait le rapprochement entre ces éons-olons-électrons, et ce que l'enseignement hindou désigne sous le nom de parmanos, que cette philosophie définit comme les unités de base ou les sous-unités de la matière à l'intérieur de l'atome, c'est-à-dire les particularités de l'esprit dans la matière.

Cette question me trouble beaucoup, parce que j'ai été très étonné, à un moment donné de ma vie, de découvrir l'existence dans la pensée hindoue de ce qu'on appelle parmanos (du grec nos : esprit) et de constater que ces unités ou sous-unités paraissent correspondre à ce que les scientifiques appellent, selon les écoles, olons ou éons, et que le professeur Charron croit tout simplement être les électrons. Mon étonnement vient de ce qu'on nous enseignait - et peut-être l'enseigne-t-on encore du reste - que les Anciens considéraient que les unités fondamentales étaient l'atome (du grec, atomos : qu'on ne peut couper).

Cette particule était donc regardée comme indivisible par les atomistes grecs. Mais la science moderne a bien démontré que l'atome est physiquement décomposable. La menace nucléaire en témoigne… Or, voici qu'une pensée encore plus ancienne nous parle de l'existence de parmanos, c'est-à-dire de particules de l'esprit comme de sous-unités de l'atome. Il a sans doute existé un savoir dont la tradition occidentale se serait coupée et avec laquelle nous renouons, plusieurs millénaires plus tard par la voie scientifique.

Voilà des thèmes sur lesquels j'aime bien revenir à l'occasion dont celui du rapprochement que je crois évident entre une certaine démarche scientifique et une certaine spiritualité.

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La pensée positive
selon James Allen

À propos de la pensée positive... Tiens, je viens de m'apercevoir que je reviens encore sur un thème déjà abordé. Ce doit être une journée de règlement de comptes. [rires]

ALLEN, James. L'Homme est le reflet de ses pensées, Éd. Un Monde différent, 1978, 1991.


d'abord une réserve

À propos de la pensée positive donc, j'ai une opinion plus nuancée que celle exprimée par certains auteurs qui estiment que la pensée de l'individu détermine la réalité, qu'elle en est la cause, que votre pensée est responsable de l'ensemble de votre vécu, etc. Je trouve que ça va un peu loin de penser qu'on peut agir à ce point sur les événements, sur les circonstances de la vie, sur les conditions. Je suis d'avis qu'on peut agir sur notre attitude, sur notre interprétation de la réalité, mais en même temps, je crois que si la maison s'effondre sur votre tête un de ces jours, ce ne sera probablement pas parce que vous aurez provoqué vous-même la catastrophe par votre pensée. Il y a une limite!

Il demeure toutefois certain que, dans la mesure où nous interprétons toujours positivement la réalité, la pensée positive aura un effet bénéfique sur notre perception de cette réalité, ce qui agira de façon justement positive. En ayant l'attitude juste, les événements pourront nous être plus favorables que si, au contraire, on adopte une pensée qui est vaseuse par rapport à la vie.

Pendant un certain temps, j'ai éprouvé quelque réserve à vous entretenir de ces ouvrages portant sur la pensée positive parce que je craignais de ne pas être bien compris ou de tenir des propos qui auraient pu paraître excessifs sur le pouvoir de l'individu par rapport à sa vie. Maintenant que j'ai exprimé cette réserve, je pense que je peux revenir à la pensée positive [rires], en souhaitant que vous la preniez simplement comme une tentative au niveau de l'attitude qui vous permette d'avoir une interprétation positive.

La pensée sur les circonstances est très importante : on pourra vivre les mêmes événements, vous et moi et d'autres, et en avoir une interprétation différente. Et si on ne se laisse pas accabler par les événements, il est évident qu'on les surmontera mieux.

L'Homme est le reflet de ses pensées, de James Allen, est paru aux Éditions Un Monde différent. Lorsqu'on me parle de plus d'un million d'exemplaires de cet ouvrage vendus à travers le monde, je me dis que ça fait beaucoup et qu'il y a peut-être en moi un envieux qui sommeille et qui se dit tout bas : qu'est-ce qu'il a lui que moi je n'ai pas… [rires]

 
D’après :

ALLEN, James. L'Homme est le reflet de ses pensées, Éd. Un Monde différent, 1978, 1991.


l'être humain comme reflet de ses pensées

Que pense l'auteur de son livre? " Ce petit volume […] est plus évocateur qu'explicatif, son but étant d'amener hommes et femmes à la découverte de la perception d'une vérité, à savoir : ' Eux et eux seuls sont responsables de ce qu'ils sont. ' " Bien jusqu'ici, mais relativement, parce qu'il faudrait creuser passablement pour savoir si on est vraiment responsable à ce point. Et toute cette analyse risquerait de nous entraîner ailleurs que dans la pensée positive si on se demandait dans quelle mesure on est responsable de ce que l'on est, totalement, et responsable de ce qu'on est en train de devenir, peut-être... " en vertu des pensées qu'ils choisissent et encouragent; et parce que l'esprit est le maître tisserand de la trame du caractère et de celle des circonstances, spécifie Allen. Et tout comme ils ont, jusqu'à présent, tissé dans l'ignorance et dans la souffrance, ils peuvent maintenant tisser dans la connaissance et dans la joie. "

" L'aphorisme ' Un homme est le reflet de ses pensées ' ne s'applique pas seulement à l'être humain; son sens très large lui fait embrasser toutes les conditions et circonstances de notre vie; un homme est littéralement le reflet de ce qu'il pense, son caractère étant la somme complète de toutes ses pensées, explique l'auteur au début de son ouvrage. […] L'action est la fleur de la pensée, la joie et la souffrance en étant les fruits; ainsi l'homme récolte-t-il les fruits doux et amers de ce qu'il a semé. ' Nous sommes ce que sont nos pensées. Ce que nous devenons, nous l'avons forgé et construit. Lorsque l'esprit de l'homme engendre des pensées mauvaises, la souffrance suit, comme la nuit suit le jour… La joie accompagne celui qui persiste dans la pureté de ses pensées. ' " Il y a du bon dans tout ce que dit Allen, mais, en même temps, vous comprenez d'où viennent mes réserves?

le pouvoir d'une pensée dirigée

Allen poursuit : " L'homme croît sans cesse, c'est la loi; il ne se crée pas artificiellement et le principe de cause à effet est tout aussi absolu et constant dans le royaume caché des idées que dans le monde matériel et visible. Une nature noble n'est pas un hasard ni une chance : elle est le résultat naturel d'un effort continuel de pensée positive, l'effet d'une association longtemps désirée avec les pensées pures.

" L'homme se fait et se défait lui-même : dans l'arsenal de son esprit, il forge les armes qui détruiront, mais il façonne également les outils avec lesquels il construira les abris de joie, de force et de paix. Par un juste choix et une mise en œuvre conforme de ses pensées, l'homme atteint la perfection […]; par l'abus et une mauvaise application de ses pensées, il se rabaisse au niveau de la bête - moi, je n'aime pas beaucoup quand on dit se ' rabaisser ' au niveau de la bête parce que je n'ai rien contre les bêtes - et plus bas encore. […] L'homme est le maître de ses pensées, et lui seul pétrit son caractère, il fabrique et façonne sa vie, son environnement et sa destinée. " Voilà.

Cet ouvrage peut nous apprendre beaucoup pour arriver à se sortir de la victimite. En même temps, je pense qu'il faut faire très attention de ne pas donner dans cette forme d'absolutisme intégral et sans nuances.

" Être de puissance, d'intelligence et d'amour, seigneur de ses pensées, l'homme détient la clé de toutes les situations et renferme en lui-même ce pouvoir transformateur et régénérateur lui permettant d'accomplir ce que lui dicte sa volonté ", poursuit Allen. Il détient la clé de toutes les situations dans la mesure où justement l'interprétation qu'il en aura sera déterminante par la suite.

" Ce n'est que par la recherche et la prospection qu'on découvre or et diamants, et l'homme ne peut trouver les vérités liées à l'être humain qu'en creusant la mine de son âme; il pétrit son caractère, façonne sa vie et construit sa destinée. Il peut, à condition de ne jamais dévier de la ligne qu'il s'est tracée, contrôler et modifier ses pensées, en suivant la trace de leurs effets sur lui-même, sur les autres et sur sa vie; il peut faire les rapports de cause à effet par un entraînement patient et des recherches et en utilisant chacune de ses expériences, même les moins importantes, chacun des faits de la vie quotidienne, pour acquérir cette connaissance profonde, qui est la compréhension, la sagesse et la puissance. "

pensées et réussite

Plus loin, Allen nous parle de la pensée et de la réussite. Voici un exemple de cette absence de nuances que l'on peut retrouver dans ce genre d'ouvrages : " Tout ce qu'un homme réussit et tout ce qu'un homme ne peut réussir dépend directement de ses pensées. " Il y a pourtant une dialectique - un échange, un dialogue si vous préférez -, entre les événements et l'individu tout de même! Ces réflexions, ce sont des invitations à considérer notre part de responsabilité et l'effet que pourraient avoir sur notre vie des pensées plus positives que celles que nous entretenons peut-être le plus souvent. L'auteur, quant à lui, va jusqu'à dire que " la responsabilité individuelle doit être absolue "...

" La faiblesse et la force d'un être, sa pureté et son impureté sont siennes et non pas celles des autres; c'est lui qui les attire, ce n'est pas un autre; lui seul peut les modifier et personne d'autre. Sa condition est également sienne et n'appartient pas à un autre, affirme-t-il. […] On a longtemps pensé et dit : ' S'il existe des esclaves, c'est qu'il existe des opprimants; qu'on détruise les opprimants. ' Il existe maintenant une pensée contraire, à savoir : ' Si un homme devient opprimant, c'est qu'il existe des esclaves; les esclaves sont méprisables. ' La vérité est qu'opprimés et opprimants sont égaux dans l'ignorance et, bien qu'ils semblent se faire du mal les uns aux autres, c'est en fait à eux seuls qu'ils nuisent.

" Une Connaissance parfaite voit l'action de la loi dans la faiblesse des opprimés et la puissance mal utilisée de l'opprimant; un Amour parfait, voyant les souffrances que ces deux conditions entraînent, ne condamnent ni l'un, ni l'autre; une Compassion parfaite étreint et l'opprimant et l'opprimé. Celui qui a vaincu la faiblesse, qui n'a plus aucune pensée égoïste, n'appartient ni à l'un ni à l'autre groupe. Il est libre. Un homme ne peut s'élever, conquérir et réussir qu'en améliorant ses pensées - ça c'est certain. - Il ne reste faible et abject et malheureux qu'en refusant de s'améliorer.[…] Un homme, s'il ne peut contrôler ses pensées, ne peut prendre ses affaires en main et assumer des responsabilités sérieuses. " Ça va loin…

" Il ne peut y avoir de progrès ni de réussite sans sacrifice, affirme aussi Allen; la réussite matérielle d'un homme se mesure par les sacrifices qu'il fait de ses pensées mauvaises, par la concentration de son esprit sur le développement de ses plans et par la force de ses résolutions et de sa confiance. Plus ses pensées seront élevées, plus juste il deviendra et plus son succès sera grand, plus ses entreprises seront heureuses et durables. " L'idée qu'il faille persister pour s'améliorer et améliorer ses pensées revient beaucoup.

" Les réussites spirituelles représentent l'achèvement d'aspirations sacrées -, affirme l'auteur Et je crois que cette formule-là est très heureuse ici. On doit en effet persister à s'améliorer en améliorant ses pensées. - Celui qui est constamment dans la conception de pensées nobles et élevées, qui se maintient dans tout ce qui est pur et désintéressé deviendra, aussi sûrement que le soleil arrive au zénith et que la lune est pleine, d'un caractère noble et sage, et atteindra une position d'influence et heureuse. " Il y a une part de destin aussi sans doute là-dedans, mais encore une fois, il s'agit ici de considérer une part de notre responsabilité. En tout cas, moi je le prends comme ça, comme un exercice.

" Les victoires atteintes ne peuvent être maintenues que par la plus grande attention. Beaucoup abandonnent leurs pensées au moment où ils croient que le succès leur est assuré et ils retombent ainsi dans l'échec. Toutes les réussites, qu'elles soient en affaires, intellectuelles ou spirituelles, sont le résultat d'une pensée bien dirigée; elles sont dirigées par la même loi et dépendent de la même méthode; la seule différence réside au niveau du but à atteindre. […]

" Le calme de l'esprit est l'un des plus beaux joyaux de la sagesse et le résultat d'un long et patient effort de maîtrise. Sa présence est l'indice d'une expérience mûrie, d'une connaissance supérieure des lois et du fonctionnement de la pensée. "

Cet ouvrage vient un peu comme une espèce de buffet, de " smorgasbord ", diraient les Suédois : on y prend ce qui nous intéresse, ce qui alimente notre réflexion et qui est susceptible de nous aider à mieux vivre avec les autres et avec soi-même. Pour le reste…

Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.

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