PAR...  

Émission du lundi 7 septembre 1998


Fête du travail

Le travail me fascine. Je peux rester des heures à regarder les autres travailler…

Je trouve que la formule Fête du travail ne convient guère. D’une part, parce que ceux qui travaillent s’en plaignent parfois et ceux qui ne travaillent pas s’en plaignent aussi. Je serais porté à me tourner plus facilement du côté Fête que du côté Travail. Chose certaine, la question est importante malgré son ambivalence. Est-ce que c’est la fin ou le commencement de quelque chose de nouveau à propos du travail?

Comme j’ai amassé des tonnes de livres, il m’arrive d’en parcourir ou d’en feuilleter de temps en temps. C’est ainsi que je me suis replongé dans un ouvrage du docteur Xavier Maniguet, Les énergies du Stress, paru chez Robert Laffont il y a plusieurs années, pour retrouver des petites informations tripatives qui m’auraient échappé en première lecture.

MANIGUET, Xavier. Les énergies du Stress, Paris, Robert Laffont, 1994, 474 p.

D'après: 

MANIGUET, Xavier. Les énergies du Stress,
Paris, Robert Laffont, 1994,


Stress du chômeur

Selon Maniguet, " Le stress du chômeur avait, bien évidemment, sa place dans le cadre de l’agression du travail, puisque nous avons vu combien la précarité de l’emploi constitue l’anxiété première du travailleur, avec sa sanction ultime : le chômage. " Il précise : " Cette agression du chômage n’est pas seulement ressentie au niveau individuel, puisque tous les sondages montrent qu’elle est considérée comme le problème prioritaire de la société moderne – on parle toujours de plein emploi. Il est, d’ailleurs, significatif que la socialisation se soit organisée depuis des millénaires autour de traditions de travail, au même titre que celles de la famille ou de la propriété, au point qu’on parle de " droit au travail ", plutôt que d’un devoir obligé. Il est vrai que le travail est, par essence, social - or, nous sommes des animaux sociaux – puisqu’il s’agissait de troquer le fruit de son savoir-faire contre un autre savoir-faire, avant de l’échanger contre de l’argent, toutes choses impliquant la présence des autres, la communication avec eux.

On peut estimer que le stress par rapport au chômage s’inscrit à trois niveaux [vous allez trouver ça drôle et peut-être vous en souvenir toute votre vie] : avant, pendant, et à la fin. " [rires]

L’anxiété permanente de se retrouver un jour sans emploi, ou l’espoir intense d’en retrouver incessamment un autre peuvent être aussi stressants que le chômage lui-même. Beaucoup de cadres sont tellement inquiets à la perspective de perdre leur travail qu’ils font de la surenchère permanente dans leur investissement physique et moral au sein de leur entreprise, au point d’y perdre la santé... et souvent leur emploi! D’autres, qui sont " chômeurs longue durée ", ont tellement peur de ne pas être à la hauteur des tests de sélection à subir en vue d’un nouvel emploi qu’ils y perdent leurs moyens et restent chômeurs. Le stress mal géré peut ainsi engendrer le chômage ou bien le pérenniser. [...] Le stress du chômage est souvent intense, sous-tendu par des considérations à la fois personnelles (doute de soi, impression d’inutilité, vieillesse prématurée...) ".

Entre deux contrats, moi, à une époque, j’ai eu un trou assez considérable dans ma vie et j’ai trouvé ça extrêmement difficile, avec le sentiment de rejet qu’on peut éprouver dans ces cas-là. Je ne sais pas pour vous, mais moi, j’ai le rejet facile.

" Les doutes dans les considérations personnelles et familiales également (culpabilisation, mauvais exemple, perte du statut de modèle ou de chef de clan – bien que le chef de clan a pris du plomb dans l’aile depuis quelques années) et sociales (perte du statut social, d’identité, d’honorabilité, de respectabilité...)

Dans le même ordre d’idées, le sociologue Paul Bélanger, dans une entrevue accordée à Céline Saint-Pierre lors de la rencontre des sociologues au cours de l’été dernier, affirme : " Il faudrait faire en sorte qu’il n’y ait plus d’adéquation automatique entre l’insertion professionnelle et l’insertion sociale. "

Et le docteur Xavier Maniguet, spécialiste de la question du stress ajoute : "  C’est une situation qui devient facilement auto-entretenue par une perte de motivation et de confiance en soi, à mesure que le temps passe, que les occasions deviennent rares, que la communication s’étiole, que la marginalisation s’installe. "

Je reviens aux propos du docteur Xavier Maniguet qui est un homme d’une grande lucidité. Parachutiste, plongeur sous-marin, colonel de l’Armée française, etc., il a vécu des situations dangereuses et a développé une expertise en matière de stress. Il continue donc avec cette question du stress à propos des chômeurs en disant que : " L’état de chômeur est un véritable stress au long cours, qui nécessite une adaptation à une situation hostile, d’autant plus que les spécialistes s’accordent pour considérer que le chômage va augmenter en nombre et en durée. [...] La perspective du chômage ne doit plus être considérée comme une " catastrophe épouvantable ", mais comme un paramètre possible, sinon probable, à prendre en compte dans le déroulement d’une carrière normale. "

Il y a, en fait, une polémique tant chez les économistes que chez les philosophes, les sociologues, etc. Les uns vont parler de la fin du travail, les autres vont parler de l’utopie du temps libre, pour reprendre simplement deux titres d’ouvrages qui paraissent en même temps et qui veulent dire exactement le contraire l’un de l’autre. Quoi qu’il en soit, le docteur Maniguet pense lui aussi que : " De telles perspectives obligent à ne plus envisager le chômage comme un accident regrettable et provisoire, apanage de quelques malchanceux, mais comme une probabilité qui touchera à l’avenir toutes les catégories de travailleurs, pour des durées prolongées. À partir de ce constat, le chômage ne pourra plus être " le chômage ", mais deviendra un véritable " statut " au long cours, pour lequel il faudra bien inventer une rétribution acceptable. "

Retour au début-

Économie sociale

On revient à la question de la rétribution, à la question revenu minimum. Plusieurs expressions pour ça : l’allocation universelle, par exemple, dont je vous ai déjà parlé et qui est une expression employée par l’économiste Philippe Van Parijs.

En termes de société, puisque le progrès technologique résulte de l’intelligence humaine, donc de notre habileté, et puisque la technologie travaille de plus en plus à notre place, l’effet de ce progrès ne saurait être pour le bénéfice seul de quelques-uns d’entre nous. Et de ce point de vue-là, moi, je suis un grand défenseur de cette idée – ce qui ne doit pas vous surprendre – qu’il va falloir arriver à trouver une solution de ce genre-là. Dans la sphère politique, le discours à la mode demeure toujours celui qui porte sur la création d’emplois. À entendre nos politiciens, ce serait là le moteur de la relance économique. Quant à savoir comment on va s’y prendre pour créer des centaines de milliers d’emplois c’est une autre histoire…

Mais il y a une solution parmi d’autres. Il n’y a pas seulement la solution de l’allocation universelle qui est préconisée mais il y a celle de mettre l’accent sur l’économie sociale. Je ne sais pas si vous avez remarqué… l’économie sociale, on en a beaucoup parlé à une époque, surtout pendant le Sommet économique. En avez-vous réentendu parler, vous? Presque pas. L’économie sociale…

Il n’y a pas une journée, ou presque, où il n’est pas question, au contraire, de la suppression d’emplois par centaines, par milliers. De toute évidence, il y a entre le projet politique et la réalité socio-économique une distance considérable, voire l’absence d’une vision cohérente. Et puis, devant ce qui m’apparaît de plus en plus clairement comme l’effondrement du système, j’éprouve un sentiment d’urgence. Je déplore en particulier que les médias ne fassent pas suffisamment état d’études ou de réflexions qui inviteraient à considérer la conjoncture actuelle dans une perspective différente. À force de simplement véhiculer les intentions des politiciens et de ne pas traiter de la question, on perd de vue, finalement, la nature profonde de la problématique.

D'après:

SAINT-PIERRE, Céline.
Le travail est-il toujours une fin en soi ?
,
La Presse, 25 juillet 1998.

Je m’étonne de constater que beaucoup de réflexions très sérieuses, venant de ceux qui ont pris position à propos de l’utopie du plein emploi, prennent appui sur des analyses bien étayées mais ne sont pas prises en compte, ou trop peu, par ceux qui assument d’une façon ou d’une autre le leadership dans notre société. Il y a un décalage très évident. On trouve donc des ouvrages d’économistes, de sociologues, qui démontrent l’inanité des discours, qui risquent aussi de faire perdre un temps précieux. À un moment, il faudrait plutôt orienter la réflexion et les décisions dans une autre direction pour répondre aux exigences de la situation, car il s’agit d’une situation qui découle de facteurs qui ne vont pas s’évanouir dans les années qui viennent mais vont plutôt devenir plus déterminants dans l’avenir. Parmi ces facteurs, évidemment, les plus importants sont : l’informatisation dans l’industrie et dans les services – c’est-à-dire la substitution de la robotique et de la télématique au travail humain - et la mondialisation des marchés, qui fait qu’on trouve une main-d’œuvre à bon marché ailleurs, par exemple.

Est-ce que je vous ai parlé des trois grandes thèses qui s’affrontent? L’une affirme que le travail va disparaître, l’autre que le travail devrait disparaître et d’autres disent que, dans un prochain avenir, le travail est en voie de recomposition. L’explication qu’on donne à ça, c’est que dans le passé, les travailleurs expulsés par la technologie se recyclaient dans un autre secteur de croissance. " Mais aujourd’hui, même le dernier secteur refuge, le tertiaire, subit les effets de l’informatique et de la réingénierie. Selon certaines estimations, 75 % de tous les emplois pourraient disparaître car il s’agit de tâches standardisées ou standardisables, répétitives, que robots et ordinateurs pourraient facilement réaliser. "

 

TOFFLER, Alvin.
La Troisième Vague,

Édition Denoël, 1970.

On repousse donc à un autre niveau les aspects d’une tâche qu’il ne serait pas possible de robotiser. Par exemple, dans un bureau d’avocat, j’ai entendu parler de la disparition d’un certain nombre de postes de secrétaires, remplacées, pour ainsi dire, par l’informatique. Également, de situations qui ont permis de créer des postes plus exécutifs pour des secrétaires, de même que des postes d’informaticiens. Mais, bien sûr, moins de gens travaillent. Dans certains cas, on voit le recyclage possible dans un autre secteur en croissance, ou la possibilité d’accéder à un autre niveau de responsabilité, pour ceux qui le peuvent, à condition de se recycler soi-même. Mais n’empêche que, dans l’ensemble, 75 % des emplois pourraient disparaître.

Alors, s’ajoutent quelques facteurs qui vont continuer à exercer sur nous une pression énorme pendant encore longtemps. Il y a la télématique, la robotique, la mondialisation des marchés, l’informatisation. Il y a aussi la rationalisation – on en parle un peu moins parce que c’est moins populaire dans les entreprises publiques [rires] ou privées. Il s’agit en fait d’un grand virage. C’est le passage, d’après certains, d’un type de société à un autre, ou encore – et là je vais employer l’expression de Alvin Toffler, " d’une vague à une autre ".

TOFFLER, Alvin. La Troisième Vague, Édition Denoël, 1970.  


Je me demande encore si on n’aurait pas dû mettre l’accent sur la fête finalement, plutôt que d’en profiter pour remuer toutes ces grandes questions auxquelles on n’a pas beaucoup de solutions à suggérer. C’est une invitation à prendre conscience de la nature de la crise dans laquelle nous sommes plongés, plutôt que de tenir le discours démagogique du plein emploi. Si on s’interrogeait vraiment, cela favoriserait l’émergence d’une nouvelle vision, peut-être d’un nouveau projet de société. Cette nouvelle vision - sans qu’on renonce pour ça à la création d’emplois – permettrait une exploration de nouvelles avenues. Par exemple, celle de faire une distinction entre le travail rémunéré et le travail économique, qui d’ailleurs n’a pas toujours été l’activité humaine dominante. Il y a le travail domestique, il y a l’activité autonome. Ça nous oblige à repenser à la place qu’occupe dans nos vies le travail rémunéré. En pratique, ça devrait se traduire par des formules comme celles du travail partagé, du travail à mi-temps, etc., entraînant une libération du temps. Il y a des résistances et même des critiques de ces formules-là, bien. Ce que suggèrent certains économistes, ce sont des transformations au niveau des conditions de travail, mais sans que ces transformations soient accompagnées de la perte d’avantages sociaux acquis, précisent-ils, et à la condition qu’elles fassent l’objet d’une véritable concertation.

Tant de choses à dire là-dessus. Dans un second temps, ça n’irait pas sans nous obliger à réfléchir à la question du travail domestique non rémunéré. Certains estiment que la femme au foyer – ou l’homme dans certains cas – devrait être rémunérée. D’autres, au contraire, soutiennent qu’il faut considérer non pas l’utilité sociale mais la qualité de la vie des membres de la communauté. Ils suggèrent une réforme fiscale qui tienne compte de cette réalité. Ensuite, il se trouve des chercheurs pour affirmer que les prestations d’assurance-chômage représentent en fait un moyen pour nous entraîner à reculons dans l’ère des loisirs. Pour ce qui en reste des prestations, vous me direz! C’est autre chose. [rires] Certains vont même jusqu’à soutenir que nous sommes arrivés à une étape où les sociétés modernes doivent envisager de partager autrement la plus-value – c’est-à-dire autrement qu’en répondant à des manques par diverses allocations – ils parlent de revenu social garanti, inconditionnel à tout citoyen. Question vaste…

Ça pourrait nous consoler de tous les problèmes que soulève la clause orphelin, puis l’émergence des conflits générationnels, comme on dit. On me demande : " Est-ce que vous pensez qu’il y aura des conflits de ci ou de ça? " Je ne pense pas : je suis sûr. Et ils sont déjà commencés.

 
D'après:

ROBITAILLE, Antoine.
Le philosophe d’une nouvelle solidarité
,

Le Devoir, 30 décembre 1998.

Que dit, par exemple, cet économiste Philippe Van Parijs? Selon Antoine Robitaille, à qui il accordait une entrevue dans Le Devoir, Parijs " propose de refonder la solidarité dont les bases ont été érodées par vingt ans de néolibéralisme. [C’est] un plaidoyer pour que la gauche retrouve la force de l’imagination. " Des débats qui durent pendant des années. L’article que j’ai devant les yeux a paru à la fin de décembre 1996. Ce n’est pas si loin, mais quand même… pour bouger. Pour Van Parijs " L’attribution d’une allocation universelle aurait l’avantage de freiner l’érosion graduelle des systèmes de solidarité en Occident. Le changement dans la structure même de l’économie fait en sorte que nos systèmes perdent leur légitimité parce qu’ils étaient conçus en prévision d’un nombre relativement peu élevé de personnes inactives et pauvres. " Un peu plus loin, il précise que " ça implique un mode de taxation internationale. " Avant que ça se fasse! On ne sait jamais, ça peut prendre 50 ans! Si on est encore là, les humains… " Il faut explorer plusieurs avenues comme celle d’une taxe sur les transferts internationaux des capitaux, du Prix Nobel James Tobin. - On se demande quand ça va être pris au sérieux et faire partie de programmes politiques. - Focaliser sur l’indemnisation des inactifs. Parmi les grandes réformes, faire la révision des modes de financement, de l’éducation, du financement des pensions. Il faudrait offrir à tous, sans exception, une base sur laquelle un citoyen pourrait fonder sa vie et assurer sa subsistance. "

D'après:

RIFKIN, Jeremy.
La Fin du travail,
Boréal, 1996, 436 p.

RIFKIN, Jeremy. La Fin du travail, Boréal, 1996, 436 p.

 

S’il est une question qu’on voudrait voir rebondir, quand on aborde cette situation du travail dans notre société et en ce jour de Fête du travail, c’est la question de l’économie sociale… Qui pourrait être la solution, c’est-à-dire la solution du travail non marchand. En fait, une solution parmi d’autres. Moi, j’ai fini de penser qu’il y a une seule solution aux problèmes. Il y a toujours des solutions, qui s’ajoutent les unes aux autres, qui finissent par permettre d’arriver à quelque chose.

Jeremy Rifkin, dans La Fin du travail, affirme que " Demain, dans le monde entier, un nombre croissant de gens consacreront moins de temps à leur travail et en auront une plus grande quantité à leur disposition personnelle. C’est l’évolution des luttes politiques qui décidera si ce temps libre leur sera imposé à leur corps défendant. Si la substitution généralisée des machines au travail humain devait se traduire par un chômage massif, d’une ampleur jusqu’ici inconnue dans l’histoire, alors les chances d’instaurer une société plus humaine et plus compatissante, ainsi qu’une vision du monde fondée sur la transformation de l’esprit humain, seraient bien faibles. Si nous choisissons la voie éclairée du partage des gains de productivité entre les travailleurs, sous la forme de réduction du temps de travail et de revenus décents, le temps libéré pourrait être utilisé à reconstruire le lien social, à revivifier notre héritage démocratique. Une nouvelle génération pourrait transcender les étroites limites du nationalisme et entreprendre de penser et d’agir en tant que membres d’une grande espèce humaine, conscients de leurs obligations envers leurs semblables, envers la communauté qu’ils constituent et envers la biosphère toute entière. "


Travail… sur soi

En terminant, j’aimerais vous rappeler que chacun est l’objet du travail qu’il fait. Quelle que soit la tâche qu’on accomplit - qu’elle soit rétribuée ou non -, quelle que soit l’occupation qu’on poursuit - et je parle de l’action en général dans le monde et sur le monde -, on en est chacun l’objet. Quoiqu’on fasse, on ne travaille jamais que sur soi-même. Le travail est un moyen de se perfectionner. Tout travail est dans la nature. Sans le travail, l’homme resterait à un stade inférieur de l’évolution. L’objet véritable du travail n’est pas d’avoir plus, mais d’être plus. C’est du modèle alchimique dont je vous parle maintenant. On parle de la transmutation du métal vil en métal noble, du plomb en or. Il s’agit donc aussi, sur un autre plan, de la transformation de l’opérateur lui-même et non seulement de l’œuvre, de l’opus, pour reprendre le langage de l’alchimie. " De la transmutation spirituelle de l’alchimiste car il y a toujours répercussion d’un plan sur l’autre : la matière sur l’esprit, l’esprit sur la matière, etc. "

Je tenais cette information d’Alexandre Lachance, un alchimiste québécois. Je ne sais pas si d’autres ont pris la relève. Pour lui, c’était évident que la réalisation de l’opus, l’œuvre que poursuit l’alchimiste, c’est au bout du compte la réalisation de l’opérateur lui-même.

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