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Émission du jeudi 21 mai 1998 |
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La force en nous
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Pour tout dire, il marrive
parfois davoir envie de faire un peu lécole buissonnière. Ce que
jappelle les petites failles dans mon système. Mais je mautorise ces failles
lorsque je décide comme ici , de me faire dabord plaisir.
Je me promenais avec ma chienne
Cybèle dans le Port de Montréal, lorsque jai remarqué un jeune homme assis sur un
banc qui semblait plongé dans un ouvrage. Il ma salué aimablement et ma
ensuite confié quil puisait beaucoup de réconfort dans la lecture de ce livre dont
il ma montré la couverture. Il sagissait dun classique : Un nouvel art de vivre, de K.O.
Schmidt. Et ça ma donné tout à coup lidée comme ça de le relire.
Je dois vous avouer que jaborde toujours ce genre
douvrage avec la même réserve que j'ai manisfesté à propos de la pensée dite " positive ". À
savoir que si une échelle me tombe sur la tête, je ne lai pas nécessairement
souhaité dans mon for intérieur. En dautres mots, il y a une limite dans ce que je
suis capable de créer et dont je suis capable dempêcher la création. Mais, il
demeure quil existe effectivement une force qui est en nous. Ce qui me fait penser
à cette formule que jaime beaucoup parce quelle résume très bien la
démarche de George Lucas dans Star Wars : " The Force within
you " La Force est en toi , qui
suggère que cette force existe. |
 | Daprès : |
SCHMIDT, K. O. Un nouvel art
de vivre Tome I, Éd. du Roseau, 1987. |
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L'énigme est en nous
Pour revenir au livre de M. Schmidt, qui est un Allemand, il cite à
un moment Goethe : " Nous attribuons les diverses conditions de notre
vie tantôt à Dieu, tantôt au diable, et chaque fois nous nous trompons, car
lénigme est en nous qui sommes engendrés par deux mondes contraires. [
]
[Cela] devient toujours plus clair sur le chemin de notre perfectionnement
progressif ", ajoute Schmidt, cest-à-dire que lexistence de
cette polarité nous habite. On pourrait également citer Freud qui parlait de
lénergie de la vie qui soppose à lénergie de la mort thanatos
à eros linstinct de vie à linstinct de mort, etc.
" Tous les moyens de reconstruire notre vie sont en
nous ", affirme Schmidt. Selon moi, ça ne suppose pas quon va marcher
sur les eaux, mais que, dans bien des cas, lorsquon ne pourra plus rien contre un
destin cruel, il y aura toujours une chose que lon pourra faire :
laccepter. Dire oui à ce qui est, cest déjà beaucoup.
" La force est en nous, cest la première et la
plus grande puissance qui soit. La force est le principe fondamental du mouvement, or le
mouvement est la vie. La force est en nous, nous possédons par conséquent la faculté de
mettre en mouvement les choses et les événements dans le sens le plus propice de notre
élévation ", affirme lauteur. Le but de lenseignement
que Schmidt prodigue ici est dit-il, " dactiver cette force en nous, de
la développer et de la mettre au service de cette vie nouvelle que nous voulons
commencer ".
" Ici sappliquent les paroles du divin Platon,
écrit-il plus loin : Vous pourrez arriver à vivre dune façon
infiniment plus sage lorsque vous apprendrez à vous connaître et à vous perfectionner
vous-même, mais vous nêtes pas encore conscient de votre propre
puissance. "
lart de mener les petites choses du quotidien
Ensuite, lauteur souligne limportance des petites
choses, des petits riens. Moi aussi, jaime bien les petites choses. Jai
dailleurs écrit un texte. pour dire que la voie des
petites choses en est une qui est vraiment accessible à tout le monde. Parce
que, finalement, cest surtout ça quon fait dans la vie, des petites
choses : frotter ses chaussures quand on les frotte, faire ses courses, faire le
ménage, la vaisselle, etc.
" La grande tâche de gouverner une vie fructueuse
commence avec les choses les plus ordinaires, les menus travaux, en apparence futiles, de
la vie quotidienne, car le tout est pareil à la partie, et celui qui est maître de
linstant présent, sans se soucier de lavenir, est maître de sa journée, et
finalement, de sa vie entière. [
] Toute notre vie est faite de petits
riens . La plupart des gens sont engagés dans une constante guérilla contre
la sournoiserie et la méchanceté des objets, et finissent par y succomber, car lorsque
nous nous fâchons contre ces riens, ceux-ci se mettent non seulement au travers de notre chemin
mais aussi de notre estomac, et leur poids nopprime pas seulement notre âme
mais aussi notre corps, et nous rend prématurément nerveux, fatigués, vieillis. Celui
que la bêtise des choses exaspère se prive de ce que la vie a de meilleur sa
supériorité sur elles. " Hum-hum...
Il y avait encore ceci que jaurais pu vous dire à propos des
petites choses. " Il faut de la gaieté et de la patience, outre une
sérieuse discipline, pour être juste envers les choses. Tiens, par
exemple, jai un sac pour transporter mes livres et mes articles, et qui est toujours
ouvert. Vous avez deviné... quand je le saisis, tout tombe sur le plancher. Et là ça
prend de la patience! Jai souvent fait preuve dun excellent caractère
[rires] Mais je pourrais toujours le fermer avant de me
lever, me direz-vous, mais ça cest une autre histoire.
" Apprenons à ne rien faire sans joie, poursuit
Schmidt. La mauvaise humeur avec laquelle nous nous débarrassons des petites choses se
répand comme un gaz empoisonné, et gâte latmosphère de toute une journée.
[
] Noublions jamais que la vie quotidienne est le champ de bataille où se
déroulent les combats les plus importants, et que rien nest trop infime pour
être le germe de la force et de labondance future! " Et cest
bien vrai.
la maîtrise de soi
À propos de la maîtrise de soi, Schmidt écrit ceci : " La
condition de la maîtrise de soi est à son tour la maîtrise des pensées, désirs,
penchants et passions. Ce nest facile, daccord; mais commencez
dabord par les voir, vos pensées, vos désirs, vos penchants, puis vous pourrez
intervenir sur eux. [La maîtrise] est la clé de notre supériorité sur
les objets. La plupart des gens sont victimes de lillusion quils peuvent
dominer le monde extérieur sans avoir maîtrisé au préalable leur monde
intérieur : leur propre moi, or celui qui nest pas maître dans sa maison,
ne sera jamais le maître du monde qui lentoure, mais au contraire lesclave
des choses ", poursuit lauteur. Intéressant, nest-ce pas? |
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le programme dun nouvel art de vivre
 Comme je vous le disais, Un nouvel
art de vivre est un grand classique, qui a été réédité il y a
quelques années aux Éditions du Roseau. Il sagit dune démarche, dun
programme sétendant sur 52 semaines, si vous possédez le Tome I et le
Tome II. Sur la couverture, on peut lire : " Cours
dun an dhygiène physique, intellectuelle et spirituelle ",
vous voyez le genre?
Les extraits que je vous rapporte proviennent du Tome I,
lequel doit en principe alimenter la réflexion et inspirer les conduites pour les
26 premières semaines, donc la moitié de lannée. Il est question de la
culture du corps, de la vertu du sommeil, de savoir travailler, de lattitude juste
devant la vie, etc. Partout il y a des choses intéressantes. |
Il
sagit de reconnaître que tout ce qui nous arrive constitue un degré dans notre
ascension vers les sommets
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une question dattitude
" [On] nest pas lesclave de son entourage,
ni le prisonnier des circonstances, mais leur maître ", affirme encore
lauteur. Cest peut-être là quil faut être bien conscient de ce
que ça ne signifie pas que lon maîtrise toutes les situations, mais que lon
maîtrise linterprétation que lon peut en avoir, les représentations que
lon sen fait. Il demeure juste de penser que des attitudes
positives pour ne pas parler de pensée positive, mais des attitudes et des
gestes positifs sont de nature à créer des situations positives.
Cest tellement vrai, vous savez. Je me rendais récemment dans
un centre daccueil pour personnes âgées et je voyais que les personnes les plus
heureuses étaient celles qui démontraient le plus douverture, qui acceptaient le
plus volontiers la vie, qui aimaient leurs enfants comme ils sont, voyant bien leurs
défauts, voyant les leurs aussi, bien sûr... Donc, quand lauteur affirme que
l" on nest pas lesclave de son entourage, ni le prisonnier
des circonstances, mais leur maître ", il ne faut pas simaginer
encore une fois que lon va marcher sur les eaux, mais bien que lon va
intervenir le plus possible dans sa vie.
Celui qui cherche à mener sa vie avec art, poursuit Schmidt " reconnaît
quil ny a pas de force des circonstances , si ce
nest celle quil leur accorde par une façon de penser erronée
voyez-vous le détour? car les circonstances sont ce qui lentoure, ce
qui est autour de lui ", précise Schmidt. Autrement dit, les
circonstance ne sont pas lui.
de causes à effets
Lauteur suggère ensuite dêtre parfaitement conscient
que les effets ont des causes. Ça a lair simple dit comme ça, mais
lorsquon travaille en éducation, on prend conscience justement de ce que les
enfants très jeunes sont incapables de mesurer à quel point les causes produisent des
effets. Ils ont donc un comportement qui peut aliéner leur entourage, puis dire
ensuite : " Cest drôle, la maîtresse elle ne maime
pas! " ou " Le directeur ne peut pas me
sentir
", etc.
" La loi des causes et effets est valable pour
tout dans la vie. Il en résulte que nous ne pouvons accuser personne de nos échecs que
nous-mêmes. Toute destinée est voulue par nous et créée par
nous-mêmes ", affirme Schmidt. Cest peut-être là encore une fois
que ça va un peu loin, si on ne comprend pas larrière-plan de ses propos. Reste
quil y a quand même une grande part de vrai dans tout cela. " Les
conditions de vie dun homme dépendent de son attitude face à la vie ",
dit-il aussi, ce qui est aussi relativement vrai. Et ça vaut la peine de sy
arrêter puis de se dire : " Je vais essayer davoir des attitudes
plus justes face à la vie et ça va changer les conditions de ma vie. "
Mais il y a des conditions qui ne dépendent pas de soi, cest ce que je veux dire
lorsque je parle des réserves que je fais. Lauteur admet lui-même à un certain
endroit que ces réserves, comme celle que je vous fais maintenant, il faut les garder en
tête. " Ce nest donc pas le changement de milieu
par exemple , qui est décisif mais la transformation de notre attitude
morale, la rénovation de la pensée. "
Ici, il y a un avertissement. " Il ne suffit absolument
pas de sasseoir confortablement, dentretenir en nous des pensées de
plénitude, et dattendre sans plus que labondance vienne à nous. Pour obtenir
le succès, il nous faut agir simultanément sur deux plans : sur le plan spirituel,
en pensant dune façon juste, sur le plan matériel, en agissant utilement. Bien
penser ne rend nullement inutile de bien agir. Nous devons travailler, après comme avant,
mais le fait de bien penser fera que notre travail ne sera jamais stérile et nous
apportera au contraire des richesses toujours plus abondantes.
aimer son destin
" Bien penser sans agir nous prive de
60 % de nos succès. Les deux réunis nous assurent le succès total
de notre vie. Cest ce qui distingue le sage du non-éveillé, car
chez le premier, le sage, agir et penser ne font quun. "
Ce qui me rappelle un de mes principes préférés qui se dit en italien :
" Amor fati " aimer le destin,
aimer son destin. Cest une formule
qui est employée quelque part par Nietzsche. Et aimer son destin, cest
difficile parfois
Alors, ça cest très sérieux, et Schmidt
sy attarde quelque peu.
" Accuser son destin, se plaindre à Dieu et aux
hommes, gémir sur son sort misérable est absolument inutile. On
croit souvent pouvoir alléger ainsi son cur dun poids qui lopprime
alors quen réalité on lalourdit sans compter quon
emmerde tout le monde autour... [rires] ,
car celui qui se plaint tombe toujours plus bas dans locéan de la vie, au lieu
de sélever vers les sommets. Il y a dans cela un ton un peu fin de
siècle, je trouve
" Pour maîtriser la vie, il faut laimer avec
tout ce quelle contient et nous apporte. Le visage des choses se transforme lorsque
nous aimons; il sillumine et nous renvoie les rayons de notre cur ensoleillé.
[
] Les difficultés de la vie ne doivent pas être une cause de
jérémiades mais, au contraire, une incitation à prendre conscience de notre force, à
engager la bataille, à transformer toute misère en bienfait. "
lacceptation
" Seule notre acceptation de tout nous rend capable de
venir à bout des pires difficultés, de les fouler aux pieds et de passer outre.
Deux possibilités nous sont toujours offertes à tout moment : soit de nous
soumettre à une peine, soit de nous élever au-dessus delle avec un
sourire. Voilà qui résume bien la démarche de Schmidt.
" [
] Il sagit de reconnaître que tout ce
qui nous arrive constitue un degré dans notre ascension vers les sommets. Il nous
paraît parfois très dur de gravir ce degré, mais cest le seul chemin pour arriver
plus haut et pour atteindre ce quil y a de meilleur. Que cette pensée vous
réjouisse! Nous apprenons à ne plus souffrir de ce qui nous atteint, à ne plus le subir
passivement, mais à conserver notre indépendance et à prouver notre supériorité. "
Voilà. Cest tout cela que je voulais me remettre en
mémoire aujourdhui. Cest ce que jappelle me faire plaisir et tant mieux
si je peux vous en faire profiter par la même occasion.
Un personnage très important ce monsieur Schmidt. |
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Les enseignements de
Svâmi Prajnânpad
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 | Daprès : |
ROUMANOFF, Daniel. Svâmi
Prajnânpad, Ed. de la Table Ronde, Coll." Les chemins de la
sagesse ", Préface de Arnaud Desjardins, 1989.

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Je suis en train de me dire
quaprès Schmidt et la pensée positive, si on pouvait faire la démonstration,
comme ça, très rapidement, de lexistence dune échelle, on pourrait faire un
saut énorme en se familiarisant avec certains des enseignements du Svâmi Prajnânpad.
Svâmi Prajnânpad a été, entre autres choses, le gourou de
Daniel Roumanoff, lauteur dun ouvrage intitulé Svâmi
Prajnânpad dont la préface est dArnaud Desjardins, puisque Prajnânpad a aussi été le
maître à penser dArnaud pendant des années Arnaud continuant de faire
son travail à la télévision française, puis chaque fois quil le pouvait,
retournant en Inde auprès de ce gourou pour simprégner de son enseignement. Et
cest de loin, peut-être, lenseignement le plus rigoureux que lon puisse
trouver.
les pensées
" Voir et non penser , dit
Svâmiji. Traduction littérale de langlais See do not think : voyez,
ne pensez pas ", écrit Daniel Roumanoff.
" Svâmi emploie le mot penser
dans un premier sens comme synonyme de croire, avoir des préjugés, des idées toutes
faites, des a priori, des opinions non fondées, adhérer aux jugements de
valeur de la société dans laquelle on a été élevé ou à un système de croyances
injustifiées. Sur ce même thème, Svâmiji dit : Il
faut seulement voir et non penser ou spéculer, imaginer ou assumer.
" Ce que vous considérez comme des
évidences, cest cela penser. Voir sappuie sur des faits. Penser vous éloigne
de la vérité et de la réalité. Vous êtes le produit de votre environnement. Cest
pourquoi vous ne pouvez rien voir au-delà de vos habitudes et des conventions dont vous
êtes imprégnés. Comme le poisson qui est dans laquarium.
Si vous voulez voir au-delà, libérez-vous dabord de votre
manière habituelle dinterpréter les faits. Vous essayez toujours
dinterpréter et non de voir et de comprendre. "
Ce quil y a de surprenant dans cet ouvrage-là, cest que
Roumanoff a effectué un collage colossal de cet enseignement dont certaines parties
pouvaient être tirées des notes prises par lun, denregistrements faits par
dautres, etc. Il regroupe tout cela par thèmes : lego, le mental, les
pensées, les émotions, etc. Ce qui fait quà certains moments, il mentionne
quelque chose en romain, cest-à-dire en caractères ordinaires, puis ensuite en
italique avec des citations qui proviennent comme ça dun peu partout.
" Penser, [
] cest aussi, pour Svâmiji,
lactivité du mental qui consiste à laisser la place à limagination coupée
de la réalité, à projeter ses présupposés sur le monde et à linterpréter en
fonction dun système de valeurs particulier. Cest donc créer un monde
dirréalité et ne pas voir ce qui est. Et là, on passe à
litalique Les pensées naissent quand vous ne
voyez pas les faits comme ils sont. ... Que signifie penser?
Cest créer quelque chose dautre, cest établir une liaison entre cette
chose et soi-même : laction et la réaction entrent ainsi en
jeu
" Il y aurait donc une opposition possible quon
pourrait faire entre réfléchir et penser. Cest autre chose ça. Penser, je vous le
rappelle, il le prend dans le sens des préjugés, des idées toutes faites, des
" je-pense-que ", etc.
" Svâmiji parle de la manière on ne peut plus
positive du processus intellectuel qui consiste à réfléchir, examiner, délibérer,
observer les relations de cause à effet, discriminer... Voyez-vous
quon rejoint un peu le vocabulaire de tout à lheure? , bref
tout ce quon appelle communément suivre un raisonnement logique, avoir un
comportement réfléchi, etc. Il opposait ainsi intellectualité
à intellectualisme , lactivité de
lintellect. "
la connaissance suprême
On demandait au Svâmi Prajnânpad : " Quest-ce
que la connaissance suprême (prajnâna)? " Il répondait : " Tout
sécoule. Tout est changement. " " Énoncé paradoxal, dit
Roumanoff : puisque tout est fluctuant, mouvant, instable, cela
nimplique-t-il pas une absence de connaissance suprême? Au
contraire, dit Svâmiji, cest la prise de conscience parfaite, permanente du
changement dans les formes qui est la perfection. Svâmiji prend ici le
contre-pied de la démarche la plus courante qui consiste à percevoir et à reconnaître
lexistence du changement et immédiatement à le refuser en recherchant la
permanence dans lêtre [
]. "
Un des principes fondamentaux : " Ce qui vient,
sen va. Cest une loi de la nature écrit Roumanoff. Cest
étonnant des énoncés aussi simples que ceux-là! Le changement est
la loi de lunivers ou la loi de la
nature , dit Svâmiji. Changement et nature sont si inséparables, que
le changement est non seulement le caractère essentiel de la nature mais pratiquement son
synonyme : La nature cest le changement : rien nest
stable, rien nest immobile, fût-ce un seul instant.
" Changement dans le temps, changement
dans lespace "
" Cest la loi éternelle de la
nature : tout ce qui vient, sen va. Rien ne demeure sous la même
forme.
" Rien ne peut venir sans repartir.
Rien ne sen va qui ne soit dabord venu. Nul besoin, commente
Roumanoff, de démontrer limpermanence des choses : tout est transitoire,
tout passe, tout est instable; constatation courante et des plus banales et, pourtant
difficilement acceptable tant lenfant, que nous avons été, reste toujours présent
en nous. Seul lenfant croit que ce qui est agréable va durer. Dès que
lagréable disparaît, il se sent impuissant, seul et se lamente. "
Il cite alors Svâmi qui dit : " Ce
que lenfant reçoit, ce qui lui semble agréable, il le considère comme permanent,
comme durable. Il saccroche à cette croyance. Quand il rencontre un obstacle, il
est submergé par un sentiment de détresse [
] parce quil a cru que
lagréable avait une existence permanente. Cela seul lui semblait normal, cela seul
pouvait arriver. Voilà pourquoi, dès que quelque chose se produit, quelque chose de
différent, lenfant nie son existence. Quand un événement pénible survient
brusquement, lenfant se sent seul et abandonné. "
Dans la collection " Les Chemins de la
sagesse ", un ouvrage sur le
Svâmi Prajnânpad, le gourou de Daniel Roumanoff et de
plusieurs autres, dont Arnaud
Desjardins. |
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