PAR...  

Émission du mercredi 27 mai 1998

Les brèves

Caféine dans les boissons gazeuses

D’après :

" Gamins caféïnomanes ",
Courrier international
,
N° 394, 20 au 27 mai 1998.

De plus en plus d’enfants nord-américains sont intoxiqués par la caféine! C’est du moins ce que rapportait l’hebdomadaire américain The Nation, dans une enquête intitulée : " Generation Wired : cafeine is the new drug of choice for kids " (" Génération speedée : caféine, la nouvelle drogue de choix pour les enfants ").

" Principaux coupables : les fabricants de boissons gazeuses qui augmentent les taux de caféine ajoutée à leurs sodas jusqu’au maximum autorisé de 2 mg par centilitre, peut-on lire dans le Courrier international qui a repris l’article. C’est le cas, entre autres, de Surge de Coca-Cola, de Justa de Pepsi-Cola ou de Mountain Dew, cette dernière ‘ boisson énergisante ’ étant la préférée des moins de six ans. "

 


L’argent a une odeur

D’après :

" Un parfum qui fleure
bon l’odeur de l’argent ",
Courrier international
,
N° 394, 20 au 27 mai 1998.

Il existe maintenant " un parfum qui fleure bon l’odeur de l’argent "! Tiens, l’argent a une odeur... Mais quelle est cette odeur?

" Robert Jelinek, artiste de performance autrichien, a voulu vraiment le savoir, lit-on dans la même édition du Courrier international. C’est ainsi qu’il s’est présenté chez Dragoco, fabricant de parfums viennois (qui travaille pour Lagerfeld, Adidas, Ariel et Omo) avec un billet de 100 dollars tout frais sorti de la presse et leur a demandé de s’en servir pour développer un parfum. Les professionnels de l’odeur placèrent le billet sous une cloche de verre, analysèrent ses émissions pendant des semaines conformément aux règles de l’art, et s’attaquèrent à la confection d’une eau de toilette. Celle-ci s’appelle tout simplement Cash et comprend, outre de l’eau et de l’alcool, des composants odorants de métal, d’encre d’imprimerie, de papier et d’acajou. " Il paraît qu’un brin d’acajou permet de retrouver l’odeur de l’argent…

Ce parfum qualifié d’unisexe est en vente depuis la fin du mois d’avril dernier et on ne pourra se le procurer que par Internet ou dans des boutiques de design. Aux intéressés... les moteurs de recherche!

 


La force de l’opinion publique

D’après :

" Entreprises –
Aux consommateurs
de civiliser
l’économie mondiale! ",
Courrier international
,
N° 394, 20
au 27 mai 1998.

Seul 1 % peut faire la différence. Paraît-il qu’il suffit de faire des pressions aux bons endroits, de frapper aux bonnes portes, de faire un peu de lobbying pour obtenir pleinement satisfaction.

Selon un article du Washington Post repris dans le Courrier international, et portant particulièrement sur Nike, " le marché donne au consommateur le droit de juger " : et il peut juger non seulement de la qualité du produit, mais aussi des conditions dans lesquelles le produit est fabriqué. C’est ainsi que l’opinion publique a réussi à faire plier certains industriels en s’attaquant à leur image.

Nike fait fabriquer ses espadrilles dans des conditions très difficiles par des enfants qui travaillaient sept jours par semaine, 14 heures par jour. Des gens se sont plaints, tout le monde en a parlé, et finalement Nike a décidé d’améliorer les conditions de travail dans ses usines à l’étranger. La morale de cette histoire qui finit bien : consommateurs et prolétaires de tous les pays, unissez-vous!

Il est bon de savoir que l’on peut modifier le comportement de géants de l’industrie comme Nike. Au fond, ce qui compte pour ces entreprises c’est d’abord leur image. Justement " Image is everything " (l’image c’est tout) est l’un des slogans de la société Nike. Ils ont bien couru après... [rires]

" L’annonce faite par le fabricant d’articles de sport d’un relèvement de l’âge minimal d’embauche de son personnel et de l’adoption des normes américaines de qualité de l’air sur ses sites à l’étranger représente une victoire pour les défenseurs des droits de l’homme aux États-Unis et ailleurs, pour qui les libertés fondamentales ne s’arrêtent pas aux portes de l’usine ", écrit l’auteur de cet article.

 

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Féminisme

 

À quelques reprises, je vous ai parlé d’Anita Roddick : présidente-directrice générale de la chaîne de boutiques spécialisées dans les soins pour le corps, Body Shop. Madame Roddick est tout à fait étonnante, une femme-symbole si je puis dire : écolo, chef d’entreprise, elle incarne l’image de la femme capable de concilier les affaires, les grandes causes et la famille.

 

Anita Roddick : opinion d’une femme d’affaires

" La fondatrice des Body Shop, qui compte aujourd'hui 1 600 boutiques […] à travers le monde, a toujours mis en pratique un double principe, peut-on lire dans un petit articulet qui présente cette Anglaise comme une des personnalités de demain : ne rien vendre qui ait été testé sur des animaux ou qui contienne des produits chimiques. "

Plusieurs produits ont d’ailleurs été créés à la suite de voyages dans certains pays du tiers-monde au cours desquels Anita Roddick a observé de quelle façon les femmes utilisent les ressources de leur environnement pour leurs soins personnels. Il y a donc beaucoup de produits fabriqués à base d’herbes, de plantes, etc. En d’autres mots, elle a utilisé ce qu’il était possible de tirer de ces différentes cultures afin de répondre aux besoins des occidentales.

Elle a fait un travail extraordinaire de ce point de vue. Souvent de petites entreprises ont pu voir le jour dans ces pays plus ou moins tiers-mondistes, grâce à son intervention. Elle s’est occupée de politique : elle a boycotté les produits français lors de la reprise des essais nucléaires français dans le Pacifique en 1995.

" Mais la success story tant de fois déclinée sur l’entreprise familiale devenue multinationale commence à battre de l’aile. Même si les bénéfices de 1997 sont très élevés, l’expansion sur le marché américain a été un fiasco. " Pour cette raison, et sans doute aussi pour d’autres raisons, Mme Roddick a décidé de prendre de la distance. Il y a quelques jours, elle a annoncé sa décision de céder la direction générale à quelqu’un d’autre. Décision motivée par le désir de renouveler les têtes dirigeantes et les idées de l’entreprise, mais sans doute éprouvait-elle aussi une certaine lassitude.

Vous voyez où je veux en venir? Eh oui, c’est du féminisme dont il est question. Là-dessus, madame Roddick déclare : " ‘ Les femmes d’affaires à succès sont présentées par les médias comme les icônes des conquêtes féminines, confiait-elle à Neesweek. Mais elles sont loin d’être représentatives de la plupart des femmes qui luttent pour concilier travail et vie familiale. ’ Et de conclure sur un ton dépité : ‘ Chercher à mener les deux de front est une recette pour l’insatisfaction. ’ "

la diversité des choix

Le Devoir offrait à ses lecteurs, au cours de la fin de semaine du 23 et du 24 mai 1998, un cahier spécial – que j’ai trouvé remarquable – sur le thème du féminisme.

Je m’intéresse au féminisme parce que je refuse que ma compagne, ma fille, ma mère soient considérées comme des mineures : si les femmes de ma vie sont considérées comme des mineures, j’estime que moi-même je m’en trouve dévalorisé. Voilà mon premier raisonnement sur le sujet. J’ai même écrit un livre dans lequel il est question de l’importance du féminisme. Et je continue encore de dire, chaque fois que l’occasion se présente, que ce qu’il y a de plus important à notre époque, c’est le mouvement de libération de la femme. Il doit se poursuivre dans le monde entier et la question doit être examinée en tenant compte de ce que les femmes veulent vraiment.

D’après :

RIVEST, Isabelle.
" Les nouveaux
enjeux ",
Le Devoir
,
Montréal,
23-24 mai 1998.


" Les femmes ont toujours une faible estime de soi,
déplore Françoise David, présidente de la Fédération des Femmes du Québec. Par exemple, si les étudiantes ont un bon rendement scolaire, c’est souvent au prix de profondes angoisses. " Ces informations sont tirées d’un article de Isabelle Rivest : " Les nouveaux enjeux ".

" En général, le discours féministe a peu tenu compte du rôle maternel, sauf dans la perspective de la conciliation travail-famille, renchérit Françoise David. Le mouvement a davantage mis l’accent sur l’autonomie financière des femmes, en négligeant souvent leur désir de maternité. Plusieurs parmi les jeunes ne se reconnaissent guère dans cette logique carriériste. Font-elles le jeu de ceux qui voudraient les voir retourner à leurs chaudrons? Le mouvement féministe tient-il compte du fait que les femmes peuvent prendre plaisir à s’occuper d’un enfant? Comment éviter de retomber dans les ornières traditionnelles, tout en favorisant la reconnaissance du rôle maternel? "

Voilà que la question est bien posée!

Elle dit plus loin : " ‘ Depuis le virage ambulatoire, les femmes sont responsables de tout le monde. Entre le mari qui gagne le salaire principal et l’épouse qui travaille à temps partiel, lequel des deux quittera son emploi pour s’occuper du parent âgé? ’ Les superwomen sont fatiguées, ajoute l’auteure. ‘ La société considère la conciliation travail-famille comme un problème de femmes ’ ", déplore Christine Fréchette, membre du Conseil du statut de la femme, qui insinue que la conciliation travail-famille devrait être considérée comme un problème social.

Mais il ne faut pas s’imaginer que le mouvement est en train de se défaire. Tout le monde connaît l’importance de la reconnaissance des droits de la femme, qui doit se traduire par des gestes, des décisions politiques, etc. On y revient toujours, surtout par le changement des mentalités.

" Aujourd’hui, le mouvement des femmes est aussi la cible des critiques des plus jeunes qui se reconnaissent mal dans certaines de ses valeurs. On constitue ainsi deux catégories : les bonnes et les mauvaises féministes. "

D’un autre côté, voici ce qu’une féministe a confié au journal Le Devoir : " Un des enjeux de l’avenir sera de maintenir une cohésion malgré la diversité des discours qui traversent le mouvement. " C’est selon moi l’essentiel de ce qu’il faut retenir. Et non pas de s’imaginer qu’il y a un éclatement dans le mouvement sous prétexte qu’on observe une diversité dans la façon d’envisager cette libération!

Il y a encore beaucoup à faire, mais l’on s’y emploie. Pour souligner cette année son 25e anniversaire en collaboration avec l’Institut de Recherche et d’Etudes féministes (IREF), un colloque " marrainé " par le Conseil du statut de la femme a choisi pour thème : " Marcher sur des œufs, ou certains enjeux du féminisme aujourd’hui. "

D’après 

PERREAULT,
Denyse.
" Un colloque
de la maturité ",
Le Devoir
,
Montréal,
23-24 mai
1998.


Dans un article de Denyse Perreault, on apprend que la conférence d’ouverture du colloque sera animée par Elizabeth Fox-Genovese, auteure de Feminism Is Not The Story of My Life. " ‘ Dans ce livre, explique-t-elle en entrevue au Devoir, je rappelle que l’élite des féministes américaines n’a pas prêté beaucoup d’attention aux besoins des femmes‘ ordinaires ’, ce qui peut causer des problèmes assez sérieux au niveau politique. ’ "

" Exemple? poursuit Denyse Perreault. " Leur opposition à l’instauration de politiques de congé maternel, sous prétexte que cela consacrerait la reconnaissance de la différence entre les hommes et les femmes. ‘ Pourquoi refuser à une femme qui n’a pas la chance de pratiquer un boulot vraiment intéressant le droit de préférer élever un enfant, de trouver cela excitant et valorisant? demande Elizabeth Fox-Genovese. Pourquoi n’y verrait-elle pas l’occasion d’exercer sa créativité? C’est justement là où les femmes diffèrent fondamentalement des hommes, qu’elles peuvent se réunir autour de politiques susceptibles de servir leurs intérêts : congés maternels, politiques concernant le viol. Mais jusqu’où faut-il aller pour instaurer une protection convenable pour les femmes qui en ont besoin? ’ "

" Bonne question, commente Denyse Perreault. Qui reflète directement un féminisme plongé dans une ère de paradoxe. "


Paternaliste
, le féminisme?

Au même colloque, il y avait une table ronde sur " L’avenir des programmes d’accès à l’égalité,‘ sièges-femmes ’ et autres quotas destinés à parer au déséquilibre en vigueur dans les institutions ", écrit Denyse Perreault.

" Nombre de femmes, surtout parmi les jeunes, se montrent réticentes face à ces mesures qui favorisent les femmes au détriment des hommes et de la compétence, poursuit la journaliste. Même si la parité ne fait pas le bonheur de toutes puisque – en témoigne le phénomène Margaret Thatcher – les intérêts et les besoins des femmes ne sont pas nécessairement pris en considération. […]

" Bien qu’il s’en défende, le mouvement féministe n’a jamais vraiment compris pourquoi des femmes préfèrent rester à la maison avec leurs enfants, porter le voile islamique par choix ou se soumettre aux diktats de la mode et des normes de beauté. Vouloir les protéger contre elles-mêmes ne revient-il pas à promouvoir une pensée féministe totalitaire? Et le désir de les protéger contre la discrimination, la violence physique ou sexuelle, ne confère-t-il pas aux femmes une identité de victime qui en fait de perpétuelles mineures? Peut-on à la fois défendre la protection des femmes et le respect de leur autonomie? "

Une affaire à suivre, l’affaire du siècle quant à moi!

 

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Pour un contrat de l’homme avec la nature

 

Michel Serres, enseignant à l’Université de Paris 1 et aux États-Unis, historien des sciences et mathématicien, a rapidement acquis la réputation de franc-tireur des sciences humaines et de marginal par l’intérêt qu’il porte à toutes les formes de savoir. Récipiendaire en 1985 du Prix Médicis de l’essai pour Les Cinq Sens, il dirige, depuis 1984, Le Corpus des œuvres philosophiques en langue française aux éditions Fayard. Il fait aussi partie, depuis 1990, du Conseil scientifique de la Bibliothèque de France.

D’après :

SERRES, Michel.
Le Contrat naturel,
Éd. François Bourin,
1990.

J ’avais interviewé Michel Serres à l’époque de Les Cinq Sens et Le Contrat Naturel. Nous avons beaucoup de choses en commun. À commencer par deux en particulier... des sourcils très très longs! [rires]

Son projet de contrat naturel nous rappelle que ce dernier existe, en soi; à savoir que nous avons des droits, mais que nous avons aussi des obligations à l’endroit de la nature. Il y a contrat social, donc.

" Les philosophes du droit naturel moderne font parfois remonter notre origine à un contrat social que nous aurions, au moins virtuellement, passé entre nous pour entrer dans le collectif qui nous fit les hommes que nous sommes. Étrangement muets sur le monde, ce contrat, disent-ils, nous fit quitter l’état de nature pour former la société. […]

" Les mêmes philosophes appellent droit naturel un ensemble de règles qui existeraient en-dehors de toute formulation, poursuit Michel Serres dans Le contrat naturel; parce que universel, il découlerait de la nature humaine; source des lois positives, il suit de la raison en tant qu’elle gouverne les hommes. "

Le philosophe fait aussi mention d’un parasite : " l’usage et l’abus ". Usum, abusum : entre usage et abus, les notaires s’y entendent. Seul le propriétaire peut abuser des lieux (abusum), mais le locataire doit toujours rester au niveau de l’user (usum) sans en abuser. Mais qui est propriétaire de la terre? En fait, personne. À savoir que nous tous sommes des locataires de passage ici...

" Au contrat exclusivement social stercoraire ajouter la passation d’un contrat naturel de symbiose et de réciprocité où notre rapport aux choses laisserait maîtrise et possession pour l’écoute admirative, la réciprocité, la contemplation et le respect, où la connaissance ne supposerait plus la propriété, ni l’action la maîtrise, ni celles-ci leurs résultats ou conditions . Contrat d’armistice dans la guerre objective de symbiose. "

Puis, l’auteur distingue le symbiote du parasite :

" Le symbiote – celui qui accepte l’idée d’être en symbiose avec la nature – admet le droit de l’hôte – c’est le droit de celui qui l’accueille.

Le parasite – notre statut actuel –, condamne à mort celui qu’il pille et qu’il habite sans prendre conscience qu’à terme il se condamne lui-même à disparaître. Le parasite prend tout et ne donne rien; l’hôte donne tout et ne prend rien. […] Autant la nature donne à l’homme, autant celui-ci doit rendre à celle-là. […] Dans sa vie même et par ses pratiques, le parasite confond couramment l’usage et l’abus; il exerce les droits qu’il se donne en nuisant à son hôte, quelque fois sans intérêt pour soi; il le détruirait sans s’en apercevoir. "

" L’homme doit revenir sur terre.
Au sens propre et figuré.
Il en va de son salut et de sa survie.
On ne badine pas avec les éléments. "

Dans Le Contrat naturel, M. Serres mentionne qu’on a fait l’éloge de l’homme et que l’homme est au sommet de la création, comme s’il pouvait simplement la dominer plutôt que de se l’imaginer comme étant un élément parmi d’autres de la création. Constat terrible, le bilan des dommages écologiques infligés à ce jour à la planète équivaut à celui des ravages qu’aurait laissé derrière elle une guerre mondiale.

" En écrivant ce livre, j’ai longtemps hésité à reproduire le volumineux dossier scientifique que j’avais établi sur les désastres écologiques. J’y ai renoncé car ce serait sortir de mon rôle de philosophe. En revanche, je me suis lancé dans de véritables études de droit pour un juriste. En effet, le terme de contrat naturel est presque contradictoire. Un contrat ne se fait qu’avec une personne humaine qui parle et signe tandis que la nature, elle, ne parle pas, ni ne signe. Aujourd’hui, l’idée que la nature puisse être un sujet de droit fait son chemin, y compris chez les vrais techniciens du droit. "

D’après :

LIMOGES, Camille &
SERRES, Michel
(Propos recueillis
par LEMIEUX,
Raymond).
" Vive la crise? ",
Québec Science
,
février 1998.


Dans un article de Québec Science, la question suivante lui est posée : A-t-il pris soin de ne pas se laisser entraîner sur la pente de l’anti-science? " Bien sûr ", répond-il. Quelles que soient les solutions adoptées demain, elles seront toutes issues de la science, de la technique, de l’industrie et du droit. Des catastrophes se préparent; les gens réagissent d’une manière policière et demandent qui en est responsable. C’est une fausse question.

" La vraie question est : ‘ Qu’allons-nous faire? ’ C’est ça l’urgence. Il ne faut pas couper les têtes, mais inventer une nouvelle conduite, un nouveau pilotage. Or, on ne change jamais de conduite sans émotion. " Étymologiquement, émotion veut dire ce qui fait bouger. Ce qui meut, ce qui émeut.

" Il n’y a pas un seul de mes livres qui ne soit présent dans celui-là. Auparavant, j’ai travaillé beaucoup dans le local. Aujourd’hui, à mesure que je vieillis, j’avance vers une sorte de synthèse ". Il parle de ce livre comme d’une synthèse de sa propre démarche.

Accès aux versions enregistrées des émissions "Par 4 chemins" de Radio-Canada.

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